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ÉVALUATION DE L'ÉTAT
DE PRÉPARATION
AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES :
RÉPUBLIQUE TUNISIENNE
RÉSUMÉ
Le rapport recommande d'entreprendre huit actions essentielles pour
accélérer l'adoption des énergies renouvelables par le pays :
1. Mettre en place un cadre de planification et un calendrier relatifs aux
énergies renouvelables
2. Améliorer l’évaluation du potentiel en énergies renouvelables à travers le
zonage
3. Simplifier les procédures d'approvisionnement destiné au développement
du réseau électrique
4. Définir clairement les responsabilités au sein des institutions et renforcer
les ressources humaines
5. Établir un régulateur indépendant pour le sous-secteur de l’électricité
6. Rendre pleinement opérationnel le Fonds de transition énergétique
7. Créer un mécanisme de financement dédié au pompage solaire de l'eau
8. Impliquer les banques locales dans le financement des énergies
renouvelables
Dans le contexte de la pandémie de COVID-19
apparue au début 2020, les énergies renouvelables
et l'efficacité énergétique sont devenues des
éléments clés des plans de relance du pays.
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RÉSUMÉ
Au cours des deux dernières décennies, le bilan énergétique
de la Tunisie a présenté un déficit accru. Cette tendance
est, dans une large mesure, le résultat de l'augmentation
de la consommation dans tous les secteurs de l'économie,
mais aussi du déclin de la production d'hydrocarbures. Le
déficit énergétique, qui s'élevait à 50 % en 2019 alors qu'il
n'était que de 7 % en 2010, rend ainsi le pays de plus en plus
dépendant des énergies fossiles d'importation.
- Plus de références et documents sur Legaly DocsDominé par le gaz naturel, le bouquet de production
électrique ne comprenait que 3,0 % d’énergies renouvelables
en 2019. Cette forte dépendance du gaz naturel a de graves
répercussions sur la sécurité énergétique de la Tunisie, dans
la mesure où ces dernières années, la production intérieure
de ce gaz a stagné, voire décliné.
Pour répondre aux défis que présente la sécurité énergétique
au début des années 2000, et à la vulnérabilité de la Tunisie
face à la volatilité des prix à l'échelon international, le pays
a décidé de se lancer dans un processus de transition
énergétique inscrit dans le cadre plus vaste d'une stratégie
de développement économique et social durable. Dans
le contexte de la pandémie de COVID-19 qui est apparue
au début  2020, les énergies renouvelables et l'efficacité
énergétique sont devenues des éléments clés des plans de
relance du pays.
La transition énergétique de la Tunisie repose principalement
sur :

la diversification du mix énergétique et l'intégration des
énergies renouvelables
 ;
le renforcement de l'efficacité énergétique ;

la rationalisation des subventions énergétiques ;


le renforcement du réseau et des interconnexions ;
la mise en place d'une stratégie de gestion énergétique
reposant sur
:
(i) l'efficacité énergétique et le développement des énergies
renouvelables, à travers un objectif  30/30, qui vise à faire
baisser la demande d'énergie primaire de 30 % en 2030 par
rapport aux projections ; et (ii) une part de 30 % d'énergies
renouvelables dans la production d'électricité d'ici 2030.
l'augmentation de deux composantes 
Le Plan solaire tunisien (PST) est conçu comme le principal
outil de mise en place de la stratégie de renforcement
de la proportion d'électricité de source renouvelable. Le
Gouvernement tunisien a adopté en juillet 2016 la dernière
version du PST, mise à jour par l'Agence nationale pour
la maîtrise de l’énergie (ANME) en  2015. Pour réaliser les
nouveaux objectifs du pays, le PST prévoit d'atteindre
une capacité installée totale en énergies renouvelables de
1 860  mégawatts (MW) d'ici  2023 et 3 815  MW d'ici  2030,
soit cinq fois et dix fois plus, respectivement, qu'en 2017.
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Les objectifs ont été mis à jour pour refléter l'engagement
de la Tunisie en faveur du climat, notamment dans le cadre
des contributions déterminées au niveau national (CDN)
prévues par l'Accord de Paris. L'essentiel du potentiel
d'atténuation du pays provient du secteur de l'énergie,
68 % correspondant à l'efficacité énergétique et 32 % aux
énergies renouvelables.
renouvelables à
La puissance en énergies
installer
pour atteindre les objectifs du PST est telle que des
investissements privés substantiels seront nécessaires. En ce
sens, dès 2015, l'État a adopté des réformes réglementaires
à travers la promulgation d'une nouvelle loi (nº  2015-12)
relative à la production d'électricité à partir des énergies
renouvelables. Elle a pour objectif de poser un cadre
juridique favorisant les investissements du secteur privé dans
la production d'électricité d'origine renouvelable, à travers
trois nouveaux régimes réglementaires : (i) autoproduction/
autoconsommation  ; (ii) production indépendante pour
la consommation locale (concession et autorisation)  ; et
(iii) production indépendante pour l'exportation.
Hormis le nouveau cadre juridique et parmi les différentes
mesures adoptées par le gouvernement tunisien ces deux
dernières années, plusieurs d'entre elles comprennent la
mise en œuvre d'initiatives politiques adaptées, la mise à
jour de la documentation portant sur les marchés d'achat
d'électricité, et la création de garanties visant à encourager
le développement des énergies renouvelables. Plusieurs des
contraintes venant s'opposer à la transition sont encore là,
mais elles ont été dûment identifiées dans le cadre de la
stratégie énergétique du pays.
Le processus d'évaluation de l'état de préparation aux
énergies renouvelables (RRA) a permis de mettre au
jour plusieurs obstacles au développement des énergies
renouvelables. Ces obstacles pourraient être levés au travers
des huit actions essentielles ici recommandées.
Les principales recommandations issues du RRA peuvent se
résumer de la façon suivante :
1.
Mettre en place un cadre de planification et un
calendrier relatifs aux énergies renouvelables
• Le
PST
encourage
l’installation
d'environ
4  gigawatts (GW) d’énergie électrique de source
renouvelable variable (ERV) (solaire et éolienne) et leur
adjonction au réseau  : le pays aura donc besoin d'une
méthodologie de planification globale, à long terme, et
notamment d’un calendrier réaliste fixant les montées
en capacité du système national de l'électricité au-delà
de  2023. En planifiant la nouvelle capacité à l'avance,
ainsi que les lieux d'implantation et les technologies,
il sera possible de résoudre certaines contraintes
présentées par le système. Le déploiement des ERV
doit reposer sur une solide planification à long terme du
secteur de l'énergie et de l'électricité.
RÉSUMÉ
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Ces études refléteraient les ajouts programmés de
puissance installée solaire et éolienne d’un total de
1 000  MW selon le modèle des concessions. Cela
permettrait d'aligner le développement de la production
d'énergie
renforcement de
l'infrastructure de réseau.
renouvelable sur
le
4. Définir clairement les responsabilités au sein des
institutions et renforcer les ressources humaines
• Compte tenu du nombre considérable de ministères et
d'institutions publiques impliqués dans les projets liés
aux énergies renouvelables, les entrepreneurs ont parfois
du mal à comprendre les procédures d'autorisation de
leurs projets. Pour y remédier, le Gouvernement tunisien
l'aide de
a pris des mesures préliminaires avec
partenaires
le
Programme des Nations Unies pour le développement.
Parmi ces mesures, il faut citer un organisme chargé
de l'appui technique, prodigué par l'ANME au bénéfice
secteur privé.
internationaux du domaine, comme
• L'IRENA a constaté qu'en travaillant ensemble et en
créant une seule plate-forme en ligne, il était possible de
garantir la transparence et de clarifier le rôle que jouent
les différentes institutions impliquées dans l'approbation
des projets. Une
telle plate-forme comprendrait
des directives normalisées et la liste des autorités
concernées, en précisant les rôles et responsabilités de
chacune d'entre elles pendant les différentes étapes de
la mise en œuvre des projets (Section 4.3).
• La transition vers les énergies renouvelables comporte
de nombreux bénéfices, notamment la possibilité de
renforcer les ressources humaines et les compétences.
Dans ce contexte, les institutions publiques doivent
leurs
miser sur
ressources humaines actuelles par le truchement de
cours de formation portant sur les diverses facettes
(techniques, économiques, administratives et juridiques)
du développement de projets
liés aux énergies
renouvelables.
l'amélioration des capacités de
• Le plan peut également répondre à la nécessité de
développer une infrastructure de réseau électrique
favorable à la bonne intégration des ERV dans le
système. À long terme, le plan doit donner de la
visibilité aux perspectives de développement des
énergies renouvelables en Tunisie. Dans ce contexte,
il constitue une occasion significative de dialogue et de
collaboration, ce qui pourrait mener à des solutions de
flexibilité plus substantielles (IRENA, 2020a).
2. Améliorer l’évaluation du potentiel en énergies
renouvelables à travers le zonage
• La planification énergétique à long terme repose sur les
données issues des bases de données sur le potentiel. Les
bases de données actuelles de la Tunisie doivent donc
être améliorées pour refléter les récentes campagnes
d'évaluation sur les ressources d'énergies renouvelables.
Il est essentiel de disposer de données plus fines afin de
définir les zones qui, en Tunisie, sont les plus aptes au
développement des différentes technologies liées aux
énergies renouvelables. L’Atlas mondial des énergies
renouvelables
, une plate-forme d'évaluation de
ressources en ligne hébergée par l'Agence internationale
pour les énergies renouvelables (IRENA), constitue un
guide permettant l'identification de zones présentant un
haut potentiel en énergies renouvelables rentables.
3. Simplifier les procédures d'approvisionnement
destiné au développement du réseau électrique
• L'acquisition et la mise en place des infrastructures
de transport en réseau par la Société tunisienne de
l'électricité et du gaz (STEG) font l'objet de marchés
longueur des procédures y relatives
publics. La
entraîne un décalage entre la date d'achèvement d'une
centrale produisant de l'énergie renouvelable et celle
du raccordement au réseau pour y injecter l'électricité
produite.
• L'IRENA a établi que, en menant des études intégrées
avec les principales parties prenantes en matière
d'énergies renouvelables, il est possible d'identifier des
scénarios liés aux infrastructures de réseau plus précis.
Parc éolien de Bizerte
Crédit photo: Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie (ANME)
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5. Établir un régulateur indépendant pour le
sous-secteur de l’électricité
7.
Créer un mécanisme de financement dédié au
pompage solaire de l'eau
• Les procédures visant à créer et à mettre en place une
autorité indépendante de régulation du secteur de
l'électricité sont à bout touchant, car elles s'inscrivent
dans le cadre des CDN que la Tunisie s'est fixées
pour atteindre ses objectifs en matière d'énergies
renouvelables. Cette autorité garantira le respect des
réglementations et encouragera la mise en place d'un
environnement concurrentiel transparent et équitable
pour les producteurs privés.
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• Cette autorité de régulation supervisera, entre autres,
un certain nombre de procédures de développement de
projets dans le domaine des énergies renouvelables. Elle
exercera notamment un suivi de la législation, l'objectif
étant de s'assurer que
les conditions techniques
d'injection de
l'électricité sont bonnes. Elle sera
également responsable de la bonne coordination entre
l'administration et les différents acteurs du marché.
6. Rendre pleinement opérationnel le Fonds de
transition énergétique
• Le Fonds de transition énergétique (FTE) est le principal
outil de financement destiné aux activités liées à
l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables
en Tunisie. Pour que le Fonds puisse soutenir de façon
efficace les énergies renouvelables dans le pays et assurer
leur bon développement, il convient en premier lieu de
mobiliser les fonds nécessaires auprès des secteurs
public et privé. Des mesures incitatives, des prêts et des
lignes de crédit doivent être mis à disposition par les
institutions financières internationales à cette fin.
1 Plusieurs partenaires internationaux collaborent avec l'ANME pour créer une autorité
de régulation de l'électricité chargée des autorisations, des raccordements au réseau et,
dans le cas des auto-producteurs, de l'accès par des tiers.
2 Organisme d'intérêt public offrant sa garantie à des prêts octroyés à de petites et moyennes
entreprises par des institutions de crédit.
• Concevoir un programme encourageant les agriculteurs
à remplacer le diesel par l'énergie solaire photovoltaïque
pour pomper l'eau, qui aurait un impact socioéconomique
marqué. Il serait possible de développer ce programme
dans le cadre plus vaste des programmes Prosol et Prosol
électrique, pour que les aides de l'État (notamment
le système de crédits) correspondent à la capacité de
remboursement des agriculteurs.
8. Impliquer les banques locales dans le
financement des énergies renouvelables
• Le développement des
applications d'énergies
renouvelables en Tunisie, notamment pour
les
agriculteurs et les petites et moyennes entreprises,
requiert la participation des banques locales. Il est
les
recommandé au gouvernement de
capacités humaines et techniques des
institutions
financières locales, afin d’améliorer leur aptitude à
évaluer les risques liés aux projets et à les encourager à
mettre en place des mécanismes de crédit
renforcer


Il convient aussi d'intensifier la levée de fonds d'origine
étrangère, notamment par le biais de la coopération
bilatérale et des programmes de financement pour le
climat garantis par la Société tunisienne de garantie
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ou appuyés par la Banque centrale de Tunisie. Cela
devrait améliorer la viabilité financière en réduisant
les inquiétudes du secteur privé quant aux risques
d'investissement liés au besoin, pour les installations
photovoltaïques, d'engager 30 % des fonds propres.
Il est possible de compléter l'action menée par le Fonds
de transition énergétique, Tunisia Investment Authority
et la Société tunisienne de garantie grâce à des fonds de
garantie ou grâce à des lignes de crédit sécurisées (par ex.
des garanties ou crédits de trésorerie) qu'accorderaient
des institutions financières internationales telles que
l'Agence française de développement (AFD) et la
Société financière internationale aux banques du pays.
Ce document est un résumé de : IRENA (2021), Évaluation de l'état de préparation aux énergies renouvelables :
République tunisienne
, Agence internationale pour les énergies renouvelables, Abou Dhabi (ISBN 978-92-9260-272-7).
Ce document est traduit de «Renewable Readiness Assessment: The Republic of Tunisia» ISBN: 978-92-9260-296-3 (2021).
En cas de divergence entre cette traduction et l’original anglais, le texte anglais prévaut.
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