Page 1
NATIONS UNIES
EN TUNSIE

République Tunisienne
Plan cadre des Nations Unies pour l'aide au
développement
2021
2025
Novembre 2020







































Page 2
Le Gouvernement de la République tunisienne et les agences du Système des Nations Unies
s’engagent à travailler ensemble pour la réalisation des objectifs contenus dans le présent Cadre de
coopération des Nations Unies pour le développement durable (UNSDCF) pendant la période
2021-2025.
Ce Cadre de coopération constitue la réponse commune des Nations Unies aux priorités du
Gouvernement tunisien comme exprimées et confirmées lors des ateliers de concertation et de
consultation ayant eu lieu pendant le mois de juin 2020. Sa mise en œuvre sera assurée à travers les
documents de programme pays des diverses entités du Système des Nations Unies opérant en
Tunisie ainsi qu’à travers le développement des plans de travail conjoints des agences, fonds et
programmes. Les Nations Unies s’engagent à renforcer le dialogue politique et le partenariat
stratégique avec le Gouvernement tunisien et d’autres acteurs clés sur les politiques publiques en
vue de permettre à la Tunisie de prendre une trajectoire ascendante dans l’atteinte des Objectifs de
Développement Durable (ODD) à l’horizon 2030.
Les Nations Unies veilleront également à ce que les meilleures conditions soient créées en vue de
renforcer l’implication et la participation de toutes les structures nationales engagées dans les
activités de l’UNSDCF à travers les groupes de résultats, les mécanismes de mise en œuvre, de
suivi-évaluation et de pilotage de ce Cadre de coopération.
Fait à Tunis, le XX XX 2020
Othman Jerandi
Arnaud Peral
Ministre des Affaires étrangères, de la
Migration et des Tunisiens à l’Étranger
Coordonnateur Résident des Nations Unies
en Tunisie
2


























Page 3
Bureau des Nations unies pour les services d'appui
aux projets (UNOPS)
Centre du commerce international (ITC)
Mme Nathalie Angibeau
Représentante pour le Nord de l’Afrique
Mme Lilia Naas
Cheffe du Bureau pour les pays arabes
Commission économique pour l'Afrique (CEA)
Commission économique et sociale pour l'Asie
occidentale (CESAO)
M. Khaled Hussein
Point focal pays
M. Mounir Thabet
Secrétaire Exécutif adjoint
Fonds des Nations unies pour la
population (FNUAP)
Dr. Rym Fayala
Cheffe de bureau – Tunisie
Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF)
Mme Marilena Viviani
Représentante
Fonds international de développement
agricole (FIDA)
Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de
l'homme (HCDH)
Philippe Remy
Directeur-Pays, Division Proche-Orient,
Afrique du Nord et Europe
Mme Elodie Cantier-Aristide
Représentante
Haut-Commissariat des Nations unies pour les
réfugiés (HCR)
Mme Hanan Hamdan
Représentante
Office des Nations unies contre la drogue et le crime
(UNODC)
M. David Izadifar
Chef du Bureau à Tunis
ONU Femmes
Organisation des Nations unies pour l'alimentation
et l'agriculture (FAO)
Mme Begona Lasagabaster
Représentante Résidente pour la Tunisie & Libye
M. Philippe Ankers
Représentant
3

























































Page 4
Organisation des Nations unies pour le
développement industriel (ONUDI)
Organisation des Nations unies pour l'éducation, la
science et la culture (UNESCO)
M. Ciyong Zou
Directeur, Direction des programmes, des partenariats
et de la coordination
Mme Golda El-Khoury
Représentante de l'UNESCO auprès du Maroc,
de l'Algérie, de la Libye, de la Mauritanie et de la
Tunisie
Directrice du Bureau multi pays de l'UNESCO à Rabat
Organisation internationale de la migration (OIM)
Organisation internationale du travail (OIT)
M. Azzouz Samri
Chef de mission pour la Tunisie
Mme Rania Bikhazi
Directrice Bureau de l’OIT
pour l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, la
Tunisie
Organisation Mondiale de la Santé – OMS
Programme alimentaire mondial – PAM
Dr. Yves Souteyrand
Représentant Résident
Mme Fatimata Sow Sidibé
Cheffe de Bureau pour la Tunisie et le Maroc
Programme commun des Nations unies sur le
VIH/SIDA (ONUSIDA)
Programme des Nations Unies pour le
Développement (PNUD)
M. Mohamed Lassaad Soua
Directeur Pays
M. Steve Utterwulghe
Représentant Résident
Programme des Nations unies pour les
établissements humains (UNHABITAT)
M. Erfan Ali
Directeur régional pour la région arabe
4





















































Page 5
5




Page 6
Table des matières
Résumé exécutif ............................................................................................................................................. 8
CHAPITRE 1 : PROGRES ACCOMPLIS PAR LA TUNISIE VERS LA REALISATION DU
PROGRAMME 2030 .................................................................................................................................. 12

1.1
Contexte national : état des lieux de la situation du pays .............................................................. 12
Vision nationale actuelle et pour l’avenir concernant le développement durable et l’atteinte des
1.2
ODD conformément à l’Agenda 2030 ...................................................................................................... 17
Progrès accomplis vers la réalisation des ODD depuis 2015 et principaux facteurs d’accélération
1.3
d’atteinte des ODD .................................................................................................................................... 20
1.4
1.5
Lacunes et difficultés ..................................................................................................................... 22
Ressources envisageables .............................................................................................................. 23
CHAPITRE 2 : APPUI DU SYSTEME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT DU
PROGRAMME 2030 .................................................................................................................................. 24

2.1 Théorie du changement ....................................................................................................................... 24
2.2 Priorités stratégiques du Système des Nations Unies pour le développement .................................... 27
2.3
Résultats escomptés en matière de développement ....................................................................... 31
2.3.1 Effet 1 relatif au développement socio-économique de la Tunisie ............................................... 31
2.3.2 Effet 2 relatif aux institutions, à l’état de droit et au dialogue social ........................................... 32
2.3.3 Effet 3 relatif à la santé, l’éducation et la protection sociale ........................................................ 33
2.3.4 Effet 4 relatif à la gestion des ressources, au changement climatique, à la résilience face aux
crises et aux risques climatiques ............................................................................................................ 34
2.4
Réalisations du Cadre de coopération et partenariats .................................................................... 37
2.4.1 Effet 1 relatif au développement socio-économique de la Tunisie ............................................... 37
2.4.2 Effet 2 relatif aux institutions, à l’état de droit et au dialogue social ........................................... 38
2.4.3 Effet 3 relatif à la santé, l’éducation et la protection sociale ........................................................ 39
2.4.4 Effet 4 relatif à la gestion des ressources, au changement climatique, à la résilience face aux
crises et aux risques climatiques ............................................................................................................ 40
2.5
2.6
2.7
Synergies entre les réalisations du Cadre de coopération .............................................................. 41
Durabilité ....................................................................................................................................... 42
Avantages relatifs des Nations Unies et configuration de l’Équipe-Pays des Nations Unies ....... 43
CHAPITRE 3 : PLAN DE MISE EN ŒUVRE DU CADRE DE COOPÉRATION ............................. 44
3.1 Stratégie de mise en œuvre et partenariats stratégiques ...................................................................... 46
3.2 Plans de travail conjoints ..................................................................................................................... 48
3.3 Gouvernance ........................................................................................................................................ 48
3.4. Divers ................................................................................................................................................. 50
CHAPITRE 4 : PLAN DE SUIVI ET D’ÉVALUATION........................................................................ 54
4.1. Plan de suivi ....................................................................................................................................... 54
4.2 Plan d’évaluation ................................................................................................................................. 56
6

Page 7
CHAPITRE 5 : STRATEGIE RELATIVE AUX RESSOURCES OU A LA MOBILISATION DES
RESSOURCES ............................................................................................................................................ 57

ANNEXES .................................................................................................................................................... 59
ANNEXE 1 : Matrice des résultats – UNSDCF Tunisie 2021 – 2025 ...................................................... 60
ANNEXE 2 : Configuration de l’Equipe-Pays .......................................................................................... 87
ANNEXE 3 : Annexe Juridique .............................................................................................................. 101
7












































Page 8
Résumé exécutif
La remarquable transition démocratique de la Tunisie témoigne de sa résilience et de sa
détermination face à ses défis structurels endémiques. Après avoir adopté une nouvelle Constitution
en 2014 et organisé avec succès pour la cinquième fois consécutive les élections libres du pays en
2019, la Tunisie a connu une progression exceptionnelle surtout sur le plan politique avec une forte
proportion de femmes et de jeunes élu.e.s lors des élections municipales de 2018. La Tunisie est,
par ailleurs, le seul pays de la région à avoir fait progresser les droits humains, la participation
politique et la gouvernance depuis les soulèvements arabes. Son succès peut, dans une large mesure,
être attribué à l’institutionnalisation du dialogue social, aussi bien au niveau national qu’au sein des
différents secteurs d’activité et des entreprises.
Cependant, malgré des progrès démocratiques significatifs, le manque d’égalité et de justice sociales
assorti d’un manque de confiance dans la classe politique révèle la fragilité de la situation politique
du pays mais aussi économique, sociale, sanitaire et environnementale, dans un contexte
d’instabilité géopolitique et, plus récemment, de pandémie de la COVID-19. Les principales
difficultés de la Tunisie, telles que démontrées par l’analyse pays, peuvent se résumer comme suit :
(i) un modèle socio-économique non inclusif, résilient, durable et non suffisamment générateur
d’emplois décents ; (ii) des mécanismes institutionnels et un cadre législatif peu performants et non
opérationnels en raison d’une transition démocratique non complètement achevée ; (iii) la défiance
de la population à l’égard d’un contrat social injuste et inique en raison de systèmes notamment de
santé, d’éducation et de protection sociale de qualité insuffisante et auxquels les plus vulnérables
n’ont pas accès de manière équitable ; (iv) une mauvaise gestion des ressources naturelles
(particulièrement l’eau et les ressources aquatiques) et une résilience faible face aux crises et risques
climatiques.
Les risques qui pourraient entraver les progrès de la Tunisie sont multiples, mais ceux inhérents à
la situation actuelle du pays résultent principalement de : (i) l’absence de consensus pour définir un
modèle socio-économique inclusif, durable et redevable ; (ii) la survenance de chocs économiques
et financiers ; (iii) la suspension de l’aide internationale ; (iv) l’instabilité politique ; (v) la
persistance de la défiance sociale et la résistance aux changements ; (vi) la survenance de
catastrophes naturelles.
Certains facteurs d’aggravation ou goulots d’étranglements, identifiés dans le cadre de l’analyse
pays, sont à considérer. Ceux-ci portent essentiellement sur le manque d’accès à l’information ou la
disponibilité de données statistiques ; les difficultés quant à la mise en œuvre des projets et des
réformes de manière générale ; le manque de coordination et la résistance à travailler de manière
intersectorielle afin de renforcer les acquis et promouvoir des progrès significatifs.
Ainsi, eu égard aux difficultés identifiées et conformément aux conclusions de l’analyse commune
pays relative à la Tunisie, à la vision stratégique de l’Equipe-Pays (« EP ») pour le Cadre de
coopération, au Rapport national volontaire, au rapport d’évaluation à mi-parcours de l’UNDAF
2015-2020 ainsi qu’à l’analyse des avantages comparatifs de l’assistance du Système des Nations
Unies en Tunisie, l’atteinte des objectifs de l’Agenda 2030 nécessite, d’ici à l’horizon 2030, de
«
bâtir la confiance pour renforcer la cohésion sociale et l'équité ».
Pour faire aboutir cette vision à long terme, le Système des Nations Unies (SNU), le Gouvernement
et les autres partenaires du SNU (les organisations de la société civile, les jeunes, les partenaires
sociaux, les partenaires techniques et financiers
) ont identifié deux priorités stratégiques pour
l’intervention des Nations Unies en Tunisie sur les cinq prochaines années. Il s’agit :
8







Page 9


(i) d’accompagner les choix pour des politiques publiques performantes et tenant compte
des risques. Le SNU appuiera le Gouvernement et ses partenaires pour concevoir des
stratégies de politiques publiques permettant d’adopter et de mener les réformes
idoines permettant à la Tunisie d’atteindre ses objectifs de l’Agenda 2030 ;
(ii) d’accompagner la Tunisie afin de mener des actions pour contribuer à réduire les
inégalités et améliorer sa résilience face aux crises et aux risques climatiques. Le SNU
apportera son soutien au Gouvernement, dans ce sens, pour renforcer les services et systèmes
de l’État.
Afin d’accélérer le développement de la Tunisie et ses engagements dans le cadre de l’Agenda 2030,
les ODD identifiés comme prioritaires par le Gouvernement sont les suivants : 1 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 8 ;
10 ; 13 ; 16 et 17.
Les priorités stratégiques ont été définies sur la base des constatations de l’analyse commune pays
réalisée par le SNU et confirmées par le Gouvernement lors des travaux de consultation et de
concertation organisés conjointement par le Ministère des Affaires Etrangères, le Ministère du
Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale
1 et le SNU. Différents
Ministères et partenaires de la société civile et du secteur privé ont participé à ces travaux,
confirmant ces choix et proposant les actions concrètes qui traduiront ces priorités.
Le Cadre de Coopération, qui couvre les cinq prochaines années, contribuera à améliorer les
conditions nécessaires à la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD) en
ciblant, particulièrement, les catégories de la population les plus vulnérables. Les actions du SNU
permettront d’atteindre les résultats souhaités qui s’articulent sous la forme de quatre effets à
atteindre d’ici à 2025.
Au préalable, il sera précisé que les cibles et indicateurs des ODD cités dans le présent Cadre de
Coopération sont susceptibles d’évoluer après sa signature avec le Gouvernement. Leur pertinence
sera revue lors de l’élaboration des plans de travail conjoints au début de l’exécution du cadre de
coopération.
Dans le cadre de la priorité stratégique 1, le SNU accompagnera les institutions, menant des
politiques publiques performantes et tenant compte des risques, en partenariat avec les acteurs
économiques et sociaux, pour mettre les ressources du pays au service d’un développement socio-
économique inclusif, durable, résilient et générateur d’emplois décents, particulièrement pour les
plus vulnérables (effet 1).
Dans le cadre de la priorité stratégique 2, le rôle du SNU portera sur les actions permettant de
contribuer à réduire les inégalités et améliorer la résilience de la Tunisie aux crises et aux risques
climatiques. Trois effets sont définis pour y parvenir :
Des institutions redevables soutenues par un cadre législatif harmonisé et des populations
engagées garantissent le renforcement de l’état de droit, la protection des droits humains et
la cohésion et justice sociales, particulièrement pour les plus vulnérables, conformément aux
conventions et normes internationales et en complémentarité et interdépendance avec les
efforts de développement inclusif et durable.
1 Suite à la nouvelle composition gouvernementale annoncée le 25 août 2020, le Ministère du Développement, de
l’Investissement et de la Coopération Internationale a été intégré au sein du Ministère de l’Economie, des Finances et
de l'Appui aux Investissements.
9









Page 10
Les systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale sont résilients et assurent un
accès équitable et des services de qualité, particulièrement pour les populations vulnérables,
tout en veillant à garantir un engagement effectif de la population.
L’ensemble des acteurs engagés assurent une gestion équitable, transparente et durable des
ressources naturelles, des écosystèmes et territoires, en améliorent la capacité d’adaptation
et de résilience de l’Etat ainsi que celle des populations, notamment les plus vulnérables,
face aux crises et aux risques climatiques.
La mise en œuvre du Cadre de Coopération reposera, par ailleurs, sur une approche intégrée qui
sous-tendra les actions à mettre en œuvre durant les cinq prochaines années garantissant :
La synergie entre l’ensemble des entités des Nations Unies : l’impact des actions du SNU
pourra être plus efficace en assurant une intervention des entités onusiennes dans un cadre
intégré ciblant les priorités mentionnées ci-dessus. A ce titre, l’évaluation de l’UNDAF
2015-2020, qui a par ailleurs été largement considérée dans la préparation du présent Cadre
de Coopération, a mis en évidence l’effort nécessaire à faire en matière de coordination inter
agences, d’une part, et entre le SNU et les partenaires, d’autre part. Le SNU appuiera les
systèmes de coordination qui sont mis en place par le Gouvernement tout en s’assurant que
la coordination demeure la prérogative du Gouvernement.
L’appropriation par les partenaires institutionnels et les bénéficiaires : les politiques
publiques et les choix stratégiques devront intégrer les ODD et l’Agenda 2030. Le Plan
National de Développement, en phase de préparation, prendra les priorités définies dans le
présent Cadre de Coopération en considération. La coordination avec les différents
partenaires institutionnels sera renforcée de façon à permettre aux parties prenantes
d’assumer leurs responsabilités en matière de mise en œuvre et d’avoir les moyens de leur
action en prenant en considération leur capacité d’absorption. Engager davantage les acteurs
régionaux et locaux, la société civile, les partenaires sociaux, le secteur privé, les milieux
académiques, les médias et les jeunes sera également un des axes de travail du SNU afin de
garantir plus d’inclusivité et de participation à la mise en œuvre du Cadre de Coopération,
La réduction des inégalités au cœur de la contribution des Nations Unies aux efforts de
développement : les priorités stratégiques du Cadre de Coopération telles que définies dans
le document ciblent à la fois les politiques publiques permettant d’améliorer l’inclusivité et
la durabilité des choix économiques, l’efficacité et la performance des institutions, la
réduction des disparités en rapport avec le développement humain et le renforcement de la
résilience face aux chocs et aux impacts du changement climatique. Les catégories de la
population les plus vulnérables seront au cœur de ces actions,
Le renforcement du système de suivi et d’évaluation : les groupes de résultats ainsi que le
Comité National de Pilotage auront un rôle important à jouer afin de mettre en place un
système garantissant la redevabilité des parties prenantes.
Ne laisser personne de côté a été au cœur de l’analyse commune pays réalisée par le SNU et
constituera ainsi un des principes majeurs qui seront au cœur de l’action et la mise en œuvre du
Cadre de Coopération. A ce titre, les efforts se poursuivront afin de mieux identifier les catégories
les plus vulnérables de la population, quelles que soient leurs origines, et analyser leurs besoins et
les causes de leurs vulnérabilités afin d’apporter les réponses adéquates.
10









Page 11
Le respect, la protection et le plein exercice des droits humains, profondément ancrés dans la
Constitution Tunisienne dans tous leurs aspects : civils, politiques, économiques, sociaux et
culturels, constitueront également un des principes directeurs de la mise en œuvre du Cadre de
Coopération. Le SNU contribuera à veiller au respect des principes et standards dans ce domaine
ainsi qu’à leur opérationnalisation.
Enfin, ce processus de préparation du Cadre de Coopération, réalisé avec la participation active des
entités onusiennes, tant au niveau de l’Equipe-Pays qu’au niveau du personnel cadre a pris en
considération les différentes contributions des départements ministériels, coordonnées par le
Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère du Développement, de l’Investissement et de la
Coopération Internationale. Le leadership assuré par ces deux Ministères a été une preuve à la fois
de l’engagement des partenaires du SNU mais aussi de leur appropriation du processus de
programmation du Cadre de Coopération.
11










Page 12
CHAPITRE 1 : PROGRES ACCOMPLIS PAR LA TUNISIE VERS LA REALISATION
DU PROGRAMME 2030
1.1 Contexte national : état des lieux de la situation du pays
Brève présentation du pays. La Tunisie compte 11.708 millions d'habitants2, dont 6,65% établis à
l’étranger
3. Elle est considérée comme étant un pays à revenu moyen inférieur avec un produit
intérieur brut de 38 797 709.92 en dollars US courants
4. Selon l’Index du capital humain de la
Banque Mondiale, la Tunisie se place au 96
ème rang sur 157 pays5.
Depuis la Révolution du 14 Janvier 2011, la Tunisie a connu des avancées spectaculaires d’un point
de vue politique avec : (i) l’adoption de la Constitution de la 2
ème république le 26 janvier 2014 (ii)
la tenue régulière d’élections municipales, parlementaires et présidentielles de manière pacifique et
démocratique (iii) l’amélioration de la situation des droits humains, de la participation politique et
de la gouvernance et son classement au-dessus de la moyenne sur l’indicateur mondial
« participation et responsabilisation »
6.
Cependant, malgré des progrès démocratiques significatifs, le manque de justice sociale et de
confiance dans la classe politique révèle la fragilité de la situation politique et institutionnelle du
pays mais aussi économique, sociale, sanitaire et environnementale, dans un contexte d’instabilité
géopolitique régionale (Lybie) et, plus récemment, de pandémie de la COVID-19.
Sur le plan politique, la remarquable transition démocratique de la Tunisie témoigne de sa résilience
et de sa détermination face à ses défis structurels endémiques et aux conflits régionaux. L’adoption
de la Constitution en 2014 a marqué un tournant dans l’évolution politique de la Tunisie, en
garantissant l’inclusion, l’égalité, la transparence et la non-discrimination, mais aussi en consacrant
la liberté de pensée, de conscience et de religion, les libertés d’opinion, d’expression, de réunion et
d’association pacifiques ainsi qu’un engagement en faveur de l’égalité entre les hommes et les
femmes. Par ailleurs, le fait que le pays ait organisé cinq élections consécutives libres et crédibles
depuis la révolution est une confirmation de ces progrès démocratiques. Néanmoins, malgré
l’élection d’un nouveau Président en septembre 2019 par une grande majorité et malgré l’élection
d’une nouvelle Assemblée des représentants du peuple (ARP), le pays fait actuellement face à une
crise de confiance vis-à-vis de la classe politique en raison de l’instabilité des blocs politiques au
sein de l’ARP et des relations parfois tendues entre le législatif et l’exécutif
7, du besoin urgent de
renouveler le contrat social et de la nécessité de reconstruire des bases socio-économiques inclusives
pour la société dans son ensemble. En outre, la mise en œuvre de la Constitution et du processus de
décentralisation
8 n’est pas achevée et les acquis politiques sont perçus comme ayant été obtenus au
détriment d’une prospérité socio-économique partagée, en particulier parmi les jeunes hommes et
2 Source INS, chiffres pour janvier 2020 mise à jour le 14 juillet 2020.
3 United Nations, Department of Economic and Social Affairs. Population Division, 2019. Trends in International Migrant Stock: The 2019
revision.
4 Source UNCTAD STAT
5 Source : rapport sur l’index du capital humain de la Banque Mondiale de 2018.
6 UN-ESCWA, ‘Rethinking inequality in Arab countrie’s (CESAO, « Repenser les inégalités dans les pays arabes »), CESAO, Forum de la recherche
économique, 2019.
7 Le Président du Gouvernement Elyes Fakhfakh ayant pris ses fonctions fin février 2020 a dû démissionner en juillet 2020 pour des soupçons de
conflits d’intérêts. Le ministre de l'Intérieur, Hichem Mechichi, a été désigné, samedi 25 juillet, par le président Kaïs Saïed chef du futur
gouvernement qu'il était chargé de former en un mois. Un nouveau gouvernement a été désigné au mois de septembre 2020.
8 Le processus de décentralisation n’est pas encore achevé. En parallèle et dans le cadre de la communalisation de tout le territoire tunisien, 86
nouvelles communes ont été créées pour atteindre 350 communes en totalité. La loi organique n°2018-29 du 9 Mai 2018 relative au code des
collectivités locales vient ainsi pour déterminer les règles relatives à l’organisation des structures du pouvoir local, à leurs compétences et à leurs
modalités de fonctionnement conformément aux procédés de la démocratie participative en vue de réaliser, dans le cadre de l’unité de l’Etat, la
décentralisation et le développement global, juste et durable.
12








Page 13
femmes des régions intérieures marginalisées. Le désenchantement vis-à-vis de la classe politique
a entraîné une baisse constante de la participation électorale
9 et une augmentation des protestations
sociales. La classe politique issue des élections présidentielles
10 et législatives de fin 2019 a donc
été élue dans un contexte où la fragmentation de la classe politique est indéniable
11 et les marges de
manœuvre macroéconomiques sont limitées.
Sur le plan géopolitique et sécuritaire, l’instabilité dans la région a affecté la Tunisie et constitue
un risque pour la réalisation des ODD 10 et 16 tout particulièrement. Cette situation affecte de
manière disproportionnée les plus vulnérables, notamment ceux et celles qui vivent dans les zones
frontalières et dans l’arrière-pays. L’intensification du conflit en Libye depuis 2014 et
particulièrement depuis avril 2019 a significativement augmenté le nombre de personnes entrant en
Tunisie, notamment par voie maritime et terrestre. Entre 2018 et 2020, la proportion de personnes
demandant l’asile sur le territoire tunisien – dont plus de la moitié a transité par la Libye – a
quintuplé, avec une tendance à la hausse qui se poursuit. Les répercussions et la prise en charge d’un
afflux massif potentiel de réfugié.e.s, de migrant.e.s et de demandeur.euse.s d’asiles, (comme ce fut
le cas en 2011) pourraient peser sur les ressources publiques, impacter la résilience des
communautés d’accueil et altérer
infrastructures
transfrontalières. De fait, dans le contexte actuel, un afflux massif de réfugié.e.s, de migrant.e.s et
de demandeur.euse.s d’asile pourrait mettre davantage de pression sur l’accès aux services de base
et remettre en question la cohésion sociale dans certaines localités. Selon le CESAO, la crise
libyenne a coûté à la Tunisie 24 % de sa croissance économique entre 2011 et 2015. Cela est dû à
la baisse de l’investissement privé et du tourisme et à la réorientation des fonds publics, au détriment
du développement et au profit des objectifs sécuritaires.
12 Bien que la Tunisie ne soit pas un foyer
d’extrémisme violent, elle reste sujette aux répercussions provenant de la Libye.
les écosystèmes socioéconomiques et
Sur le plan économique, le dynamisme de l'économie tunisienne a commencé de s’affaiblir dès
2008-2009 et a été affaibli davantage par les effets de la révolution de 2011, laquelle a entraîné
quatre types d’impacts négatifs à court terme : (i) le taux de croissance de la Tunisie est passé d'une
moyenne de 4,4% entre 2000 et 2010 à 1% en 2019. Quant à 2020, une contraction de 4,4%
13 du
PIB est prévue (en raison principalement de l’impact de la COVID-19)
14 ; (ii) le niveau de chômage
toujours élevé a stagné autour de 15,2%
15 jusqu’au début 2020 pour atteindre 18% à la fin du 2ème
trimestre
16, avec un impact nettement plus élevé pour les diplômé.e.s, les jeunes et les femmes en
raison des conséquences négatives de la COVID-19 ; (iii) un déficit budgétaire élevé, bien que
décroissant, d'environ -3.9% n'a pas permis de compenser la dette publique qui a atteint 76,7% du
PIB ; et, (iv) une politique monétaire complexe qui doit faire face à la valeur décroissante du dinar
par rapport à l'euro et au dollar US, à une inflation croissante et à une balance commerciale
structurellement déficitaire de -17,9% du PIB. S’il était prévu une amélioration de la croissance à
moyen terme à un taux d'environ 2% dans les secteurs clés, la crise de la COVID-19 affectera
9 Même si le 2nd tours des présidentielles de 2019 a renoué avec une forte participation surtout auprès des jeunes
10 A cet égard, l'élection en octobre 2019 à la présidence de la République de Kaïs Saïed, non professionnel de la politique et affilié à aucun parti
politique, représente un rejet significatif de l'establishment politique, du libéralisme laïc et de l'Islam politique.

11 Le 4ème trimestre de l’année 2019 a été marqué par un contexte politique fragile. Le 13 octobre 2019, le Président Kais Saied a été élu avec 72,1%
des voix. Cependant, les élections législatives d’octobre 2019 ont abouti à la fragmentation politique de l’Assemblée des Représentants du Peuple.
Sur les 217 sièges à l’ARP, Ennahdha (54 sièges), le parti conservateur, a perdu un nombre considérable de sièges par rapport aux élections législatives
de 2014 (69 sièges). Le parti de centre Qalb Tounes, fondé en 2019, s'est classé deuxième aux élections (38 sièges), suivi du Courant Démocratique
avec 22 sièges (3 sièges en 2014) et de la Coalition de la Dignité (Al Karama) avec 19 sièges au parlement. En raison du morcellement politique de
l’ARP, s’en est suivie une période d’environ 5 mois pour parvenir à nommer un Gouvernement obtenant la confiance des membres de l’ARP.
12 CESAO, « Impact de la crise libyenne sur l'économie tunisienne, une estimation des impacts macroéconomiques et budgétaires de la crise libyenne
sur l'économie tunisienne », Nations unies, Beyrouth 2017.
13 Impact économique de la COVID-19 sur l’économie tunisienne
https://www.tn.undp.org/content/tunisia/fr/home/library/environment_energy/etude-sur-l-impact-economique-du-covid-19-en-tunisie-.html

14 4% selon la Banque Mondiale
15 Focus – Pays du Fonds monétaire international en date du 22 octobre 2018
16 INS
13




Page 14
l’ensemble de l’économie et notamment les coûts de production, les dépenses publiques, la
consommation des ménages, les petites et moyennes entreprises (malgré des mesures en leur faveur
pour minimiser l’impact de la pandémie) et la masse salariale. Un certain nombre de réformes sont
donc plus que nécessaires pour garantir une croissance à la fois durable et inclusive, réduire les
inégalités, et renforcer la cohésion sociale.
Sur le plan social, la Tunisie dispose d’une longue et impressionnante expérience de
l’institutionnalisation du dialogue social qui a d’ailleurs été récompensée par le Prix Nobel de la
Paix en 2015 après la conclusion d’un accord politique consensuel, évitant ainsi une crise politique
grave. Cependant, la Tunisie est en proie à une crise sociale comportant de nombreux points
communs avec ceux ayant conduit à la crise de 2011. L’injustice sociale, les disparités entre les
régions et les discriminations endurées notamment par les femmes, les jeunes et autres personnes
laissées pour compte ont conduit à un climat social tendu, aggravé par les tensions politiques et la
pandémie de la COVID-19, qui risque de peser lourd sur un système de protection sociale déjà
fragilisé et non suffisamment inclusif. Tous ces éléments augmentent les risques de perte de repères,
surtout pour les jeunes, risques qui sont renforcés par l’insuffisance de garanties institutionnelles et
sociales.
Sur le plan du développement humain, malgré les avancées importantes en matière de lutte contre
la pauvreté en Tunisie, des efforts considérables restent à faire pour atteindre les populations les
plus vulnérables. Les disparités entre les régions, entre les zones urbaines et les zones rurales, entre
les hommes et les femmes, entre les adultes et les enfants en matière de lutte contre la pauvreté
restent assez élevées.
Ces inégalités se traduisent, par ailleurs, par le manque d’accès à des services de santé et d’éducation
de qualité ainsi qu’à un système de protection sociale inclusif. Même si le système de santé publique
offre, aujourd’hui, ses services à 80% de la population, il ne dispose que de
28 % de tous les
équipements médicaux de diagnostic avancés et que de la moitié des médecins exerçant en Tunisie.
Le taux de mortalité chez des enfants de moins de 5 ans est presque deux fois plus élevé en zone
rurale avec 23 décès sur 1000 enfants, comparé aux 13 décès sur 1000 enfants en zone urbaine. Les
disparités se manifestent entre les régions également par le nombre de médecins pour 1000
habitants : Alors que Tunis (la Capitale) dispose de 3,4 médecins pour 1000 habitants, par exemple,
ce taux n’est que de moins 0,6 médecins pour 1000 habitants pour les régions de Kasserine et Sidi
Bouzid
17.
Quant au système éducatif, qui présente des taux de scolarisation parmi les plus élevés de la région,
il présente un niveau d’apprentissage faible : en 2018, entre 33% et 72 % des enfants âgés de 7 à 14
ans ne possédaient pas les compétences fondamentales, respectivement, en lecture et en
mathématiques, avec de grandes disparités selon le milieu (urbain ou rural) et le profil socio-
économique (les plus défavorisés ou les plus prospères)
18. Ces disparités ont été rendues d’autant
plus visibles en raison de la crise de la COVID-19. En effet, selon les résultats d’un sondage du
Ministère de l’éducation sur l’enseignement à distance au cours de la période de confinement, 40%
seulement des enfants ont accès à internet, 89% des collégiens et lycéens n'ont pas suivi des cours
à distance pendant la période de confinement et ce taux est de 93% dans le primaire. L’offre de
qualification, y compris du système de la formation professionnelle, est inadaptée aux demandes du
marché de l’emploi. Les qualifications de niveau intermédiaire sont le plus souvent les moins
disponibles sur le marché du travail malgré les investissements significatifs mobilisés par la Tunisie
pour améliorer le système de l’éducation et de la formation professionnelle.
17 Conseil des droits de l’homme, rapport A/HRC/37/54/Add.1: Rapport établi par l’Expert indépendant chargé d’examiner les effets de la dette
extérieure et des obligations financières internationales connexes des États sur le plein exercice de tous les droits de l’homme, en particulier des
droits économiques, sociaux et culturels, Assemblée générale des Nations unies, 2018.
18 Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS), 2018, Institut National de la Statistique
14





Page 15
Enfin, même si le système de protection sociale couvre 85% de la population active en Tunisie19, il
ne couvre pas les travailleur.euse.s du secteur informel, estimé à 45% des emplois (tous secteurs
économiques confondus) selon une enquête publiée par l’Institut National des Statistiques (INS)
grâce à un appui conjoint offert par le PNUD et l’OIT
20. Ce taux risque d’augmenter en raison de
l’impact socioéconomique de la COVID-19. Cette crise a, par ailleurs, montré les limites du système
de protection sociale à la fois pour couvrir les coûts liés aux soins et ceux liés à la prise en charge
des populations les plus vulnérables, ce d’autant plus que le système de protection sociale de la
Tunisie ne prévoit pas de régime d’allocations de chômage.
En matière environnementale, bien que la Tunisie ait ratifié le protocole de Kyoto et signé l’accord
de Paris en
2016 et malgré les références à l’environnement aux articles 45 et 129 de la Constitution,
la gestion des ressources naturelles n’est pas efficiente pour le moment. En effet, la gestion des
écosystèmes et des ressources naturelles et plus particulièrement de l’eau et de l’agriculture
constituent de véritables défis pour la Tunisie. De plus, la Tunisie est considérée comme étant l’un
des pays de la Méditerranée les plus susceptibles de pâtir des conséquences des changements
climatiques comme des catastrophes naturelles (inondations, sécheresse, etc.) en raison notamment
de ses nombreuses zones côtières, de sa zone désertique et, plus généralement, de sa géographie
21.
L’impact des changements climatiques va bien au-delà de l’aspect strictement environnemental. Le
lien entre dégradation climatique et enjeux urbains, sociaux et sécuritaires devient de plus en plus
important pour le développement de la Tunisie. Le modèle socio-économique tunisien ne prend pas
suffisamment en considération l’impact des changements climatiques et de l’appauvrissement des
ressources naturelles dont les impacts peuvent être multiples sur les secteurs du tourisme et de
l’agriculture en premier lieu, mais aussi de la santé et du bien-être des populations, notamment les
plus vulnérables et exposées aux effets de la dégradation et pollution des ressources naturelles et de
l’environnement.
Quant aux droits humains, la Tunisie a ratifié la plupart des traités internationaux relatifs aux droits
humains qui sont d’ailleurs consacrés, pour leur majorité, par la Constitution de 2014. Elle a rattrapé
beaucoup de son retard dans la soumission de ses rapports aux différents organes de traités des
Nations Unies
et dans son dialogue interactif avec les mécanismes internationaux des droits de
l’homme sur la mise en œuvre de leurs recommandations. Elle a également élaboré son Rapport
national volontaire en 2019 ainsi que son examen périodique universel
22. Depuis 2011, la capacité
des citoyens à participer à la vie politique s'est considérablement accrue. En effet, c'est dans le
domaine des libertés individuelles que la Tunisie a fait les progrès les plus spectaculaires.
Nonobstant, l’harmonisation du cadre législatif avec les garanties accordées par la Constitution reste
inachevée. Les inégalités sont encore exacerbées et la jouissance des droits humains pourrait être
menacée, entre autres facteurs, par les mesures d'austérité et les réformes du marché du travail qui
y sont liées. La corruption n’a pas diminué de manière significative depuis 2011 ce qui aboutit à une
mauvaise allocation des fonds publics, mais aussi à une réduction des investissements dans les
services publics essentiels à la réalisation des droits, notamment économiques et sociaux, affectant
ainsi les pauvres et les plus vulnérables de manière disproportionnée.
Concernant les mouvements de populations (réfugié.e.s, migrant.e.s et demandeur.euse.s
d’asiles)
, la situation géopolitique de la Tunisie, connectant l’Afrique subsaharienne à l’Europe et
l’ouest à l’est du Maghreb, entraîne des mouvements de population dits « mixtes » comprenant des
19 Conseil des droits de l’homme, « Rapport A/HRC/37/54/Add.1 Rapport établi par l’Expert indépendant chargé d’examiner les effets de la dette
extérieure et des obligations financières internationales connexes des États sur le plein exercice de tous les droits de l’homme, en particulier des
droits économiques, sociaux et culturels », Assemblée générale des Nations unies, 2018.
20 http://www.ins.tn/sites/default/files/publication/pdf/Note%20emploi%20informel%202019.pdf
21 DESINVENTAR database
22 Conformément aux objectifs du Haut-commissariat aux droits de l’homme
15





Page 16
personnes qui fuient les persécutions et les violations des droits de l’homme, et d’autres en quête de
meilleures perspectives économiques et sociales. Le pays constitue ainsi à la fois un pays de transit
et de destination pour les demandeur.euse.s d’asile, les réfugié.e.s et les migrant.e.s, dont un certain
nombre espèrent gagner l’Europe par l’itinéraire de la Méditerranée centrale. Le gouvernement
tunisien assure l’accès au territoire à ces personnes, y compris celles secourues/interceptées en mer
ou à leur arrivée par voie terrestre dans une approche coopérative avec les acteurs impliqués les
prenant en charge. Elles constituent un groupe extrêmement vulnérable, particulièrement celles en
provenance de la Libye. Indépendamment de leur nationalité ou leur statut, elles sont des
survivant.e.s de violations flagrantes des droits humains pendant leur déplacement. Si les autorités
et les communautés locales font preuve d’accueil et de solidarité envers ces groupes, la plupart sont
démuni.e.s et n’ont qu’un accès limité aux services sociaux de base et à des opportunités d’emploi,
en particulier dans les zones isolées. Le manque de protection et d’opportunités économiques dans
les pays où elles ont transité ainsi que l'absence de solutions durables font partie des facteurs qui
poussent ces populations à emprunter des routes migratoires dangereuses, notamment en traversant
la mer Méditerranée. A cet égard, au cours des neuf premiers mois de 2020, les départs maritimes
de la Tunisie vers l'Europe ont été cinq fois plus importants que ceux enregistrés à la même période
l'année dernière. La très grande majorité des personnes effectuant des traversées maritimes sont
d’origine tunisienne mais compte également des personnes originaires de pays d'Afrique sub-
saharienne. Plusieurs personnes sont décédées ou ont été portées disparues en Méditerranée après
avoir quitté la côte nord-africaine. Ces développements appellent au renforcement du cadre de
gestion régionale des flux de population. Sur un autre plan, l’importance économique de la diaspora
tunisienne comme l’emploi des étrangers dans des secteurs où la main d’œuvre manque ne sont pas
assez pris en compte dans les politiques publiques.
Dans le contexte pandémique lié à la COVID-19, une étude, réalisée conjointement par le PNUD
et le MDICI, a montré que la pandémie de la COVID-19 entraînerait en 2020 une croissance
négative du PIB estimée à -4,4%, une baisse de -4,9% de l’investissement global, de -8% pour la
consommation des ménages ainsi que pour les exportations, avec une baisse attendue des
importations avoisinant les -9,6%. Le confinement et la baisse de la production risqueraient
d’engendrer une augmentation du taux de chômage à 21,6% contre 15,2% au début de l’année, soit
près de 274 500 nouveaux chômeur.euse.s pour la seule année 2020. Le taux de pauvreté monétaire
passerait à 19,2% contre 15,2% actuellement, faisant basculer les revenus d’environ 475 000
individus en-dessous du seuil de pauvreté monétaire. Par ailleurs, une étude réalisée par l’UNICEF
a montré que le nombre d’enfants en situation de pauvreté monétaire devrait atteindre 900 000, soit
25% de la population des enfants, représentant un recul de 15 ans de développement soit le niveau
de pauvreté de 2005
23. Ceci montre que les catégories les plus vulnérables de la population ont été
impactées à la fois en termes d’exposition aux risques sanitaires et en termes de conséquences socio-
économiques en raison de la baisse de leur revenu et de l’augmentation des prix des aliments de
base. Cette crise a, par ailleurs, creusé les écarts en termes d’opportunités : accès aux financements,
moyens de communications, accès aux services de santé…
Ces impacts ont eu un effet immédiat sur les dépenses publiques et exercé une lourde pression sur
les ressources fiscales. En effet, dès début
2020, le Gouvernement a mis en place des mesures de
prévention afin d’atténuer les conséquences de la pandémie sur le plan sanitaire et socio-
économique. La pandémie a donc poussé le Gouvernement à adopter des mesures en urgence telles
que : étendre la couverture sociale à deux millions de ménages vulnérables ; adopter des mesures de
prévention et de réponse contre la COVID-19 grâce à des programmes de prévention des crises
soutenus par le SNU ; mettre en place un plan de réponse économique et sociale de neuf mois suivi
23 Tunisie : Impact des mesures de confinement associées à la pandémie COVID-19 sur la pauvreté des enfants, 2020, UNICEF
16




Page 17
d’un plan de relance économique de trois ans ; accélérer la mise en œuvre de son programme et,
accélérer la mise en œuvre de certains projets tels que la digitalisation de l’administration.
Pour répondre à la crise, le 10 avril 2020, le conseil d'administration du FMI a approuvé un prêt de
745 millions de dollars américains au titre de l'instrument de financement rapide pour soutenir la
réponse politique proactive de la Tunisie à la pandémie de la COVID-19. Par ailleurs, il a fallu
injecter rapidement des liquidités afin d’alléger les pressions sur la trésorerie des entreprises et
compenser la perte de revenus des travailleur.euse.s. À cette fin, une ligne de financement d'environ
100 millions de dollars a été débloquée pour compenser les pertes de salaires. Plus de 50 millions
de dollars ont également été débloqués sous forme de transferts d'argent liquide pour aider les
ménages vulnérables. Des fonds sectoriels sont également mis en place : (i) pour collecter les dons
destinés au financement des équipements médicaux des structures hospitalières et au renforcement
des capacités des personnels de santé ; (ii) pour soutenir les artistes qui sont en situation précaire et
ne bénéficient pas de revenus stables ni de couverture sociale.
Constats. Ces constats en demi-teinte ont été confirmés par les analyses macro-économiques de la
Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International à propos de la Tunisie
24. Le constat de la
Banque Mondiale dans son diagnostic-pays était le suivant : «
Malgré des résultats et des progrès
notables, le modèle de développement prérévolutionnaire de la Tunisie n’est pas parvenu à créer
une croissance inclusive au sens le plus exhaustif du terme. La détérioration de la gouvernance
économique et le captage des ressources par les élites durant la décennie précédant la révolution
ont entravé les progrès sociaux du pays, freiné la poursuite du développement économique et
alimenté le mécontentement social. (…) Dans ce contexte, ce diagnostic-pays systématique identifie
la promotion de la croissance stimulée par le secteur privé (et la création d’emplois) et le
renforcement de l’égalité́ des chances comme les deux principaux moteurs du changement pour
lesquels de nouvelles initiatives politiques sont recommandées.
». Selon le FMI, « la priorité du
Gouvernement pour 2019, qui est soutenue par l’accord au titre du MEDC, reste de stabiliser la
situation macroéconomique tout en veillant à l’équilibre social
»25. En conséquence, la Tunisie doit
œuvrer en priorité pour réduire les inégalités et être plus hermétique au contexte régional afin de
pouvoir (i) réduire les déséquilibres macroéconomiques (ii) garantir le développement équitable et
durable de son capital humain (iii) encourager une croissance inclusive et durable ainsi qu’une
bonne gouvernance (iv) renforcer sa résilience aux crises et changements climatiques.
1.2 Vision nationale actuelle et pour l’avenir concernant le développement durable et l’atteinte
des ODD conformément à l’Agenda 2030
Présentation de la vision nationale actuellement mise en œuvre (plan quinquennal de
développement et processus d’opérationnalisation des ODD)
. Actuellement, la Tunisie est sur le
point d’achever la mise en œuvre de son plan quinquennal 2016-2020, lequel représente sa vision
de l’avenir concernant le développement durable. Ce plan quinquennal 2016 – 2020, élaboré sur la
base d’une approche participative aux niveaux local, régional et national, s’articule autour de cinq
axes principaux : (i) la bonne gouvernance, la réforme de l'administration publique et la lutte contre
la corruption ; (ii) d’une économie à faible coût à un hub économique ; (iii) le développement
humain et l'inclusion sociale ; (iv) la concrétisation des ambitions des régions ; (v) et l’économie
verte, garante d’un développement durable.
24 Ces analyses datent d’avant la crise pandémique de la COVID-19.
25 Communiqué de presse n°19/211 du FMI à l’issue de la cinquième revue de l’accord en faveur de la Tunisie au titre du mécanisme élargi de
crédit (MEDC)
17








Page 18
Dans cette même logique et en application des objectifs susvisés, la Tunisie a, en 2018, avec le
soutien du SNU, lancé un processus d'opérationnalisation des ODD lequel place l'interdépendance
des ODD au cœur de ses préoccupations
26.
Par ailleurs, toujours en bonne exécution de ses engagements quant à l’atteinte des ODD à l’horizon
2030, la Tunisie a également adopté en 2018 l’approche MAPS
27 (Mainstreaming, Acceleration and
Policy Supports) concrétisée par la signature du Programme Conjoint ODD entre le Gouvernement
tunisien et le SNU en Tunisie pour un « Appui à l’intégration, la mise en place d’un dispositif de
suivi-évaluation et de reporting ODD »
28.
Bilan de la mise en œuvre de la vision nationale pour le développement. En août 2019, une
évaluation à mi-parcours de la période 2016-2018 réalisée par "Solidar"
29 montre que les objectifs
du plan quinquennal de développement 2016-2020 ne seront probablement pas atteints d'ici fin 2020
en raison de la trajectoire nationale difficile de la Tunisie. Bien que des progrès significatifs aient
été réalisés, la Tunisie risque, dans l'ensemble, de ne pas atteindre ses objectifs. Ce constat se
confirme en particulier dans le cadre de l’analyse d’impact de la pandémie de la COVID-19 réalisée
conjointement par le PNUD et le MDICI, estimant une évolution négative du PIB à -4,4% en 2020.
Même si les trois premières années de la mise en œuvre du plan a permis la création de 109 000
emplois, le nombre d’emplois perdus en raison de la crise socio-économique est estimé à 245 000,
portant ainsi le taux de chômage à 18% (2
ème trimestre 2020) selon les estimations de l’INS.
Selon cette même évaluation, les causes de ces faibles performances par rapport aux objectifs fixés
dans le Plan de développement sont diverses et très complexes et permettent d’identifier les besoins
en développement du pays notamment sur le plan économique. Estimant que les projets du plan
étaient irréalistes dans un contexte et un environnement excessivement réglementé qui limite
l'efficacité des mécanismes du marché, la discordance entre les instruments de planification et les
mécanismes de mise en œuvre y compris les lois de finance ont miné la mise en œuvre des projets
du plan. Le bilan des faibles réalisations enregistrées sur le plan économique, concerne tout autant
les autres axes du plan :

la bonne gouvernance, la réforme de l'administration publique et la lutte contre la
corruption : malgré les efforts déployés pour la lutte contre la corruption, l’évolution reste
faible sur les quatre dernières années comme l’indique l’indice de perception de la corruption
(IPC) de Transparency International publié en janvier 2020. Quant à la réforme de
26 Le processus a été conçu pour : (i) identifier les ODD prioritaires ; (ii) prendre en compte la complexité des ODD lors de la programmation ; (iii)
intégrer les ODD et leurs objectifs dans le plan de développement national ; et (iv) accélérer le processus en orientant le budget national vers des
objectifs spécifiques et en accordant une attention particulière aux synergies intersectorielles.
27 L’approche MAPS est mieux connue sous son acronyme anglais MAPS qui signifie :
-
-
-
l’intégration (Mainstreaming) où on vise à intégrer le Programme 2030 et ses ODDs dans les plans de développement nationaux, régionaux
et locaux ;
l’accélération (Acceleration) qui a pour objectif de cibler et orienter les ressources nationales (et de l’ONU) sur des domaines prioritaires
identifiés au cours du processus d’intégration, en accordant une attention particulière aux synergies et aux compromis intersectoriels
(reflétant ainsi le caractère intégré du programme), aux goulets d’étranglement, aux financements, aux partenariats et à la mesure ;
l’appui aux politiques (Policy Support) qui a pour but de veiller à ce que les compétences et l’expertise détenues par le SNU soient mises
à disposition des pays d’une manière efficiente et rapide. (Approche commune des Nations Unies pour l’intégration de l’agenda 2030 et
ses ODDs au niveau national, régional et local, Papier élaboré par M. Mahmoud GHOUIL, Conseiller des Services Publics. Chargé de la
planification, suivi &évaluation et communication au bureau des Nations Unies à Tunis)
28 Dans ce cadre, le MDICI a réalisé́ quatre études : (i) une «Analyse des lacunes au niveau des indicateurs relatifs aux ODD (ODDs Data Gap
Analysis)», (ii) une «Analyse Rapide Intégrée» (RIA) du PQD 2016-2020 et des Stratégies Nationales de Développement, (iii) une «Analyse rapide
intégrée de la Constitution et des conventions ratifiées par la Tunisie selon le prisme des droits humains (RIA+)» et (iv) une «Analyse de l’alignement
et de l’intégration des ODD» dans les secteurs de la gouvernance (ODD16), villes et communautés durables (ODD11), énergie (ODD7),la lutte contre
les changements climatiques (ODD13) et emploi (ODD8) en décembre 2018. Le même exercice a été́ repris pour les 12 autres ODD (Rapport National
volontaire de la Tunisie, 2019.

29 https://www.solidar-tunisie.org/index.php/fr/publications/evaluation-plan-developpement-2016-2020
18







Page 19



l’administration, l’instabilité que la Tunisie a connue avec la succession des gouvernements
n’a pas permis de mettre en œuvre les différents projets annoncés ;
le développement humain et l'inclusion sociale : si l’on se réfère à l’indice de développement
humain, qui prend en considération plusieurs facteurs de mesure, la Tunisie a enregistré une
évolution très faible entre 2015 et 2019.
la concrétisation des ambitions des régions : la Tunisie a connu, en 2018, ses premières
élections locales depuis la révolution. Malgré la réussite de ce processus électoral qui a
permis la naissance de nouveaux Conseils régionaux dans 326 communes, le processus de
décentralisation reste inachevé et long à mettre en œuvre. Le développement des régions
restera encore tributaire des décisions prises au niveau central.
l’économie verte, garante d’un développement durable : hormis quelques initiatives
ponctuelles, la Tunisie devra mettre en place un programme intégrant la dimension
environnementale dans le modèle de développement économique et prenant en considération
l’impact du changement climatique.
Ces faibles réalisations et accomplissements, ayant très peu ciblé les plus vulnérables, sont
exacerbés par l'instabilité politique et sociale, le poids de l’économie informelle et de la contrebande,
la menace du terrorisme et les retombées régionales. La crise sanitaire engendrée par la COVID-19
risque d’aggraver les conditions de vie socio-économiques des populations les plus vulnérables.
Le présent Cadre de Coopération coïncidera, par ailleurs, avec le nouveau plan quinquennal 2021-
2025, en phase de préparation. Sur la base des ateliers réalisés conjointement avec le MAE et le
MDICI, auxquels ont pris part les entités onusiennes, les différents départements ministériels, des
représentant.e.s de la société civile et du secteur privé, il est attendu que les priorités du plan restent
les mêmes, en s’articulant autour de : (i) la performance d’une économie inclusive, durable et
bénéficiant aux catégories de la population les plus vulnérables ; (ii) l’achèvement de la transition
démocratique, la performance des institutions et l’amélioration de leur redevabilité ; (iii) le
développement humain ; et (iv) une politique environnementale qui tienne compte de l’impact des
changements climatiques et de la disponibilité des ressources naturelles.
Principales priorités de développement et ODD prioritaires pour le Cadre de Coopération 2021-
2025
. Le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Appui à l’Investissement30 est chargé de la
finalisation de la préparation du nouveau plan de développement pour la Tunisie avec le soutien
technique et financier du PNUD. Tous les ODD sont nécessaires pour permettre à la Tunisie de se
développer en accord avec l’Agenda 2030 et d’appuyer les priorités ci-dessous. Conformément aux
directives du Gouvernement tunisien, lors des ateliers de juin 2020, et en accord avec le Rapport
national volontaire de la Tunisie de 2019, le contexte national impose de prioriser certains ODD
dans le cadre du présent Cadre de coopération. Ainsi, l’ODD 16 sur la paix, la justice, la sécurité et
l'inclusion
31, l’ODD 10 sur la réduction des inégalités et l’ODD 5 sur l'égalité des sexes apparaissent
comme essentiels à la réalisation de tous les autres ODD interdépendants. En effet, les inégalités
multidimensionnelles se retrouvent en Tunisie dans tous les secteurs du développement durable et
constituent le premier obstacle à ce dernier. Par ailleurs, en raison des circonstances mondiales
sanitaires, de l’engagement du pays vers la couverture de santé universelle et du constat actuel sur
le plan politique, économique, social et environnemental, l’ODD 1 relatif à la pauvreté, l’ODD 3
relatif à la santé et au bien-être, l’ODD 4 relatif à l‘éducation, l’ODD 6 relatif à l’eau propre et à
l’assainissement, l’ODD 8 portant sur la croissance économique durable, l’ODD 13 sur la prise en
compte des problématiques de changement climatique et l’ODD 17 relatif aux partenariats –
30 Nouveau Ministère créé avec la nomination du nouveau Gouvernement en septembre 2020 avec la fusion des Ministère des Finances et celui du
Développement, de l’Investissement et de la coopération Internationale.
31 L’on rajoutera que l’instabilité régionale pourrait constituer une menace sérieuse pour la stabilité du pays et partant pour la mise en œuvre de
réformes structurelles. Il apparait donc à nouveau impératif de privilégier l’ODD 16 sur la paix, la sécurité et l’inclusion.

19




Page 20
fondements de l’intervention du SNU en Tunisie - constituent les priorités nationales pour la
Tunisie. En conséquence, ces 10 ODD combinés sont des "catalyseurs" essentiels qui contribueront
à libérer le potentiel de la Tunisie et permettront d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2030
32.
1.3 Progrès accomplis vers la réalisation des ODD depuis 2015 et principaux facteurs
d’accélération d’atteinte des ODD
La Tunisie continue de progresser vers la mise en œuvre de l'Agenda 2030, en premier lieu, en
adoptant une stratégie nationale d’appropriation des ODD
33 et, en second lieu, en consacrant des
études spécifiques au principe de Leave No One Behind (LNOB – Ne laisser personne de côté). Le
bilan de ces deux processus permet d’identifier les facteurs d’accélération de la réalisation des
ODD.
Progrès accomplis grâce à une stratégie nationale d’appropriation des ODD et dans la prise en
compte du principe de LNOB
. En premier lieu, depuis l’adoption des ODD en 2015 et comme
indiqué plus-haut, la Tunisie a mis en place une stratégie solide pour garantir l’appropriation
nationale des
ODD34. Elle a également entrepris de mener des actions en faveur des populations les
plus vulnérables. A cet égard, la Tunisie a fait des progrès considérables dans cette démarche
d’appropriation des ODD en étant classée 2
ème au niveau africain et 63ème au niveau mondial avec
un score de 70 en matière de mise en œuvre des ODD. La Constitution tunisienne adoptée en 2014,
avant la réforme du SNU et l’Agenda 2030, consacre d’ailleurs la protection des populations les
plus vulnérables. A titre d’illustration, comme indiqué dans le Rapport national volontaire de la
Tunisie,
35 une analyse intégrée de la Constitution tunisienne36 montre que 65 % de son contenu est
aligné sur les ODD et 91 % est aligné sur les ODD relatifs aux « personnes ». Il y a 100 %
d’alignement entre la Constitution et l’ODD 4 sur l’« éducation de qualité », 90 % pour la « paix et
la justice » (ODD 16). Ceci étant dit, certains progrès restent encore à faire : seuls 20 %
d’alignement de la Constitution pour ce qui est de l’« industrie, l’innovation et infrastructure »
(ODD 9) , 14 % pour l’ODD 14 « vie aquatique » ou encore 11 % pour l’ODD 15 sur la « vie
terrestre ». Seul 35 % du contenu de la Constitution est aligné sur les objectifs relatifs à la planète,
malgré l’existence de lois importantes sur la protection de l’environnement (y compris des articles
de la Constitution)
37 et la nécessité de garantir les droits des générations futures.
Ainsi, malgré ses efforts de planification et d’appropriation nationale des ODD, la Tunisie présente
des lacunes en matière de données relatives aux
ODD qu'il faudra combler. Le pays devra mettre en
32 En tout état de cause, tous les ODD sont étroitement liés entre eux. L'inclusion impacte directement la garantie d'institutions responsables et
transparentes pour la gestion des ressources naturelles (ODD 14), les capacités d'urbanisation inclusives pour la planification et la gestion
participatives des établissements humains (ODD 11) et la promotion d'une culture de paix et de non-violence, ainsi que la garantie d'institutions
efficaces et responsables, d'un processus décisionnel participatif et réactif (ODD 16). De même, la réduction des inégalités est directement liée : au
partage juste et équitable des bénéfices des ressources foncières (ODD 15) ; à la garantie de la protection de la santé pour tous (ODD 3) ; à l’accès à
l’eau pour tous (ODD 6) ; au plein emploi productif avec des conditions de travail pérennes pour tous (ODD 8) ; à l'inclusion sociale, économique et
politique sans distinction de sexe, à la fin de la discrimination, l'égalité de participation et de prise de décision (ODD 5) ; à l'accès équitable à l'eau
potable, à l'assainissement et à l'hygiène (ODD 6) ; à l'égalité d'accès à tous les niveaux d'éducation (ODD 4) ; et à l'accès universel aux espaces
publics, à un logement adéquat, sûr et abordable (ODD 11) - pour n'en citer que quelques-uns. Au surplus, les fondements mêmes de l’intervention
du SNU reposent sur les partenariats assurant une approche intégrée et un traitement intersectoriel des défis que la Tunisie doit relever. En cela,
l’ODD 17 constitue une priorité nationale également.

33 Une analyse détaillée par ODD a été réalisée dans le cadre de l’analyse commune pays.
34 Cela a été le cas notamment par le biais de son processus de consultation participatif national innovant, « La Tunisie que nous voulons »34. La
Tunisie a, en outre, élaboré des stratégies visant à garantir que les ODD sont intégrés dans les plans de développement et dans les lois de finances ;
les plans, stratégies et budgets nationaux ; et au niveau local (par l’intermédiaire du plan de développement régional quinquennal et de la participation
de plus de six cents représentant.e.s des secteurs public et privé, de la société civile, des universités et des organisations professionnelles de la région
et des groupes de bénévoles). La Tunisie a aussi réitéré son engagement en 2018 en ce qui concerne l’approche intégrée, l’accélération et l’appui
politique (MAPS) ainsi que par la mise en œuvre de son processus d’opérationnalisation des ODD et l’élaboration de son Rapport national volontaire
en juillet 2019.
35 République Tunisienne et Les Nations unies Tunisie, ‘Rapport National Volontaire de la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable
en Tunisie’, Forum Politique de Haut Niveau, New York, 2019

36 MDCI, Vers la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable en Tunisie : Analyses des Principaux Référentiels, 2018
http://www.tunisiaodd.tn/wp-content/uploads/2020/02/RapportMAPS-Web17-12-2019.pdf

37 Article 45 : L'Etat garantit le droit à un environnement sain et équilibré et la participation à la sécurité du climat. L'Etat se doit de fournir les moyens
nécessaires à l'élimination de la pollution environnementale.
20






Page 21
œuvre des processus de collecte de données désagrégées s'il veut suivre et adapter efficacement ses
politiques et programmes pour atteindre les
ODD et protéger les plus vulnérables, et ce
particulièrement au niveau local.
S’il convient de rappeler que les 244 cibles des ODD ne sont pas toutes applicables à la Tunisie, 90
cibles ont déjà été collectées en Tunisie, mais seules 15 sont désagrégées (principalement par zone
géographique et par sexe). Cela met en évidence trois lacunes dans les données : un nombre
insuffisant d'indicateurs avec des données disponibles ; un nombre insuffisant d'indicateurs avec des
données désagrégées ; et des niveaux de désagrégation limités qui empêchent une analyse plus
étendue et multidimensionnelle, particulièrement pour les plus vulnérables.
Progrès accomplis par la Tunisie dans la prise en compte du principe LNOB. Le LNOB est un
principe fondamental sur lequel repose toute l’action des entités onusiennes. Il s’agit de la promesse
centrale et transformatrice de l’Agenda 2030 et de ses ODD. Les États membres de l'ONU, dont la
Tunisie, se sont engagés dans ce cadre « à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes, à mettre fin
à la discrimination et à l'exclusion, et à réduire les inégalités et les vulnérabilités qui laissent les
gens de côté et minimisent le potentiel des individus et de l'humanité dans son ensemble ».
La Tunisie a toujours œuvré à réduire les disparités et les inégalités entre les différentes catégories
de la population. Cependant, comme indiqué plus haut, les réalisations du plan quinquennal ont très
peu bénéficié aux plus vulnérables. Ces vulnérabilités se sont malheureusement creusées avec la
pandémie de la COVID-19. Des mesures spécifiques ont pu être prises en faveur des plus démuni.e.s
pour une période déterminée, mais leur effet reste insuffisant au vu de l’impact socio-économique
de la pandémie de la COVID-19 et des ressources limitées de l’Etat.
Par ailleurs, le manque de données officielles sur certains groupes victimes d’exclusion, notamment
les nomades, les migrant.e.s en situation vulnérable, tel.le.s que les travailleur.euse.s migrant.e.s
irrégulier.ère.s, les victimes de la traite des personnes, les réfugié.e.s, les demandeur.euse.s d’asile,
les migrant.e.s de retour et les sans-abri ; les minorités, notamment religieuses, ethniques, sexuelles
et raciales ; les personnes en situation de handicap ; les travailleur.euse.s informel.le.s et les
personnes sans papiers officiels ; les jeunes marginalisés ; et les personnes isolées, notamment les
femmes, les enfants et les personnes âgées ; les personnes vivant avec le VIH et la tuberculose
constitue également un progrès fondamental à accomplir par le gouvernement afin de mieux
informer les politiques publiques et mieux cibler les interventions en faveur des populations les
plus vulnérables.
la Tunisie sont
Principaux facteurs d’accélération de la réalisation des ODD. Eu égard à l’analyse des progrès
que la Tunisie doit encore accomplir vers l’atteinte des ODD, il convient de préciser les principaux
facteurs d’accélération de la réalisation des ODD et les liens intersectoriels entre ces objectifs,
facteurs que la crise de la COVID-19 a, à nouveau, mis en exergue. Rappelons au préalable que les
inégalités
priorités de
multidimensionnelles afin de renforcer la cohésion et l’équité. Comme le souligne l’étude de
l’agence ONU Femmes sur « les femmes à l’épreuve de la COVID-19 » ainsi que le rapport intitulé
« Re-thinking Inequality in Arab Countries »
38, la lutte contre l’exclusion multiforme et les
inégalités multidimensionnelles nécessite une approche intégrée qui, certes, s’attaque aux facteurs
structurels mais qui, également, prend en compte les vecteurs de la pauvreté dans leur diversité, ce
qui nécessite des progrès concomitants en matière d’emploi décent, de réduction de la pauvreté,
d’augmentation des dépenses sociales et d’amélioration de la gouvernance39. Ainsi, les facteurs
l’exclusion multiforme et
lutte contre
les
la
38 UN-ESCWA, ‘Rethinking inequality in Arab countries’, ESCWA, Economic Research Forum, 2019.
39 UN-ESCWA, ‘Rethinking inequality in Arab countries’, ESCWA, Economic Research Forum, 2019. page 12
21







Page 22
d’accélération des ODD pour la Tunisie doivent être centrés sur cinq éléments clés conformément
à l’analyse pays (« CCA ») :
Le capital humain est le catalyseur du progrès - en s’appuyant sur une approche des ODD
axée sur le développement humain.
Le développement humain est consolidé par la fourniture de meilleurs services de base tels
que les soins de santé, l’éducation, la protection sociale, les infrastructures et une formation
de qualité afin de faciliter aussi bien l’accès aux marchés du travail que les transitions école-
travail.
Des politiques économiques efficaces et inclusives, régies par des institutions à l’écoute des
populations, en particulier les plus vulnérables, permettent de s’assurer que les gains en
capital humain se traduisent en emplois productifs décents (notamment en luttant contre
toutes les formes de traite des personnes), ce qui à son tour permet de sous-tendre une
croissance économique inclusive et conduit à la réduction de la pauvreté et à l’expansion de
la classe moyenne.
La bonne gouvernance et l’application de la loi permettent aux Gouvernements de récolter
les dividendes de la croissance, d’élargir leur assiette fiscale et d’accroître la capacité fiscale
pour soutenir les dépenses sociales.
Un ciblage efficace des plus vulnérables et une gestion efficace des programmes sociaux
permettront de réduire la pauvreté et les inégalités, renforcer la cohésion sociale et atténuer
le risque d’instabilité politique.
La paix et la stabilité sont un préalable indispensable à une telle approche intégrée, ce qui souligne
la nécessité non seulement de s’attaquer aux causes profondes des revendications sociales, mais
aussi de gérer prudemment les répercussions des crises et de l’instabilité
40. En conséquence, pour
atteindre ces objectifs, la Tunisie devra surmonter ses lacunes et difficultés.
1.4 Lacunes et difficultés
Identification des difficultés principales. Les divers risques auxquels la Tunisie est confrontée
soulignent la nécessité d'un programme politique ambitieux et très inclusif pour les années à venir.
En effet, l’analyse commune pays (CCA) de la Tunisie (UNCT 2020) démontre que la capacité à
réaliser l'Agenda 2030 dépend avant tout de la prise en compte de la réduction des inégalités.
Les difficultés majeures de la Tunisie apparues au cours de cette analyse sont les suivantes :
Premièrement, un modèle socio-économique insuffisamment inclusif - y compris les
politiques publiques, économiques, y compris fiscales, sociales et de développement - qui
ne prend pas en compte les besoins spécifiques des populations les plus vulnérables, et en
particulier celles qui vivent dans les zones les plus marginalisées, notamment les régions
intérieures et frontalières, et les zones rurales.
Deuxièmement, l'incapacité d'exécuter et de mettre en œuvre de manière effective les
réformes multisectorielles et structurelles nécessaires pour aider la Tunisie à poursuivre sa
transformation socio-économique et politique ; la capacité de réformer est étroitement liée à
l'absence de vision commune qui permettrait au pays d'œuvrer sans relâche à l'inclusion et à
l'égalité dans tous les domaines.
Troisièmement, la gestion et l'allocation des ressources sont insuffisantes - et, en fait,
insuffisamment inclusives, particulièrement dans le domaine de l’eau et des ressources
aquatiques ;
40 Ibid.
22






Page 23
Quatrièmement, la Tunisie a accès à des ressources nationales et internationales importantes,
mais les effets ne se font pas sentir de manière égale ni adéquate au-delà d'une masse
salariale croissante. En effet, le manque d’équité et de redistribution ne permettent pas une
utilisation efficiente des ressources dont la Tunisie dispose.
Cinquièmement, l’absence de système de redevabilité effectif constitue une lacune pour la
transparence et la lutte contre la corruption.
Et enfin, l'écart persistant entre les aspirations en matière de participation dans la vie
politique et de droits humains telles qu'elles sont énoncées dans la nouvelle Constitution et
leur mise en œuvre effective - au profit de tous les titulaires de droits, ainsi que des
générations futures.
En dépit de la crise mondiale causée par la COVID-19, l’ONU a appelé ses États membres et « la
famille humaine » à transformer la pandémie en un élan pour atteindre les Objectifs de
développement durable et à tenir compte des enseignements de la pandémie pour mieux
reconstruire. L’ONU a exhorté les États à empêcher la crise de faire dérailler les efforts de
développement durable, tout en déployant une vision pour les personnes touchées pour une
meilleure reprise
41. Cela implique de la part de la Tunisie un engagement renouvelé en matière de
mise en œuvre des ODD.
Importance de la collecte des données. Par ailleurs, du point de vue de la méthode, la collecte des
données apparaît primordiale pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030. En effet, il est impératif
de pouvoir analyser l’existant pour établir les modes d’actions. Le manque de données et/ou de
données fiables analytiques quant aux populations les plus vulnérables pour l’analyse de tous les
ODD constitue une lacune essentielle pour laquelle un appui du SNU est impératif. Une mise à
niveau du système statistique est fortement recommandée pour garantir la pérennité du processus
de collecte des données et la confection d’indicateurs locaux afin de veiller à l’obtention d’une
information à jour.
1.5 Ressources envisageables
Ressources dont dispose la Tunisie pour financer sa vision pour le développement. Pour relever
ces défis et poursuivre la mise en œuvre des ODD, la Tunisie dispose de diverses sources de
financement et d’opportunités économiques, en sus des ressources budgétaires de l’État.
Tout d’abord, l’Union européenne constitue un partenaire important pour la Tunisie42.
Actuellement, la
Tunisie et l'UE travaillent à l'élaboration d'un accord commercial global, intitulé
Aleca, qui vise à intégrer l'économie tunisienne dans le marché intérieur de l'UE et permettrait la
libre circulation des biens et des services, l'harmonisation des réglementations commerciales,
économiques et judiciaires, et la réduction des barrières commerciales non tarifaires, entre autres
procédures.
Ensuite, les relations économiques bilatérales permettent à la Tunisie de se développer
économiquement, et le pays a considérablement investi dans les liens économiques non seulement
avec les pays du Golfe, mais aussi avec la Russie et la Chine, entre autres. La Tunisie bénéficie
également de
partenariats stratégiques avec l'Union européenne, le Japon, l'Allemagne, la France,
les États-Unis, l'Italie, la Suisse, le Royaume-Uni et la Suède, entre autres. Ces divers partenariats
permettent à la Tunisie de compléter ses ressources publiques internes par une aide internationale.
41 ‘UN working to fight COVID-19 and achieve Global Goals’, Department of Global Communications, 2020.
42 A cet égard, l'aide totale consentie par l’UE à la Tunisie entre 2011 et 2017 s'est élevée à 2,4 milliards d'euros.
23








Page 24
La Tunisie a conclu un cadre de partenariat avec la Banque Mondiale pour la période 2016-2020
assorti d’un prêt connexe de 5 milliards de dollars US pour financer le Plan quinquennal de
développement de la Tunisie.
Le SNU travaillera avec le Gouvernement pour mobiliser des ressources permettant de financer ce
Cadre de coopération et de mobiliser les fonds et les partenariats pour l’atteinte de ces résultats. Les
partenariats entre le Gouvernement et le secteur privé seront encouragés par le SNU. La Tunisie est
également incitée à faire appel à des financements innovants notamment en sollicitant les dispositifs
du SNU et en modernisant l’environnement des affaires. Le Coordonnateur Résident du SNU en
Tunisie soutiendra la Tunisie pour mener à bien ces démarches. L’adoption de la loi sur les
partenariats public-privé devrait également offrir de nouvelles opportunités pour solliciter des
revenus innovants et faire augmenter le taux des investissements étrangers. Toutefois, notons que la
capacité de la Tunisie à financer pleinement les ODD est entravée par sa classification en tant que
pays à revenu moyen inférieur, avec un PIB par habitant de 3970 dollars US
43.
En conséquence de ce qui précède, pour atteindre ses objectifs en matière d’ODD, la Tunisie devra
rationaliser ses sources de financement interne par des mesures telles que l’amélioration de sa
politique fiscale tout en intégrant le secteur informel dans l'économie formelle et en luttant contre
la corruption, ainsi qu’en améliorant l’efficience interne de ses propres investissements. La Tunisie
gagnerait également à renforcer, d’une part, l’efficacité de la coordination de l'aide entre ses divers
donateurs et, d’autre part, les mécanismes de financement en combinant ressources publiques et
privées (obligations vertes, prêts triangulaires, tarification du carbone et mécanismes d'incitation,
etc…).
CHAPITRE 2 : APPUI DU SYSTEME DES NATIONS UNIES POUR LE
DEVELOPPEMENT DU PROGRAMME 2030
2.1 Théorie du changement
Le Cadre de coopération a vocation à préciser la contribution du SNU à des changements dans les
conditions de vie des populations, dans le respect des droits humains y compris le droit à la santé
sexuelle et reproductive, dans le relèvement du niveau de développement du capital humain ainsi
que dans les changements du mode de fonctionnement des institutions du pays vers plus de
transparence et d’efficacité des politiques publiques et pour protéger les plus vulnérables.
Bilan de l’UNDAF 2015-2020. Certaines priorités nationales n’ont pu être achevées lors du
précédent plan national de développement. En effet, les politiques économiques menées depuis la
Révolution n’ont pu, pour diverses raisons, générer une croissance partagée et durable. Comme déjà
évoqué, les difficultés à mener à bien des réformes structurelles sont dues à une bureaucratie lourde,
l’absence de consensus, le manque de confiance des citoyens dans le pouvoir politique et la captation
des richesses par une minorité. Ces défis ont abouti à un manque d’égalité et de justice sociales tant
dans la santé que dans l’éducation et en termes de protection sociale. Les plus vulnérables
apparaissent comme les premières victimes d’un système qui a du mal à se réformer en raison de
l’instabilité politique et de l’absence d’un système distributif efficace.
43 La majorité des revenus de la Tunisie provient du secteur des services marchands (47,6%), suivi de l'industrie (31,4%), des équipements publics
(12,9%) et de l'agriculture et de la pêche (7,9%). Les investissements directs étrangers (IDE) ont augmenté de 28,6% en 2018 pour atteindre 2 742
MDT, ce qui représente une part de 23,4% du total des financements extérieurs à moyen et long terme (contre 16,1 % en 2017). Des réformes ont été
engagées, notamment la promulgation d’une loi prévoyant de nouvelles mesures sur l'investissement adoptée en mai 2019, les mesures prises pour
améliorer le climat des affaires et la loi sur l’économie sociale et solidaire adoptée fin juin 2020. Les flux d'investissements directs étrangers, hors
secteur de l'énergie, ont permis de réaliser 565 opérations d'investissement et de créer 11 469 nouveaux emplois en 2018-2019 dans les secteurs de la
finance et des télécommunications.
24









Page 25
Causes des performances en demi-teinte. Les résultats obtenus par la Tunisie s’expliquent par :



(i) un modèle socio-économique qui n’est pas suffisamment inclusif, résilient, durable et
suffisamment générateur d’emplois décents et d’une vie décente,
(ii) des mécanismes institutionnels, notamment dans le domaine de la justice, et un cadre
législatif peu performants et non opérationnels en raison d’une transition démocratique non
complètement achevée,
(iii) la défiance de la population à l’égard d’un contrat social injuste et inique en raison de
systèmes notamment de santé, d’éducation et de protection sociale de qualité insuffisante et
auxquels les plus vulnérables n’ont pas accès,

(iv) une mauvaise gestion des ressources notamment des ressources naturelles et une
résilience faible face aux crises et risques climatiques.
En premier lieu, le modèle socio- économique de la Tunisie n’est pas satisfaisant en raison de causes
immédiates multiples : une faible productivité et une faible valeur ajoutée de plusieurs secteurs
essoufflés par la coexistence du secteur informel. L’absence de compétitivité dans l’économie ne
favorise pas l’égalité des chances d’accès à un travail décent et de qualité mais au contraire maintient
les disparités régionales notamment en raison de subventions étatiques non ciblées et d’une
mauvaise gestion des ressources du pays. Le manque d’implication du secteur privé révèle
également le faible niveau d’innovation dans l’économie. Les causes sous-jacentes de ces écueils
sont : une faible diversité économique ; une mauvaise planification et redistribution des ressources
; un processus de décentralisation encore trop récent et qui demande plus de temps pour être mis en
œuvre ; la persistance d’un cadre juridique qui n’est pas favorable aux initiatives économiques ;
l’inefficience de la lutte contre la corruption. Quant aux causes profondes, elles sont les suivantes :
un environnement excessivement règlementé et non inclusif qui aboutit à une économie peu propice
aux investissements ; une mauvaise gouvernance accompagnée d’un cadre législatif et institutionnel
fragilisé, d’un manque de coordination notamment dans la mise en œuvre de mécanismes financiers
efficients et la persistance d’un système de rente.
En deuxième lieu, l’installation effective de l’état de droit comme la transition démocratique ne sont
pas complétement achevées. Les causes immédiates sont : l’instabilité politique, les retards dans
l’harmonisation de l’arsenal juridique, la défaillance dans l’application du cadre juridique existant,
la non prise en compte des plus vulnérables et l’absence d’opérationnalisation de la décentralisation.
Quant aux causes sous-jacentes, elles ont à voir avec : l’insuffisance et l’inefficacité des mécanismes
de démocratie participative, notamment des plus vulnérables ; la faible confiance des populations
dans l’État et la classe politique ; l’insuffisance de la redevabilité de la classe politique et de
l’administration ; la résistance aux réformes et les retards dans la mise en œuvre de la Constitution.
Les causes profondes tiennent logiquement d’un cadre institutionnel et politique fragilisé et d’une
décentralisation non encore effective.
En troisième lieu, la persistance des inégalités et le manque de progrès dans le développement
humain qui affaiblissent la cohésion sociale ont pour origine les causes immédiates suivantes : le
manque d’accès aux services sociaux pour les plus vulnérables, la faible qualité des services sociaux,
l’ineffectivité des mécanismes de contrôle, les trop faibles capacités et occasions de la société civile
à s’engager dans la solidarité et la cohésion nationales, un pourcentage important de dépenses de
santé à la charge de l’usager, un niveau faible de protection sociale et la persistance des violences
au sein des différents groupes de la société. Les causes sous-jacentes de ce manque de cohésion et
25








Page 26
de justice sociales tiennent à des politiques publiques en matière de santé, d’éducation et de
protection sociale peu efficaces et peu ciblées qui ne sont pas adaptées aux populations dans le
besoin ni aux situations de crises, ce qui aboutit alors à une défaillance du suivi et de l’évaluation
des programmes ; l’inadéquation des infrastructures, des ressources humaines et le manque
d’investissements participent également à la persistance des discriminations ; le manque
d’information et de données désagrégées qui entravent également une planification appropriée.
Quant aux causes profondes, elles s’expliquent par : la précarité socio-économique et éducative, la
faible protection des plus vulnérables, la mauvaise gouvernance, la non-application des lois relatives
à l’égalité et l’équité sociale et le fort poids des normes sociales en Tunisie.
En quatrième lieu, la faible résilience du pays face aux crises et aux risques climatiques est due aux
défaillances de dispositifs existants, notamment pour prévenir et répondre aux urgences, à la
dégradation et la surexploitation des ressources naturelles (plus particulièrement à travers
l’agriculture et l’eau et les ressources aquatiques en général), à l’inexistence de systèmes d’alerte
pleinement efficaces, à des populations pas assez engagées et des villes non résilientes et une
urbanisation mal planifiée créatrice de vulnérabilités, lesquelles constituent les causes immédiates.
Quant aux causes sous-jacentes, ce sont les suivantes : le manque d’innovation et de résilience dans
le respect de l’environnement, la surexploitation des ressources naturelles, le manque de
sensibilisation au sein de la population. Ces causes sous-jacentes découlent de causes profondes
liées au manque d’intégration des problématiques environnementales dans les politiques publiques.
Changements souhaités et hypothèses. Eu égard aux causes et difficultés identifiées, les institutions
redevables envers les populations, plus particulièrement les plus vulnérables, doivent faire des choix
de politiques publiques performantes et tenant compte des risques pour réaliser les changements
politiques, économiques, sociaux et écologiques soutenus par des populations engagées dans la vie
publique.
En effet, :
SI les institutions et l’ensemble des acteurs économiques et sociaux mettent en œuvre des politiques
publiques sociales, économiques et environnementales performantes, tenant compte des risques et
répondant aux besoins et aspirations de la population, particulièrement ceux des plus vulnérables,
Et SI des institutions redevables et efficaces ainsi qu’un cadre législatif harmonisé garantissant
l’égalité et l’équité sont mis en place pour renforcer l’état de droit et conduire une transition
démocratique inclusive et participative,
Et SI la cohésion sociale et l’inclusion sont renforcées grâce à une responsabilité citoyenne et à des
systèmes de qualité, tout particulièrement en faveur et avec la participation des plus vulnérables,
nationaux et étrangers,
Et SI la Tunisie réduit son impact écologique, améliore sa résilience aux risques climatiques et de
catastrophes et réduit les vulnérabilités au travers d’une gestion appropriée des ressources naturelles,
des écosystèmes, des territoires et de l'environnement,
ALORS un climat de confiance entre les différents acteurs est établi, renforçant ainsi la cohésion et
la justice sociales en Tunisie, contribuant également à une économie nationale plus performante,
inclusive, résiliente, équitable et durable, particulièrement pour les plus vulnérables et améliorant,
enfin, sa capacité d’adaptation et sa résilience face aux risques climatiques et de catastrophes.
26









Page 27
Les risques qui pourraient entraver les progrès de la Tunisie, inhérents à la situation actuelle du
pays, résultent de : 1) l’absence de consensus pour définir un modèle socio-économique inclusif,
durable et redevable ; 2) la survenance de chocs économiques et financiers ; 3) la réduction de l’aide
internationale ; 4) l’instabilité politique ; 5) la persistance de la défiance sociale et la résistance aux
changements ; 6) la survenance de catastrophes naturelles 7) l’instabilité et l’insécurité externe
régionale notamment à la frontière avec la Libye.
Ainsi, l’exclusion et les inégalités multidimensionnelles risquent d’empêcher le pays d’atteindre ses
objectifs de développement durable. La pandémie de la COVID-19 pourrait aggraver ce risque, en
particulier pour les personnes les plus vulnérables qui sont susceptibles d’être touché.e.s par la
COVID-19, au travers de la perte d’emploi, de revenus et de pouvoir d’achat ou par une limitation
temporaire de l’accès aux services de base. Cela pourrait aggraver la frustration des jeunes, due à
leur désillusion, ainsi que leurs vulnérabilités liées au chômage, les pratiques de corruption, la
méfiance envers l’action publique et le sentiment d’aliénation sociale, en particulier dans les régions
transfrontalières. La cohésion sociale risque de se détériorer davantage vu que le pays est confronté
à un affaiblissement de la confiance des citoyen.ne.s envers les institutions en raison d’un décalage
avec les attentes de la population. A la veille du dixième anniversaire de la Révolution, la lenteur
des changements transformateurs menés, le faible exercice du contrôle et de redevabilité, la manque
de réformes et le blocage au niveau du processus de justice transitionnelle risquent d’accroître les
frustrations qui se multiplient au sein des secteurs plus vulnérables de la société tunisienne.
Quant aux goulots d’étranglements, ils sont de divers ordres. Tout d’abord, la collecte des données
apparaît cruciale pour la mise en œuvre de politiques publiques précises et ciblées qui prennent en
compte tous les aspects des vulnérabilités. Ensuite, la Tunisie connait des difficultés quant à la mise
en œuvre des projets de manière générale. Il apparait impératif d’axer les actions du SNU en Tunisie
sur le renforcement de capacités et des systèmes nationaux, l’appui institutionnel et la sensibilisation
adéquats dans les domaines concernés. Enfin, la Tunisie devra, aux côtés du SNU, démontrer sa
volonté à travailler de manière intersectorielle afin de renforcer les acquis et promouvoir des progrès
significatifs.
2.2 Priorités stratégiques du Système des Nations Unies pour le développement
Processus d’identification des priorités stratégiques. Afin d’assurer l’inclusivité du dialogue et de
garantir la pertinence des priorités stratégiques du présent cadre, des ateliers, des réunions et des
discussions ont été organisés conjointement par le SNU avec le Gouvernement, les partenaires
sociaux, les organisations de la société civile, les représentant.e.s du secteur privé et les jeunes
44.
Ces rencontres ont eu pour objet de comprendre et confirmer les priorités pour le pays sur la base
de l’analyse commune pays et les orientations stratégiques du gouvernement.
Plusieurs problématiques, thèmes majeurs et actions proposées sont revenus tout au long de ces
échanges :
44 Toutes les entités des Nations unies ont été impliquées dans le processus, notamment par le biais de multiples ateliers - 4 séries d’ateliers ont été
menés entre janvier et juin 2020, des réunions de l’UNCT (13 depuis mars 2020), des appels à différents niveaux : équipes techniques, gestionnaires
de projets, S&E, et représentants/directeurs. Par ailleurs, des ateliers réunissant toutes les entités des Nations unies ainsi que des partenaires nationaux
et des organisations de la société civile (« OSC ») ont été organisés : 1 jour en janvier avec environ 100 participants ; 2 jours en février avec 44
participants ; 2 jours en mars avec 90 participants ; 8 jours en juin 2020 avec environ 240 participants. Tous les ateliers, en particulier les ateliers
thématiques de juin 2020, ont été dirigés conjointement par le Ministère en chargé des Affaires étrangères ainsi que par le Ministère en charge de la
coopération internationale ainsi que deux entités des Nations unies jouant le rôle d’agences facilitatrices des discussions. Toutes les versions du cadre
de coopération ont été systématiquement partagées avec l'UNCT pour commentaires et validation tout au long du processus. Tous les résultats,
produits, cibles et indicateurs ont été discutés, rédigés et validés mot pour mot par les entités des Nations Unies.
27









Page 28
Réforme de
l’Etat/institutions/infrastructures : modernisation de
l’Etat et de ses
infrastructures à travers la digitalisation et la numérisation de ses systèmes ; mise en
cohérence du cadre législatif avec les attentes et aspirations du secteur concerné ;
redevabilité et transparence des institutions et de la classe politique ; accès et qualité des
services de l’Etat ; gouvernance améliorée.
Territoires et décentralisation : la décentralisation et la territorialisation des actions sont
apparues essentielles et, ce, dans tous les secteurs. Cette territorialisation doit passer par un
renforcement de la gouvernance, par la prise en compte des frontières et leur lien avec
différents thèmes comme la gestion des conflits régionaux ou les vulnérabilités spécifiques
aux frontières.

Intersectorialité : il est apparu impératif de favoriser un travail intersectoriel pour renforcer
les actions mises en œuvre et garantir les résultats souhaités. A titre d’illustration, santé,
éducation et environnement doivent être liés et conduire à des actions communes pour
renforcer les acquis.
Gestion des ressources : la gestion des ressources financières, naturelles et culturelles du
pays ont constitué un point fort des discussions menées. La question de l’eau et des
ressources aquatiques s’est révélée fondamentale eu égard au stress hydrique que connaît la
Tunisie. Le patrimoine culturel constitue une préoccupation essentielle également. La
question de la fiscalité est aussi incluse dans ces questions de gestion de ressources.
Méthodologie de mise en œuvre du Cadre de coopération et action du SNU : le SNU doit
renforcer la coordination de ses activités et améliorer sa communication avec le
Gouvernement comme avec les partenaires et acteurs concernés.
Focus sur quelques secteurs d’intervention : économie (développement d’une économie
moins réglementée et plus innovante) ; la couverture universelle ; l’agriculture (intégration
de l’agriculture dans une économie sociale et solidaire, digitalisation du secteur pour plus de
compétitivité et d’attractivité) ; appui au renforcement de la justice et du secteur de la
sécurité.
Populations ciblées : les bénéficiaires des appuis du SNU aux partenaires sont essentiels
pour identifier les résultats. De nombreuses discussions ont porté sur ces populations
ciblées : les femmes, les jeunes et les enfants, dans tous les secteurs que ce soit l’agriculture
ou l’école ; les migrant.e.s et les réfugié.e.s notamment sur les questions d’emplois décents ;
Autres thématiques : résilience du pays face aux crises et changement climatique ;
développement de la culture et du patrimoine culturel vus aussi comme une richesse
économique, lutte contre la corruption, verdissement du budget national, intégration de la
notion d’économie sociale et solidaire dans les secteurs d’intervention du SNU, protection
des plus vulnérables (LNOB), la notion d’équité, la notion de cohésion sociale, la notion de
justice sociale comme valeurs fondamentales, la réduction de la pauvreté et l’intégration de
l’économie informelle dans le secteur formel comme priorités, l’important de la protection
sociale et de la couverture universelle comme socles de cohésion sociale, la lutte contre les
violences dans toutes leurs formes, le renforcement de l’appui à la recherche scientifique et
à l’innovation.
28









Page 29
Priorités stratégiques. Conformément aux conclusions de l’analyse commune pays relative à la
Tunisie, à la vision stratégique de l’Équipe-Pays (« EP ») pour le Cadre de coopération, au Rapport
national volontaire, au Rapport d’évaluation à mi-parcours de l’UNDAF 2015-2020 ainsi qu’à
l’analyse des avantages comparatifs de l’assistance du SNU en Tunisie, l’atteinte des objectifs de
l’Agenda 2030 nécessite, d’ici à l’horizon 2030, de «
bâtir la confiance pour renforcer la cohésion
sociale et l'équité
».
Pour aboutir à cette vision à long terme, le SNU et le Gouvernement ont identifié les deux priorités
stratégiques pour l’intervention des Nations Unies en Tunisie. Ces deux priorités constituent les
deux fils directeurs que l’EP et les agences des Nations Unies devront suivre lors de leurs
interventions en Tunisie sur la période du présent Cadre de coopération. Il s’agit :


(i) d’accompagner les choix pour des politiques publiques performantes et tenant compte
des risques ;
(ii) afin de mener des actions pour contribuer à réduire les inégalités et améliorer la résilience
de la Tunisie face aux crises et aux risques climatiques.
Rappel des ODD prioritaires découlant des priorités stratégiques. Afin d’accélérer le
développement de la Tunisie selon l’Agenda 2030, ces deux priorités stratégiques ont été
déterminées en adéquation avec les ODD identifiés comme prioritaires par la Tunisie lors des
discussions avec le Gouvernement et dans le cadre de son Rapport National Volontaire. Ce sont :
ODD 1 : pas de pauvreté
ODD 3 : bonne santé et bien être
ODD 4 : éducation de qualité
ODD 5 : égalité entre les sexes
ODD 6 : eau propre et assainissement
ODD 8 : travail décent et croissance économique
ODD 10 : inégalités réduites
ODD 13 : mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
ODD 16 : paix, justice et institutions efficaces
ODD 17 : partenariats
Les priorités nationales stratégiques sont traduites dans le cadre logique reflétant la théorie du
changement pour la Tunisie en vue de l’Agenda 2030 :
29







Page 30
VISION
Bâtir la confiance pour renforcer la cohésion sociale et l'équité
PRIORITES
STRATEGIQUES

1. Accompagner les choix pour des politiques
publiques performantes et tenant compte des
risques
2 : Mener des actions pour contribuer à réduire les inégalités et améliorer la résilience de la Tunisie aux crises et risques climatiques
EFFETS
ATTENDUS
EFFET 1 : les institutions, menant des
EFFET 1 : les institutions, menant des
politiques publiques performantes et tenant
politiques publiques performantes et tenant
compte des risques en partenariat avec les
compte des risques en partenariat avec les
acteurs économiques et sociaux, mettent les
acteurs économiques et sociaux, mettent les
ressources du pays au service d’un
ressources du pays au service d’un
développement socio-économique inclusif,
développement socio-économique inclusif,
durable, résilient et générateur d’emplois
durable, résilient et générateur d’emplois
décents, particulièrement pour les plus
décents, particulièrement pour les plus
vulnérables.
vulnérables.
EFFET 2 : En 2025, des institutions redevables
soutenues par un cadre législatif harmonisé
et des populations engagées garantissent le
renforcement de l’état de droit, la protection
des droits humains et la cohésion et justice
sociales, particulièrement pour les plus
vulnérables, conformément aux conventions
et normes internationales et en
complémentarité et interdépendance avec les
efforts de développement inclusif et durable
.
EFFET 3 : En 2025, les systèmes de santé,
d’éducation et de protection sociale sont
résilients et assurent un accès équitable
et des services de qualité,
particulièrement pour les plus
vulnérables, et un engagement effectif de
la population.
EFFET 4 : En 2025, l’ensemble des
acteurs engagés assurent une gestion
équitable, transparente et durable des
ressources naturelles, des écosystèmes
et territoires, en améliorent la
résilience/adaptation ainsi que celle des
populations, notamment les plus
vulnérables, face aux crises et aux
risques climatiques.
CAUSES IMMEDIATES
Secteur informel ; absence de compétitivité ;
inégalité d’accès au travail ; mauvaise gestion
des ressources ; faible productivité ; disparités
régionales ; subventions étatiques non ciblées ;
faible innovation
; manque d’implication du
secteur privé
Instabilité politique ; retards dans
l’harmonisation de l’arsenal juridique ; non
prise en compte des plus vulnérables ; manque
de confiance ; décentralisation non
opérationnelle
Manque d’accès aux services sociaux pour
les plus vulnérables ; services sociaux de
faible qualité ; ineffectivité des
mécanismes de contrôle ; faibles capacités
de la société civile ; faible protection
sociale ; violences
Défaillances de dispositifs existants ;
dégradation/surexploitation des
ressources naturelles ; pas de systèmes
d’alerte efficaces ; populations pas assez
engagées ; villes non résilientes
CAUSES SOUS-
JACENTES
CAUSES
PROFONDES
HYPOTHESES
Faible diversité économique ; mauvaise
planification et redistribution des ressources ;
échec de la décentralisation ; cadre juridique
pas favorable aux initiatives économiques ;
inefficience de la lutte contre la corruption
Insuffisance/inefficacité des mécanismes de
démocratie participative notamment des plus
vulnérables ; faible confiance des populations dans
l’État ; Insuffisance de redevabilité de la classe
politique ; résistance aux réformes et dans la mise
en œuvre de la Constitution
Politiques publiques peu efficaces et peu
ciblées ; défaillance du suivi/évaluation
des programmes (data) ;
Inadéquation
des infrastructures ; discriminations ;
manque d’investissements
Manque d’innovation et de résilience
dans le respect de l’environnement et

manque de sensibilisation au sein de la
population

Environnement excessivement réglementé,
non inclusif
; pas d’environnement propice aux
investissements ; mauvaise gouvernance ;
cadre législatif et institutionnel fragilisé ;
manque de coordination ; système de rente
Cadre institutionnel et politique à réformer et
décentralisation non encore effective
Précarité socio-économique ; faible
protection des plus vulnérables ; mauvaise
gouvernance ; non application des lois
relatives à l’égalité et l’équité sociale ;
poids des normes sociales
Pas assez d’intégration des
problématiques environnementales dans
les politiques publiques ; peu de
résilience aux crises/catastrophes
Consensus autour d’une vision et des réformes ;
capacités humaines et financières disponibles ;
Niveau élevé d’adaptabilité et de résilience des
acteurs ; maitrise des ressources
Stabilité politique ; confiance dans les
institutions ; Responsabilisation des politiques et
volonté politique forte
Responsabilisation politique ; OSC
engagées ; disponibilité des services ;
existence de mécanismes de redevabilité ;
utilisation des services par la population
Vision politique forte ; populations
engagées ; prises en compte des
prévisions concernant les scénarios
climatiques
RISQUES : 1) Absence de consensus pour définir un modèle socio-économique inclusif, durable et redevable ; 2) Chocs économiques et financiers ; 3) Réduction de l’aide internationale ; 4) Instabilité politique ; 5)
Persistance de la défiance sociale et résistance aux changements ; 6) Catastrophes naturelles 7) l’instabilité et l’insécurité aux frontières avec la Libye
30








































Page 31
2.3 Résultats escomptés en matière de développement
Le fondement même de l’intervention du SNU s’articule, d’une part, autour des priorités
stratégiques définies par le Gouvernement et, d’autre part, autour des actions pour lesquelles le SNU
a une valeur ajoutée et qui se fondent sur des principes et standards, dont ceux des droits humains.
Eu égard aux analyses, consultations et rapports relatifs à la situation de la Tunisie et prenant en
compte le contexte actuel de pandémie de la COVID-19 et de la réponse socio-économique que le
SNU mettra en œuvre en collaboration avec les partenaires nationaux,
(1) Le SNU assistera la Tunisie dans l’élaboration des choix de politiques publiques permettant
un développement socio-économique inclusif, durable, résilient et générateur d’emplois
décents, particulièrement pour les plus vulnérables.
Cet accompagnement consistera à collaborer avec le Gouvernement ainsi qu’avec les acteurs clés
pour que l’atteinte des ODD constitue un objectif fondamental que les institutions intègreront dans
leur planification stratégique comme dans les politiques publiques, et ce, en particulier dans le
secteur économique. En effet, afin de réduire les inégalités et de permettre à tous et toutes de jouir
des ressources du pays, il est impératif que (i) la planification stratégique du pays soit centrée sur
l’atteinte des ODD en vue de l’Agenda 2030, avec une attention particulière à ne laisser personne
de côté et que (ii) l’économie soit soutenue pour qu’elle constitue un vecteur inclusif du
développement durable de la Tunisie. Pour ce faire, le SNU travaillera dans le cadre d’une approche
globale de conseils apportés en termes de politiques pour faire des choix de réformes. Ces conseils
seront basés sur la collecte des données et des analyses.
(2) En sus de cette assistance aux choix stratégiques, le SNU accompagnera également la
Tunisie dans les actions à mener pour parvenir aux changements souhaités dans trois grands
domaines d’action prioritaires pour la Tunisie : (i) transition démocratique, état de droit et
protection des droits humains ; (ii) systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale ;
(iii) gestion des ressources, protection de l’environnement et résilience de la Tunisie face
aux crises et aux risques climatiques.
Ces priorités stratégiques sont alignées sur les ODD et notamment sur les ODD prioritaires pour la
période quinquennale à venir mais aussi sur les 21 cibles prioritaires des ODD qui ont été retenues.
La matrice des résultats, en annexe 1 du présent document, reflète les priorités de l’intervention du
SNU dans la mise en œuvre du cadre de coopération.
2.3.1 Effet 1 relatif au développement socio-économique de la Tunisie
Constat. La Tunisie fait face à un développement socio-économique trop faible eu égard aux
ressources et atouts dont elle dispose. Ces faibles résultats sont dus notamment à des politiques
publiques et une croissance non inclusives, qui n’ont pas permis de suffisamment réduire les
inégalités ni de créer suffisamment d’emplois décents, particulièrement pour les jeunes, les femmes
et diplômé.e.s de l’enseignement supérieur. En effet, les principaux obstacles au développement
socio-économique résident, au premier chef, dans l’impossibilité pour les jeunes, les femmes et plus
généralement les plus vulnérables d’accéder pleinement aux richesses du pays.
Nature et ampleur des effets de l’orientation stratégique. Pour ces raisons, le SNU propose
d’intervenir aux côtés du Gouvernement pour que, d’une part, les plans stratégiques et les politiques
31











Page 32
publiques soient centrés sur les ODD afin de réduire la pauvreté, et, d’autre part, pour que
l’économie mettent les ressources du pays au service d’un développement socio-économique
durable et inclusif.
Plus précisément, le SNU veillera, tout d’abord, à appuyer les institutions dans l’élaboration des
documents stratégiques et des politiques pour que l’atteinte des ODD soit au centre des
préoccupations du Gouvernement et des acteurs clés intervenant en Tunisie. En effet, une vision
centrée sur les ODD permettra au SNU de promouvoir un modèle de développement inclusif et
durable qui prend en compte et protège les plus vulnérables, qui favorise l’obtention d’un emploi et
d’une vie décents, qui assure l’accès à des services de santé et d’éducation de qualité, qui préserve
et promeut les ressources du pays (y compris les ressources financières, naturelles, territoriales,
urbaines et patrimoniales) et qui inclut les apprentissages des réponses apportées aux chocs
notamment la crise de la COVID-19. La réponse socio-économique réalisée par le SNU est, à ce
titre, parfaitement intégrée dans cet appui afin d’atténuer les impacts de la pandémie. Ces politiques
publiques devront également renforcer la production de données statistiques, l’objectif étant de
disposer d’un plus grand nombre de données de qualité, actualisées et exactes, ventilées par niveau
de revenu, sexe, âge, race, appartenance ethnique, statut de réfugié.e.s, de migrant.e.s et de
demandeur.euse.s d’asile, handicap et emplacement géographique.
Ensuite, toujours dans le cadre de cet effet 1, le SNU souhaite participer à la réduction du secteur
informel, du chômage et de la pauvreté. Pour cela, le SNU accompagnera le développement de
l’environnement des affaires et de l’accès aux marchés pour renforcer les initiatives privées, y
compris celles des femmes et des jeunes. Ces actions passeront par un appui global apporté aux
institutions mais aussi au secteur privé et plus généralement aux acteurs et actrices afin de faire
échec à l’économie de rente et aux entraves à l’accès au marché.
Enfin, le SNU souhaite assister la Tunisie dans la rationalisation des ressources du pays. Il s’agira
de contribuer à favoriser une nouvelle architecture financière pour le développement, à encourager
l’inclusion financière et à renforcer le développement de nouveaux mécanismes de financements
alternatifs et innovants grâce à la mise en œuvre de partenariats publics et privés.
Priorités nationales, cibles et indicateurs des ODD. En conséquence, les cibles visées dans cet effet
1 sont les suivantes : 1.2 ; 17.18 ; 17.9 ; 1.b ; 11.a ; 8.3 et 8.5. Les indicateurs d’ODD sont les
suivants : 1.2.1 ; 1.2.2 ; 17.18.1 ; 17.9.1 ; 1.b.1 ; 8.3.1 ; 11.a.1 ; 8.5.1 et 8.5.2. En effet, en centrant
les stratégies et politiques publiques du pays sur l’atteinte des ODD, le SNU contribuera à réduire
la pauvreté et à corriger les écarts socio-économiques existants dans le pays (cible 1.2). Par des
actions de soutien à l’économie (appui à une meilleure gouvernance, soutien au secteur privé et à
l’entreprenariat, etc.) et pour favoriser une croissance inclusive et durable, le SNU souhaite
également contribuer à la réduction du chômage et du secteur informel (respectivement cibles 8.5
et 8.3). Un accent particulier sera également apporté à la protection des plus vulnérables par la mise
en œuvre de politiques publiques prenant en compte ces populations mais aussi par le soutien que
le SNU apportera à la production et la collecte de données statistiques officielles (17.18 et 1.b).
2.3.2 Effet 2 relatif aux institutions, à l’état de droit et au dialogue social
Constat. En Tunisie, il convient de favoriser un climat de transparence et de redevabilité des
institutions et de la classe politique. Les mécanismes de participation citoyenne doivent également
être encouragés afin de renforcer la cohésion et la justice sociale. Si la Tunisie a déjà progressé de
manière spectaculaire sur le plan démocratique et de la réalisation de certains des droits humains,
32








Page 33
certaines réformes, comme celle de la justice et de la sécurité, doivent encore être achevées, dans le
cadre de l’application effective de la Constitution, pour rendre les institutions plus efficaces et
parachever une transition démocratique équitable, participative et inclusive.
Nature et ampleur des effets de l’orientation stratégique. Eu égard à ce qui précède, le SNU
souhaite investir dans les institutions en développant la culture de l’évaluation et en renforçant la
résilience des institutions grâce à une participation citoyenne forte et apaisée. Il s’agira également
d’assister la Tunisie pour moderniser les secteurs de la justice et de la sécurité, assister le processus
de décentralisation, harmoniser le cadre législatif avec la Constitution et parachever l’effectivité de
l’état de droit en Tunisie.
Plus précisément, le SNU apportera son appui afin que les institutions démocratiques soient
opérationnalisées et que le cadre législatif soit appliqué, ce, à travers le renforcement des systèmes
institutionnels et le plaidoyer, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements
internationaux des droits humains. Par ailleurs, le SNU a une valeur ajoutée pour consolider les
capacités des acteurs
45 en matière d’accès aux droits, de redevabilité, de justice transitionnelle, et
de prévention de l’extrémisme violent à travers les mécanismes de participation citoyenne et de
dialogue social, au niveau national et territorial. Le SNU mettra, enfin, l’accent sur les systèmes et
les capacités des acteurs et actrices dans les secteurs de la justice et de la sécurité. L’objectif est que
les systèmes et capacités des acteurs dans ces deux secteurs soient renforcés et leurs moyens
modernisés pour plus d’efficacité, d’accessibilité et de redevabilité dans le respect des principes de
l’état de droit et des engagements en matière des droits humains.
Priorités nationales, cibles et indicateurs des ODD. En conséquence des changements souhaités,
les cibles des ODD visées dans l’effet 2 sont : 10.3 ; 10.7 ; 16.3 ; 16.6 et 16.7. Les indicateurs sont :
10.3.1 ; 10.7.2 ; 16.3.1, 16.6.1 et 16.7.1. Par les actions mises en œuvre, le SNU souhaite, en effet,
contribuer à réduire les inégalités et les discriminations tant au niveau des institutions que des
pratiques. Le but est également de rendre les institutions plus transparentes et redevables et de
renforcer ainsi l’état de droit (16.6), de développer et renforcer des mécanismes d’accès à la justice
efficaces, de garantir l’indépendance des institutions et de la justice et de renforcer les droits
humains notamment la sécurité (16.3 ; 16.6), tout en faisant en sorte que le dynamisme, l’ouverture,
la participation et la représentation à tous les niveaux caractérisent la prise de décisions (16.7).
2.3.3 Effet 3 relatif à la santé, l’éducation et la protection sociale
Constat. Le développement du capital humain constitue un préalable fondamental au
développement. Or, malgré des progrès dans la réalisation de l’Agenda 2030, le manque d’accès à
des services de santé et d’éducation de qualité ainsi qu’à la protection sociale souligne la prévalence
d’inégalités durables.
Nature et ampleur des effets de l’orientation stratégique. Ainsi, le SNU envisage que d’ici à 2025,
les systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale soient résilients et assurent un accès
équitable et des services de qualité, particulièrement pour les populations vulnérables, tout en
veillant à garantir un engagement effectif de la population.
Le SNU souhaite renforcer les capacités de génération et d’utilisation des données et des évidences,
la programmation participative centrée sur l’équité et qui prend en compte les risques, la
coordination des partenaires et multi-sectorielle et la gestion transparente et efficiente des ressources
45 Il convient de préciser que les acteurs comprennent les populations, la société civile et les institutions.
33









Page 34
et performances statistiques, tous éléments critiques pour la gouvernance efficace des secteurs
sociaux.
En matière d’éducation, le SNU contribuera à ce que les systèmes de formation et d’évaluation du
personnel éducatif et les curricula, soient renforcés en matière d’apprentissage mixte, pédagogie
inclusive et participative et de développement des compétences de vie au niveau du préscolaire, du
primaire, du secondaire et de l’université. Le SNU contribuera également au développement et à la
mise à l’échelle d’approches et stratégies multisectorielles novatrices et flexibles qui favorisent un
environnement scolaire, de formation et universitaire sain, sécurisé, inclusif, participatif et qui
offrent des opportunités de réinsertion pour chaque enfant et jeune NEEF (*ni aux études, ni en
emploi ni en formation (OCDE 2008)). Le SNU poursuivra son action en mettant en œuvre des
approches multisectorielles et multipartenaires d’investissement sur la petite enfance comme levier
de développement du capital humain, tant au niveau national que local.
Pour ce qui concerne la santé, avec l’appui du SNU, les capacités institutionnelles, notamment de
la première ligne, à fournir un paquet complet de services essentiels de santé centrés sur la personne
et de qualité, adaptés aux différents besoins de la population et accessibles aux populations
vulnérables, seront renforcées. Par ailleurs, grâce à l’appui du SNU, de la nutrition des approches
multisectorielles et innovantes consacrées à des problématiques prioritaires de la santé et du bien-
être seront mises en œuvre avec un engagement actif de la population et la participation de toutes
les parties prenantes.
Enfin, l’appui du SNU contribuera à renforcer la résilience du système de santé
pour faire face aux crises sanitaires futures. L’épidémie de la COVID-19 a été un révélateur de la
préparation insuffisante pour faire face aux urgences de santé publique et elle a confirmé les
faiblesses préexistantes du système de santé qui ont compromis sa capacité de riposte.
Quant à la protection sociale, les actions menées par le SNU viseront à ce qu’une approche de la
protection sociale basée sur les droits, universelle et soutenable, qui accompagne chaque individu
dans son parcours de vie et sensible aux chocs, soit articulée et sa mise en œuvre renforcée
46. Cette
nouvelle approche de la protection sociale permettra également au SNU d’accompagner les
institutions dans la modernisation des mécanismes et services de prévention, d’identification
précoce, de prise en charge et de suivi des violences et des vulnérabilités sociales sur la base d’une
démarche intégrée, inclusive, participative et innovante.
Priorités nationales, cibles et indicateurs des ODD. Toutes ces interventions du SNU ont vocation
à rendre équitable l’accès à ces services, tout en offrant des services de qualité et des systèmes
résilients. Le SNU entend par là renforcer la cohésion sociale tout en consolidant le développement
socio-économique de la Tunisie. En conséquence des changements souhaités, les cibles des ODD
visées dans l’effet 3 sont : 4.1 ; 1.3 et 3.8. Les indicateurs sont : 4.1.1 ; 1.3.1 et 3.8.1, lesquels
permettent de s’assurer qu’un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire est assuré pour
chaque fille et chaque garçon sur un pied d’égalité (4.1), qu’un système de protection sociale pour
tous et toutes est mis en place et bénéficie aux plus vulnérables (1.3) et qu’enfin, que chacun.e
bénéficie d’une couverture santé universelle, abordable et protégeant les plus vulnérables (3.8).
2.3.4 Effet 4 relatif à la gestion des ressources, au changement climatique, à la résilience face
aux crises et aux risques climatiques
Constat. La gestion actuelle, par la Tunisie, de ses ressources naturelles, de ses écosystèmes et de
son environnement apparaît insuffisante et nuit à la prospérité, accroît les vulnérabilités et
46 L'équité en termes d'accès à la protection sociale est notamment assurée en fonction de l'effort contributif.
34









Page 35
compromet la durabilité. Ce risque est aggravé par le changement climatique et les autres risques de
crises. En effet, l’inefficacité de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement,
conjuguée aux effets de la crise climatique exacerbe les inégalités et compromet la croissance
économique, car les personnes qui dépendent le plus de la terre et celles qui vivent dans les régions
intérieures (qui sont souvent les plus pauvres, les plus marginalisées et les plus vulnérables), sont
touchées de manière disproportionnée. En sus, la Tunisie est considérée comme le pays
méditerranéen le plus exposé au changement climatique et est susceptible de subir des
augmentations de température et des catastrophes naturelles plus fréquentes, avec des conséquences
humanitaires liées aux sécheresses, à la désertification, aux tremblements de terre, aux inondations
et aux incendies de forêt, ainsi qu’à d’autres crises, telles que les crises sanitaires.
L’instabilité
régionale, notamment l’insécurité causée par le conflit actuel en Libye, peut entraîner des
conséquences sécuritaires, économiques et sociales aggravées par un déplacement de population et
éventuellement une crise humanitaire.
Nature et ampleur des effets de l’orientation stratégique. Pour ces raisons, le SNU souhaite que
d’ici à 2025, l’ensemble des acteurs et actrices engagé.e.s assurent une gestion équitable,
transparente et durable des ressources naturelles, des écosystèmes et territoires, en améliorent la
résilience/adaptation ainsi que celle des populations, notamment les plus vulnérables, face aux crises
et aux risques climatiques.
En effet, il apparaît essentiel pour la Tunisie de développer une gestion efficiente et adaptée de ses
ressources dans le cadre d’une économie verte circulaire, sociale et solidaire. Certains secteurs
comme l’eau et les ressources aquatiques ou encore l’agriculture doivent faire l’objet d’attention
particulière eu égard à l’état et la gestion des stocks actuels. La résilience du pays face aux risques
climatiques et catastrophes grâce notamment à une préparation et planification solides aux urgences
est également impérative pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030 et réduire les vulnérabilités.
En conséquence, les actions menées par le SNU auront pour but de s’assurer que les acteurs publics,
privés et ceux de la société civile disposent des outils et des capacités en matière de gouvernance
durable, équitable et participative des ressources naturelles, des écosystèmes et des services
environnementaux. Il s’agit notamment de veiller à ce que des politiques et procédures
opérationnelles encourageant la participation de la population locale à la gestion de l’eau et de
l’assainissement soient mises en œuvre ou encore de participer à la mise en place de partenariats
favorisant l’implication, la sensibilisation et le changement de comportement, notamment des jeunes
et des plus vulnérables, autour des thématiques de l’environnement et l'éducation. En deuxième lieu,
le SNU contribuera au développement et la mise en œuvre d’une approche territoriale pour une
gestion intégrée des écosystèmes et des ressources naturelles en outillant les acteurs et actrices
concerné.e.s. En troisième lieu, le SNU apportera son soutien afin que ces dernier.ère.s disposent
des capacités et des outils pour élaborer et financer des politiques publiques intégrées sensibles et
résilientes aux chocs, en l’occurrence la COVID-19, contribuant ainsi à une croissance économique
verte (eau, sécurité alimentaire, industrie, transition énergétique, aménagement du territoire). En
quatrième lieu, le SNU contribuera à appuyer les acteurs publics, privés et de la société civile afin
qu’ils disposent de capacités et outils permettant de réduire et de gérer les risques de crises. Enfin,
en cinquième et dernier lieu, avec l’appui du SNU, les capacités des principaux acteurs et actrices
seront renforcées pour élaborer et mettre en œuvre des politiques intégrées qui assurent la sécurité
alimentaire, améliorent la nutrition et promeuvent la gestion durable des systèmes agricoles.
Priorités nationales, cibles et indicateurs des ODD. En conséquence des changements souhaités,
les cibles des ODD visées dans l’effet 4 sont : 15.a ; 15.1 ; 11.b ; 11.3 ; 13.2 et 12.3. Les indicateurs
sont : 15.a.1 ; 15.1.2 ; 11.b.1 ; 11.3.2 ; 13.2.1 et 12.3.1. Par les actions mises en œuvre, le SNU
35





Page 36
souhaite soutenir la Tunisie dans ses efforts à préserver la biodiversité, les écosystèmes et les
ressources naturelles mais aussi à les exploiter durablement (15.a et 15.1) par l’adoption de
politiques et plans d’action intégrés en faveur de l’insertion de tous et toutes, de l’utilisation
rationnelle des ressources, de la diminution des pertes alimentaires dans les chaines de production,
de l’adaptation aux effets des changements climatiques et de leur atténuation et de la résilience face
aux catastrophes, en particulier pour les plus vulnérables (11.b ; 12.3 et 13.2). L’objectif est
également de rendre le pays plus résilient aux risques et crises climatiques en mettant en œuvre une
économie verte solidaire permettant une exploitation et une gestion efficiente des ressources mais
aussi une politique urbaine et territoriale durable et intégrée, en phase avec les engagements
internationaux de la Tunisie en faveur du climat et de la préservation de l’environnement.
De la CCA
au Cadre de Coopération
Risque 1 : La Tunisie subit les impacts socio-
économiques de la crise de la COVID-19, et sa
que
relance
son
économique
développement économique ne
sont pas
suffisamment inclusifs et durables
ainsi
EFFET 1 : les institutions, menant des politiques publiques performantes et
tenant compte des risques en partenariat avec les acteurs économiques et
sociaux, mettent les ressources du pays au service d’un développement
socio-économique inclusif, durable, résilient et générateur d’emplois
décents, particulièrement pour les plus vulnérables.
Risque 2 : La transition démocratique reste
inachevée ou entraîne une érosion des acquis, en
raison de
l’insuffisance des changements
tangibles dans la vie de tous les jours

EFFET 2 : En 2025, des institutions redevables soutenues par un cadre
législatif harmonisé et des populations engagées garantissent
le
renforcement de l’état de droit, la protection des droits humains et la
cohésion et justice sociales, particulièrement pour les plus vulnérables,
conformément aux conventions et normes
internationales et en
complémentarité et interdépendance avec les efforts de développement
inclusif et durable
.
Risque 3 : les inégalités persistantes et l’absence
de progrès dans le développement humain
engendrent la frustration du fait du décalage
avec les attentes des populations, affaiblissant
ainsi la cohésion sociale

EFFET 3 : En 2025, les systèmes de santé, d’éducation et de protection
sociale sont résilients et assurent un accès équitable et des services de qualité,
particulièrement pour les plus vulnérables, et un engagement effectif de la
population.
: Une gestion
inadéquate des
Risque 4
ressources naturelles, des écosystèmes et de
l’environnement,
les
changements climatiques entrave la création
des richesses, accroît les vulnérabilités et
compromet la durabilité

exacerbée
par
Risque 5 : La multiplicité et l’ampleur des crises
et chocs exogènes compromettent les acquis de
la Tunisie

EFFET 4 : En 2025, l’ensemble des acteurs engagés assurent une gestion
équitable, transparente et durable des ressources naturelles, des
écosystèmes et territoires, en améliorent la résilience/adaptation ainsi que
celle des populations, notamment les plus vulnérables, face aux crises et
aux risques climatiques.
36















































Page 37
2.4 Réalisations du Cadre de coopération et partenariats
Les réalisations du SNU sont fondées sur les partenariats qu’il a pu et pourra établir avec les acteurs
des secteurs concernés. Ces partenariats rendent durables toutes les actions du SNU en Tunisie
puisqu’ils renforcent la coopération tant locale que nationale. En effet, ces partenariats sont conclus
sur des principes et des valeurs, une vision commune et des objectifs communs qui placent la
population, notamment les plus vulnérables, et son environnement au cœur des objectifs et résultats
à atteindre dans le cadre de ce Cadre de coopération. Eu égard à la pandémie de la COVID-19 et à
l’exigence du principe de « Reconstruire en mieux », une coopération fondée sur les partenariats est
plus que jamais nécessaire.
2.4.1 Effet 1 relatif au développement socio-économique de la Tunisie
Théorie du changement. Les institutions peinent à installer des politiques publiques inclusives et
équitables sur le long terme permettant de réduire les inégalités, le secteur informel, le chômage et
la pauvreté. Par ailleurs, l’économie tunisienne souffre depuis longtemps de dysfonctionnements
structurels. De plus, malgré une gestion exceptionnelle de la part du Gouvernement de la crise
sanitaire de la COVID-19, les conséquences de cette dernière devraient aggraver les prévisions
économiques et sociales pour la Tunisie augmentant encore les écarts socio-économiques et
environnementaux ainsi que la vulnérabilité des populations laissées pour compte. L’absence de
vision stratégique inclusive, durable et résiliente et la faiblesse des modes de gouvernance
économique constituent, entre autres facteurs, des faiblesses pour la Tunisie.
En raison de ce qui précède, le SNU souhaite fournir un appui à la Tunisie pour qu’elle fasse des
choix stratégiques et de politiques publiques centrés sur les ODD dans le but de mettre les ressources
du pays au service d’un développement socio-économique inclusif, durable, résilient et générateur
d’emplois décents, particulièrement pour les plus vulnérables.
Ce résultat pourra être atteint :
S’il existe une stabilité politique et institutionnelle ;
Si l’État a la capacité de créer un consensus grâce à un dialogue social autour du choix des
politiques publiques à mettre en œuvre ainsi que de leurs moyens de mise en œuvre ;
Si les ressources pour mettre en œuvre ces politiques publiques sont allouées de manière
efficiente et qu’un mécanisme de redevabilité et de transparence des institutions tant au
niveau national que territorial est institué ;
S’il existe un niveau élevé d’adaptabilité et de résilience des acteurs et actrices ;
Si l’environnement des affaires est plus favorable, si un soutien est apporté aux PME, si des
nouveaux mécanismes de financements innovants sont introduits ;
Si le Gouvernement arrive à régulariser le système informel ;
Si le Gouvernement met en place avec ses partenaires un plan quinquennal centré sur
l’Agenda 2030 et dont il est redevable ;
Alors, les richesses de la Tunisie seront partagées particulièrement pour les plus vulnérables et le
développement socio-économique sera inclusif, durable, résilient et créateur d’emplois décents.
Les ODD spécifiquement retenus pour cet effet sont les ODD 1, 8 et 17. Les ODD transversaux tels
que le 5 et le 10 sont intégrés à tous les effets afin de contribuer à réduire les inégalités et protéger
les populations les plus vulnérables, priorités du Gouvernement et du SNU.
37










Page 38
Partenariats. Pour mettre en œuvre ces changements, le SNU s’associera à plusieurs acteurs. Les
institutions nationales, locales et régionales comme les départements ministériels contribueront à la
planification et à la mise en œuvre des priorités nationales. Les ONG, le Parlement, les Associations
humanitaires, et les groupes professionnels permettront d’assurer l’engagement de la population tant
au niveau national que local et surtout de les prendre en compte pour la conception et la mise en
œuvre des actions prioritaires. Quant au secteur privé, il doit impérativement être soutenu pour
contribuer à la mise en œuvre des stratégies centrées sur l’atteinte des ODD, particulièrement dans
le secteur économique. Le SNU procèdera par l’assistance technique, l’appui institutionnel et le
renforcement de capacités des institutions mais aussi des partenaires et acteurs. Des partenariats
avec le monde académique seront favorisés afin de renforcer leur rôle dans la production des
analyses et la formulation de propositions de réformes et des recommandations portant sur leur mise
en œuvre. Outre les entités onusiennes présentes dans le pays, une collaboration et une synergie
seront encouragées avec ECA, ESCWA, FIDA, ITC, UNWTO… et toute autre entité qui pourra
contribuer avec une expertise en lien avec le Cadre de coopération.
2.4.2 Effet 2 relatif aux institutions, à l’état de droit et au dialogue social
Théorie du changement. Les progrès démocratiques en Tunisie sont tout autant remarquables que
fragiles. Ils doivent être consolidés. En effet, le pays est confronté à une crise de démocratisation.
La transition démocratique doit être achevée notamment par une harmonisation et une mise en
pratique du cadre législatif avec les dispositions de la Constitution. L’accès à la justice est encore
parfois défaillant et l’indépendance de cette dernière doit être renforcée. La transparence et la
redevabilité doivent également être enracinées dans le pays.
En raison de ce qui précède, le SNU souhaite contribuer à ce que des institutions redevables
soutenues par un cadre législatif harmonisé et des populations engagées garantissent le renforcement
de l’état de droit, la protection des droits humains, la justice et la cohésion sociales, particulièrement
pour les plus vulnérables. Cet objectif devra se poursuivre en complémentarité et interdépendance
avec les efforts de développement économique, social, territorial et environnemental.
Ce résultat pourra être atteint :
Si un dialogue social est instauré en Tunisie entre les différents acteurs et les populations,
notamment avec les plus vulnérables ;
Si la responsabilisation de la classe politique est renforcée et devient effective ;
Si la société civile est engagée pour définir et mettre en œuvre ces réformes ;
S’il existe une forte volonté politique de définir et mettre en place les institutions et les
réformes afférentes ;
Si des ressources humaines et financières sont allouées pour mettre en œuvre ces réformes ;
Si la Tunisie garantit l’effectivité des principes démocratiques et le respect des droits
humains et se conforme au respect des traités internationaux en matière de droits humains.
Alors, des institutions redevables et efficaces ainsi qu’un cadre législatif harmonisé pourront être
mis en œuvre afin de garantir l’égalité et l’équité, renforcer l’état de droit et conduire une transition
démocratique inclusive et participative.
Les ODD spécifiquement retenus pour cet effet sont les suivants : 10 et 16. L’ODD transversal 5 est
intégré à tous les effets afin de contribuer à réduire les inégalités et protéger les populations les plus
vulnérables, priorités du Gouvernement et du SNU.
38









Page 39
Partenariats. Pour mettre en œuvre ces changements, le SNU s’associera à plusieurs acteurs : les
organisations de la société civile
dont notamment celles représentant les groupes les plus
vulnérables, les institutions nationales, les institutions décentralisées, les ONG, le secteur privé mais
aussi la Banque mondiale et l’Union européenne qui accompagnent ces processus. Le SNU souhaite,
dans le cadre de cet effet, accompagner les acteurs engagés (notamment les Ministères dans les
domaine de la justice, de l’intérieur, de la sécurité), à mettre en œuvre des stratégies de plaidoyers,
en interne, pour l’adhésion aux programmes et réformes, renforcer le respect et la mise en pratique
de standards internationaux particulièrement en matière de droits humains, appuyer le partage des
bonnes pratiques pour consolider les secteurs de la justice et de la sécurité, procéder à des dotations
en moyens y compris matériels au profit des institutions, et renforcer les capacités des partenaires.
Le SNU souhaite, par ailleurs, favoriser la coordination et les synergies entre les différents acteurs
publics, privés, de la société civile, les partenaires techniques, financiers et sociaux, notamment
pour encourager l’engagement des populations et sensibiliser les parties prenantes. Le SNU
contribuera à la mise en place de l’innovation et la numérisation des administrations, intégrera la
société civile et les bénéficiaires des programmes aux processus de renforcement en cours et
facilitera le travail en chaîne inclusive d’acteurs et actrices concerné.e.s.
2.4.3 Effet 3 relatif à la santé, l’éducation et la protection sociale
Théorie du changement. Les difficultés de fonctionnement et d’accès que rencontrent les
usager.ère.s des systèmes de santé, d’éducation et de protection sociale constituent des facteurs qui
entravent le développement humain et social en Tunisie et augmente la vulnérabilité de la population
face aux extrémismes, aux chocs et aux crises.
En raison de ce qui précède, l’effet 3 consiste à s’assurer que les systèmes de santé, d’éducation et
de protection sociale sont résilients et assurent un accès équitable et des services de qualité,
particulièrement pour les populations vulnérables, tout en veillant à garantir un engagement effectif
de la population.
Ce résultat sera atteint si :
S’il y a une redistribution des ressources au niveau national et local pour gérer les services
et les systèmes sociaux ;
S’il y a une adaptation des services aux besoins de la population selon les territoires et la
nature des vulnérabilités ;
S’il y a un recours plus important à la technologie pour moderniser la prestation des
services ;
Si la fiscalité est rationalisée et le financement des services est optimisé ;
S’il existe une meilleure coordination entre le Gouvernement et le secteur privé ;
Si les systèmes adoptent une approche universelle et plus centrée sur les droits humains ;
Si la résilience des systèmes face aux crises est renforcée ;
Si des systèmes de redevabilité existent.
Alors, la cohésion sociale est renforcée grâce à une responsabilité citoyenne et à des systèmes
d’éducation, de santé et de protection sociale de qualité, tout particulièrement en faveur et avec la
participation des plus vulnérables.
Les ODD spécifiquement retenus pour cet effet sont les suivants : 1 ; 3 et 4. Les ODD transversaux
tels que le 5 et le 10 sont intégrés à tous les effets afin de contribuer à réduire les inégalités et
protéger les populations les plus vulnérables, priorités du Gouvernement et du SNU.
39








Page 40
Partenariats. Pour parvenir à mettre en œuvre ces actions, le SNU envisage des partenariats avec
les acteurs des trois secteurs, notamment les différents Ministères compétents dans les domaines de
l’éducation, des affaires sociales, de la famille, des affaires religieuses, de la formation
professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la santé. Le SNU procèdera en renforçant les
capacités des acteurs et actrices des différents systèmes, notamment par la modernisation des
infrastructures et le renforcement de la qualité des services fournis.
En matière de santé, les capacités des institutions intervenant sur la première ligne seront renforcées,
y compris pour faire face aux crises sanitaires et sur les approches multisectorielles et innovantes
consacrées à des problématiques prioritaires de la santé. Des partenariats avec les populations
(associations et OSC à l’échelle nationale et locale) seront également favorisés pour garantir
l’adhésion et la participation de ces dernières. En matière de protection sociale, le SNU prévoit de
renforcer les capacités des institutions en vue de réduire les inégalités et le système informel sur la
base de partenariats avec les Ministères et acteurs publics, les acteurs et actrices privé.e.s et les
partenaires financiers, techniques et sociaux ainsi que les organisations de la société civile. Ces
actions seront réalisées en coordination avec les partenaires techniques et financiers intervenant sur
ces volets notamment l’UE, l’AFD, la BM, la BAD, USAID et la GIZ.
2.4.4 Effet 4 relatif à la gestion des ressources, au changement climatique, à la résilience face
aux crises et aux risques climatiques
Théorie du changement. L’inefficacité de
la gestion des ressources naturelles et de
l’environnement, conjuguée aux effets de la crise climatique et d’autres crises exacerbe les inégalités
et compromet la croissance économique, car les personnes qui dépendent le plus de la terre et celles
qui vivent dans les régions intérieures (qui sont souvent les plus pauvres, les plus marginalisées et
les plus vulnérables), sont touchées de manière disproportionnée. La Banque mondiale a calculé que
la dégradation de l’environnement au niveau national coûtera à la Tunisie une perte estimée à 2,7%
du PIB en raison de la perte agricole liée à la dégradation des sols et à un déclin du tourisme lié à la
dégradation du littoral et de l’envasement des barrages.
En raison de ce qui précède, le SNU contribuera à ce que d’ici à 2025, l’ensemble des acteurs et
actrices engagés assurent une gestion équitable, transparente et durable des ressources naturelles,
des écosystèmes et territoires, et améliorent la capacité d’adaptation et de résilience ainsi que celle
des populations, notamment les plus vulnérables, face aux crises et risques climatiques.
Ce résultat sera atteint si :
Si les capacités humaines et financières sont disponibles ;
Si les prévisions concernant les scénarios climatiques et naturels sont prises en compte ;
S’il existe une stabilité politique régionale ;
Si l’appui des partenaires financiers et techniques est continu ;
Si les acteurs et actrices sont engagé.e.s ;
S’il existe une stabilité politique et institutionnelle ;
Si la Tunisie investit de manière plus importante dans la prévention et la gestion des crises
y compris pour les crises relatives aux réfugié.e.s et aux migrant.e.s ;
Alors, la Tunisie réduit son impact écologique, améliore sa résilience face aux crises et risques
climatiques et réduit les vulnérabilités au travers d’une gestion appropriée des ressources naturelles
(et particulièrement l’eau et les ressources aquatiques), des écosystèmes et de l'environnement.
40








Page 41
Les ODD visés par ces changements sont les suivants : 11, 13 et 15. Les ODD transversaux tels que
le 5 et le 10 sont intégrés à tous les effets afin de contribuer à réduire les inégalités et protéger les
populations les plus vulnérables, priorités du Gouvernement et du SNU.
Partenariats. Pour parvenir à ces résultats, le SNU entend travailler aux côtés des acteurs publics et
plus particulièrement des Ministères en charge de l’environnement, de l’agriculture, de l’énergie,
des mines, de la santé mais aussi de l’intérieur et des finances et procéder à des renforcements de
capacités des institutions afin que ces dernières mettent en place une planification stratégique
efficiente dans ce domaine dans le but de mieux gérer les ressources. Le SNU assistera également
les acteurs et actrices concerné.e.s et plus particulièrement les acteurs publics dans l’amélioration
de la gouvernance. Les acteurs privés et la société civile seront également associés à ces programmes
afin d’ancrer les acquis dans le pays. Le SNU souhaite par ailleurs doter les partenaires publics et
privés des moyens permettant de mettre en œuvre une approche territoriale de la gestion des
ressources et des écosystèmes. L’appui du SNU consistera enfin à nouer des partenariats avec tous
les acteurs publics, privés, partenaires techniques, sociaux et financiers et les organisations de la
société civile pour développer une économie verte et réduire et gérer les risques de crises et de
changements climatiques.
Ces actions seront réalisées en coordination avec les partenaires
techniques et financiers intervenant sur ces volets notamment l’UE, l’AFD, la BM, la KFW, la BEI,
la BAD et la GIZ.
2.5 Synergies entre les réalisations du Cadre de coopération
Le présent Cadre de coopération a pour objectif principal de centrer ses actions sur la réalisation des
ODD afin de bâtir la confiance au sein du pays, de renforcer la cohésion sociale et l'équité et de
soutenir les populations les plus vulnérables. Pour ce faire, le SNU mettra en avant les synergies
entre toutes les entités des Nations Unies.
(1) Appropriation nationale de la part du Gouvernement et des partenaires nationaux. Le
leadership national sera assuré par le MDICI et le Comité Général du Développement
Sectoriel et Régional (« CGDSR ») afin de renforcer l’appropriation nationale des acquis.
L’ancrage des changements que souhaite promouvoir le SNU n’est possible que si les
partenaires nationaux sont associés à tous les niveaux d’intervention du SNU. Il conviendra
de sensibiliser les partenaires et de les aider à s’engager davantage en faveur d’une réelle
appropriation des ODD et leur intégration dans l’Agenda du pays.
(2) Accès à l’information. Avant toute chose, l’accès à l’information constitue une donnée
essentielle de l’action du SNU en Tunisie pour protéger les populations et mieux cibler
l’action du SNU. En effet, le SNU devra favoriser le développement de systèmes de collecte,
d’analyse, de diffusion et d’utilisation de données. Il s’agira de définir avec plus de précision
ses zones d’intervention en prenant en compte les facteurs clés de la fragilité, de la
vulnérabilité des populations et les causes profondes des inégalités.
(3) Mise en œuvre d’une approche intégrée et intersectorielle. L’approche intégrée qui a été
adoptée dans le présent Cadre de coopération doit également permettre de mettre en œuvre
une démarche intersectorielle. Il s’agit de prendre en compte tant les facteurs structurels liés
aux institutions que les difficultés auxquelles les populations sont confrontées dans leur vie
quotidienne et dans la réalisation de leurs droits humains. Les partenariats avec le secteur
privé doivent également être renforcés afin de garantir une approche intersectorielle.
Concrètement, les agences du SNU s’attacheront à travailler en commun pour mener des
actions intégrant les principaux aspects d’une problématique et, par-là, pour améliorer les
41







Page 42
performances de l’aide apportée. A titre d’illustration, le soutien apporté aux institutions
pour intégrer les problématiques de gestion des ressources naturelles dans les politiques
publiques en matière économique est impératif pour valoriser la synergie des actions. De
même, des actions de sensibilisation aux questions environnementales doivent être menées
au sein des écoles, collèges et lycées, unissant ainsi les associations et organisations de
protection de l’environnement aux institutions scolaires.
(4) Renforcement de la coordination. Des dispositifs de coordination tant au sein des Nations
Unies qu’avec le Gouvernement seront mis en œuvre pour assurer une coordination
renforcée entre les secteurs d’actions du SNU. L’élaboration des plans de travail conjoints
sera participative et consultative. Les partenaires nationaux y seront associés de manière
systématique. Les groupes de résultats veilleront pareillement à assurer ces synergies
notamment par la participation d’une grande variété d’acteurs et d’actrices aux travaux des
groupes. L’Equipe-Pays veillera également à garantir une complémentarité avec les autres
plans existants.
(5) Promotion de l’engagement participatif de la population. Le Cadre de coopération met
en avant l’engagement participatif de la population. Le SNU veillera en coordination avec
la partie tunisienne à renforcer la connaissance de la population de ses droits et devoirs à
tous les niveaux d’actions et quels que soient les effets concernés. S’il est apparu impératif
de soutenir les populations les plus vulnérables comme notamment les femmes, les jeunes,
les enfants, les migrant.e.s et les réfugié.e.s, il est également ressorti des analyses relatives
au pays que l’engagement des populations est essentiel pour consolider la cohésion sociale
en Tunisie. Les populations seront mises au centre des discussions et les systèmes
consultatifs seront particulièrement développés afin de garantir ces synergies.
2.6 Durabilité
La durabilité des actions du Cadre de coopération doit permettre de préserver et de consolider les
résultats obtenus en matière de développement. Le Programme 2030 vise à assurer la protection
durable de la planète et de ses ressources, à favoriser une croissance économique inclusive et
soutenue, à mettre fin à la pauvreté dans toutes ses manifestations et à améliorer le bien-être des
femmes, des hommes et des enfants. Pour y parvenir, il est indispensable de renforcer les capacités
des institutions et parties prenantes nationales et infranationales. De ce fait, le Cadre de coopération
contribuera au renforcement de ces institutions pour qu’elles disposent des structures, des capacités
et des ressources leur permettant de réaliser le Programme 2030.
La durabilité des résultats du Cadre de coopération repose sur (i) son ancrage dans les priorités
nationales du Gouvernement, (ii) sur la pertinence des cibles des ODD qui ont été choisies et les
moyens qui seront mis en œuvre pour les atteindre, (iii) sur le renforcement des capacités et des
systèmes nationaux et enfin sur (iv) sur la mise en œuvre d’une approche participative impliquant
toutes les parties prenantes dans la conception, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des
programmes et projets.
Partant de ces éléments, le Cadre de coopération a vocation à :
(1) Recréer plus de confiance dans des institutions renforcées et stables et une classe politique
redevable, lesquelles constituent des facteurs essentiels de stabilité et, partant, de la
durabilité des changements à venir ;
42









Page 43
(2) Inscrire dans le budget national des priorités nationales sur le long terme ;
(3)
Renforcer le dialogue avec les partenaires notamment les partenaires financiers ;
(4)
Consolider les capacités liées au développement humain de la population, renforçant ainsi
leur engagement comme leur participation dans le renouvellement du contrat social. Cette
appropriation populaire comme le renforcement de la tradition du dialogue social en Tunisie
constitue un gage de stabilité et de cohésion sociale durable pour le pays ;
(5) Renforcer et participer à la modernisation des institutions, notamment à travers le
renforcement de capacités concernant la collecte des données. Il est impératif de connaître
les plus vulnérables et d’identifier leurs facteurs de vulnérabilités pour cibler les actions à
mener de manière durable ;
(6) Sensibiliser et soutenir le développement d’une croissance économique inclusive mais aussi
durable pour la planète constitue un des socles de la durabilité du présent Cadre de
coopération ;
(7) Mettre l’accent sur la résilience alliée à l’égalité dans de nombreux secteurs, santé,
éducation, protection sociale, économie et environnement, créant ainsi les conditions pour
un développement durable de la Tunisie.
(8) Contribuer à ce que toute politique publique pertinente pour la mise en œuvre des ODD soit
basée sur des données désagrégées fiables afin d’assurer que ces politiques répondent aux
besoins réels du pays en termes de développement comme par exemple les besoins dans le
domaine de la migration et de l’asile, la gestion et l’urbanisation des territoires ou encore la
prise en compte du patrimoine culturel comme source de revenus pour le pays et
d’attractivité économique,
(9) Prendre en compte le principe de LNOB et l’approche basée sur les droits humains.
2.7 Avantages relatifs des Nations Unies et configuration de l’Équipe-Pays des Nations Unies
Dans le cadre de l’UNDAF sur la période 2015-2020, les interventions du SNU ont été saluées sur
cinq points principaux : (1) la facilitation du dialogue et le plaidoyer sur les normes et valeurs
internationales ; (2) l’appui direct à la formulation des politiques et programmes ; (3) la production
et gestion des connaissances ; (4) la capacité de produire de l’expertise et des analyses de haute
qualité ; (5) la capacité pour la résolution de conflits et le rôle de facilitateur sociétal. Ces éléments
de l’action du SNU sont à nouveau au cœur de l’intervention du SNU dans le cadre du présent Cadre
de coopération. En effet, quel que soit le secteur d’intervention, les résultats que le SNU souhaite
atteindre d’ici à 2025 sont également articulés autour de ces cinq axes d’intervention, en sus du
renforcement de capacités.
Le SNU a également tiré les leçons de l’UNDAF 2015-2020 et adapté la configuration de l’EP pour :
Assurer la configuration la plus adéquate, fondée sur les besoins, axée sur les priorités du
Gouvernement et la valeur ajoutée du SNU en Tunisie pour la mise en œuvre de l'Agenda
2030 et la promesse collective de ne laisser personne de côté ; et
Renforcer la transparence, l'efficacité et l'impact de la coordination.
Les analyses des capacités de l’Équipe-Pays se trouve en annexe 2.
43










Page 44
CHAPITRE 3 : PLAN DE MISE EN ŒUVRE DU CADRE DE COOPÉRATION
Propos liminaires : stratégie de mise en œuvre. Le Cadre de coopération sera exécuté au niveau
national sous la coordination générale du Ministère en charge des Affaires étrangères et du Ministère
en charge du développement, de l’investissement et de la coopération internationale en partenariat
avec le SNU. Les ministères concernés, les ONG, les partenaires, tout acteur et actrice impliqué.e
ainsi que les agences du SNU mettront en œuvre les activités du Cadre de coopération à travers
l’exécution de plans de travail et de documents de projets décrivant les résultats à atteindre et
reflétant l’accord entre les agences du SNU et les partenaires d’exécution.

Pour la mise en œuvre des actions du SNU, il conviendra d’encourager un équilibre entre, d’une
part, l’approche sectorielle par toutes les parties prenantes concernées qui permet d’atteindre des
résultats précis selon les compétences et secteurs en cause et, d’autre part, la transversalité
nécessaire à la planification aux fins de fédérer les différentes expertises et contributions des agences
pour réaliser les résultats amenant aux changements souhaités.
Par ailleurs, conformément aux recommandations résultant de l’analyse faite de l’UNDAF 2015-
2020, il est essentiel de :
Développer des programmes et projets conjoints inter-agences, conçus en synergie et
surtout en fonction de la valeur ajoutée du SNU ;
Persévérer à suivre une démarche participative et inclusive engageant le Gouvernement,
les populations concernées, les agences du SNU et les partenaires dans (i) le traitement
des problématiques des droits humains, de protection des plus vulnérables et du
développement ainsi que dans (ii) le montage des programmes et projets. Ceci permettra
de concevoir des interventions réalistes, que l’on peut effectivement mettre en œuvre et
qui répondent aux principes essentiels de programmation des Nations Unies et surtout
aux priorités nationales du pays ;
Améliorer la coordination avec les pouvoirs publics concernant, d’une part, le choix des
situations et thématiques prioritaires et, d’autre part, le choix des régions éligibles à de
nouveaux programmes et projets. Cette exigence se traduira par une information
systématique du Gouvernement de la part du SNU de toute action menée avec un
partenaire national en application du Cadre de coopération.
Par ailleurs, l’Équipe-Pays veillera à mettre en place une approche intégrée et multidimensionnelle
dans l’élaboration des programmes en tenant compte des « quatre P » de l’Agenda 2030 (population,
prospérité, planète et partenariats), lesquels ont vocation à optimiser l’impact des actions du SNU :
(1) La Population : chaque habitant.e de Tunisie, quel que soit son statut, son âge, son sexe, sa
religion, ses origines et son statut de réfugié.e.s, ou de migrant.e.s , a droit à la dignité, à la
sécurité humaine et à l’accès aux connaissances, surtout pour ceux et celles qui sont laissé.e.s
de côté, à travers la prise en compte permanente des problématiques des droits humains,
d’équité et de migration ;
(2) La Prospérité : un développement socio-économique inclusif, durable, résilient et équitable
fondé sur une économie forte, libéralisée et plus verte permettra l’amélioration du bien-être
des populations les plus vulnérables en créant les meilleures opportunités de revenus et
d’emplois décents, surtout pour les personnes vivant dans l’extrême pauvreté ;
44









Page 45
(3) La Planète : la protection des ressources naturelles et plus généralement de l’environnement
en Tunisie fonde la durabilité du développement en veillant à une urbanisation rationalisée
et à la résilience des territoires et des populations pour faire face aux effets du changement
climatique et à d’autres risques écologiques liés à l’exploitation des ressources du pays. En
Tunisie, l’exploitation agricole et la protection des ressources aquatiques constituent des
priorités ;
(4) Les Partenariats : il s’agit de veiller à développer des partenariats forts et constructifs avec
le Gouvernement, la société civile, les collectivités locales, le secteur privé, les
communautés de base et les partenaires au développement pour la mise en œuvre des
différentes activités du SNU. A cet égard, le SNU apportera un appui à la Tunisie pour
renforcer les partenariats dans le cadre de la coopération Sud-Sud, lesquels constituent
également des éléments essentiels pour le développement de la Tunisie.
En sus de ces impératifs, l’Équipe-Pays veillera, sur la base des nouvelles directives du Cadre de
coopération, à l’application des principes programmatiques de mise en œuvre et de suivi suivants :
(1) Ne laisser personne de côté : Ce principe reconnait que chaque personne compte et mérite
d’avoir droit à l’égalité des chances, indépendamment de son revenu, son sexe, son âge, son
origine ethnique ou raciale, sa religion, son handicap, son lieu d’habitation et son statut de
réfugié.e.s ou de migrant.e.s. Cela implique, pour le Gouvernement et tous les autres acteurs
et actrices, une réelle prise en compte de façon prioritaire et urgente des intérêts des
personnes les plus à risque et défavorisées, les plus pauvres, et les plus exclues et exposées
à la violence et à la discrimination.
(2) Droits humains : Le Cadre de coopération prend en compte l’approche basée sur les droits
humains dans toutes ses composantes. Tous les programmes seront fondés sur le respect des
droits humains et plus particulièrement sur la promotion des droits humains qui sont
complémentaires et interdépendants : les questions liées à l’accès à la justice, le droit à la
santé sexuelle et reproductive, les droits économiques, culturels, civils, sociaux, politiques,
conformément aux engagements internationaux de la Tunisie. Cette approche prendra en
considération les disparités et spécificités de chaque territoire ainsi que les préoccupations
des couches les plus vulnérables.
(3) Genre et équité : Les filles et les femmes sont les principales victimes de violences, de
chômage, de pauvreté et d’abandon scolaire. La promotion et la protection de leurs droits,
notamment à travers l’amélioration de leur niveau d’éducation, de santé et de formation,
impacte leur niveau de participation à la vie économique, sociale et politique et à la création
de richesse. Ces éléments seront pris en compte dans les résultats stratégiques du Cadre de
coopération.
(4) Jeunes : Un effort doit être fait pour assurer l’implication et la responsabilisation des jeunes
dans le pays, notamment à travers des mécanismes innovants de communication. Ils doivent
être impliqués tout au long de la mise en œuvre et du suivi du cadre de coopération grâce à
des consultations et des modes de soutien de leurs actions et initiatives ;
(5) Résilience : La Tunisie est exposée à des risques et des facteurs de pression multiformes
(catastrophes naturelles, chocs économiques, crises sanitaires, changement climatique,
démographie, conflits régionaux, etc.) qui ont un impact potentiel fort sur le développement,
le bien-être, l’habitat et les conditions de vie de la population et plus particulièrement des
plus vulnérables. Le Cadre de coopération apporte une réponse visant à améliorer la
résilience de la Tunisie face au changement climatique, aux risques et aux catastrophes. Il a
vocation à apporter des réponses intégrées et multisectorielles qui renforcent à la fois le
capital humain, le capital naturel et culturel et le capital social.
45




Page 46
(6) Responsabilité : a) Le SNU agira dans le respect des priorités nationales et des mécanismes
nationaux de responsabilisation et œuvrera à leur renforcement ; b) Le SNU renforcera les
mécanismes, institutions et organes nationaux et locaux chargés d’assurer le suivi et de
rendre compte de la réalisation des objectifs de développement durable ; c) Le Cadre de
coopération prévoit des mesures visant à renforcer et étendre la transparence et à mieux
collecter les données, mieux mesurer et mieux diffuser les résultats, notamment par des
évaluations conjointes avec les populations cibles ; d) La mise en œuvre du Cadre de
coopération permettra aux populations locales de jouer un rôle et de participer aux décisions
tout au long du cycle du Cadre de coopération ; e) Lors de sa mise en œuvre, le Cadre de
coopération participera au renforcement, d’une part, des systèmes de collecte et de mise au
point de données ventilées de qualité, accessibles, actualisées et fiables et, d’autre part, à
l’utilisation de ces données dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques
de la Tunisie.
3.1 Stratégie de mise en œuvre et partenariats stratégiques
Méthodes de travail dans les autres domaines que les réalisations du 2.4 du présent Cadre de
coopération.
Le SNU établira des dialogues avec le Gouvernement, les partenaires financiers et
techniques, l’Assemblée des Représentants du Peuple, le pouvoir judiciaire et la société civile et
toutes les parties prenantes au développement de la Tunisie selon l’Agenda 2030. Ces partenariats
stratégiques seront fondés sur la valeur ajoutée du partenariat eu égard aux objectifs à atteindre mais
également sur la réciprocité et la coordination de ces partenaires en synergie avec les secteurs
prioritaires identifiés par le SNU. Ces partenariats ont vocation à être d’étendue large et porteront
notamment sur le partage de données et d’analyses. Ils doivent permettre de renforcer la
coordination des interventions selon les secteurs mais aussi de manière intersectorielle. A titre
d’exemple, pourront être mis en place des mécanismes de consultations facilités par le SNU, des
appuis aux différents mécanismes consultatifs tels que la Commission nationale de coordination,
d’élaboration, de présentation des rapports et de suivi des recommandations dans le domaine des
droits humains, ou encore la facilitation du dialogue avec les jeunes tant au niveau local que national.
Principaux partenariats opérationnels et stratégiques. Les partenariats stratégiques sont essentiels
à la bonne mise en œuvre du Cadre de coopération.

Partenariats au sein du SNU. Le SNU agira dans le but de créer les meilleures conditions permettant
d’accélérer le processus de mise en œuvre du principe « Delivering as One » selon cinq règles : i)
un leadership unique, ii) un programme unique, iii) un cadre budgétaire unique, iv) un cadre
opérationnel commun et v) une stratégie commune de communication. Dans ce cadre, des
programmes conjoints pourront être développés en vue de maximiser l’impact des interventions et
renforcer les synergies entre les agences.

Partenariats avec les organisations nationales. De manière générale, le SNU souhaite :
Élargir les partenariats opérationnels et stratégiques nationaux afin d’engager les jeunes, les
associations de femmes, les syndicats, les ONG, la société civile et les organisations de la
société civile, les partenaires sociaux, le secteur privé, les milieux académiques et les médias
y inclus les bloggeur.euse.s ;
Engager les consultations les plus larges et représentatives possibles avec les différentes
parties prenantes concernées y compris dans les régions : les acteurs régionaux et locaux
(instances élues, administrations publiques régionales et locales et les organisations de la
société́ civile).
46







Page 47
les partenaires d'exécution du projet,
les partenaires
Les partenaires privilégiés sont :
Gouvernementaux, les entreprises du secteur privé (y inclus les incubateurs), les organisations de la
société civile, les ONG, les jeunes, les associations de groupes marginalisés, les associations
culturelles, le monde associatif du spectacle, les start-ups, les groupes de réflexion, les institutions
universitaires, les institutions financières internationales, les bailleurs bilatéraux et les entités des
Nations Unies. Ces partenaires seront associés à différents groupes de travail dans la logique du
Cadre de coopération entre le SNU et le pays afin d’atteindre les cibles des ODD dans le cadre de
l’Agenda 2030. Ces partenariats seront thématiques et organisés selon les effets identifiés dans la
théorie du changement.
Pour ce qui concerne plus particulièrement la problématique LNOB « Ne laisser personne pour
compte », il sera impératif d’assurer la disponibilité des informations et données statistiques,
quantitatives et qualitatives, relatives aux facteurs politiques, économiques et socio-culturels qui
conduisent à la marginalisation, l’exclusion et les discriminations des populations laissées pour
compte. Pour ce faire, des partenariats et appuis devront être privilégiés avec les milieux de
recherches scientifiques, académicien.ne.s et expertes et experts nationaux afin de bénéficier de
leurs travaux de recherches et d’évaluation sur ces populations (études, enquêtes et toute sorte
d’investigation scientifique réalisées ou à réaliser).
Partenariats avec les organisations financières et techniques. Le SNU favorisera les partenariats
fondés sur le dialogue et le partage de connaissances avec la Banque Mondiale et le FMI en raison
de leurs connaissances et interventions en Tunisie. Ces deux entités jouent un rôle essentiel dans
l’atteinte des performances concernant les priorités stratégiques du pays.

Présentation des structures de coordination à mettre en place et le rôle du SNU dans ces structures.
Chaque effet du Cadre de coopération est associé à un groupe de résultats (GR) correspondant. Ces
GR ont vocation à garantir la conception, la mise en œuvre et la continuité du travail effectué en
Tunisie entre le SNU et les entités du Gouvernement. Ils sont composés des entités des Nations
Unies (résidentes et non résidentes) participantes et sont présidés par les chefs de secrétariat des
entités. Ils seront établis en concertation avec le Gouvernement. A cet égard, selon les
recommandations de l’évaluation de l’ancien UNDAF, les GR seront plus inclusifs et comprendront
en tant que membres, et selon l’objet du GR, des partenaires sociaux, financiers dont les IFIs, des
partenaires techniques et des représentant.e.s de la société civile.
Ils sont chargés d’améliorer la coordination interne et de veiller à ce que l’ensemble du SNU
applique les priorités stratégiques d’une façon cohérente. Ils permettent au Système des Nations
Unies pour le développement d’être un partenaire plus efficace tout en œuvrant à la réduction des
coûts de transaction pour les parties prenantes. Ils se réunissent au moins une fois tous les six mois
soit en juin et en décembre de chaque année, et en tant que de besoin.
Les groupes de résultats élaborent des plans de travail conjoint pour la mise en œuvre du Cadre de
coopération, recensent les moyens de renforcer la collaboration inter institutions (par exemple grâce
à des programmes conjoints), suivent collectivement les progrès accomplis dans la réalisation des
produits communs et en rendent compte, et contribuent régulièrement à la mise à jour de l’analyse
commune pays.
Ces GR sont présidés par deux agences du SNU avec une rotation entre les agences tous les deux
ans. Le secrétariat est assuré avec l’appui du BCR/UNIC (Centre des Nations Unies pour
l’Information). Ils seront coprésidés par un.e représentant.e du Gouvernement.
47








Page 48
Les GR seront inclusifs en ce qu’ils prévoiront une participation effective des instances nationales
compétentes comme des bénéficiaires directs et indirects des axes de ces GR. L’idée est (i) de
renforcer l’appropriation nationale, (ii) d’être plus pertinent quant aux activités à mener, (iii)
d’améliorer la performance de l’attente des résultats et enfin (iv) d’assurer la durabilité des résultats.
Par ailleurs, des GR transversaux « Jeunes » et « Genre » seront créés avec pour vocation de
participer à tous les GR relatifs aux effets de telle sorte que chacun de ces groupes intègre les
questions transversales concernant les jeunes et le genre.
Les GR pourront également organiser des programmes conjoints lorsque des GR et des agences
travaillent sur des problématiques communes afin de mutualiser le travail et multiplier les synergies.
3.2 Plans de travail conjoints
Description des plans de travail conjoints annuel. Les GR du Cadre de coopération sont appelés à
élaborer des plans de travail communs détaillant le rôle des Nations Unies et des partenaires
nationaux dans la réalisation des résultats attendus et les ressources à mettre à disposition à partir
de différentes sources, ainsi que le rapport des résultats analytiques à présenter notamment à la revue
annuelle des réalisations. Ces plans de travail conjoints seront développés et mis en œuvre
annuellement pour chaque effet par les groupes de résultats du Cadre de coopération. Ils seront
élaborés sous la direction du Coordonnateur Résident et intègreront les effets et produits définis
dans le Cadre de coopération.
Les différents plans de travail seront élaborés en vue de construire d’une manière coordonnée des
réponses communes, et ce, en cohérence avec l’Agenda 2030 d’une part mais aussi avec
l’approbation du gouvernement.
Figurent dans les plans de travail conjoints : (i) les produits (outputs) du Cadre de coopération ; (ii)
toutes les activités de développement y afférentes menées en commun ou par telle ou telle entité, le
but étant d’optimiser les synergies et d’éviter les doublons ; (iii) les ressources nécessaires et
disponibles et les besoins de financement. Les plans de travail conjoints sont annuels.
Autres plans des NU exécutés ou à exécuter en Tunisie. En sus de son plan pour l’Union africaine,
la Tunisie dispose de nombreux plans sectoriels notamment en matière de santé, d’éducation, de
petite enfance, d’emploi, de jeunesse, de lutte contre les violences à l’égard des femmes fondées sur
la discrimination entre les sexes, et de lutte contre les violences faites aux enfants. Le SNU
soutiendra le Gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre de ces plans.
3.3 Gouvernance
La gouvernance constitue un aspect central de la mise en œuvre du Cadre de coopération.
Au niveau stratégique conjoint avec le Gouvernement (Comité directeur mixte). Le Comité
directeur mixte est coprésidé par le Coordonnateur Résident et, en sa qualité de représentant de
l’État, par le plus haut placé parmi les interlocuteurs du Système des Nations Unies, à savoir le/la
Ministre du MDICI et le/la Ministre des Affaires étrangères.
Le Comité compte parmi ses membres les principaux partenaires qui contribuent conjointement à la
mise en œuvre des priorités nationales et de l’Agenda 2030. Ces principaux partenaires sont : la
48













Page 49
Présidence de la République, la Présidence du Gouvernement, les Ministères chargés de la formation
professionnelle, de l’emploi, des affaires locales, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, des
affaires sociales, des finances, de l’environnement, de la femme, de la justice, de l’intérieur, les IFIs
(Banque Mondiale et Fonds Monétaire International), les partenaires sociaux (UTICA, UGTT,
UTAP et CONNECT), la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, deux membres de l’Assemblée
des représentants du peuple, 4 représentants de la société civile dont une association de femmes et
une association de jeunes, 2 académicien.ne.s, les partenaires financiers clés du SNU et les médias
traditionnels et les réseaux sociaux.
Ce Comité assure la direction et le contrôle stratégiques du Cadre de coopération, veille à ce que
celui-ci aille dans le sens des processus, mécanismes et objectifs nationaux, régionaux et
internationaux en matière de développement et entretient des contacts avec d’autres mécanismes
comme l’examen national volontaire. Il examine les progrès accomplis, les difficultés à surmonter
et les occasions à saisir, donne des orientations de mise en œuvre, étudie le rapport sur les résultats
de pays (One UN Country Results Report), apporte son appui à la mobilisation de ressources en
faveur du Cadre de coopération et participe à l’examen des possibilités de financement du
développement.
Le Comité directeur mixte procède à un examen de l’exécution au moins une fois par an. Le
Coordonnateur Résident présente le rapport sur les résultats du pays, les rapports d’évaluation et les
réponses et le plan d’action. C’est à cette occasion que le Cadre de coopération peut être modifié,
de manière à ce qu’il conserve toute sa pertinence conformément à l’évolution de la situation
nationale. Lors de l’examen, les coprésidents du Comité déterminent s’il convient de procéder à une
révision officielle du Cadre de coopération ou si les changements peuvent simplement être
consignés dans le rapport d’examen annuel et les plans de travail conjoints ultérieurs. La plateforme
UN-Info est mise à jour compte tenu des modifications.
Au niveau fonctionnel. En sus des GR par effet et des deux GR transversaux jeunes et femmes,
l’Équipe-Pays assurera la mise en œuvre fonctionnelle du Cadre de coopération via :

Le groupe conjoint d’appui en charge de question de la Communication
Le groupe Inter-agences de Suivi et Évaluation (GISE),
Le groupe des opérations « Operation Management Team » ;
Le groupe partenariat et de mobilisation des ressources ;
Le Groupe conjoint d’appui en charge de la communication composé des équipes communication
des agences planifie, exécute et suit les actions de communication liées au Cadre de coopération.
Le groupe inter-agences de suivi-évaluation regroupe les responsables de suivi - évaluation des
agences du SNU et coordonnera la mise en œuvre du plan de suivi - évaluation du Cadre de
coopération.
Le groupe des opérations « Operation Management Team » qui sera composé de directeurs des
opérations des différentes agences a pour mission d’apporter son appui à l’amélioration de
l’efficacité et l’efficience des opérations du SNU à travers l’harmonisation des procédures et le
développement des services communs, tel qu’inclus dans la Business Operations Strategy (BOS).
Le groupe partenariat et de mobilisation des ressources sera composé des équipes des agences du
SNU sur ces questions.
49










Page 50
Au niveau opérationnel. En sus des GR ci-dessus prévus au niveau fonctionnel, un groupe de
résultat par effet est créé :

Le groupe développement socio-économique (effet 1)
Le groupe institutions, état de droit et dialogue social (effet 2)
Le groupe santé, éducation et protection sociale (effet 3)
Le groupe gestion des ressources, changement climatique et résilience face aux crises et
risques climatiques (effet 4)
Ces 4 groupes veilleront également à la coordination avec les autres GR thématiques ainsi qu’avec
le partenaire national.
Au niveau du SNU. Un mécanisme opérationnel au sein du BCR spécialement dédié à la
consolidation des aspects stratégiques des GR devrait être institué (en inter GR et en intra GR). Il
aura la responsabilité́ de faciliter l’organisation des réunions des GR, d’apporter un appui technique
pour développer des plans intégrés (à partir des interactions des plans annuels des agences) et
donnera son avis et ses recommandations sur les portées stratégiques des différents projets et leur
mise en œuvre. Il rédigera un rapport d’examen annuel sur la base des rapports annuels de chaque
GR.

Tous les GR se rencontreront au moins une fois par an afin de garantir l’exécution du Cadre de
coopération de manière collaborative.
Le Coordonnateur Résident veillera à garantir continuellement, d’une part, la visibilité (One UN)
des agences des Nations Unies de manière homogène et, d’autre part, à un meilleur positionnement
stratégique du SNU dans le pays. Il s’agira de s’assurer que les agences restent redevables des effets
et produits prévus pour la mise en œuvre du Cadre de coopération.
La synergie inter-agence sera également renforcée notamment en termes de communication. Cela
passera notamment par un lien fonctionnel plus fort entre le GR communication et les GR par effet.
La coordination inter-agences sera également renforcée grâce au suivi assuré par le Coordonnateur
Résident afin d’éviter les conflits de compétences et pour favoriser le travail en commun.
3.4. Divers
Clauses relatives à la coordination générale au niveau national. Le programme est exécuté au
niveau national sous la coordination générale du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère
chargé du développement et de la coopération internationale (autorité Gouvernementale chargée de
la coordination). Les Ministères, les organisations non Gouvernementales, les organisations non
Gouvernementales internationales et les organismes des Nations Unies réalisent les activités des
programmes. Le Cadre de coopération est mis en œuvre moyennant l’établissement d’un ou
plusieurs plans de travail conjoints
47 et/ou plans de travail propres à chaque organisme et descriptifs
de projets dans lesquels sont décrits les résultats à atteindre et qui, au besoin, valent accord sur
l’utilisation des ressources entre les organismes des Nations Unies et les partenaires de réalisation.
Les organismes des Nations Unies et leurs partenaires s’en tiennent autant que possible aux
documents strictement nécessaires à la réalisation des activités de programme, à savoir le Cadre de
coopération signé et les plans de travail, conjoints ou non, et descriptifs de projets signés.
Cependant, si cela se révèle nécessaire et opportun, on pourra établir d’autres documents relatifs
47 Conformément aux procédures opérationnelles standard (SOP) publiées par le Groupe des Nations Unies pour le développement à l’intention des
pays qui ont adopté l’approche « Unis dans l’action ».
50










Page 51
aux projets, en utilisant, entre autres, les passages pertinents du Cadre de coopération et des plans
de travail, conjoints ou non, et/ou des descriptifs de projets
48.
Le montant des fonds versés au titre des frais de voyage, des soldes, des honoraires et des autres
dépenses correspond à ce qui se pratique en la matière en Tunisie, sans toutefois dépasser les
montants applicables dans les organismes des Nations Unies (comme indiqué dans les circulaires
de la Commission de la fonction publique internationale).
Clauses relatives à la politique harmonisée concernant les transferts de fonds (HACT)
Tous les transferts de fonds destinés à un partenaire de réalisation se font conformément aux plans
de travail
49 convenus entre le partenaire de réalisation et les organismes des Nations Unies. Les
transferts de fonds destinés au financement d’activités décrites dans les plans de travail peuvent être
effectués par les organismes des Nations Unies selon les modalités suivantes :
1- Fonds transférés directement au partenaire de réalisation :
a.
Avant le début des activités (transfert direct), ou
b.
Une fois les activités terminées (remboursement) ;
2- Paiement direct aux fournisseurs ou à des tiers au titre d’obligations contractées par le
partenaire de réalisation sur la base de demandes signées par la personne habilitée désignée
par celui-ci ;
3- Paiement direct aux fournisseurs ou à des tiers au titre d’obligations contractées par les
organismes des Nations Unies à l’appui d’activités convenues avec les partenaires de
réalisation.
Les transferts directs visant à financer la réalisation d’activités de programme sont demandés et
autorisés pour des périodes n’excédant pas trois mois. Le remboursement de dépenses préalablement
autorisées est demandé et effectué trimestriellement ou une fois les activités terminées. Les
organismes des Nations Unies ne sont pas tenus de rembourser les dépenses du partenaire de
réalisation qui sont supérieures aux montants autorisés. Lorsqu’une activité est terminée, tout solde
est remboursé ou porté au crédit du programme d’un commun accord entre le partenaire de
réalisation et les organismes des Nations Unies. Les modalités de transferts de fonds, le montant des
décaissements et le champ et la fréquence des activités de certification pourront dépendre des
résultats d’un examen de la capacité de gestion des finances publiques, lorsque le partenaire de
réalisation est un Gouvernement, ou d’une évaluation de la capacité de gestion financière si le
partenaire n’est pas un organisme des Nations Unies
50. Un consultant qualifié, tel qu’un cabinet
d’expertise comptable, choisi par les organismes des Nations Unies peut procéder à cette évaluation,
à laquelle le partenaire de réalisation participe. Le partenaire de réalisation peut participer à la
sélection du consultant. Les modalités de transferts de fonds, le montant des décaissements et le
champ et la fréquence des activités de certification peuvent être révisés lors de la réalisation du
programme, en fonction des observations formulées dans le cadre du suivi du programme, du suivi
des dépenses et des rapports à ce sujet ainsi qu’à l’issue d’audits.
48 Dans le cas du PNUD, l’autorité Gouvernementale de coordination désigne l’organisme national qui sera directement responsable de la participation
du Gouvernement à chacun des plans de travail bénéficiant de l’assistance du PNUD. Par « partenaire(s) de réalisation », on entend « agent(s)
d’exécution » au sens de l’Accord de base type en matière d’assistance. Lorsque plusieurs partenaires de réalisation sont mentionnés dans un plan de
travail, on désignera un partenaire de réalisation principal, qui sera chargé de convoquer tous les partenaires mentionnés, de coordonner leurs activités
et d’assurer le suivi global de ces activités (activités de programme et aspects financiers), afin de faire en sorte que les informations voulues soient
communiquées et les activités menées de manière cohérente aux fins des résultats définis dans le plan de travail.
49 Les plans de travail des groupes chargés du suivi des résultats ou les plans de travail annuels, semestriels ou pluriannuels propres aux organismes.
50 Aux fins des présentes clauses, le terme « Nations Unies » englobe les institutions financières internationales
51









Page 52
En cas de transfert direct ou de remboursement, les organismes des Nations Unies notifient au
partenaire de réalisation le montant qu’ils ont approuvé et lui versent les fonds dans un délai de30
jours. En cas de paiement direct aux fournisseurs ou à des tiers au titre d’obligations contractées par
le partenaire de réalisation sur la base de demandes signées par la personne habilitée désignée par
celui-ci, ou aux fournisseurs ou à des tiers au titre d’obligations contractées par les organismes des
Nations Unies à l’appui d’activités convenues avec les partenaires de réalisation, les organismes des
Nations Unies procèdent au paiement dans un délai de 30 jours.
La responsabilité des organismes des Nations Unies n’est pas directement engagée par les accords
contractuels conclus entre le partenaire de réalisation et les fournisseurs extérieurs. Lorsque les
organismes des Nations Unies versent des fonds au même partenaire de réalisation, le suivi du
programme, le suivi financier et les audits sont effectués conjointement par ces organismes ou en
coordination avec eux.
Pour demander le déblocage des fonds ou pour s’assurer que l’organisme des Nations Unies
acceptera de rembourser ou de payer directement les dépenses prévues, les partenaires de réalisation
utilisent le formulaire d’autorisation de financement et d’ordonnancement des dépenses (formulaire
FACE), dans lequel ils décrivent les activités du plan de travail. Ils utilisent également le formulaire
FACE pour rendre compte de l’utilisation des fonds reçus. Le partenaire de réalisation désigne
nommément la ou les personnes qu’il autorise à communiquer les informations relatives au compte,
à demander des fonds et à certifier l’utilisation qui est faite des fonds reçus. Le formulaire FACE
est certifié par la ou les personnes habilitées désignées par le partenaire de réalisation. Les fonds
transférés aux partenaires de réalisation doivent être dépensés aux seules fins des activités et dans
les délais convenus dans les plans de travail. Les partenaires de réalisation (Gouvernement ou
organisations non Gouvernementales nationales) utilisent les fonds reçus conformément aux
réglementations, politiques et procédures nationales compatibles avec les normes internationales
applicables, notamment en veillant à les dépenser aux fins des activités convenues dans les plans de
travail et en faisant rapport sur l’utilisation de toutes les sommes reçues à l’organisme des Nations
Unies dans les six mois suivant leur réception. Lorsque les réglementations, politiques et procédures
nationales ne sont pas compatibles avec les normes internationales applicables, ce sont les règles
financières et règles connexes ainsi que les règlements, politiques et procédures de l’organisme des
Nations Unies qui s’appliquent. Si les partenaires de réalisation sont des organisations non
Gouvernementales internationales ou des organisations de la société civile, ou encore des
organisations inter Gouvernementales, ils utilisent les fonds reçus conformément aux normes
internationales applicables, notamment en veillant à les dépenser aux fins des activités convenues
dans les plans de travail et en faisant rapport sur l’utilisation de toutes les sommes reçues à
l’organisme des Nations Unies dans les six mois suivant leur réception. Pour faciliter les audits
programmés et les audits spéciaux, chaque partenaire de réalisation qui reçoit des fonds de
l’organisme des Nations Unies permet à celui-ci ou à son représentant d’accéder en temps voulu :
à tous les documents comptables prouvant l’enregistrement du transfert des fonds par
l’organisme des Nations Unies, accompagnés de la documentation pertinente ;
à toute la documentation et à tous les membres du personnel concernés par le fonctionnement
du dispositif de contrôle interne du partenaire de réalisation par lequel les transferts de fonds
sont passés.
Les conclusions de chaque audit sont communiquées au partenaire de réalisation et à l’organisme
des Nations Unies. En outre, chaque partenaire de réalisation :
Reçoit communication du rapport d’audit établi par les auditeurs et en prend connaissance.
52




Page 53
Adresse sans retard les déclarations d’acceptation ou de rejet de toute recommandation des
auditeurs à l’organisme des Nations Unies qui a versé des fonds afin que ceux-ci les fassent
figurer dans le rapport final qu’ils soumettront à l’organisme des Nations Unies.
Donne suite rapidement aux recommandations des auditeurs qu’il aura acceptées.
Rend compte des mesures prises pour donner suite aux recommandations acceptées à
l’organisme des Nations Unies, tous les trimestres (ou à une fréquence convenue
localement).
Pour les besoins d’audit, les organismes des Nations Unies confiera les audits à un cabinet d’audit
privé.
53






Page 54
CHAPITRE 4 : PLAN DE SUIVI ET D’ÉVALUATION
Les partenaires de réalisation conviennent de coopérer avec les organismes des Nations Unies aux
fins du suivi de toutes les activités financées au moyen des fonds transférés par lesdits organismes
et facilitent l’accès aux documents comptables ainsi qu’aux membres du personnel chargés de
l’administration de ces fonds. À cet effet, les partenaires de réalisation acceptent ce qui suit :
L’examen périodique sur place et l’inspection par sondage de leurs documents comptables
par les organismes des Nations Unies ou leurs représentant.e.s, selon le cas, et comme
indiqué dans les clauses pertinentes des documents d’engagement/contrats signés avec
lesdits organismes ;
Le suivi des activités de programme conformément aux normes et aux directives des
organismes des Nations Unies en matière de visites et de suivi sur le terrain ;
La réalisation d’audits spéciaux ou programmés. Chaque organisme des Nations Unies,
en collaboration avec d’autres institutions des Nations Unies (lorsque cela est souhaité et en
concertation avec le ministère coordonnateur concerné) établit un plan d’audit annuel, en
donnant la priorité à l’audit des partenaires de réalisation qui reçoivent une aide pécuniaire
importante et à celui des partenaires dont les capacités en matière de gestion financière ont
besoin d’être renforcées.
4.1. Plan de suivi
Risques et opportunités. Par principe, le développement est un processus non linéaire qui suppose
des évolutions et changements de circonstances. Ainsi, convient-il de déterminer, dans la mesure du
possible, les risques et opportunités en Tunisie. Les principaux risques qui pourraient affecter
l’atteinte des objectifs de développement durable selon l’Agenda 2030 sont de divers ordres :
1. La fragilité de la coalition Gouvernementale dans la conduite des politiques publiques : le
Gouvernement et l’ARP ne parviennent pas à trouver un compromis quant aux réformes
structurelles à mettre en œuvre ;
2. L’impossibilité de mobiliser les ressources pour mettre en œuvre le Cadre de coopération ;
3.
La non-synchronisation du Cadre de coopération avec
le plan quinquennal de
développement national ;
4. La persistance de la pandémie de la COVID-19 et son impact grandissant sur la relance
économique, sur les capacités du système de santé et sur l’aggravation des disparités et de
la vulnérabilité des populations les plus vulnérables ;
5. Les institutions sont affaiblies par le retard dans la mise en œuvre des institutions telle que
prévue par la Constitution ;
6. La survenance de catastrophes naturelles et de crises de manière générale ;
7.
Les politiques du voisinage, notamment le dialogue méditerranéen, affaiblissent le pays ;
8.
La persistance d’une approche dite de « projet » pour la mise en œuvre des réformes et
programmes alors qu’il est nécessaire d’avoir une approche systémique et intersectorielle eu
égard aux atouts et avancées de la Tunisie ;
9. L’absence de mise en valeur des jeunes et des femmes comme acteurs et actrices clés dans
la mise en œuvre de ce Cadre de coopération ;
10. Les modélisations que soutient le SNU ne sont pas soutenues ni mises à l’échelle ;
11.
La sécurité et lutte contre le terrorisme ne sont pas renforcées ;
12. L’Institut national de la statistique n’est pas renforcé et le processus de collecte des données
en général n’est pas soutenu ;
13. L’absence de renforcement de la fonction suivi et évaluation.
54






Page 55
Maîtrise des risques. Ces risques ont toutefois vocation à être maîtrisés par le SNU et le
Gouvernement.
Tout d’abord, les mécanismes d’actions mis en place dans le Cadre de coopération auront justement
pour objectif de rendre la Tunisie moins vulnérable à ces risques. Ainsi, le suivi de l’exécution du
Plan-cadre constitue un moyen fort d’éviter la survenance de ces risques.
Pour ce faire, le SNU veillera à renforcer l’appropriation nationale du Cadre de coopération. Le
SNU assistera le Gouvernement dans l’élaboration et la mise en œuvre de son plan quinquennal de
développement national afin de renforcer les synergies et, partant, de garantir des progrès vers
l’Agenda 2030. Le SNU participera au développement des secteurs et actions clés tels que la
décentralisation, les politiques de voisinage, les partenariats avec les jeunes, les femmes et la société
civile dans le but, certes, de réduire les inégalités mais aussi de renforcer la cohésion sociale au sein
du pays. Les partenariats public-privé constituent également un axe central de l’intervention du SNU
pour atténuer les risques. En effet, impliquer le secteur privé constitue également un atout fort pour
atténuer les risques ci-dessus énoncés et renforcer l’inclusion dans le pays. La politique d’analyse
des risques sera également mise à jour afin de renforcer la résilience de la Tunisie face aux crises.
Le SNU travaillera aux côtés du Premier Ministre dans le but d’améliorer les systèmes d’évaluation
des projets mis en œuvre. Les mécanismes de redevabilité seront également renforcés notamment
pour ce qui concerne les actions menées par le Parlement.
Ensuite, le SNU mettra tout en œuvre pour assurer la mise en œuvre du principe « Reconstruire en
mieux », notamment en prenant en compte les effets de la crise pandémique de la COVID-19. A cet
égard, le SNU prévoit des dispositifs d’urgence en cas de survenance de catastrophes naturelles ou
de crise humanitaire. La crise sanitaire de la COVID-19 en est un exemple. Le SNU a, dès le début
de la crise, mis en place des dispositifs de soutien au Gouvernement notamment par
l’accompagnement pour la mise en œuvre des plans de relance et surtout par la mise en œuvre de
mesures sanitaires d’urgence pour lutter contre la COVID-19.
Le SNU s’attachera à démontrer l’impact du travail accompli auprès des partenaires financiers afin
de lever des fonds pour des appuis budgétaires. Le SNU mettra l’accent sur la coordination du travail
mené entre agences et avec le Gouvernement afin de garantir l’approche intégrée de l’action du
SNU en Tunisie mais aussi pour augmenter l’impact des actions du SNU.
Examen du cadre de coopération et présentation de rapports. Au préalable, il est important de
rappeler que le suivi et les enseignements qui sont tirés de la mise en œuvre du Cadre de coopération
sont indispensables pour mesurer les progrès accomplis dans la réalisation du Programme 2030 et
des objectifs de développement durable d’une part, mais aussi pour recenser les nouveaux risques
et les nouvelles opportunités et apporter des ajustements nécessaires aux programmes dans le cadre
d’une gestion évolutive.
Pour assurer ce suivi tout au long de la mise en œuvre du Cadre de coopération, la collecte des
données constitue une question centrale. En effet, le suivi de l’exécution du Cadre de coopération
et des progrès accomplis pour l’atteinte des ODD en dépendent. Les plans de travail conjoints
prévoiront un dispositif dédié à la collecte des données dans chacun des GR créé pour la mise en
œuvre du Cadre de coopération. Les partenariats joueront également un rôle essentiel dans la
collecte des données. Le rapport sur les résultats du pays (One-UN Country Results Report) comme
les rapports des GR auront vocation à veiller à ce que les données soient collectées mais également
à s’assurer des progrès accomplis par la Tunisie pour l’Agenda 2030.
55








Page 56
Quant à l’analyse de l’exécution du Cadre de coopération et de l’analyse pays, il est prévu que le
Comité directeur mixte examine l’exécution du Cadre de coopération de manière annuelle sur la
base d’un rapport d’examen annuel. Des ajustements pourront être mis en œuvre dans les plans de
travail conjoints si les adaptations s’avéraient nécessaires. Cet examen annuel sera également
l’occasion d’adapter les produits si besoin. En sus de ce mécanisme annuel, des rapports périodiques
seront également remis au BCR par les différents GR (deux fois par an). Ils seront l’occasion de
suivre l’exécution du Cadre de coopération et si besoin de suggérer les changements et adaptations
qui s’imposent de l’analyse commune pays et du Cadre de coopération, tenant compte des évolutions
que connaît le pays.
Le groupe Inter-agences de Suivi et Évaluation (GISE) détient également un rôle central dans le
suivi de l’exécution du Cadre de coopération. Il collaborera avec l’institut national de la statistique
tunisien. L’INS, en coopération avec d’autres partenaires nationaux/régionaux (ministères,
gouvernorats, etc.), contribuera à̀ l’alimentation de certains indicateurs de suivi du Cadre de
coopération. Ce type de partenariat sera aussi développé avec les mécanismes de coordination du
Cadre de coopération afin de renforcer le suivi dudit Cadre.
Le GISE élaborera également un rapport annuel, lequel précisera les types d’activités mises en
œuvre, le budget par activité, les responsabilités, la fréquence/période, les données des indicateurs
du Cadre de coopération, etc. Des passerelles seront établies par le GISE avec tous les GR afin de
collecter les données impératives pour le suivi.
Enfin, aux fins d’une programmation évolutive, le SNU élaborera un plan pluriannuel chiffré de
suivi et d’évaluation pour toute la période couverte par le Cadre de coopération. Il coordonne et
intègre les plans de suivi et d’évaluation des différentes entités du système. Ceux-ci doivent être
exécutés par étapes et en temps voulu de manière à contribuer, dans la mesure du possible, aux
examens annuels du Cadre de coopération, aux rapports annuels de l’ONU sur les résultats du pays
et à l’évaluation finale du Cadre de coopération.
4.2 Plan d’évaluation
L’évaluation du Cadre de coopération – une évaluation indépendante de l’ensemble du Système des
Nations Unies au niveau du pays – permet d’assurer un contrôle à l’échelle du système et favorise
la transparence, la responsabilisation et l’apprentissage collectif
51. Elle permet une plus grande
transparence des résultats obtenus, promeut le travail en commun et les gains d’efficacité et produit
des connaissances qui viennent façonner et améliorer les programmes de développement.
Compte tenu de l’importance que revêt un régime rigoureux de responsabilité, l’évaluation doit se
conformer aux meilleures pratiques internationales en matière d’évaluation et aux normes et règles
établies par le Groupe des Nations Unies pour l’évaluation (GNUE)
52. Elle doit également prendre
en compte les critères d’évaluation retenus dans le Pacte de financement, les plans d’action à
l’échelle des Nations Unies et la Stratégie des Nations Unies pour l’inclusion du handicap. Les
activités d’évaluation, dont l’achat de services et la conception, doivent s’appuyer sur les capacités
nationales et régionales d’évaluation et, dans la mesure du possible, les renforcer, en partenariat
avec les organisations bénévoles œuvrant à la professionnalisation de l’activité d’évaluation.
51 Une évaluation indépendante à l'échelle du système s’entend d’une évaluation systématique et impartiale de la contribution totale des organismes
des Nations Unies à la réalisation des objectifs collectifs de développement. Le rapport du Secrétaire général de décembre 2017 sur le
repositionnement du système des Nations Unies pour le développement (A/72/684-E/2018/7), la résolution 72/729 de l’Assemblée générale et les
évaluations indépendantes à l’échelle du système du Pacte de financement sont des instruments permettant d’assurer un contrôle à l’échelle du système
et qui favorisent la transparence, la responsabilisation et l’apprentissage collectif.

52 Le GNUE entend établir des orientations techniques et des normes de qualité s’appliquant spécialement à l’évaluation des plans-cadres.
56








Page 57
Une évaluation indépendante du Cadre de coopération devra être réalisée au cours de l’avant-
dernière année de la période couverte par le Cadre de coopération soit en 2024. Des évaluations
communes Cadre de coopération/descriptifs de programme de pays sont encouragées, de façon à
tirer parti de leurs liens intrinsèques et à réduire les coûts de transaction pour l’Equipe-Pays des
Nations Unies et ses partenaires. À cette fin, le plan conjoint chiffré de suivi et d’évaluation du
Cadre de coopération englobera à la fois les évaluations de chaque entité et l’évaluation du Cadre
de coopération.
Pour ce faire, le Coordonnateur Résident et l’Equipe-Pays mettent en place une équipe d’évaluation
indépendante, dotée de toutes les informations nécessaires et ayant accès aux parties prenantes
nationales, et coordonne les évaluations de chaque entité et leur calendrier, de façon que celles-ci
puissent être utilisées dans l’évaluation du Cadre de coopération. À la suite de l’évaluation, le
Coordonnateur Résident et
l’Equipe-Pays des Nations Unies publient une réponse de
l’administration et un plan d’action, qui constituent les principaux outils de responsabilisation. Il
leur incombe de rendre publique l’évaluation finale au niveau du pays, dans le cadre d’une stratégie
globale de communication et de diffusion de l’information.
CHAPITRE 5 : STRATEGIE RELATIVE AUX RESSOURCES OU A LA
MOBILISATION DES RESSOURCES
Les organismes des Nations Unies aident à la définition et à la réalisation des activités visées par le
Cadre de coopération. Cet appui peut prendre la forme d’un appui technique, d’une assistance
pécuniaire, de fournitures, marchandises et matériel, de services d’achat, de transport, de fonds
visant à financer des activités de sensibilisation, des travaux de recherche et des études, de services
de consultant, d’aide à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation de programmes, d’activités de
formation et d’effectifs. Une partie de cet appui peut être apportée aux organisations non
Gouvernementales et organisations de la société civile convenues lors de l’établissement des plans
de travail et descriptifs de projets. À titre complémentaire, l’appui apporté peut consister dans un
accès aux systèmes d’information mondiaux gérés par les organismes des Nations Unies, au réseau
et aux systèmes d’information spécialisés des bureaux de pays, y compris aux listes de consultant.e.s
et de prestataires de services en matière de développement, ainsi que dans le bénéfice de l’appui
fourni par le réseau des institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies. Les
organismes des Nations Unies affectent du personnel et des consultant.e.s à l’élaboration du
programme, à l’appui au programme, à l’assistance technique et aux activités de suivi et
d’évaluation. Sous réserve des conclusions des examens annuels et des progrès accomplis dans la
réalisation du programme, les fonds versés par les organismes des Nations Unies le sont par année
civile et conformément aux dispositions du Cadre de coopération. Ces budgets sont examinés et
détaillés dans les plans de travail et les descriptifs de projet. D’un commun accord entre le
Gouvernement et les entités du système des Nations Unies pour le développement, les fonds que les
donateurs de ces entités n’auront pas réservés à des fins particulières pourront être réaffectés à
d’autres activités de programme d’une utilité comparable.
Le Gouvernement appuie les activités menées par les organismes des Nations Unies afin de lever
les fonds nécessaires pour répondre aux besoins du présent Cadre de coopération et coopère avec
lesdits organismes, notamment en encourageant d’autres Gouvernements à mettre à la disposition
des organismes des Nations Unies les fonds nécessaires à la réalisation des composantes non
financées du programme ; en soutenant les mesures prises par les organismes des Nations Unies
pour lever des fonds au bénéfice du programme auprès d’autres sources, y compris le secteur privé,
à la fois au niveau international et en Tunisie ; en autorisant les contributions de particuliers,
57





Page 58
d’entreprises et de fondations tunisiens, que les donateurs pourront déduire de leurs impôts dans
toute la mesure autorisée par la législation applicable.
58






Page 59
ANNEXES
59




Page 60
ANNEXE 1 : Matrice des résultats – UNSDCF Tunisie 2021 – 2025
Impact : Bâtir la confiance pour renforcer la cohésion sociale et l'équité
Priorités nationales de développement :
Concevoir et mettre en œuvre des politiques publiques centrées sur les ODD
Assurer une croissance inclusive et durable
Réduire les inégalités et particulièrement pour les jeunes, les femmes et les laissé.e.s pour compte
Mettre en œuvre une politique publique de développement durable assurant la protection des ressources naturelles, augmentant la résilience de la Tunisie et
protégeant les écosystèmes et territoires
ODD : 1 – 3 – 4 – 5 – 6 – 8 – 10 – 13 – 16 – 17
Cibles des ODD :
1.2 ; 17.18 ; 17.9 ; 1.b ; 11.a ; 8.3 et 8.5
Priorité stratégiques 1 :
Accompagner les choix pour des politiques publiques performantes et tenant compte des risques
Résultats
Indicateurs de performance
(désagrégé)
Ligne de base
(Année)
Effet 1
En 2025, les institutions,
menant des politiques
publiques performantes et
tenant compte des risques en
partenariat avec les acteurs
économiques et sociaux,
mettent les ressources du pays
au service d’un
développement socio-
économique inclusif, durable,
résilient et générateur
d’emplois décents,
particulièrement pour les plus
vulnérables

Cibles
(Durée du cadre de
coopération)
A déterminer avec le
Gouvernement
(ODD 1.2.1) : Proportion de la
population vivant au-dessous
du seuil national de pauvreté,
par sexe et âge
15.2%
(2015 - national)
Enfants : 21%
(2015)
28.97% (2016)
Enfants : 29%
A déterminer avec le
Gouvernement
44%
100%
(ODD 1.2.2) : Proportion
d’hommes, de femmes et
d’enfants de tous âges vivant
dans une situation de pauvreté
sous toutes ses formes, telles
que définies par chaque pays
(ODD 17.18.1) : Proportion
d’indicateurs du
développement durable établis
à l’échelle nationale, ventilés
de manière exhaustive en
fonction de la cible
conformément aux Principes
fondamentaux de la statistique
officielle
Sources/ Moyens
de vérifications
MDICI
INS
MAS
Banque Mondiale
MDICI
INS
PNUD / ILO
(désenclavement
et amélioration
des conditions de
vie)
UNICEF
Data Gap
Analysis + INS
Hypothèses
Stabilité au niveau national et
régional
Consensus autour d’un nouveau
modèle économique
Appui continu des donateurs et
des partenaires techniques et
financiers de la Tunis
Accès équitable des habitant.e.s
aux fruits d’un développement
économique et social au niveau
territorial
60














Page 61
A déterminer avec
le Gouvernement
A déterminer avec le
Gouvernement
MDICI et les
ministères
techniques
A déterminer :
Évaluation à
conduire
A déterminer avec le
gouvernement
Budget de l’État
Loi de finances et
loi de finances
complémentaire
47%
A déterminer avec le
Gouvernement
BM + ILO +
Enquête de
l’INS/MDICI
18% (national)
A déterminer avec le
Gouvernement
INS + ILO
A déterminer
A déterminer
Enquête emploi
de l’INS
A déterminer :
Évaluation à
conduire
A déterminer avec le
gouvernement
Ministère des
affaires locales
MEHAT
(ODD 17.9.1) : Valeur (en
USD) d’assistance financière
et technique (incluant par
coopération Nord-Sud, Sud-
Sud, et triangulaire) dédiée aux
pays en voie de
développement.
(ODD 1.b.1) : Proportion des
dépenses publiques de
fonctionnement et d’équipement
consacrées aux secteurs
répondant plus particulièrement
aux besoins des femmes, des
pauvres et des groupes
vulnérables
(ODD 8.3.1) : Proportion de
l’emploi informel dans les
secteurs non agricoles, par
sexe
(ODD 8.5.2) ; Taux de
chômage, par sexe, âge et
situation au regard du handicap
ODD 8.5.1 Rémunération
horaire moyenne des salarié.e.s
hommes et femmes, par
profession, âge et situation au
regard du handicap
Indicateur 11.a.1: Proportion
d’habitant.e.s vivant dans des
villes qui mettent en œuvre des
plans de développement
urbains et régionaux tenant
compte des projections
démographiques et des
ressources nécessaires, selon la
taille de la ville
61







Page 62
Produit 1.1
La vision 2030, la
planification stratégique et les
politiques publiques y
afférentes sont centrées sur
l’atteinte des ODD et ont
corrigé les écarts socio-
économiques et
environnementaux
Nombre et type de mécanismes
et outils mis en œuvre en
faveur de politiques publiques
inclusives (urbaines,
environnementales, sociales,
économiques, etc.)
Désagrégation = avec des
institutions nationales, inter
agences, secteur privé, OSC,
National/local
Degré d'utilisation par les
institutions des outils d'aide à
la décision (sensibles au genre
et LNOB) et des nouvelles
données mises à disposition
inclusif
efficient,
Produit 1.2
L’environnement des affaires
et
est
favorise
transparent,
une
l’initiative
et
meilleure
que
compétitivité
l’employabilité

et
privée,
productivité
ainsi
Degré d’évolution des cibles
ODD couvertes dans le cadre
de la planification (PQD)
Nombre de partenariats en
faveur de la création d’emplois
(locaux, innovants, verts),
incluant les plus vulnérables y
compris les réfugié.e.s et
migrant.e.s et/ou en lien avec
la COVID-19
Désagrégation :
National/Local, Privé/public
2020 = 0
Cible (2025) = à
déterminer avec le
Gouvernement
Fréquence
annuelle
Rapport des
agences
Préparation du plan quinquennal
et son approbation par les parties
prenantes
Baseline – Pas de
plan
= 0 (2020)
Source = MDICI
- Législations -
Rapports
institutions –
Agences UN
Fréquence -
Annuelle
Cible = 3 (2025)
Échelle de mesure :
0 - pas d'outils
développés,
1 - des outils sont
développés, 2 – les
outils sont appliqués
par les institutions
3 - les politiques
publiques informées
par les outils d'aide à
la décision sont
formulées
ODD et cibles à
déterminer après
adoption du PQD
2021-2025
2020 : 0
partenariats
Mise à l’échelle locale
Cible (2025) : à
définir avec le
gouvernement
Source : MDICI
Fréquence :
annuelle
2025 : A déterminer
avec le gouvernement
Source : rapports,
déclarations,
conventions
Fréquence :
annuelle
62























Page 63
Intégration des dimensions
LNOB et environnementale
dans les mécanismes d’appui,
d’incitation et/ou les
réglementations (emplois verts,
préservation des écosystèmes,
économie circulaire)
Évolution du climat des
affaires, selon les Index WEF
et Doing Business,
désagrégation :
Institutions (WEF)
Marché du Travail (WEF)
Dynamisme des affaires (WEF
Création d’entreprises (Doing
Business)
2020 : Non
2025 : Oui
Source : Textes,
rapports
2025 : A déterminer
avec le gouvernement
ITCEQ
Doing Business
report
WEF, global
competitiveness
Report
Fréquence :
Annuelle
2020 :
Institutions (WEF)
= 73
ème selon le
WEF de 2019
Marché du Travail
(WEF)= 133ème
selon le WEF de
2019
Dynamisme des
affaires (WEF)=
74ème selon le
WEF de 2019
Création
d’entreprises
(Doing Business)
= 19
ème selon le
Doing business de
la Banque
Mondiale de 2020
Produit 1.3
Une nouvelle architecture
financière pour le
développement ainsi que
l'inclusion financière et le
développement de nouveaux
mécanismes de financement
alternatifs et innovants sont
favorisés et mis en œuvre

Degré d’opérationnalisation
de mécanismes de financement
alternatifs
(0= pas de mécanismes
identifiés, 1= des mécanismes
alternatifs proposés, 2=des
pilotes testés, 3 = architecture
financière développée, 4 =
2020 : 0
Cible 2025 : 3
Source :
Ministère des
Finances, Acteurs
financiers,
Fréquence :
annuelle

63
























Page 64
outils et textes
d’opérationnalisation
proposés)

Intégration des dimensions
LNOB et environnementale
dans les financements
2020 :
1/Dimension
LNOB = Non
2/Dimension
environnementale
=Non
Cible 2025 :
1/Dimension LNOB =
Oui
2/Dimension
environnementale =
Oui
Source : Textes,
rapports
Fréquence :
Annuelle
64










Page 65
Impact : Bâtir la confiance pour renforcer la cohésion sociale et l'équité
Priorités nationales de développement :
- Garantir une gouvernance efficiente des institutions
- Développer l’accès à la justice et renforcer la sécurité
- Offrir des services de santé, d’éducation et de protection sociale de qualité à toute la population habitant en Tunisie
- Gérer de manière rationalisée et protéger les ressources du pays
- Développer un environnement sain et durable
ODD 1 – 3 – 4 – 5 – 6 – 8 –10 – 13 – 16 – 17
Cibles des ODD : 10.3 ; 10.7 ; 16.3 ; 16.6 et 16.7
Priorités stratégiques 2 :
Mener des actions pour contribuer à réduire les inégalités et améliorer la résilience de la Tunisie aux crises et aux risques climatiques
Résultats
Hypothèses
Indicateurs de performance
(désagrégé)
Ligne de base
(Année)
Cibles
(2021 - 2025)
Sources/ Moyens
de vérification
60% (2017)
Baisse de 20%
Enquête
biannuelle
INS/PNUD/
OIM/OHCHR
Revue méthodologique prévue
pour apporter une plus grande
désagrégation, qui inclurait si
possible l’âge, le statut
de
réfugié.e.s ou de migrant.e.s , et
autres groupes de population
(LNOB)
Effet 2
En 2025, des institutions
redevables soutenues par un
cadre législatif harmonisé et
des populations engagées
garantissent le renforcement
de l’état de droit, la protection
des droits humains et la
cohésion et justice sociales,
particulièrement pour les plus
vulnérables, conformément
aux conventions et normes
internationales et en
complémentarité et
interdépendance avec les
efforts de développement
inclusif et durable
(ODD 10.3.1) : Proportion de
la population ayant signalé
avoir personnellement fait
l’objet de discrimination ou de
harcèlement au cours des 12
mois précédents pour des
motifs interdits par le droit
international des droits de
l’homme
(ODD 10.7.2) Développement
d’une politique migratoire qui
facilite la migration et la
mobilité de façon ordonnée,
Situation
matérielle : 19.8% ;
Régionale : 12.7%
Appartenance
politique : 2.6%
Handicap : 1.8% ;
Sexe : 7.5%
Couleur de peau :
2.6%
Plan national de
mise en œuvre du
PMM : non-adopté
Plan national de mise
en œuvre du PMM :
adopté
Ministère des
affaires sociales
65






Page 66
sûre, régulière et responsable
pour la mise en œuvre du
Pacte Mondiale pour les
Migrations (PMM)
(ODD 16.3.1) : Proportion de
victimes de violence au cours
des 12 mois précédents ayant
signalé les faits aux autorités
compétentes ou à d’autres
mécanismes de règlement des
différends officiellement
reconnus
(2018)
- Filles et
femmes15-49
ans :48%
- Garçons et
hommes 15-49 ans :
36%
- Filles et femmes 15-
49 ans : 60%
Enquête
quinquennale
MICS
- Garçons et
hommes 15-49 ans :
50%
(ODD 16.6.1) : Dépenses
publiques primaires en
proportion du budget initial
approuvé, par secteur
(Budget 2020)
Intérieur : 9.47%
(Budget 2025 – cibles
à définir avec la
partie nationale)
Lois de finances
et loi de finances
complémentaire
Justice : 1.89%
Intérieur :
Cour et Instances
constitutionnelles :
0.08%
Cour des comptes :
0.05%
Justice :
Cour et Instances
constitutionnelles :
Cour des comptes :
Affaires locales :
Affaires locales :
2.1%
MFFFES :
MFFFES : 0.49%
Ministère des droits
de l’homme :
66





Page 67
Ministère des droits
de l’homme : à voir
LFC 2020
Sur postes
fonctionnels :
- par sexe :35,8%
(2016)
- par âge (-35 ans) :
n/a
- par handicap : n/a
79% (EPU 2017)
Formulées : 242
Acceptées : 190
Sur postes
fonctionnels :
Centre national
de l’informatique
- par sexe : 50% min.
- par âge (-35 ans) :
25%
- par handicap : 1%
90%
80%
Rapports EPU
Future base de
données NMR
Cour : 0
Cour : 3
ISIE : 3
ISIE : 3
Rapports annuels
de mise en œuvre
IBOGOLUCC :2
ICA :2
IDH :2
IDDGF :1
INAI=2/3
INPDP=2/3
INPT=2/3
INLCTP =2/3
IBOGOLUCC :3
ICA :3
IDH :3
IDDGF :3
INAI=3/3
INPDP=3/3
INPT=3/3
INLCTP =3/3
Rapports annuels
des instances et
des agences UN
(ODD 16.7.1) : Répartition des
postes (par sexe, âge,
handicap) dans les institutions
publiques (organes législatifs,
services publics et organes
judiciaires aux niveaux local et
national), par rapport à la
répartition nationale
Pourcentage de
recommandations formulées
lors de l’Examen Périodique
Universel qui ont été acceptées
Pourcentage de
recommandations formulées et
acceptées lors de l’Examen
Périodique Universel qui ont
été mises en œuvre
Degré d’opérationnalisation
des instances démocratiques
opérationnelles (Cour et
instances) en conformité avec
les dispositions de la
Constitution (1 : créée ; 2 :
opérationnelle ; 3 : conforme à
la Constitution)
Degré d’opérationnalisation
des instances publiques
indépendantes non
constitutionnelles (INAI,
INPDP, INPT, INLCTP)
Produit 2.1
La mise en place et
l’opérationnalisation des
institutions démocratiques
ainsi que l’application
effective du cadre législatif
sont consolidées
conformément aux
dispositions de la Constitution
et aux normes et conventions
internationales
67







Page 68
(1 : créée ; 2 : opérationnelle ;
3 : conforme aux standards
internationaux)
Nombre de domaines
sélectionnés
53 dans lesquels la
législation est conforme aux
normes et standards nationaux
et internationaux en matière de
droits humains, d’égalité de
genre, de droit au travail et de
droit au développement.
JORT
Rapports des
agences NU
5/17
15/17
(à lister les 5)
Code pénal et code
de procédure
pénale ;
Egalité hommes-
femmes ;
CT & PVE en
respect des DH :
état d’urgence,
peine capitale, S17,
etc. ;
Cadre légal et droits
des travailleurs
migrants
Nombre de domaines
sélectionnés dans lesquels la
mise en œuvre est conforme
aux normes et standards
nationaux et internationaux en
matière de droits humains,
d’égalité de genre, de droit au
1/17
15/17
JORT
Rapports des
agences NU
53 code pénal et code de procédure pénale ; média et audiovisuel ; protection des données personnelles et digitalisation ; violences faites aux femmes ; le droit à la santé sexuelle et reproductive ; égalité hommes-
femmes ; discrimination raciale ; droits des personnes handicapées ; gestion des frontières en respect avec DH ; droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille, ainsi que des étudiants internationaux ;
traite des personnes ; trafic des migrants ; CT & PVE en respect des DH : état d’urgence, peine capitale, S17, etc ; Décentralisation (lois d’application) ; protection des demandeurs d'asile et réfugiés ; droit d'accès à
l'information ; droit du travail ; droit au logement et protection des locataires informels ; justice juvénile.
68





Page 69
travail et de droit au
développement.
Nombre d’initiatives au profit
du Parlement et de ses
structures visant le
renforcement de ses fonctions
de représentation, de contrôle,
et de législation
0
1754
Rapports
d’activité des
agences
Produit 2.2
Les systèmes et les capacités
de acteurs dans les secteurs de
la justice et de la sécurité sont
renforcés et leurs moyens
modernisés pour plus
d’efficacité, d’accessibilité et
de redevabilité dans le respect
des principes de l’État de
droit et du droit international
des droits de l’homme
Degré de mise en œuvre de la
nouvelle stratégie de réforme
du système judiciaire et
pénitentiaire (2022-2026)
élaborée, adoptée et mise en
œuvre.
0 : inexistante ;
1 : élaborée ;
2 : adoptée ;
3 : Budget alloué à la stratégie
4 : mise en œuvre,
5 : suivi de mise en œuvre
Évolution de la proportion de
la population carcérale en
instance de jugement
0 : inexistante ;
1 : élaborée ;
2 : adoptée ;
3 : Budget alloué à
la stratégie
4 : mise en œuvre,
5 : suivi de mise en
œuvre
________________
0/5
50% (2020)
54 UNDP : 10 ; ONU Femmes : 2 ; HCDH : 2 ; UNFPA : 1 ; UNESCO : 2 UNICEF : 1
Rapports
Ministères de
l’Intérieur et de la
Justice
Rapports des
agences UN
CG des prisons,
Ministère de la
Justice
4/5
30%
69

















Page 70
Produit 2.3
Les mécanismes
institutionnels de participation
citoyenne, de dialogue social,
de redevabilité, de justice
transitionnelle, et de
prévention de l’extrémisme
violent, et les capacités de la
société civile et des
populations, notamment les
plus vulnérables, à y
contribuer sont renforcés, au
niveau national et territorial
Degré de mise en œuvre des
recommandations du rapport
final de l’IVD
(0 : inexistant ; 1 : plan de
mise en œuvre élaboré ; 2 :
mise en œuvre entamée ; 3 :
suivi de la mise en œuvre)
Caractère participatif et
inclusif de la mise à jour, de la
réalisation, et du suivi de la
mise en œuvre du volet
prévention de la stratégie
nationale de lutte contre
l’extrémisme et le terrorisme
(oui :1 ; non : 0 ; pour les 3
phases (i.e. mise à jour,
réalisation, suivi)
Nombre de mécanismes
institutionnels et d’initiatives
55
à destination des populations
appuyés
Nombre de réunions/décisions
du Conseil National du
Dialogue Social
Population totale :
18,000 personnes
(Avril 2020)
0/3
1/3
Rapports annuels
(Parlement et
Gouvernement)
0/3
3/3
0
0/10
36
10/10
À raison de 2
réunions/an
Rapports annuels
de la
Commission
nationale de lutte
contre le
terrorisme
Rapports
d’activité des
agences
Rapports annuels
du CNDS
55 PNUD : 20 ; UNFPA : 5 (Forum digital de la jeunesse ; Coalition Jeunes, Paix et Sécurité ; ICPD camps ; conseil national de la jeunesse ; campagne de sensibilisation pour
prévenir la VFG et assurer un traitement égalitaire selon le genre) ; HCDH : 5sur les 5 ans, min. (sur femmes, personnes handicapées, discrimination raciale, droits éco et
sociaux) ; UNICEF : 5 ; ILO (Décret sur les mécanismes de la démocratie participative, commission municipale)
70













Page 71
Impact : Bâtir la confiance pour renforcer la cohésion sociale et l'équité
Priorités nationales de développement :
Garantir une gouvernance efficiente des institutions
Développer l’accès à la justice et renforcer la sécurité
Offrir des services de santé, d’éducation et de protection sociale de qualité à toute la population habitant en Tunisie
Gérer de manière rationalisée et protéger les ressources du pays
Développer un environnement sain et durable
ODD 1 – 3 – 4 – 5 – 6 – 8 – 10 – 13 – 16 – 17
Cibles des ODD : 4.1 ; 1.3 et 3.8
Priorités stratégiques 2 : Mener des actions pour contribuer à réduire les inégalités et améliorer la résilience de la Tunisie face aux crises et aux risques climatiques
Résultats
Ligne de base (Année)
Hypothèses
Cibles
(2021 - 2025)
Sources/ Moyens de
vérification
Effet 3
En 2025, les systèmes de
santé, d’éducation et de
protection sociale sont
résilients et assurent un
accès équitable et des
services de qualité,
particulièrement pour les
plus vulnérables, et un
engagement effectif de la
population

Indicateurs de
performance
(désagrégé)
(ODD 4.1.1) : Proportion
d’enfants et de jeunes : a)
en cours élémentaire ; b)
en fin de cycle primaire ;
c) en fin de premier cycle
du secondaire qui
maîtrisent au moins les
normes d’aptitudes
minimales en i) lecture et
ii) mathématiques, par
sexe
Proportion des dépenses
publiques de l’éducation,
santé et protection sociale
qui bénéficient
directement au 20% les
plus pauvres de la
population et/ou aux
régions les plus
défavorisées
MICS
(2018)
Lecture :
Garçons : 65%
Filles : 67%
Calcul :
Garçons : 30% Filles :
26%

A déterminer
Lecture :
72%
74%
Calcul :
Garçons : 50% Filles :
48%

(2019) éducation : 14%
(2019) Santé :
(2019) Protection Sociale :
2025 = 20%
Rapport sur revue
des dépenses
publiques éducation,
santé, protection
sociale
Stabilité et consensus
politique
Disponibilité des
ressources financières et
humaines
Situation économique
favorable
Appui des partenaires
techniques et financiers
71

















Page 72
MAS
15,2% (National)
Enfants : 38% (2019)
Chômeurs :3%
Seniors :54% (2018)
Handicap :5.2% (2018)
XX% (National)
A déterminer avec le
gouvernement
Enfants : 50%
Chômeurs :15 %
Seniors : 60%
Handicap : 20%
(sous réserve de
confirmation
gouvernementale)
70%
A déterminer avec le
gouvernement
MICS
Enquêtes de santé
(ODD 1.3.1) :
Pourcentage de la
population bénéficiant de
socles ou systèmes de
protection sociale, ventilé
par sexe et par groupes de
population (enfants,
chômeurs, personnes
âgées, personnes
handicapées, femmes
enceintes et nouveaux
nés, victimes d’un
accident du travail,
pauvres et personnes
vulnérables
(ODD 3.8.1) : Couverture
des services de santé
essentiels (définie comme
la couverture moyenne
des services essentiels
telle que déterminée par
les interventions de
référence concernant
notamment la santé
procréative, maternelle,
néonatale et infantile, les
maladies infectieuses, les
maladies non
transmissibles, la capacité
d’accueil et l’accessibilité
des services pour la
population en général et
les plus défavorisés en
particulier
72








Page 73
Produit 3.1
Les capacités
institutionnelles sont
renforcées au niveau
central et régional en
matière de génération et
d’utilisation de données
désagrégées et des
évidences ;
programmation
participative basée sur
l’équité et qui prend en
compte les risques ;
coordination
intersectorielle et des
partenaires ; et gestion
des ressources
transparente et efficiente.
Existence de
plans/stratégies
sectorielles pour répondre
aux inégalités en matière
d’accès, fréquentation et
rétention (niveau 1 : non ;
2 : partiellement ; 3 : oui ;
4 : mis en œuvre)
Nombre d’études
/enquêtes, fournissant des
données, notamment
basées sur les ODD
désagrégées par âge,
sexe, statut migratoire,
milieu de résidence,
quintile de revenu, y
compris les situations
d’urgence.
Existence de base de
données administratives
dans les secteurs sociaux,
y compris l'identification
et la prise en charge des
plus vulnérables,
désagrégées, par âge et par
sexe
(1 : non ; 2 : partiellement ;
3 : oui ; 4 : mis en œuvre)
Nombre de mécanismes
de coordination et
services mis en place
pour le suivi de
programmes de protection
sociale sensibles aux
chocs
Éducation : 3
Sante : 3
Protection sociale : 2
Éducation : 4
Sante : 4
Protection sociale : 4
Budgets/programmes
des ministères
sociaux
2020 = 1
UNICEF: MICS 2018 
OMS: THES 2016
Rapports d’études et
enquêtes
Cible 2025 = 5
(UNICEF : MICS ; Étude
secondaire éducation ;
Analyse pauvreté ; Analyse
sectorielle éducation)
UNFPA : recensement de la
population en 2024
Éducation : 2,5
Sante : 2
Protection : 2
Éducation : 3
Sante : 3
Protection : 3
2020 = 0
Cible 2025 = 1
PAM : base de données ME
enfants recevant repas
scolaires
Ministère de
l’Éducation
Ministère de la Santé
Ministère des
affaires sociales
Ministère de
l’Éducation et de la
Santé
73

















Page 74
Produit 3.2
Les systèmes de
formation et d’évaluation
du personnel éducatif et
les curricula, sont
renforcés en matière
d’apprentissage mixte4,
pédagogie inclusive et
participative et de
développement des
compétences de vie au
niveau du préscolaire,
primaire, secondaire et
universitaire.
Produit 3.3
Des approches et
stratégies
multisectorielles
novatrices et flexibles
qui favorisent un
environnement scolaire,
de formation et
universitaire sain,
sécurisé, inclusif,
participatif et qui offrent
des opportunités de
réinsertion pour chaque
enfant et jeune NEEF*
sont développées et
évaluées pour mise à
échelle
* ni aux études, ni en
emploi ni en formation
(OCDE 2008)
Existence d’un système
national généralisé
d’évaluation des acquis
du préscolaire, primaire et
secondaire (niveau 1 :
non ; 2 : faible ; 3 :
fonctionnel ; 4 : utilisé)
Les curricula et les
mécanismes de formation
soutiennent l’intégration
des compétences de vie
dans le système
national (niveau 1. non ;
2 : partiellement ; 3 : bien
intégrés ; 4 : totalement
intégrés)
Disponibilité d’évidences
d'innovations réussies et
efficientes pour améliorer
l'accès et l'apprentissage
pour les enfants les plus
défavorisés (niveau 1 :
non ; 2 : faible ; 3 :
robustes ; 4 : utilisées
pour la mise a échelle )
Nombre de systèmes et
d'outils innovants
transférés aux institutions
publiques (éducation)
pour améliorer la vie
scolaire
Nombre d’outils et
interventions visant à
renforcer la capacité du
gouvernement à mettre en
œuvre des programmes
d'alimentation scolaire
intégrés et améliorés
sensibles à la nutrition
1
3
Niveau 1.5
3
1
3
Ministère de
l’Éducation
(DGPSI)
Ministère de
l’Éducation (DG
primaire et
secondaire et
CENAFOP)
Ministère de
l’Éducation
3
PAM : cantine centrale (2) ;
banque alimentaires scolaire.
12
PAM : cantines centrales
(10) ; banques alimentaire
(2)
Rapport SABER
(annuel)
1
5
PAM : lien entre
coopératives et écoles pour
l’approvisionnement
local dans 1 région
Rapport SABER
(annuel)
74











Page 75
Proportion de filles et
garçons qui bénéficient
d’un programme
alimentaire scolaire au
niveau primaire et
universitaire amélioré qui
assure leurs besoins
nutritionnels et
énergétiques.
Existence d'un système de
suivi et de production de
rapports sur l’allocation
de ressources et l’état de
mise en œuvre de la
stratégie nationale DPE
dans tous les
secteurs (niveau 1 :
faible ; 2 : non régulier ;
3 : sectoriel mais non
intégré ; 4 : établi)
Existence d’un paquet
intégré d’interventions de
stimulation précoce,
protection et nutrition qui
cible les enfants 0-35
mois. (niveau 1 : pas de
paquet ; 2 : interventions
sectorielles non
coordonnées ; 3 : au
moins 2 interventions
coordonnées ; 4 : paquet
en phase pilote ; 5 :
paquet adopte et mise à
échelle initié par le
gouvernement)
Un paquet essentiel des
services défini pour être
mis à la disposition de
toute la population
Produit 3.4
Des approches
multisectorielles et
multipartenaires
d’investissement sur la
petite enfance comme
levier de développement
du capital humain sont
mis en œuvre au niveau
national et local.
Produit 3.5
Les capacités
institutionnelles,
notamment de la
260 000 élèves (135 000
garçons et 125 000 filles)
500 000 élèves et étudiants
universitaires
Ministère de
l’Éducation (DG
primaire (OOESCO)
MESR
0
4
MFFES, MDICI
2,5
4,5
MFFES, MDICI
Non
Oui
Ministère de la santé
75









Page 76
première ligne, à fournir
un paquet complet de
services essentiels de
santé centrés sur la
personne et de qualité,
adaptés aux différents
besoins de la population
et accessibles aux
populations vulnérables,
sont renforcées, y
compris dans les
situations de crises.
Produit 3.6
Des approches
multisectorielles et
innovantes sont
consacrées à des
problématiques
prioritaires de la santé et
du bienêtre sont mises en
œuvre avec un
engagement actif de la
population et la
participation de toutes
les parties prenantes.
Un système de contrôle
de qualité des services
SSR, VIH, vaccination,
maladies chroniques est
opérationnel
Existence de politique
nationale d’élimination de
la stigmatisation et de la
discrimination basée sur le
type de travail, le statut
(santé, VIH, handicap,
migrant, conflit avec la loi,
etc.), genres et orientations
sexuelles, etc. dans les
milieux de soins
Existence de plans de
préparation et de réponse
afin d’assurer la
résilience du système de
santé et la continuité des
services essentiels en
périodes de crises et
impliquant les
communautés concernées
Un plan opérationnel par
secteur pour la mise en
œuvre de la stratégie
nationale multisectorielle
de prévention et contrôle
des maladies non
transmissibles est
développé et appliqué
dans trois secteurs.
(Niveau 1. Non ; 2 :
validé ; 3 : partiellement
mis en œuvre 4 :
totalement ).
Une stratégie
multisectorielle de
Non
Non
Oui
Oui
Ministère de la Sante
(GA/NCPI, etc.)
Ministères de la
santé, de la justice et
des affaires sociales
Non
Oui
Ministère de la santé
0,5
3,5
Ministère de la santé
Jort
Textes et
réglementations
1
3
Ministère du
Transport, Intérieur,
76









Page 77
prévention des accidents
de la route est mise en
œuvre.
1 non 2 stratégie
développée 3 stratégie
mise en œuvre
Une stratégie de
promotion des droits
sexuels et reproductifs est
développée et appliquée.
(Niveau 1 : Non ; 2 :
validé ; 3 : partiellement
mis en œuvre 4 :
totalement)
Le plan stratégique
national de lutte contre le
sida et les IST est révisé
pour intégrer la PrEP, la
PEP, le dépistage
communautaire et
l’autotest. (Niveau 1 :
Non ; 2 : validé ; 3 :
partiellement mis en
œuvre 4 : totalement)
Degré de coordination et
d'interaction systématique
entre les composantes
contributives et non-
contributives du système
de protection sociale
Degré
d’adaptation/pertinence
des programmes de
protection sociale pour
lutter contre la pauvreté et
la privation des enfants,
des adultes et des
personnes âgées et des
refugies/demandeurs
Ministère de la santé
Jort
Textes et
réglementations
Ministère de la santé
Jort
Textes et
réglementations
Ministère de la santé
Jort
Textes et
réglementations
Ministère des
Affaires Sociales
Rapports des
agences UN
Ministère des
Affaires Sociales
1
4
A déterminer
A déterminer
A déterminer : Évaluation à
conduire
A déterminer avec le
gouvernement
Enfants : 1
Adultes : A déterminer
Senior : A déterminer
Informel : A déterminer
Réfugié.e.s/demandeur.euse.s
d’asile
Enfants :2,5
Adultes : A déterminer
Senior : A déterminer
Informel : A déterminer
et des
refugié.e.s/demandeur.euse.s
d’asile
Produit 3.7
Une approche de la
protection sociale basée
sur les droits, universelle
et soutenable, qui
accompagne chaque
individu dans son
parcours de vie et
sensible aux chocs, est
articulée et sa mise en
œuvre renforcée.
77








Page 78
d’asile et adaptés aux
travailleurs de l’économie
informelle (niveau 1 :
faible ; 2 : moyen ; 3 :
élevé)
La politique / stratégie de
protection sociale est
adaptée pour soutenir
l'expansion des systèmes
de protection sociale
existants en situation de
chocs (niveau 1 :
programme/s non
sensibles ; 2 :
partiellement adaptés ; 3 :
bien adaptés pour
répondre aux chocs)
Nombre de mécanismes
et services améliorés pour
l'identification, prise en
charge et suivi des plus
vulnérables
Degré de développement
du système de formation
continue et supervision
du corps des travailleurs
sociaux (niveau 1 : non
développé ; 2 : initié ; 3 :
moyen ; 4 : bien établi)
Existence d’un système
d’information
interopérable qui permet
la gestion des cas, la
surveillance des incidents
et le suivi des
programmes (niveau 1 :
non développé ; 2 : initié ;
1
0
1
1
Produit 3.8
Les mécanismes et
services de prévention,
d’identification précoce,
de prise en charge et de
suivi des violences et des
vulnérabilités sociales
sont modernisés sur la
base d’une approche
intégrée, inclusive,
participative et innovante
3
Ministère des
affaires sociales
2
PAM : mécanisme de plainte et
de recours ; système de
paiement mobile.
Rapport Multi
Partner Trust Fund
(MPTF)
3
3
Rapport annuel du
MAS (global ou
sectoriel)
Rapport annuel du
MAS (global ou
sectoriel)
MFFES
78









Page 79
3 : partiellement
interopérable ; 4 : complet
et coordonne)
Analyse de l’informalité
au travail et des déficits
de protection sociale pour
les travailleurs de
l’économie informelle.
A déterminer : Évaluation à
conduire
A déterminer avec le
gouvernement
Ministère de
l’Emploi et de la
Formation
Professionnelle
79








Page 80
Impact : Bâtir la confiance pour renforcer la cohésion sociale et l'équité
Priorités nationales de développement :
Garantir une gouvernance efficiente des institutions
Développer l’accès à la justice et renforcer la sécurité
Offrir des services de santé, d’éducation et de protection sociale de qualité à toute la population habitant en Tunisie
Gérer de manière rationalisée et protéger les ressources du pays
Développer un environnement sain et durable
ODD 1 – 3 – 4 – 5 – 6 – 8 – 10 – 13 – 16 – 17
Cibles des ODD 15.a ; 15.1 ; 11.b ; 11.3 ; 13.2 et 12.3
Priorités stratégiques 2 :
Mener des actions pour contribuer à réduire les inégalités et améliorer la résilience de la Tunisie aux crises et aux risques climatiques
Résultats
Hypothèses
Indicateurs de performance
(désagrégé)
Ligne de base
(Année)
Cibles
(2021 - 2025)
Sources/ Moyens
de vérification
Effet 4
En 2025, l’ensemble des
acteurs engagés assurent une
gestion équitable,
transparente et durable des
ressources naturelles, des
écosystèmes et territoires, en
améliorent la
résilience/adaptation ainsi
que celle des populations,
notamment les plus
vulnérables, face aux crises
et aux risques climatiques

Proportion de la population
utilisant des services
d’alimentation en eau potable
gérés en toute sécurité
Proportion de la population
utilisant des services
d’assainissement gérés en
toute sécurité, notamment des
équipements pour se laver les
mains avec de l’eau et du
savon
Niveau de stress hydrique :
prélèvements d’eau douce en
proportion des ressources en
eau douce disponibles
(ODD 2.1.2) : Prévalence de
l'insécurité alimentaire
modérée ou sévère dans la
population, sur la base de
l'échelle d'expérience de
l'insécurité alimentaire
97%
(Rapport wash 2017)
100%
Rapport Wash
Banque Mondiale
Capacités humaines et
financières disponibles
Les prévisions concernant les
scénarios climatiques sont
considérées
Appui continu des PFT
Engagement des acteurs (secteur
privé, société civile)
Stabilité politique et
institutionnelle
92%
(Rapport wash 2017)
100%
Rapport Wash
Banque Mondiale
427m3/hab/an en 2016
(INS ressources en
eau)
Estimation 2014-2016
et 2017-2019 existent,
calculée par la FAO en
collaboration avec
l’INS
500m3/an/hab
Données INS
A déterminer en
concertation avec les
acteurs nationaux
Rapport annuel INS
(calculée par la
FAO services
statistiques) et
PAM (système
national de
surveillance de la
80










Page 81
A déterminer avec le
gouvernement
A déterminer avec le
gouvernement
sécurité
alimentaire)
Budget de l’État,
Loi de finances et
loi de finances
complémentaire
3.55% du territoire
protégé en 2013 (INS
biodiversité)
A déterminer avec le
gouvernement
Données INS
ONPE
11.b.1 = Non
11.b.1 = Oui
MDICI
Ministère de
l’Environnement
A déterminer avec le
gouvernement :
Évaluation à conduire
A déterminer avec le
gouvernement
Ministère des
affaires locales
Rapports des
agences UN
Non
Oui
Ministère de
l’Environnement
(ODD 15.a.1) Aide publique
au développement et
dépenses publiques
consacrées à la préservation
et à l’exploitation durable de
la biodiversité́ et des
écosystèmes
(ODD 15.1.2) Proportion des
sites importants pour la
biodiversité terrestre et la
biodiversité des eaux douces
qui se trouvent dans des aires
protégées (par type
d’écosystème)
(ODD 11.b.1) Adoption et
mise en place des stratégies
nationales de réduction des
risques de catastrophe,
conformément au Cadre de
Sendai pour la réduction des
risques de catastrophe (2015-
2030)
(ODD 11.3.2) Proportion de
villes dotées d’une structure
de participation directe de la
société civile à la gestion et à
l’aménagement des villes,
fonctionnant de façon
régulière et démocratique
(ODD 13.2.1) Mise en place
ou mis en œuvre d’une
politique/une stratégie/un
plan intégré visant à
améliorer les aptitudes à
s’adapter aux incidences
négatives des changements
climatiques, à renforcer la
81
















Page 82
résilience face à ces
changements et à favoriser de
faibles émissions de gaz à
effet de serre, sans menacer
la production alimentaire
(notamment un plan national
d’adaptation, une
contribution déterminée au
niveau national, une
communication nationale et
un rapport biennal actualisé,
entre autres)
(ODD 12.3.1) Indice mondial
des pertes alimentaires.
Produit 4.1
Les acteurs publics, privés et
de la société civile disposent
des outils et des capacités en
matière de gouvernance
durable, équitable et
participative des ressources
naturelles, des écosystèmes
et des services
environnementaux.
(ODD 6.b1) Proportion
d’administrations locales
ayant mis en place des
politiques et procédures
opérationnelles encourageant
la participation de la
population locale à la gestion
de l’eau et de
l’assainissement
Nombre d’objectifs climat
jusqu’à 2030 mis à jour et
intégrés dans le PDQ
56
56 Plan de développement quinquennal
A déterminer avec le
gouvernement
A déterminer avec le
gouvernement
A déterminer :
Évaluation à conduire
A déterminer avec le
gouvernement
Ministère de
l’Agriculture, de la
Pêche et des
Ressources
Hydrauliques
Rapports des
Agences
Ministère des
affaires locales
i) Existence de la
première NDC de 2015
avec un objectif climat
de 41% de baisse de
l’intensité carbone par
rapport à 2010 ; ii) le
PDQ 2016-2020
intègre un axe sur
l’économie verte dont
2025 = au moins 1
objectif
MDICI
Ministère de la
transition
énergétique
Ministère de
l’environnement
82













Page 83
l’objectif de l’intensité
énergétique et des
énergies renouvelables.
2020 = 0
2025 = A déterminer
avec le
gouvernement
Rapports des
Agences UN
A déterminer :
Évaluation à lancer
A déterminer avec le
gouvernement
Ministère de
l’équipement
A déterminer :
Évaluation à lancer
(0 : inexistant ; 1 :
national ; 2 : territorial)
A déterminer avec le
gouvernement
A déterminer avec le
gouvernement :
Évaluation
A déterminer avec le
gouvernement
MDICI
Ministère des
collectivités locales
Ministère de
l’équipement
Ministère des
affaires locales
Ministère des
collectivités locales
Ministère de
l’environnement
Ministère des
affaires locales
Nombre de partenariats
favorisant l’implication, la
sensibilisation et le
changement de
comportement, notamment
des jeunes et les plus
vulnérables, autour des
thématiques la production et
consommation durable, de
l’environnement et de
l'éducation
Mise en œuvre du Code de
l’aménagement du territoire et
de l’urbanisme (CATU).
Mise en œuvre de la politique
urbaine
et
territoriale intégrant la gestion
durable des écosystèmes et
des ressources naturelles.
nationale
Produit 4.2
Les acteurs concernés sont
outillés pour développer et
mettre en œuvre une
approche territoriale
favorisant une gestion
intégrée des écosystèmes et
des ressources naturelles,
tenant compte des effets du
changement climatique
Produit 4.3
Les acteurs concernés
disposent des capacités et
des outils pour élaborer et
financer des politiques
publiques intégrées sensibles
et résilientes au changement
(ODD 1.5.4) : Proportion
d’administrations locales
ayant adopté et mis en place
des stratégies locales de
risques de catastrophes
conformément aux stratégies
suivies à l’échelle nationale.
83







Page 84
climatique et aux chocs, y
compris la COVID-19
contribuant à une croissance
économique verte
Nombre de mesures vertes
(e.g i) NDC ; ii) précarité
énergétique iii) CATU
intégrant le risque climatique
iv) projet de code des eaux)
intégrées dans les plans, y
inclus le plan de relance
socioéconomique suite à la
COVID-19
Degré d'intégration de la
dimension environnementale
(emplois verts, transports
durable, énergies
renouvelables, efficacité
énergétique,
écoconstructions, tourisme
équitable, préservation des
écosystèmes, économie
circulaire) dans la
planification et le
financement des politiques de
développement
(ODD 12.1.1) Degré de mise
en œuvre du Plan d’Action
National Tunisien sur les
modes de consommation et
de production durables
(PAN-MCPD) et volume des
financements mobilisés pour
sa mise en œuvre
Nombre de filières
Industrielles ayant adopté des
approches de promotion de
l’économie circulaire.
2020 = 0
2025 = au moins 2
Rapports des
agences UN
i) Existence de deux
plans d’accélération
des énergies
renouvelables et de
l’efficacité énergétique
ii) Existence de la
stratégie d’économie
sociale et solidaire
intégrant la dimension
environnementale.
Rapport
ONUDI/UNEP :
États des lieux sur les
modes de production et
de consommation
durables en Tunisie
(2016)
Rapports ONUDI
Échelle de mesure (1
: absence, 2 :
partiellement, 3 :
pleinement)
MDICI
Ministère des
affaires locales
Cible 2025 = 3
Cible 2025 = 3
Ministère de
l’Industrie
Ministère de
l’Environnement
Évaluations
ONUDI/UNEP
Cible 2025 = au
moins 2
(agroalimentaire,
matériaux de
construction)
Ministère de
l’Industrie
Ministère de
l’Environnement
Évaluation ONUDI
84












Page 85
Produit 4.4
Les acteurs publics, privés et
de la société civile disposent
de capacités et d’outils
permettant de réduire et de
gérer les risques de crises.
Plans d’urgence à l’échelle
nationale, régionale et locale
adoptés et opérationnels
A déterminer :
Évaluation à conduire
A déterminer avec le
gouvernement
Degré d’opérationnalisation
de mécanismes et approches
de relèvement des crises et
catastrophes
Existence du plan de
relèvement limité au
gouvernorat de Nabeul
suite aux inondations
de 2018
Échelle de mesure
(1: absence, 2:
partiellement, 3:
pleinement
opérationnel)
Rapports
administrations et
rapports des
agences
Réf loi : 91-39 du 8
juin 1991
Réf décret : 93-942
du 26 avril 1993
Rapports des
Agences UN
A déterminer :
Évaluation et expertise
Cible 2025 = 3
Oui
Rapports des
Agences UN
2020 = 0
Cible 2025 = au
moins 3
Rapports des
agences UN
Degré d’inclusion des
femmes, des jeunes et des
populations vulnérables dans
les mesures de prévention des
risques de catastrophe
Nombre de nouveaux
partenariats favorisant la
promotion du volontariat, de
l’engagement civique et la
promotion de la culture de la
réduction de risques de crises
Produit 4.5
Les capacités des principaux
acteurs sont renforcées pour
élaborer et mettre en œuvre
des politiques intégrées qui
assurent la sécurité
alimentaire, améliorent la
nutrition et promeuvent la
gestion durable des systèmes
agricoles
(ODD 2.1.2) : Prévalence de
l'insécurité alimentaire
modérée ou sévère dans la
population, sur la base de
l'échelle d'expérience de
l'insécurité alimentaire
Estimation 2014-2016
et 2017-2019 existent,
calculée par la FAO en
collaboration avec
l’INS
A déterminer en
concertation avec les
acteurs nationaux
Rapport annuel INS
(calculée par la
FAO services
statistiques) et
PAM (système
national de
surveillance de la
sécurité
alimentaire)
85



















Page 86
(ODD 2.4.1) : Proportion des
zones agricoles exploitées de
manière productive et durable
A déterminer :
Conduire une
évaluation
A déterminer avec le
gouvernement
Ministère de
l’Agriculture, de la
Pêche et des
Ressources
Hydrauliques
86









Page 87
ANNEXE 2 : Configuration de l’Equipe-Pays
Sur la base de l'examen des capacités et des ressources des agences des Nations unies travaillant en Tunisie, diverses entités, en tant que membres
de l'Equipe-Pays des Nations unies (UNCT), aideront la Tunisie à réaliser les deux priorités stratégiques et les quatre effets du cadre de coopération.
Le tableau 1 ci-dessous détaille les capacités de chaque entité pour l'ensemble des priorités stratégiques et des résultats.
Tableau 1 Cartographie de l’intervention des agences selon les priorités stratégiques de la Tunisie
Entité du SNU
Modèle opérationnel de gestion
Bureau de
liaison / projet
distinct
Capacité
intégrée au BCR
Support
technique à
court terme
Bureau de
représentation
À travers le
siège, un
bureau
régional,
sous-régional
ou multi-pays
X
X
X
X
Priorités stratégiques de la Tunisie
Priorité nationale 1 :
politiques publiques
centrées sur les ODD
prioritaires
Priorité nationale 2 :
Actions concrétisant les
choix
PNUD
UNICEF
tous
les
Effet 1 :
produits
Effet 1 : 1.1
FAO
Effet 1 : 1.1 et 1.2
HCDH
Effet 1 : 1.1
Effet 2 : 2.2, 2.3 et 2.4
Effet 4 : tous sauf 4.5
Effet 2 : 2.1, 2.2 et 2.3
Effet 3 : tous les produits
Effet 4 : 4.1 et 4.4
Effet 3 : 3.1 et 3.7
Effet 4 : tous les produits
Effet 2 : tous les produits
Effet 3 : 3.1, 3.5, 3.7, 3.6
et 3.8.
87



























Page 88
Modèle opérationnel de gestion
Entité du SNU
Priorités stratégiques de la Tunisie
Bureau de
représentation
À travers le
siège, un
bureau
régional,
sous-régional
ou multi-pays
Bureau de
liaison / projet
distinct
Capacité
intégrée au BCR
Support
technique à
court terme
Priorité nationale 1 :
politiques publiques
centrées sur les ODD
prioritaires
Priorité nationale 2 :
Actions concrétisant les
choix
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
X
HCR
Effet 1 :1.2
PAM
Effet 1 : 1.1
ONUFEMMES Effet 1 :
tous
les
ONUDC
UNESCO
produits
Effet 1 : NON
Effet 1 : 1.1
IOM
Effet 1 :1.2
ONUSIDA
Effet 1 : NON
UNFPA
Effet 1 : NON
ONUDI
ONU-
HABITAT
Effet 1 : 1.2
Effet 1 : 1.1 et 1.2
Effet 2 :2.1 et 2.2
Effet 3 : 3.5 et 3.7
Effet 4 : 4.4
Effet 3 : 3.1, 3.3 et 3.7
Effet 4 :4.1, 4.3, 4.4 et 4.5
Effet 2 : 2.1, 2.2 et 2.3
Effet 3 : 3.1, 3.7 et 3.8
Effet 2 :2.2 et 2.3
Effet 2 : 2.1,2.2,2.3
Effet 3 : 3.2, 3.3, 3.4 et 3.8
Effet 4 : 4.1, 4.2 et 4.3
Effet 2 : 2.1
Effet 3 : 3.5, 3.7 et 3.8
Effet 4 : 4.4
Effet 2 : OUI
Effet 3 : OUI
Effet 2 : OUI
Effet 3 : OUI
Effet 4 : 4.2 et 4.3
Effet 2 : 2.1
Effet 3 : 3.1, 3.7 et 3.8
Effet 4 : tous sauf 4.4
88