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ANIMA TUNISIE
L’animation socioculturelle en Tunisie
L’état des lieux























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L’animation socioculturelle en Tunisie
L’état des lieux
Auteur : Hamida CHAOUCH
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Table des matières
Contenu
Table des matières
Epigraphe
I- Cadre théorique :
Raisons de la recherche
Limites de la recherche
II- Données démographiques globales
Pyramide des âges en Tunisie
Répartition de la population par gouvernorat -
Densité de la population
III- Genèse de l’animation socioculturelle en Tunisie
Historique de l’animation socioculturelle
Repères historiques
IV- Les structures publiques de l’animation socioculturelle
1- L’enfance (Ministère des affaires de la femme, de la famille et
de l’enfance)
Présentation (les animateurs/trices, les
bénéficiaires, les administratifs)
Données statistiques
Défis
2- La jeunesse (Ministère des affaires de la jeunesse et du sport)
Présentation (les animateurs/trices, les
bénéficiaires, les administratifs)
Données statistiques
Défis
3- La culture (Ministère des affaires culturelles)
Présentation (les animateurs/trices, les
bénéficiaires, les administratifs)
Données statistiques
Défis
4- L’animation culturelle scolaire (Ministère de l’Education)
Présentation
Données statistiques (Clubs et adhérents)
Défis
5- L’animation culturelle universitaire (Office national des
œuvres universitaires)
Présentation
Liste des centres universitaires de l’animation
socioculturelle.
Défis
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10
14
28
41
50
55
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V- L’état des lieux de la recherche scientifique en animation
socioculturelle.
Spécificités de la recherche en Tunisie
Publications et mémoires
Témoignages d’enseignants chercheurs
L’apport associatif en matière d’animation socioculturelle
VI-





La ligue Tunisienne de l’Education. (LTE)
Les Scouts de Tunisie
Association Victoire de la femme rurale, Sidi
Bouzid
Association AMAL pour la solidarité, le
Développement et le savoir, Kasserine

Organisation Tunisienne de Défense des Droits
des Personnes Handicapées. OTDDPH

58
64
VII- Focus sur les pratiques des associations : Mashhed comme
modèle
Monographie d’une séance d’animation
75
approche BAFA
Auto-évaluation et ressentis.

VIII- Partie empirique : Les focus groups
Composition du FG Bizerte
Composition du FG Gafsa
Méthodologie
Grille thématique
Synthèse des déclarations selon la récurrence
IX- Recommandations
X- Conclusion
XI- Glossaire
XII- Acronymes et abréviations
XIII- Listes des graphiques
XIV- Liste des tableaux statistiques
XV- Références bibliographiques
XVI- Annexe
Les institutions de l’enfance dans le secteur public et privé
Tableau synthétisant le nombre des institutions de la jeunesse
Répartition régionale et locale des M.J
Statistiques des clubs culturels et des bénéficiaires par
gouvernorat
Nombre des clubs scolaires par type d’activité et par région
Statistiques globales des collégiens et lycéens selon l’année
d’étude, le genre et l’année de naissance
Questionnaire
Liste des auberges et maisons de jeunes en Tunisie :
Les échos de la presse
77
94
96
97
99
100
101
102
103
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105
106
111
114
1115
116
118
120
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Article 42 :
Le droit à la culture est garanti. La liberté de création est garantie.
L’État encourage la créativité culturelle et soutient la culture nationale
dans son enracinement, sa diversité et son renouvellement, en vue de
consacrer les valeurs de tolérance, de rejet de la violence, d’ouverture
sur les différentes cultures et de dialogue entre les civilisations.
La constitution tunisienne
Article 31
1. Les Etats parties reconnaissent à l’enfant le droit au repos et aux
loisirs, de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son
âge et de participer librement à la vie culturelle et artistique.
2. Les Etats parties respectent et favorisent le droit de l’enfant de
participer pleinement à la vie culturelle et artistique et encouragent
l’organisation à son intention de moyens appropriés de loisirs et
d’activités récréatives, artistiques et culturelles, dans des conditions
d’égalité.
La Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (1989)
5




















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I. Cadre théorique :
1.
Raisons de la recherche
En Tunisie, l’utilité sociale de l’animation n’est plus à démontrer. Cette utilité
acquiert sa légitimité autant dans la cohésion des rapports sociaux qu’elle nourrit et
entretient, que dans les compétences transversales (
soft skills) des jeunes qu’elle
renforce et mobilise à travers l’éducation non formelle.
En effet, L’animation socioculturelle aide les jeunes à exploiter pleinement leur
potentiel. Elle encourage le développement personnel, l'autonomie, l’initiative et la
participation civique. Elle les aide à faire face aux défis auxquels ils sont confrontés
dont notamment les comportements à risque et la radicalisation.
Néanmoins, Il semble que ce champ d’activité ne parvient pas à prendre
pleinement sa place, à remplir les rôles qui lui reviennent et à répondre efficacement
aux exigences et aux besoins d’une jeunesse pleine d’ambitions et de rêves.
C’est dans ce cadre précisément qu’intervient le projet Anima Tunisie financé
par le Programme Soyons Actifs/Actives
(cf. p.55) et porté à la fois par les scouts1
tunisiens
, les Ceméa2 et Mashhed3 en tant que chef de file. Trois autres associations
partenaires le soutiennent et l’accompagnent à savoir :
La Ligue Tunisienne de
l’Education
4 (LTE) Amal de Kasserine5 et les Francas6.
1 Les Scouts tunisiens sont une association du mouvement scout en Tunisie. Elle a été reconnue d'utilité publique par
le décret n°182-77 du 16 février 1977. Le mouvement revendique en 2004 près de 28 000 membres (19 236 scouts
et 8 582 guides). Leur devise est « sois prêt ».

2 (CEMÉA) Centres d'Entraînement aux Méthodes d'Éducation Active sont un mouvement d’éducation nouvelle et une
association d’éducation populaire, reconnue d’utilité publique. Ils sont porteurs depuis plus de 80 ans d’une large
expérience sociale et collective et s'appuient sur des méthodes d’éducation active, pour transformer les milieux et les
institutions par la mise en action des individus.
3 Mashhed est une association culturelle dans le gouvernorat de Gafsa, fondée en Juillet 2012 par un ensemble des
jeunes de la région. Elle opère dans le domaine de renforcement des capacités et des compétences des jeunes dans
les secteurs artistiques et culturels. Elle s’inscrit dans l’éducation citoyenne et se présente comme une force de proposition
capable d’influer sur les politiques culturelles du pays.
4 Ligue Tunisienne de l’Education fondée en mai 2012. De ses objectifs : Promouvoir la situation éducative, coordonner
les efforts des associations du même intérêt, renforcer le sens du civisme et de la citoyenneté chez les jeunes lutter
contre toute forme de violence et de discrimination et développer la culture de l'entrepreneuriat dans le milieu scolaire.
5 Développementale et culturelle, spécialisée dans les domaines de l’éducation sociale et le développement intellectuel,
l’Association
AMAL pour la solidarité, le Développement et le savoir à Kasserine est la première association ayant
obtenu une licence d’activité après la révolution au niveau local. (Février 2011).
6 La Fédération nationale des Francas est un mouvement d'éducation populaire créé en 1944 (FFC, Mouvement des
Francs et Franches Camarades) par des militants provenant des Éclaireuses éclaireurs de France, des Ceméa et
des Auberges de Jeunesse. Association complémentaire de l'école, reconnue d'utilité publique et agréée par différents
6










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2.
Objectif
L’objectif général escompté est de promouvoir la reconnaissance du statut de
l’animateur/trice socio-éducatif volontaire (ASEV) par les institutions publiques
concernées pour aller, dans une seconde étape, vers une certification ad hoc
consistant en une attestation ou un diplôme reconnus qui ne prétendent nullement
concurrencer les diplômes délivrés par l’université. Ces ASEV seraient actifs aussi
bien dans les espaces associatifs que, et de façon ponctuelle, au sein des institutions
porteuses d’obligations envers les jeunes notamment le Ministère des Affaires de la
jeunesse et des sports (MAJS), le Ministère de l’éducation (M.E), le Ministère des
affaires de la femme, de la famille et de l’enfance (MAFFE), le Ministère de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS) ou encore toute
autre institution pouvant tirer profit de leurs compétences en matière d’animation
socioculturelle.
Pour cela, il est tout à fait indiqué de procéder à un état des lieux de l’animation
socio-culturelle en Tunisie et avoir une approche multifactorielle qui sera sensible aux
forces et aux faiblesses de ce domaine. Autrement dit, il s’agit de prendre une
photographie, la plus objective possible, du paysage de l’animation qui va des
statistiques publiées, aux textes juridiques promulgués organisant le secteur, aux
entretiens des responsables concernés jusqu’aux représentations sociales des
intervenants dans le domaine de l’éducation non formelle. Il s’agit, aussi par ricochet,
d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur le problème de l'encadrement des jeunes
et d'amener les institutions concernées à reconsidérer le mode de fonctionnement
des structures de la jeunesse et à réduire, en conséquence, les inégalités d’accès
aux droits relatifs aux loisirs et à la culture.
Nous souhaitons, à travers la présente étude, faire reconnaitre la réalité de
l’animation socioculturelle en Tunisie et formuler les besoins du terrain, les attentes
et les recommandations de la population concernée, tout en impliquant les différents
acteurs publics dans une réflexion participative et stratégique sur l’avenir de
l'animation socioculturelle dans le pays.
Cette recherche s’articule autour de deux grands axes :
I- Une partie descriptive et quantitative des institutions de l’enfance, de la
jeunesse et de la culture.
Il s’agit de présenter et de définir les structures de la jeunesse dans les
différents ministères ciblés
7 et de rendre compte de leurs activités et des
effectifs de leurs adhérents. Une synthèse des défis à relever est élaborée au
terme de la présentation ce chaque institution.
ministères, la fédération nationale des Francas rassemble 81 associations départementales et regroupe près de 15 000
adhérents, 1 541 personnes morales, 5 000 centres de loisirs, 3 000 collectivités territoriales.
7 MAJS, ME, MAC, MAFFE, MESRS
7









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II- Une partie empirique (analyse qualitative) des représentations sociales des
différents intervenants dans le domaine de l’animation socio-culturelle.
Pour davantage de clarté et de précision au niveau du recueil des données,
un questionnaire en arabe est rempli par les participants aux focus
groups(F.C) synthétisant les principaux éléments débattus lors des entretiens
collectifs. Ce questionnaire servira d’outil pour consolider et confirmer les
unités sémantiques recueillies dans la grille thématique des F.G.
Nous avons jugé utile de procéder à une brève introduction rappelant la genèse
de l’institution de la Culture en Tunisie dès le début de l’indépendance pour mesurer
l’intérêt accordé à ce secteur à travers le temps et les contextes socio-politiques
spécifiques à chaque étape.
Faire l’état des lieux du secteur de l’animation socioculturelle c’est aussi rendre
compte de deux dimensions différentes mais complémentaires à savoir : la réalité de
la recherche scientifique et la pratique professionnelle du terrain. C’est pour cela que
nous avons interrogé des enseignants chercheurs dans les instituts spécialisés en
animation socioculturelle, dans le même dessein, nous avons présenté un échantillon
des mémoires des étudiants montrant leurs intérêts et leurs préoccupations
scientifiques.
A la fin l’analyse, nous avons prévu une partie synthétisant les recommandations
aux différentes institutions œuvrant dans le secteur de l’animation socioculturelle
compte tenu des défis relevés lors de la présentation de leurs structures.
Comme on ne pourrait présenter toutes les données disponibles dans le corps
de cette étude, nous avons réservé une partie annexe, rassemblant des statistiques
supplémentaires, les outils d’investigation utilisés, des témoignages, les listes des
auberges et des MJ ainsi que des associations œuvrant dans le secteur de la
jeunesse et de l’enfance.
3.
Les limites de la recherche
A cause de contraintes temporelles fortes, cette étude n’a pu démarrer
effectivement qu’à la fin du mois de juin 2017, ce qui a coïncidé malencontreusement,
avec le mois de Ramadhan, le régime de la séance unique et les départs massifs en
congé des responsables, ce qui a ralenti l’avancement des recueils des données.
Il est à noter que certains administratifs se sont montrés peu coopératifs à donner
des informations au sujet de leur secteur d’activité car il fallait aussi attendre
l’approbation du premier responsable souvent indisponible ou injoignable. Le malaise
est d’autant plus manifeste, que lorsqu’on sollicite des données récentes.
Enfin, tiraillé entre un compte rendu qu’on veut sommaire et concis et la réalité
du secteur de l’animation qui est de fait, à la fois complexe et délicate, nous avons
choisi, sans prétendre à l’exhaustivité, d’être aussi précis que l’exige l’objectif même
de cette étude. Ceci nous a contraint à dépasser le nombre de pages estimé au
préalable.
8






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II. Données démographiques globales
-Pyramide des âges en Tunisie (Source : INS 2016)
FIGURE 1 PYRAMIDE DES AGES EN TUNISIE
-Répartition de la population par gouvernorat -
Effectif en milliers et pourcentage
1200
1000
800
600
400
200
0
EFFECTIF EN MILLIERS
POURCENTAGE
108 149 157 177 223 243
1,4 1,4 1,6
1
2
2,2
303 337 374 380 401 411 430 439 480
2,8 3,1 3,4 3,5 3,7 3,7 3,9
4,4
4
549 568 570 576 632 675
5,8 6,1
5,2 5,2 5,2
5
1056
955
960,00%
8,7
788
7,2
12
10
8
6
4
2
0
FIGURE 2 REPARTITION DE LA POPULATION PAR GOUVERNORAT EFFECTIF ET POURCENTAGE
(Source : INS 2016)
9









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III. Genèse de l’animation en Tunisie
Aperçu historique
En 1958, où il n’y avait pas encore de structure dédiée spécifiquement à la
culture, l’Etat visait d’abord à doter le pays fraichement indépendant, d’un système
d’enseignement, d’éducation et de culture conforme à sa tradition culturelle et aux
idéaux des temps de l’époque. La concrétisation de Cette vision reposait
fondamentalement sur trois principes :
Unifier le système d’enseignement caractérisé alors par sa diversité.
Renationaliser l’enseignement en l’établissant sur les bases de la réalité
nationale.

obligatoire et gratuit à un moment où l’analphabétisme était quasi généralisé.
Procéder à l’extension de la scolarité en assurant un enseignement
Il est à noter que l’’instruction (au sens d’enseignement) impliquait, dans les
représentations sociales, une vague notion de culture. Toutefois, conscient de
l’apport spécifique de la culture, le nouveau système éducatif envisageait la
possibilité d’instaurer «
l’éducation complémentaire, culturelle ou industrielle » en
parallèle avec l’éducation formelle
8.
Mais vu l’ampleur de la mission de l’instruction qui incombait au Ministère de
l’éducation nationale de l’époque et le risque de sous-estimer voire d’occulter tout le
secteur culturel au profit de de l’éducation formelle, le gouvernement tunisien a été
conduit à créer,
le 11 décembre 1961, un département spécialement chargé des
affaires culturelles et de l’information.
Il s’agit, désormais, de définir une politique culturelle et faire en sorte que la
culture soit accessible à la population la plus large, qu’elle vienne compléter l’action
éducative avec cet élan de s’ouvrir à la culture universelle.
Le département des affaires culturelles « a pour mission de promouvoir et
d'harmoniser les activités culturelles par l'élaboration et l'exécution d'un programme
de développement et de diffusion de la culture parmi la nation.
la mise en valeur du patrimoine culturel national ;
l'éducation populaire et de base sous tous ses aspects ;
A cet effet, il est chargé notamment de :



conservation des sites et monuments historiques ;


les relations à caractère culturel avec l'étranger … ;
la valorisation des activités artistiques, littéraires et théâtrales ;
la direction des bibliothèques publiques, des musées ainsi que de la
8 Les grandes réformes en Tunisie : 2ème partie : Réforme de l’enseignement en 1958, H.
Bouhouch 2015
10










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le contrôle, dans le cadre fixé par les lois et les règlements, des organismes
ou institutions privés ayant pour objet de promouvoir ou de diffuser des œuvres de
l'art et de l'esprit»
9
En 1969 un ministère chargé spécifiquement des affaires culturelles a été créé
et des moyens matériels et techniques lui ont été accordés.
A l’occasion du plan quadriennal (1965 / 1969), les maisons de la culture et les
maisons du peuple ont vu le jour. Elles représentent des institutions essentiellement
destinées aux jeunes. Elles se veulent des centres d'action culturelle et d'éducation
permanente. La tâche principale qui leur est assignée est de promouvoir l'homme par
l'insertion du culturel dans le social et l'économique. Elles sont censées assurer, aux
yeux de l’Etat, la démocratisation de la culture en vue de consolider et de compléter
les acquis de la démocratisation de l'enseignement.
La Maison du Peuple (devenue plus tard Maison des jeunes) est implantée dans
un chef-lieu de délégation ou dans une commune à forte densité de population. Elle
doit développer les loisirs, canaliser les énergies, et initier les groupes et les individus
aux grandes œuvres de la culture au moyen d'une programmation étudiée, de
techniques appropriées et d'une animation socio-culturelle dynamique.
La Maison de la Culture est implantée dans un chef-lieu de gouvernorat ou dans
un grand centre urbain. Sa mission essentielle consiste à coordonner entre les
maisons du peuple et les assister dans la réalisation de leurs programmes.
La maison de la culture, précise A. Kacem « reprend sur une échelle plus large
les différentes activités des Maisons du Peuple. De plus, elle constitue un lieu de
rencontre où l'élite intellectuelle régionale peut confronter ses idées et présenter ses
œuvres, et où toutes les vocations peuvent s'exercer et tous les talents
s'épanouir »
10.
En tout état de cause, depuis 1958, la volonté de mettre en place des institutions
de jeunes au niveau des grandes villes (Tunis, Sousse, Kairouan, et Sfax) faisait
partie d’une ferme volonté politique.
En 1963 le premier établissement ayant ouvert ses portes et ses espaces aux
jeunes fut la maison des jeunes de Rades (banlieue de la capitale) : la plus ancienne
et la mieux connue des M.J. Sa vocation consistait à coordonner entre les diverses
structures de la jeunesse sur le plan régional et local.
Ces centres visent à promouvoir des modes de vie sains et à faire la prévention
des comportements à risque. Ils offrent une gamme d’activités de loisirs et de
formation professionnelle dans la technologie, les langues et les arts, et visent,
également, à promouvoir la citoyenneté et l’intégration des jeunes dans la société.
Zahi, précise dans ce sens, que La maison des jeunes de Rades est pionnière non
seulement au niveau du Maghreb arabe mais aussi, plus globalement, au niveau du
monde arabe
11.
9 Décret n° 426/1961 fixant les attributions du département.
10 La politique culturelle tunisienne. Abdelaziz KACEM Agrégé de l'Université, Tunis. Traduit.
11 L’animation dans les institutions des jeunes et les défis de la planification et de la création. A. Zahi, 2008
11







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Faut-il préciser encore que le statut juridique des institutions de la jeunesse de
1972 stipule que : « l’institution est ouverte à tous les jeunes. Elle vise à diffuser
l’éducation et à fournir aux jeunes toute sorte d’activités pour les aider à développer
leur personnalité et à affuter leurs dons »
.
En 1974, et après une série d’expériences pilotes au niveau du gouvernorat de
Médenine (zone rurale de Guermessa) une nouvelle étape a eu lieu et un nouveau
secteur est né :
l’animation rurale. Une nouvelle structure s’est mise alors en
œuvre : les M.J itinérantes (M.J.I) dont la vocation est d’aider les jeunes à mieux
exploiter leur temps libre à travers des activités spécifiques dans des clubs offrant
des opportunités de rencontres et de créativité.
Il est à noter, par ailleurs, que dès leur création, les établissements de la jeunesse
se sont beaucoup inspirés de l’expérience française en matière d’éducation
populaire
12 . Les responsables de ces établissements se sont particulièrement
intéressés à produire un modèle d’animation fonctionnant à partir de clubs autour
d’activités scientifiques, techniques, artistiques ou culturel. Ce modèle, ayant prouvé
son efficacité, s’est maintenue durant des années.
Toutefois, à partir des années 80, les maisons de jeunes ne sont plus aussi
animées qu’avant et, au grand dépit des responsables, une nette désaffectation des
établissements de la jeunesse commence à se faire sentir. Plus que jamais celles-ci
sont appelées, aux yeux des responsables, à s’ouvrir sur l’environnement social et à
prendre la dimension populaire comme une priorité et ce à partir d’un nouveau genre
d’activités (ouverture sur l’environnement, projets et grandes manifestations…).
Dans son étude « Politiques jeunesse des pays méditerranéens » 13 S.Flori,
précise que dans le cas de la Tunisie «...la nécessité de promotion de l’éducation
non-formelle entraîne également la nécessité de la formation des animateurs/trices
de jeunesse, qui est réalisée de manière très inégale au sein des organisations du
pays. L’institution publique en charge de la formation, l’Institut Supérieur de
l’Animation pour la Jeunesse et la Culture - nous y reviendrons ultérieurement avec
plus de détails-
ne satisfait pas tous les besoins de formation et l’Etat privilégie
l’extension de ces programmes de formation à travers des unités régionales. Les
grandes associations, comme par exemple les scouts tunisiens, ont à l’interne, les
ressources humaines avec
leurs
animateurs/trices mais les plus petites organisations n’ont pas cette possibilité et
toutes ne bénéficient pas de l’aide d’organisations internationales. De plus, le statut
de volontaire est souvent assimilé à celui des travailleurs bénévoles. ».
l’expérience nécessaire pour
former
12 Cf. définition du concept p.90
13 Programme Euromed Jeunesse III. S.
12











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Repères historiques des organisations de jeunesse
1943 : Création de l’école de Bir El Bey.
1956 : Création du centre national de la formation des cadres.
1958 : L’émergence de l'idée de la création d’établissements pour les jeunes.

11 décembre 1961, création d'un département spécialement chargé des affaires
culturelles et de l’information.
30 Mars 1963 : Création de la première Maison de jeunes dans la banlieue de Rades.
1965 : Publication du premier règlement intérieur des maisons de jeunes en vertu
duquel ces établissements accueillent les différents groupes de jeunes afin de les
recruter au sein des formations de l'Union tunisienne de la jeunesse.
1966 : Création de ’Ecole Nationale des Cadres de la Jeunesse et de l’Enfance.
1969 Création d’un ministère chargé spécifiquement des affaires culturelles.
1972 : Publication du Statut des maisons de jeunes (document interne).
1974 : Lancement de l’expérience encore pilote de l’animation rurale dans la région
de Guermessa (Ghomrassen-Tataouine) puis la généralisation progressive des
maisons de jeunes itinérantes dont le nombre a atteint 46
1983 : Création de l’Ecole Nationale des Cadres de la Jeunesse.
1989 : Création de l’Institut Supérieur de la Jeunesse géré par le ministère de la
jeunesse et de l’enfance.
1990 Création de l’institut supérieur des cadres de l’enfance L'institut est un
établissement de cotutelle relevant du Ministère de la femme de la Famille et de
l’enfance ainsi que du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
Scientifique. L'organisation de l'Institut a été fixée par le décret n°92-1804 du 5
octobre 1992.

1995 : Fusion de l’Institut Supérieur de la Jeunesse et de l’Institut Supérieur de
l’Animation Culturelle en une unique institution publique dénommée : l’Institut
Supérieur de l’Animation pour la Jeunesse et la Culture géré par le ministère de
l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
2002 : Création d’un observatoire national de jeunesse.
2004 : Décret n° 2004-2437 du 19 octobre relatif à l’organisation de la vie scolaire.
2007 :
Création du conseil supérieur de la culture. Décret n° 2007-4103 du 11
décembre
2007.
13
















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IV.Les structures publiques de l’animation
socioculturelle
1- L’enfance (Ministère des affaires de la femme, de la famille et de
l’enfance)
« Promouvoir l’enfance, tout en tenant compte de ses spécificités
caractérisant ses possibilités physiques, ses penchants affectifs, ses
capacités intellectuelles et son savoir-faire, à un niveau de protection
garantissant la préparation des générations futures, et ce en prenant
soin des enfants. »
Code de protection de l’enfance
Les enfants âgés de moins de 6 ans représentent une population estimée à plus
d’un million
(cf. pyramide des âges p.9). La petite enfance est un âge critique et
délicat. Il est admis que tout développement psychomoteur de l’enfant, acquisition du
langage, renforcement des capacités intellectuelles et physiques s’opèrent durant
cette période de la vie au cours de laquelle il importe d’aider l’enfant à développer au
mieux ses aptitudes et sa personnalité.
a. Les crèches14
Les crèches accueillent les enfants de moins de trois ans. Ces établissements
offrent des services socio-éducatifs aux enfants bénéficiaires et garantissent leur
encadrement. Les animateurs/trices
15
leur assurent un développement
14 Les garderies scolaires ne sont pas directement signalées dans cet état des lieux étant donné qu’elles n’ont aucun
rôle d’animation. Le tableau en annexe des institutions de l’enfance en rappelle le nombre dans les deux secteurs
publics et privés.
15 L’éducateur de la prime et de la petite enfance est une personne spécialisée dans le domaine de
l’éducation de l’enfant d’âge préscolaire. Selon les activités à réaliser, l’éducateur de la prime et de la
petite enfance est appelé à travailler en collaboration avec l’équipe éducative (directrice, animatrice, agent
de service,…), la famille de l’enfant et les composantes de l’environnement de l’établissement (municipalité,
médecin, ONG…).
L’éducateur de la prime et de la petite enfance conçoit planifie, organise et anime des activités éducatives
à caractère ludique pour assurer le développement global de l’enfant dans toutes ses dimensions notamment
psychomotrice, cognitive,
langagière, sociale, affective morale et physique tout en veillant à ses besoins
(sécurité, santé, confort, affection, ….).
Il contribue, selon l’âge de l’enfant, aux soins de base envers les enfants tels que l’hygiène et l’alimentation
et il les accompagne sur la voie de l’autonomie, du développement de l’estime de soi et d’affirmation.
Il évalue régulièrement ses interventions auprès des enfants ainsi que leurs acquis tout en détectant les
éventuelles difficultés, troubles ou anomalie du comportement ou du développement chez eux.
Il communique les observations retenues aux responsables, aux spécialistes (médecin scolaire, Unité de
réadaptation, …) ainsi qu’aux parents des enfants afin d’ajuster ses interventions et favoriser le
développement équilibré de l’enfant et son bienêtre.
MFFE, MFPE : Brevet du Technicien Supérieur : Educateur
de la prime et de la petite enfance.
14














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psychomoteur sain et équilibré. Ils leur donnent, en outre, l’opportunité de faire des
découvertes, de jouer, d’échanger et de communiquer dans un cadre affectif
rassurant.
Evolution des indicateurs des crèches d’enfants (0-3ans)
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
509
3751
200
608
4913
653
680
4901
4444
817
5632
678
5281
834
5761
235
272
273
301
284
321
7000
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
2008- 2009 2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2013-2014
2014-2015
Nombre de cadres
Nombre de crèches
Nombre d’enfants inscrits
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 2015
FIGURE 3
Mais malgré la spécificité des services offerts, 54,6 % des animateurs/trices ne
sont pas formés.
Les crèches privées continuent à s’accaparer de plus de 90% (avec 317 crèches
sur un total de 321 pour l’année 2014/ 2015)
alors qu’on ne trouve que 3 crèches
relevant de la société civile et une seule crèche sous la tutelle de la municipalité de
Gafsa.
D’autre part, la disparité régionale (voir graphique ci-dessous) de ces
établissements est évidente : alors que la moyenne nationale est de 13 crèches par
gouvernorat, on trouve que 8 gouvernorats ont dépassé cette moyenne, nous citons
à titre d’exemple le gouvernorat de Tunis (52), Ben Arous (46), Monastir (34)

La stagnation du développement normal du nombre de crèches s’explique par le
coût élevé de la création qui doit répondre aux exigences requises de l’éducation et
l’encadrement des enfants (espaces et infrastructures). Face à
l’ouverture
anarchique de crèches non respectueuses de la législation en vigueur, les parents
dans leur majorité, semblent avoir opté pour le cadre de la famille, d’autant plus que
l’Etat ne leur prête aucune aide financière.
15








Page 16
Répartition des crèches par gouvernorat
BEN AROUS
MONASTIR
ARIANA
SOUSSE
SFAX
MÉDENINE
KEF
MOYENNE NATIONALE
NABEUL
GAFSA
KAIROUAN
GABES
BIZERTE
MAHDIA
JENDOUBA
KÉBILI
MANOUBA
TOZEUR
SIDI BOUZID
KASSERINE
TATAOUINE
BÉJA
SILIANA
ZAGHOUAN
TUNIS
46
34
32
31
21
20
17
13
12
10
8
7
5
5
3
3
3
3
2
2
2
1
1
1
0
10
20
30
40
50
60
52
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 201516
FIGURE 4
Le domaine de l’enfance est le secteur qui connait le plus grand nombre de
(ressortissants des
(53,4%). Les cadres spécialisés
« cadres » non
établissements universitaires) sont minoritaires dans toutes les régions (11,8%).
formés
Une catégorie intermédiaire ayant bénéficié d’une formation intensive représente un
taux de 34,8% comme l’illustre le graphique ci-dessous :
16 Rapport de la situation de l’enfance en Tunisie pour l’année 2015
16







Page 17
FIGURE 5
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 2015
17










Page 18
b. Les jardins d’enfants
Nombre de jardins d’enfants par gouvernorat
Bizerte : 238
Manouba : 141
Ben Arous : 329
Jendouba : 68
Beja : 76
Kef : 101
Siliana : 58
Kairouan : 138
Kasserine : 102
Sidi Bouzid : 128
Gafsa : 143
Tozeur : 76
Kébili : 121
Tataouine : 46
Ariana : 224
Tunis 383
Nabeul : 329
Zaghouan : 66
Sousse : 297
Monastir : 344
Mahdia : 129
Sfax : 294
Gabes : 143
Médenine : 217
Total des jardins d’enfants = 4191
Moyenne nationale =
176
FIGURE 6
18
































Page 19
Le Jardin d’Enfants (J.E) est un établissement socioéducatif qui accueille des
enfants de 3 à 6 ans pour les faire bénéficier d’une prise en charge éducative
favorisant leur développement physique, cognitif, psychomoteur, affectif et social par
le biais de l’animation, l’encadrement et la protection selon leurs besoins
développementaux.
Les J.E jouent un rôle équivalent à celui de l'école maternelle en France, mêlant
activités d'animation et apprentissage de certaines notions de base comme l’alphabet
et le calcul élémentaire.
Cependant, tout comme dans les crèches, la plupart des cadres travaillant dans
les J.E, n’ont eu aucune formation comme l’indique le graphique suivant17 :
Catégories des animateurs/trices des jardins
d'enfants
Formés
Educateurs
spécialisés
Non formés
54%
23%
23%
FIGURE 7
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 2015
… Les J.E peuvent être privés, associatifs ou publics. Seule la personne
directrice du J.E doit nécessairement avoir suivi une formation spécifique
d'animation. Les animateurs/trices pouvant simplement être des diplômés
universitaires sans formation particulière d'animation.
17 Notons bien que l’ATFP (Agence tunisienne de la formation professionnelle) assure une formation
d’animateurs/trices de jardins d’enfants au niveau du BTP (Brevet de technicien professionnel) dans les deux
centres de formation de Ezzouhour et Kerkennah. 123 diplômés ont été enregistrés en 2015 selon les sources
du MFFE.
19










Page 20
Répartition des J.E selon le gouvernorat et la structure de tutelle
Privé
Associations
Ministères
Municipalités
356
319
298
216
219
330
272
266
197
135
117
121
128
112
120
118
67 61
54
90
41
80
67
26
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance
FIGURE 8
Le Ministère des affaires de la femme, de la famille et de l’enfance œuvre à
intensifier l’investissement et l’intervention du secteur public au profit des enfants
issus des zones défavorisées, prioritaires à forte densité de population et ce à
travers :
- La reprise des services des J.E municipaux.
- La création d’espace pour la petite enfance dans les établissements publics de
l’enfance de proximité.
- La prise en charge des frais d’inscription et d’animation des enfants des familles à
faible revenu dans des jardins d’enfants de proximité.
Le graphique suivant établit l’état des lieux des J.E avec le nombre d’enfants inscrits,
le nombre de J.E, la moyenne du nombre d’enfants/J.E et l’effectif des cades.
20







Page 21
Indicateurs des J.E pour 2014-2015
e
x
a
'
l
e
d
e
r
t
i
T
200000
180000
160000
140000
120000
100000
80000
60000
40000
20000
0
Série1
Nombre
d’enfants
inscrits
191058
Nombre de J.E
4191
FIGURE 9
Moyenne du
nombre
d’enfants/J.E
42
Nombre des
cadres
12750
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance
A observer le graphique suivant nous constatons une montée remarquable du
nombre de cadres qui s’est multiplié à peu près dix fois depuis 2009. En effet, de
1342 cadres recensés en 2009, l’effectif a grimpé pour atteindre 12750 en 2015. Les
revendications sociales et la montée de la privatisation dans le secteur des J.E
seraient l’origine de cette inflation.

Evolution du nombre de cadres et de J.E
2009/2015
2014-2015
2008-2009
1342
4191
3562
12750
0
2000
4000
6000
8000
10000
12000
14000
Nombre des cadres
Nombre de J.E
FIGURE 10
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance
Les J.E sont foncièrement privatisés plus de 90% relève du secteur privé, et
l’Etat semble se désengager de plus en plus de ce domaine.
21











Page 22
7%
1%
1%
Répartition des J.E selon
la structure de tutelle
Privé
Associations
Ministères
91%
FIGURE 11
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 2015
c. Les clubs d'enfants (Ministère de la femme de la famille et de l’enfance)
Le club d’enfants est un établissement socio-éducatif public qui assure des
activités d’animation socioculturelles variées. Il accueille les enfants de 6 à 15 ans en
leur offrant des activités de loisirs mais aussi des exercices artistiques, sportifs ou de
découverte scientifique. Ces activités ont lieu en dehors des heures de classe.
Les activités les plus récurrentes dans les clubs d’enfants sont les suivantes :
sports, informatique, danse, musique, théâtre, dessin, modelage, astronomie,
langues, protection routière, éducation à l’hygiène.
Les clubs d’enfants visent essentiellement à favoriser le développement
physique et cognitif des enfants. Ils contribuent, au même titre, à leur socialisation et
la valorisation de leurs talents tout en leur inculquant les valeurs de la citoyenneté et
du vivre ensemble.
Les clubs sont payants pour la plupart, mais les frais d'inscription sont très
réduits (souvent moins de 15 DT par an).
Les clubs d'enfants comptent souvent entre 8 et 10 animateurs/trices, et touchent
de l'ordre de 100 à 150 enfants tout au long de l'année.
Il est à noter que le nombre des cadres de l’enfance travaillant dans les clubs
pour enfants et les complexes de l’enfance a connu une certaine évolution. En effet,
en 2010, l’effectif des cadres était de l’ordre de 980
18 (dont 74,3% sont des femmes)
en 2015 le nombre a atteint 1351 dont 81% sont des femmes. Le taux de
développement des cadres de l’enfance est de l’ordre de 37,9%. Ceci ne signifie pas
18 Rapport national sur la situation de l’enfance en Tunisie 2015. Publication du MFFE
22









Page 23
pour autant une amélioration du taux d’encadrement à cause non seulement du
manque déjà enregistré de personnel mais aussi la création de nouveaux
établissements en l’absence du recrutement.
Pourcentage des enfants bénéficiares selon l'activité
12%
13%
11%
Activités artistiques
36%
Activités sportives
28%
Activités scientifiques
Activités de
sensibilisation
Autres activités
FIGURE 12
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance
d. Le complexe de l’enfance 19(Ministère de la femme de la famille et de l’enfance)
Le complexe de l’enfance est un établissement de protection et de sauvegarde
qui assure divers services socio-éducatifs au profit des enfants en danger accueillis
ainsi que ceux de proximité.
Le complexe de l’enfance fournit différents services aux enfants scolarisés ou
en formation, âgés de 6 à 18 ans et aptes physiquement et mentalement. Il s’agit
d’enfants
familles connaissant des difficultés socioéconomiques
significatives.
issus de
Les complexes de l’enfance veillent à assurer la protection des enfants scolarisés
jusqu’à la disparition des causes de la menace dans le cadre d’un projet de vie
individualisé.
L’établissement fournit des services diversifiés en milieu naturel (demi-
pensionnat) et assure un accompagnement socio-éducatif et psychologique aux
enfants inscrits (cantine, fourniture scolaire, habillement, suivi scolaire, social et
médical).
19 Source : Le fonds TOUFOULATI 2017
23









Page 24
Tous les enfants, y compris ceux de proximité suivent des activités d’animation
socioculturelles assurées par des éducateurs spécialisés.
Evolution du nombre d'enfants bénéficiaires
des services des complexes de l'enfance
2014-2015
2059
2013-2014
1933
2012-2013
2011-2012
2010-2011
1826
1845
1840
1795
1675
1594
1595
1582
3854
3608
3420
3440
3422
0
500
1000
1500
2000
2500
3000
3500
4000
4500
Total
Filles
Garçons
FIGURE 13
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 2015
e. Le centre intégré de la jeunesse et de l’enfance (Ministère de la femme de la
famille et de l’enfance)
Le centre intégré de la jeunesse et de l’enfance (CIJF) est un établissement
public de protection de l’enfance. Il a un caractère administratif, doté de la
personnalité civile et de l’autonomie financière.
Il assure divers services socio-éducatifs au profit des enfants en danger
scolarisés ou en formation, âgés entre 6 et 18 ans et aptes physiquement et
mentalement. Il intervient aussi pour le renforcement des capacités des familles à
élever leurs enfants.
Le centre fournit des services diversifiés à travers le régime de pensionnat ou de
demi-pensionnat et vise à assurer un accompagnement socio-éducatif et
psychologique et fournir des activités d’animation socioculturelles.
Conformément aux conventions internationales et à la législation nationale
plaidant pour le maintien de l’enfant dans sa famille d’origine, un programme de
placement familial a été initié en 2013 permettant aux enfants pris en charge par le
centre, de retourner vivre dans leurs familles biologiques moyennant une indemnité
24







Page 25
mensuelle. Un suivi éducatif et psychosocial est assuré par l’équipe pluridisciplinaire
du centre.
Pourcentage des bénéficiaires selon leurs
situations sociales
3% 3%
3%
6%
24%
18%
23%
20%
sans soutien familial
Problèmes financiers
Divorce
Troubles de comportements chez
les parents
Incapcité physique de l'un des deux
parents
Fugues
Autres
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 2015
FIGURE 14
Les centres de vacances et de loisirs pour enfants
f.
Le centre assure divers services de protection à travers les loisirs au profit
des enfants de 6 à 15 ans, à besoins spécifiques, sans soutien familial ou issus
de familles nécessiteuses ou d’immigration. Le centre assure aux enfants
l’hébergement et la restauration pendant les vacances scolaires pour une période
allant de 7 à 10 jours. Une animation socioculturelle comportant des activités
artistiques, scientifiques, sportives ou de découverte est assurée par le centre.
Pourcentage des bénéficiaires selon la structure
de protection
18%
22%
60%
Enfants
d'associations pour
enfants vulnérables
Enfants en situation
de handicap
Enfants des
institutions de
protection sociale
FIGURE 15
Source : Ministère de la femme de la famille et de l’enfance 2015
25








Page 26
Défis du secteur de l’enfance
Malgré les efforts consentis au niveau législatif et même au niveau de la pratique
des droits de l’enfant, les études, les enquêtes et les évaluations ont souligné une
hétérogénéité sociale nette au niveau régional et l’émergence de phénomènes
comme la déviance, la radicalisation ou le suicide. L’UNICEF affirme que «...tous les
enfants, les adolescents et les jeunes ne semblent pas avoir les mêmes opportunités
pour accéder aux loisirs...
20 »
Sur le plan éducationnel, l’insuffisance du cadre législatif de la première enfance
et d’un suivi systématique face à
la prolifération anarchique d’espaces destinés
aux enfants,
a conduit à la médiocrité des services offerts à cette tranche d’âge et
plus particulièrement aux enfants porteurs de handicap. Le Ministère des affaires de
la femme, de la famille et de l’enfance, loin de récuser ces manquements, il les relève
et les met en exergue dans divers comptes rendus
21.
La diversité des structures dédiées à l’enfance ne saurait cacher l’insuffisance
du cadre législatif relatif aux clubs des enfants, aux complexes de l’enfance et
à l’animation socioculturelle
. L’enchevêtrement de ces structures et l’interférence
des missions même avec les structures de la jeunesse ne font qu’embuer une vision
déjà confuse du secteur de l’enfance.
Le pays manque encore des aires de jeux et
les petits enfants continuent à ne pas avoir les mêmes chances d’accès à la culture
et aux loisirs.
L’absence quasi-totale de
initié
l’expérience intéressante de l’éducation préscolaire et leur désengagement massif a
privé de nombreuses familles nécessiteuses et/ou rurales de bénéficier de ces
services sociaux.
l’apport des collectivités
locales ayant
L’UNICEF, dans un de ses rapports22 sur la situation de la petite enfance en
Tunisie parle d’un « ...déficit quantitatif qui s’accompagne par une répartition
marquée par des
disparités géographiques, un manque de moyens matériels et un
faible niveau de la qualité de l’encadrement ...»
p.83
Selon l’enquête (Institut National des Statistiques/UNICEF, 2012), 44 % des
enfants âgés de 36-59 mois sont inscrits dans un établissement préscolaire (toutes
catégories confondues). Cette proportion atteint 60 % en milieu urbain, contre 17 %
en milieu rural. De même, seuls 13 % des enfants issus des ménages les plus
pauvres fréquentent une institution de petite enfance, contre 81 % chez ceux issus
des ménages les plus riches.
Par ailleurs, le secteur de l’éducation préscolaire se caractérise par d’importantes
disparités des pratiques pédagogiques et des profils de formation des éducateurs
ainsi que par l’irrégularité des programmes de formation continue. Le manque de
cadres notamment en matière d’inspection pédagogique ne fait qu’aggraver la
20 Analyse de la situation de l’enfance en Tunisie 2012 p.81
21 Rapport national de la situation de l’enfance pour l’année 2015
22 Op.cit.
26







Page 27
divergence des pratiques et le l’indifférence d’animateurs/trices non formés et parfois
peu motivés. UNICEF affirme que « ...[les inspecteurs] se trouvent obligés de
délaisser leurs rôles d’encadrement au profit du rôle administratif... »
23Nous relevons,
également l’absence de coordination et du travail en réseaux entre les différents
intervenants concernés par l’enfance, tant sur la plan régional que national, d’où
l’éparpillement des efforts et l’insuffisance des résultats. L’UNICEF parle d’un
« manque de coordination entre les intervenants directs dans la problématique de
l’enfance
24 »P. 128
Les responsables du MAFFE avec lesquels nous avons eu des entretiens,
considèrent tous que la formation de base des animateurs/trices / éducateurs/trices
de l’enfance est pour la plupart du temps insuffisante et trop théorique et que la
formation continue, indispensable pour la qualité des services rendus, n’existe
pratiquement pas.
En outre, les critères de l’orientation universitaire vers la filière « éducateur de
l’enfance » sont à revoir foncièrement.
25 Le témoignage 26 recueilli de l’un des
enseignants chercheur de l’ISCE est parfaitement concordant.
23 Analyse de la situation de l’enfance en Tunisie. Unicef 2012
24 Op.cit.
25 D’ailleurs la Stratégie Nationale Multisectorielle de Développement de la Petite Enfance du MFFE projette de réaliser
des études sur les besoins en personnel et sur les capacités et la qualité de la formation initiale et continue dans
tous les domaines du Développement de la Petite Enfance (DPE), d’Elaborer un plan pour la formation initiale
et continue des professionnels et para professionnels du DPE et d’assurer son financement
(cf. Plan opérationnel de
la Stratégie Nationale Multisectorielle de Développement de la Petite Enfance 2017 – 2021/25)
26 Cf. les annexes
27




















Page 28
2- Structures du ministère des affaires de la jeunesse
a. Le concept de jeunesse
«... On est toujours le vieux ou le jeune de quelqu’un ...»27.
P. Bourdieu
La jeunesse est un concept à « géométrie variable », il change dans le temps et
dans l’espace. A chaque civilisation, à chaque culture, existent plusieurs acceptions
de la jeunesse.
L’UNESCO, pour les activités au niveau régional ou international, utilise la
définition universelle de l'Organisation des Nations Unies qui définit le terme « la
jeunesse » comme étant les personnes âgées entre 15 et 24 ans. Cela permet de
veiller à une cohérence statistique entre les régions et les pays.
Pour les activités au niveau national, par exemple lors de la mise en œuvre d’un
programme pour les jeunes, « la jeunesse » peut être comprise d'une manière plus
flexible. L'UNESCO adoptera alors la définition telle qu’utilisée par l'État membre
concerné.
En Tunisie, quand on parle de la jeunesse et qu’on prend des mesures en faveur
des jeunes, la tranche d’âge visée est les 15-29 ans. L’argument derrière cette
définition est que certains jeunes restent dans le système éducatif ou de formation
pendant une longue période et ils n’ont donc pas encore achevé leur transition à 24
ans.
Les jeunes âgés entre 15 et 29 ans représentent le tiers de la population en
Tunisie. Ces jeunes constituent les principaux acteurs du soulèvement populaire
mené en 2011 qui a conduit à des changements sans précédent dans le pays tant
sur le plan politique et économique que sur le plan social et ce malgré les défis et les
résistances.
Le ministère des affaires de la jeunesse et des sports « ...reste le cœur de la
politique de la jeunesse...
28». Il dispose d’une gamme de programmes pour les
jeunes, les plus anciens et les plus connus étant les M.J . Ces centres sont destinés
à promouvoir des modes de vie sains et à prévenir des comportements à risque. Ils
visent à promouvoir l’engagement citoyen et l’intégration des jeunes dans la société.
b. Complexe de jeunesse :
C’est une structure de jeunesse polyvalente, elle comprend des espaces
d’activités, un centre d’hébergement et veille notamment à :
Organiser et à héberger les grands événements et les programmes jeunesse.
Assurer les services d’accueil, d’hébergement, de restauration pour les jeunes
tunisiens ou étrangers, individuellement ou en groupes.
27 Bourdieu Pierre. 1980 la jeunesse n’est qu’un mot, Question de sociologie, Paris, Ed. de Minuit 1980
28 Le travail de la jeunesse en Tunisie après la révolution. Euromed. UE 2012
28








Page 29
Assurer d’autres tâches relevant de ses prérogatives et de ses compétences.
PHOTO 1 : COMPLEXE DE JEUNESSE DE NABEUL 2017
-Adresse : Rue Tayeb El M’hiri, 8000 Nabeul.
-Capacité d’accueil : 80
-Nombre de nuitées passées en 2016 : 4600 nuitées
-Effectif des résidents en 2016 : 1252 jeunes
-Nombre de cadres éducatifs (Animateurs/trices) : 05
-Nombre de cadres administratifs : 05
-Nombre des ouvriers : 14
PHOTO 2 :
PHOTO 3 :
L'ENTREE DU COMPLEXE DE LA JEUNESSE DE NABEUL
LES SERVICES OFFERTS PAR LE C. J DE
NABEUL
29


















Page 30
Nombre des complexes de jeunes par gouvernorat
0
0
0
0
Jendouba
Mahdia
Manouba
Ariana
Siliana
Béja
Kef
Kasserine
Kairouan
Sidi Bouzid
Tozeur
Kébili
Gabes
Monastir
Zaghouan
Bizerte
Ben Arous
Gafsa
Tataouine
Médenine
Sfax
Nabeul
Sousse
Tunis
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
0
1
2
FIGURE 16
2
2
2
2
2
3
3
3
4
Direction de la planification et de l’évaluation MAJS 2017
c. Centre d’accueil et du tourisme des jeunes
C’est une structure de jeunesse offrant des services d'accueil, d'hébergement, de
séjour pour les jeunes tunisiens et étrangers, individuellement ou en groupe.
29
d. Les unités d’animation itinérantes30
Elles constituent des structures mobiles dont la mission est d’assurer des services
d’animation de proximité dans les milieux ruraux et les agglomérations. Elles
organisent également, des activités des manifestations et des programmes socio-
culturels répondant aux besoins des jeunes issus de ces milieux.
29 Cf. partie annexe : liste des auberges et M.J en Tunisie
30 Dites aussi « Unités régionales d’animation »
30









Page 31
Répartition régionale des maisons de jeunes itinérantes
JENDOUBA
SILIANA
BÉJA
KEF
KASSERINE
KAIROUAN
SIDI BOUZID
TOZEUR
GAFSA
TATAOUINE
MÉDENINE
KEBELI
GABES
SFAX
MAHDIA
MONASTIR
SOUSSE
ZAGHOUAN
NABEUL
BIZERTE
MANOUBA
BEN AROUS
ARIANA
TUNIS
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
2
2
2
2
2
2
2
2
2
3
3
3
3
0
1
2
FIGURE 17
3
4
Direction de la planification et de l’évaluation MAJS 2017
e. Les centres de vacances et de camping
Ces centres de camping, comme leur nom l’indique bien, comportent des
espaces de camping permettant aux jeunes de profiter de beaux paysages et de
pratiquer diverses activités de distraction et de loisirs. L’objectif est de développer
chez le jeune des compétences de vie à même de renforcer son autonomie et la
confiance en soi.
Répartition régionale des centres de vacances et de camping
Gouvernorat
Nombre
Centres
Gouvernorat Nombre
Centres
Ariana
Manouba
Nabeul
Bizerte
Béja
Siliana
Kef
Jendouba
Kasserine
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
Sousse
Monastir
Raouad
Habibia
Erraja
Errimel
Chat Mami
Zouaraa
Kisra
Ain Boussaadia
Gabes
Kébili
Sk Sidi Youssef
Ain Soltane
Médenine
Beni Mtir
El Merij
Ain Selsa
Chaambi
Mahdia
Sfax
Tataouine
Total
Sousse
Saloum
Hirgla
Bkalta
Fadhline
Douirat
Ramla (Kerkina)
Zarat
Douz
Marsa El ksiba
Aghir
Douira
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
26
Source : Direction de la planification et de l’évaluation MAJS 2017
31








Page 32
f. Les maisons de jeunes31
Ce sont des structures publiques accueillant des jeunes de 12 à 25 ans. Elles
sont en général organisées autour de clubs dédiés à des activités spécifiques : club
théâtre, club marionnettes, club cinéma, … Ce sont des espaces complètement
ouverts, sans inscriptions : la loi interdit aux maisons de jeunes de demander de
l'argent pour les activités.
De la même manière que dans les clubs d'enfants, les
animateurs/trices et directeurs travaillant dans les maisons doivent être diplômés du
supérieur dans le domaine de l'animation
.
31 « Les Maisons de jeunes, sont des structures permanentes pour l’animation des jeunes, elles permettent
aux jeunes d’investir leurs temps libres dans l’exercice des activités artistiques, culturelles, sociales et
sportives, visant à affiner leurs talents, promouvoir leurs aptitudes mentales, physiques, émotionnelles et
sociales et faciliter leur intégration dans la vie sociale... » Décret No 2011-119 du 5 Nov.2011.
32


























Page 33
Ariana : 5
Tunis : 14
Nabeul : 20
Zaghouan : 10
Sousse : 16
Monastir : 23
Mahdia : 17
Sfax : 24
Gabes : 17
Médenine :21
Tataouine : 5
Nombre de M.J par gouvernorat32
Bizerte : 13
Manouba : 11
Jendouba : 12
Beja : 10
Kef : 14
Siliana : 9
Kairouan : 14
Kasserine : 10
Sidi Bouzid :12
Gafsa : 10
Tozeur : 8
Kébili : 12
Total des M.J : 321
FIGURE 18
32 Source : INS 2014
33




























Page 34
EVOLUTION DU NOMBRE DES M.J AU
NIVEAU NATIONAL (2011 -2015)
7
2
3
0
2
3
1
2
3
7
1
3
3
1
3
2011
2012
2 0 1 3
2014
2015
FIGURE 19
Source : Ministère de la Jeunesse et des Sport
Les animateurs/trices permanents évoluant dans les MJ sont tous des ressortissants
de L’Institut Supérieur de l’Animation de la jeunesse et de la culture de Bir El Bey
33
(Banlieue de Tunis).
Par rapport au nombre des abonnés aux M.J, nous constatons que les effectifs
sont inférieurs à ceux précédant la révolution où le contexte sociopolitique était
relativement stable. En 2011-2012, les M.J ont connu une période de désordre et de
confusion. Cela a eu un impact direct sur le nombre des abonnés qui a chuté de
20.000 abonnés. On passe de 72239 jeunes en 2010 à 52015 en 2011. L’effectif des
abonné(e)s enregistre une légère augmentation en 2014 où l’on a atteint 64500
jeunes.
Les filles sont sous représentées dans les M.J 34% contre 66% de garçons en
2014. Cela confirme leur méfiance ainsi que celle de leurs parents quant à ces
espaces jugés peu contrôlés.
Le graphique ci-dessous illustre ce décalage systématique relatif au genre :
33 L’Institut Supérieur de l’Animation pour la Jeunesse et la Culture a pour mission la promotion des sciences
d’animation et leurs méthodes et la participation au développement intégral par l’établissement de relations de
coopération avec les organismes éducatifs, culturels, économiques, sociaux et de jeunesse.
Il est chargé notamment de :
La formation de base, de la formation continue et de l’organisation des stages dans les domaines de l’animation socio-
éducative, culturelle et touristique.
La contribution à la promotion au développement des activités d’animation dans les domaines de la culture, de la
jeunesse et du tourisme.
La participation à la réalisation d’études et de recherches dans le domaine relevant de ses attributions.
34









Page 35
Répartition des abonnés aux maisons des jeunes
selon le genre 2014 (INS)
34%
66%
Garçons
Filles
FIGURE 20
Source : Ministère de la Jeunesse et des Sports
Pour ce qui est des activités des clubs des M.J, trois domaines sont particulièrement
prisés par les jeunes à savoir le sport avec ses diverses spécialités(25165 licenciés), les
beaux-arts (7170 jeunes) et les activités liées à l’informatique et à Internet (6769
adhérents).
Répartition des abonnés aux M.J
par type d' activité
Activités sportives
39%
Environnement
5%
Santé
4%
Audio-visuel
4%
Beaux-arts
11%
Expressions corporels
8%
Internet et informatique
11%
Autres activités
6%
Musique
4%
Littéraires et culturels
3%
Théâtre
5%
FIGURE 21
Source : INS 2014. Mise à jour : 02/06/2017
35









Page 36
Dans toutes les activités relevées, les filles sont encore sous représentées à des
degrés différents exception faite pour les beaux-arts socialement classés comme un
domaine plutôt féminin : 61% de filles contre 39% de garçons. Il y a encore beaucoup
d’effort à faire pour réduire l’inégalité d’accès aux droits aux loisirs notamment au
niveau du genre. Le graphique ci-dessous, (2014) illustre ce décalage :
Répartition des abonnés aux M.J (2014) selon le genre
et l'activité
7034
26995
Filles Garçons
Activités sportives
langues
Info jeune
Autres activités
Musique
Littéraires et culturels
Théâtre
Internet et informatique
Expréssions corporels
640
755
527
708
1001
872
1101
1664
829
1020
1094
1547
1374
1847
2576
2933
Beaux arts
Audio-visiuel
Environnement
Santé
4863
3084
1163
1922
1540
2295
1025
1218
0
5000
10000
15000
20000
25000
30000
FIGURE 22
Source : INS 2013 / 2014 Tunisie en chiffres
36





















Page 37
Nombre de M.J itinérantes par région
Gouvernorat
Nombre
MJ.I
Gouvernorat
Nombre MJ.I
Tunis
Ariana
Ben Arous
Manouba
Bizerte
Nabeul
Zaghouan
Sousse
Monastir
Mahdia
Sfax
Gabes
Total =
45
1
1

1
1
2
1
3
3
1
3
1
3
Kébili
Médenine
Tataouine
Gafsa
Tozeur
Sidi Bouzid
Kairouan
Kasserine
Kef
Béja
Siliana
Jendouba
2
2
1
2
2
1
1
2
2
2
2
1
Source direction de la planification et de l’évaluation 2017
Les établissements de jeunesse fermés

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
Gouvernorat
Ariana
Kasserine
Monastir
Manouba
Médenine
Kébili
Tunis
Sousse
Mahdia
Etablissement
MJ Tadhamen
MJ Haydra
MJ Foussana
MJ Beni Hassen
MJ Jdeyda
CVC34Hbibya
MJ May
MJ Nouayel
MJ Cité Tahrir
Mj Hammam Sousse
MJ Mahdia
Remarque
Sans avis de fermeture
Sans avis de fermeture
Source direction de la planification et de l’évaluation 2017
34 Centre de camping et de vacances
37





































Page 38
Défis du secteur de la jeunesse
« ... Ces institutions sont complétement obsolètes, et ne s'adressent plus à la
jeunesse avec la langue qu'ils comprennent, en fait, ils ne sont plus sur la même
longueur d'onde... »
Ces propos, véhéments et incisifs, sont formulés par un professionnel de
l’animation socioculturelle souhaitant exhorter ses collègues et tous les acteurs
représentant le secteur à agir d’urgence pour « sauver le navire » et restituer à
l’animation socioculturelle son éclat et sa puissance
35.
Dans ce qui suit, il sera rendu compte de ce diagnostic interne élaboré
essentiellement par le comité de réflexion de Ben Arous
36 après une série de
réunions de concertation et de débats autour de la problématique de l’animation sous
ses différentes optiques. Il sera rendu compte, également, de ce que les études des
organismes internationaux relèvent comme défis ou carence.
Les animateurs/trices socio-éducatifs déplorent, en effet, la gestion top-down que
pratique encore l’administration et souhaitent aller plutôt vers une gestion
participative à la fois des cadres de la jeunesse et des bénéficiaires eux-mêmes. Un
des principaux défis à relever consiste à
responsabiliser davantage les
animateurs/trices
en les impliquant activement dans l’élaboration d’une vision
stratégique relative à l’éducation non formelle mais aussi dans la conception des
programmes et des projets qu’ils sont censés réaliser avec les jeunes. La
démotivation et le manque d’initiative chez bon nombre d’animateurs/trices viennent,
en grande partie, de cette exclusion anachronique et arbitraire. Arbitraires et
anachroniques sont également les consignes, les notes administratives, les
circulaires souvent inexpliquées, qui ne font que compliquer une situation déjà
critique de l’animateur/trice. N’ayant pas encore de statut juridique effectif,
les
attributions de l’animateur/trice restent, pour le moins, approximatives, et son
rôle demeure flou
dans les représentations des uns et des autres malgré le décret
gouvernemental n° 2016-152 du 05 novembre 2011 qui, selon certains
animateurs/trices n’a pas eu d’incidence significative sur leur métier.
Les statistiques officielles, bien qu’inférieures à celles de 2010, indiquent que les
M.J dont le nombre n’a pas beaucoup évolué non plus depuis 2010, ont attiré en
2015 plus de 66000 abonnés. Mais étant donné l'absence d'un système de suivi
rigoureux et régulier il est peu probable que ces chiffres reflètent le nombre réel
d’abonnés et ce malgré la chute annoncée des effectifs.
La fréquentation des M.J est plutôt masculine. En 2015, le nombre de filles
fréquentant les M.J, ne représente que la moitié de celui des garçons (23318 filles vs
41176 garçons). Elles sont concentrées dans des activités marquées socialement
telles que les beaux-arts, Partout ailleurs, dans plus d’une dizaine de clubs comme
35 http://kyazidi.blog4ever.com/forum/lanimateur/trice -qui-est-il?
36 http://kyazidi.blog4ever.com/forum/lanimateur/trice -qui-est-il?
38






Page 39
le montre le graphique ci-dessus37mentionné, les filles sont sous représentées. En
fait, l’image des M.J aussi bien dans les représentations des jeunes que dans celle
des parents n’est pas aussi pure qu’on pourrait l’imaginer. Cette image a été ternie
par l’utilisation qui en a été faite pour des activités de propagande sous l’ancien
régime et pour certains parents ces espaces manquant de cadres et de contrôle
constitueraient un risque potentiel notamment aux filles, ce qui explique, en partie,
leur méfiance à y envoyer leurs enfants. Le comité de réflexion de Ben Arous a fait
de l’amélioration de l’image de la M.J une priorité «...Mise en place d'une compagne
d'information pour améliorer l'Image de marque de la MJ ...». Par ailleurs, l’UNICEF,
affirme dans un de ses rapports
38 que « ...les enfants adolescents et jeunes
notamment les filles n’ont pas suffisamment accès aux activités récréatives de sports
et de loisirs.... » P. 103. Même la carte jeune
39, ayant fait l’objet d’une grande
campagne d’information, est restée lettre morte
40. La carte jeune a du mal à être à la
hauteur des attentes et a occasionné bien des déceptions selon les témoignages
d’un professionnel de l’animation.
D’autre part, la formation des animateurs/trices semble constituer un défi
majeur
compte tenu de la fracture réelle entre la formation académique basée
presque entièrement sur des savoirs savants et la prestation sur le terrain. Sur le
terrain, certains jeunes animateurs/trices, n’ayant pas eu de formation spécifique,
jouent aux « profs » s’enfermant dans le système académique, un système élitiste
qui ne reconnaît pas les capacités personnelles, la valeur de l’autonomie, de
l’engagement citoyen et ce au grand dam des jeunes cherchant justement à fuir ce
type de situation. Le titre « prof » donné aux animateurs/trices ne fait qu’embuer une
situation déjà confuse.
Cette velléité de comparer l’animateur/trice socio-éducatif au professeur de
l’enseignement secondaire est à l’origine de dysfonctionnements préjudiciables à
l’animation. En effet, se voir doté d’un emploi du temps fixe et rigide à raison de 18
heures d’animation par semaine, tout comme leurs homologues enseignants, ne
semble ni réaliste ni pratique. Les M.J ferment leurs portes à 18h au moment même
où les jeunes quittent leurs écoles. La règlementation en vigueur ne prend pas en
compte les contraintes spatio-temporelles des activités. Un directeur d’un complexe
de jeunesse évoquant ce point, m’affirme que «
Le formel établi (réglementation) ne
fonctionne pas avec l’informel requis
(le temps libre des jeunes)41 ». C’est aux
risques et périls de l’animateur/trice d’oser programmer une séance en dehors de
son temps « officiel » notamment le soir.
37 Répartition des abonnés aux M.J selon le genre et l’activité
38 Analyse de la situation de l’enfance en Tunisie 2012. UNICEF.
39 Les avantages qui seront garantis par la carte jeune (sept 2016) touchent à tous les services : La santé, les
transports, la télécommunication, la culture... Grâce à la "carte jeune", des services seront complètement gratuits.
40 Témoignage de jeune : https://www.tunisia-sat.com/forums/threads/3474148/
41 Complexe de jeunesse de Nabeul.
39






Page 40
Le recrutement exclusif des ressortissants, de l’ISAJC 42 homologués aux
enseignants, n’a fait que corroborer cette tendance.
N’ayant plus d’engagement et fatigués de faire des « sacrifices gratuits »,
certains animateurs/trices « ont jeté l’éponge », se réclamant partisans du moindre
effort. Les conséquences se sont vite fait sentir : les jeunes désertent de plus en plus
ces espaces et manquent d’intérêt envers l’engagement dans ces structures.
L’éducation formelle reste la norme et la référence de l’approche du
gouvernement tunisien en direction de la jeunesse. Les représentations sociales et
les stéréotypes construits de longue date, autour du concept de l’éducation ont limité
le nombre d’organismes indépendants en mesure d’offrir une nouvelle alternative non
moins prometteuse :
l’éducation non formelle vivement sollicitée par les jeunes en
vue de développer leurs compétences transversales essentielles à leur insertion
professionnelle. «
Même si
l’éducation non-formelle n’est pas officiellement
reconnue, elle joue un rôle essentiel
dans la société et pallie souvent aux manques
du secteur formel.» c’est ce qu’affirme l’étude sur les politiques/ jeunesse des pays
partenaires méditerranéens
43.
Enfin, on ne saurait parler des défis des M.J sans évoquer l’infrastructure de ces
établissements assez anciens et dont les espaces exigus et souvent mal entretenus
ne répondent plus aux besoins des jeunes. Le manque de matériels fiables,
modernes et attractifs ne saurait motiver des jeunes férus d’internet, ouverts d’esprit
et pleins d’ambitions et de rêves.
« En fait les jeunes éprouvent une envie à être
membre actif dans la société, ils veulent participer à faire changer les choses, ils se
sentent responsables envers leur pays et se considèrent devant le devoir de
contribuer à la mise en place d’une démocratie en Tunisie
». 44 Cette hésitation et ce
manque de vision relève-t-il d’une quelconque fatalité ? Habib Khadraoui, enseignant
à l’ISAJC, trouve pour sa part, non sans optimisme d’ailleurs, que : « Quelles que
soient les explications données aux crises de l’animation socioculturelle en Tunisie,
on ne peut les concevoir que comme des moments historiques de repositionnement
et de configuration identitaire du secteur
45... ».
42 Il est à noter que l’ISAJC est sous la tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Le ministère des affaires de la jeunesse et des sports souhaite une cotutelle à l’instar d’ISCE.
43 Etude sur les politiques/ jeunesse des pays partenaires méditerranéens. Sylvie FLORIS. P.20
44 L’engagement associatif des jeunes Tunisiens dans un contexte socio-politique en mutation. Représentations et
motivations. Mohamed HDIDER 2015
45 Les rapports des acteurs de l’animation socioculturelle avec leur nouvel environnement social en Tunisie
Dr. Khadhraoui Mohamed Habib
40











Page 41
3- Structures du ministère des affaires culturelles
« ... la culture est un antidote à la violence, car elle nous
invite à la compréhension d'autrui et féconde la tolérance,
en nous incitant à partir à la rencontre d'autres imaginaires
et d'autres cultures
... »
Renaud Donnedieu De Vabres, Homme d’Etat 1954
On ne peut pas parler de révolution en Tunisie sans parler de culture et de
décentralisation culturelle, parce que la marginalisation qui s’est faite pendant les
deux dernières décennies n’était pas que sociale et économique mais elle était aussi
et surtout culturelle. Paradoxalement le secteur culturel ‘’bat encore de l’aile’’, et
peine à avoir une vision claire et des moyens solides lui permettant d’atteindre les
objectifs escomptés.
Dans l’un de ses rapports 46 , le ministère des affaires culturelles avoue le
manque et l’éparpillement d’une information claire actualisée et précise relative au
secteur culturel. La pluralité des services et l’interférence de diverses structures
relevant de différents ministères ayant pour charge la culture ne font que confondre
les rôles et fusionner les attributions ne serait-ce que dans les représentations
sociales, d’autant plus que le ministère des affaires culturelles cumulait à une époque
relativement récente le culturel, les loisirs et la jeunesse
47.
Destinées à un public beaucoup plus large que celui des M.J, les MC sont
ouvertes à toute personne qui s’intéresse à la culture quel que soit son âge ou son
niveau d’instruction.
Les principales attributions du ministère des affaires culturelles et du patrimoine
(volet culture) consistent à :
Préparer et mettre en œuvre les plans et les programmes visant à enrichir le contenu
de l’action culturelle et à développer ses expressions de manière à l’adapter à
l’évolution de la vie culturelle.
Préparer et mettre en œuvre les programmes et les projets visant à généraliser la
culture numérique...
De concevoir et de mettre en œuvre les programmes et les projets visant à la
préservation de l’identité nationale et au raffermissement de la culture de dialogue et
de concorde entre les civilisations...
Veiller à l’encouragement des créateurs et à l’intensification de la participation à la vie
culturelle des différentes catégories sociales et tranches d’âges.
Les maisons de la culture au vue des attributions ci-dessus indiquées, ne ciblent pas
particulièrement les jeunes comme c’est le cas du M.J. Les chiffres avancés dans les
tableaux statistiques ne semblent pas refléter, dans leur globalité, l’état des lieux faute
d’un suivi fiable et régulier d’autant plus que le corps d’inspection pédagogique que
connaissent les MJ est totalement inexistant.
46 Rapport annuel du Ministère de la culture ; p : 8
47 Ministère de la culture, de la jeunesse et des loisirs.
41








Page 42
Nombre de maisons de culture par gouvernorat48
Ariana : 2
Tunis : 26
Nabeul :9
incendiées
Zaghouan : 5
Sousse : 9
Monastir : 15
Mahdia : 14
Sfax : 14
Gabes : 9
Médenine : 8
Bizerte : 10
Manouba : 4
Ben Arous : 7et 2
fermées
Jendouba : 7
Beja : 9
Kef : 10
Siliana :8
Kairouan : 9
Kasserine : 12
Sidi Bouzid : 7
Gafsa : 7
Tozeur : 5
2fermées
Kébili : 4
Tataouine : 6
Total des MC = 222 en 2016
FIGURE 23
48http://www.openculture.gov.tn/fr/page_donnees/page_par-r%C3%A9gion/item/182-evolution-du-nombre-
des-maisons-de-la-culture
42
































Page 43
Le taux de couverture par le réseau des MC des différentes délégations du pays,
a atteint en 2013 les 70% à la suite de nouvelles créations : MC Jerba Ajim, le
complexe culturel de Siliana. Ce taux a certainement dépassé les 73% avec de
nouvelles réalisations comme, à titre d’exemple, la MC de Matmata Aljedida, et celle
de Menzel Lahbib et de Jedayda. En 2013 le taux de couverture des complexes
culturels était insuffisant, on comptait 13 complexes ; des régions comme Manouba,
Tataouine, Kébili, Tozeur, Sidi Bouzid n’en étaient pas pourvu.
EVOLUTION DU NOMBRE DES MC
DE 2011À 2015
5
1
2
6
1
2
2
1
2
1
1
2
8
0
2
2 0 1 1
2 0 1 2
2 0 1 3
2 0 1 4
2 0 1 5
FIGURE 24
Source : Direction des Institutions de l'Action Culturelle
Dans le cadre de l’appui des activités destinées aux enfants le nombre des
maisons de la culture a atteint 210 MC réparties sur186 délégations, avec un taux de
couverture frisant les 70% au cours de l’année 2015. D’autre part, le secteur privé fut
encouragé à jouer pleinement son rôle dans le domaine de l’animation à travers la
création de centres culturels privés. Un intérêt particulier, aussi bien sur le plan
quantitatif que qualitatif, a été orienté vers la culture enfantine. Nous signalons, à ce
propos que le nombre d’activités dédiées aux enfants, dans les institutions du travail
culturel, pour l’année 2015, a atteint 7700 activités qui ont ciblé 888727 enfants. Le
nombre d’activités a baissé de 11% par rapport à celui de 2010 mais paradoxalement
le nombre de bénéficiaires a augmenté de 4.8 %.
Voir le graphique ci-dessous précisant l’évolution du nombre des MC et les
effectifs des bénéficiaires.
43









Page 44
Evolution du nombre d'activités et des bénéficiaires de
l'action culturelle 2015
8655
848279
840283
8391
887739
881764
888727
657864
7949
8800
8600
8400
8200
8000
7800
7727
7675
7700
7600
7400
7200
7000
1000000
900000
800000
700000
600000
500000
400000
300000
200000
100000
0
2010
2011
2012
2013
2014
2015
Nombre de
bénéficiaires
Nombre
d'activités
FIGURE 25
Source : Direction des Institutions de l'action culturelle
Les clubs les plus nombreux qui semblent attirer plus de bénéficiaires sont les arts
plastiques et le théâtre. En effet, 474 engrangeant plus de 8300 bénéficiaires. Le cinéma
et l’expression corporelle connaissent le nombre le plus réduit de clubs et un effectif total
de 2661.
44








Page 45
Nombre des clubs culturels et effectif des bénéficiaires
269
4838
205
184
3504
3844
110
1733
1338
1323
77
80
2182 1499
122
102
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
300
250
200
150
100
50
0
Nombre des clubs
Nombre de bénéficiaires
FIGURE 26
Source : Direction des institutions de l’action culturelle
Selon les sources du Ministère des affaires culturelles, les clubs culturels sont
présents dans tous les gouvernorats et leur nombre par région est proportionnel à
la densité démographique. Tunis, la capitale compte 129 clubs dont bénéficient
2127 adhérents. Sfax, Bizerte, Sousse et Monastir sont relativement bien dotées en
clubs 296 en contraste avec des régions comme Ariana, Kébili ou Tozeur dont le
nombre cumulé des clubs ne dépasse pas la soixantaine.
45







Page 46
Répartition des clubs culturels et des bénéficiaires par
gouvernorat
clubs
bénéficiaires
140
120
100
80
60
40
20
0
2127
970
689
392
1845
941
988
928
410
464
743
562
464
2500
2000
1500
1000
784
671
589
807
552
591
500
1354
1421
1006
688
275
0
FIGURE 27
Source : Direction des institutions de l’action culturelle
129 15 54 27 82 53 17 63 63 56 88 31 22 34 37 53 19 57 28 59 52 38 41 31
Toutes les MC sont équipées en matériels informatiques depuis 2012.
Depuis 2015 elles sont toutes connectées à Internet, mais la connexion est souvent
coupée ou défectueuse. Les salles de spectacles réservées aux grandes
manifestations culturelles (cinéma, théâtre, conférences...) d’une capacité d’accueil
de l’ordre de 300 sièges en moyenne, sont presque généralisées à toutes les MC
Données générales sur les Maisons de culture
Année
Indicateurs
Nombre de Maisons de Culture
Nombre de salles de spectacles
Nombre d'inscrits dans les clubs
spécialisés
Nombre de MC équipées en matériel
informatique
Nombre de MC reliées à internet
2011
2012
2013
2014
2015
215
197
208
193
211
196
212
197
216
201
16351
17081
20827
20708
20261
215
207
208
208
211
211
212
212
216
216
Pourcentage des MC liées à l’Internet
96%
100%
100%
100%
100%
Source : Direction des Institutions de l'Action Culturelle
8 MC fermées pour des raisons d’aménagement depuis 2012à 2015
46










Page 47
Malgré un contexte social et politique difficile et parfois tendu où l’attention des
citoyens n’était pas particulièrement attirée par la scène culturelle, on n’a pas
remarqué, par rapport à 2010 de chute significative des taux sauf pour 2011
caractérisées par une instabilité sociale et politique et où l’on remarque une légère
baisse de l’effectif des adhérents de l’ordre de : 1,11% qui en 2013 a légèrement
grimpé pour atteindre 20711 c’est-à-dire un taux de l’ordre 1,19%.
E V O LUTI O N DU S E CTE UR CULTURE L
DE 2 0 1 0 À 2 0 1 3
8
7
9
8
2
2
7
3
7
1
3
0
7
5
2
4
1
5
5
1
8
9
7
8
2
3
4
0
0
2
4
5
1
9
2
1
1
7
0
2
2
5
9
4
6
9
3
5
0
1
3
9
1
1
2 0 1 0
2 0 1 1
2 0 1 2
2 0 1 3
Nombre des clubs Nombres des adhérents
Nombre des activités
FIGURE 28
Source : Direction des institutions de l’action culturelle 2013
Il est à noter que les clubs spécialisés relèvent aussi des attributions des MC. En
effet, ces clubs renforcent la culture destinée aux enfants et aux jeunes et contribuent
à découvrir les nouveaux talents dans les divers domaines artistiques et littéraires. En
2015, l’effectif des adhérents a atteint 4892 et les filles étaient surreprésentées avec
un taux de 57,3%. Les arts semblent retenir l’intérêt des jeunes notamment les filles
1987 dont 1185 filles avec un taux de l’ordre de 59,63%.


Page 48
Répartition des adhérents aux clubs culturels selon le genre et
la spécialité pour 2015
Belles lettres
85
78
Théâtre
Musique
317
239
572
360
Danse
175
71
Cinéma
25
168
Beaux arts
802
1185
Culture numérique
429
348
Jeux éducatifs
16
22
0
200
400
600
Filles
FIGURE 29
800
Garçons
1000
1200
1400
Source : Rapport national de la situation de l’enfance en Tunisie (MAFFE, 2015)
48


















Page 49
Défis du secteur de la culture
A vrai dire, le ministère des affaires culturelles, de par ses attributions s’oriente
plutôt vers les grandes manifestations culturelles ; il lui revient de préparer et de mettre
en œuvre les plans et programmes visant à enrichir le contenu de l’action culturelle –
tels que l’organisations de festivals au niveau national et international ou toute autre
activité musicale, dramatique ou cinématographique ouvertes au grand public.
Cela laisse entendre que les jeunes sont impliqués dans les actions culturelles
autant que les autres tranches d’âge. L’ancienne appellation : « ministère des affaires
culturelles, de la jeunesse et des loisirs », l’enchevêtrement des rôles avec les autres
institutions de la jeunesse, la ressemblance des structures créent une certaine
confusion au niveau des représentations sociales des institutions culturelles. En
conséquence, et à l’instar des M.J , les MC gagneraient à redorer leur label et à
relooker leur image ternie par l’utilisation qui en a été faite pour des activités de
propagande sous l’ancien régime.
D’autre part, le statut des animateurs/trices de la culture ne semble pas
concorder ni avec leurs attentes ni avec leur formation.
En effet, contrairement à
leurs homologues des M.J redevables de 18h par semaine, les animateurs/trices des
MC font un travail plutôt administratif de 40h par semaine. Les MC ferment leurs portes
au moment même où commencent les activités culturelles. Encore une fois, le formel
administratif établi ne semble pas composer avec l’informel professionnel requis ... La
règlementation en vigueur ne prend pas en compte les contraintes spatio-temporelles
des activités.
En l’absence d’un système d’évaluation fiable et l’inexistence du corps
d’inspecteurs à même d’assurer le suivi et d’offrir l’encadrement pédagogique
nécessaire, les animateurs/trices culturels finissent par se décourager et se laisser
engloutir par la routine administrative.
Les mécanismes jusque-là utilisés pour établir des contrats avec des
animateurs/trices externes est, selon certains responsables des MC, à revoir. Il
faudrait avoir une stratégie de recrutement prenant en compte la réalité du terrain et
les besoins des bénéficiaires.
D’autre part, il serait important que les conventions signées avec les
institutions notamment celles porteuses d’obligations envers les jeunes mais qui sont
restées sans effets, soient activées. Des projets en commun bien étudiés et
concertés peuvent être envisagés avec le M.E et/ou le MAJC.
49













Page 50
4- L’animation culturelle scolaire (Ministère de l’Education)
« ...Redonner du sens à l'école c'est insuffler une âme à une « vie
scolaire » devenue monotone et insipide. Qui ignore que les milliers de
clubs qui garnissent les tableaux statistiques sont pour la majorité pure
illusion ? Qui ne sait pas que les séances d'animation culturelle dans les
écoles primaires sont synonymes d'heures creuses ?... »
49
On n’a pas besoin de preuve pour affirmer que l’éducation nationale, de tout
temps, engrange le plus grand nombre de jeunes sans commune mesure avec toutes
les autres institutions de la jeunesse confondues. En effet, comme l’indique le
graphique ci-dessous, ce nombre frise les deux millions d’élèves, garçons et filles,
dans l’enseignement de base et l’enseignement secondaire. Cela accentue la
responsabilité de ce ministère non seulement de fournir les outils nécessaires d’un
l’enseignement de qualité mais aussi de les encadrer et de leur offrir un environnement
scolaire motivant.
Statistiques globales des élèves dans
l’enseignement de base et l’enseignement
secondaire selon le genre
1995095
984179
1010916
2000000
1800000
1600000
1400000
1200000
1000000
800000
600000
400000
200000
0
Garçons
Filles
Total
FIGURE 30
Source : Ministère de l’éducation 2017
Une des missions de l’éducation, comme le stipule la loi d’orientation de Juillet
2002, est d’avoir pour but de « ... développer le sens civique des jeunes, de les
éduquer aux valeurs de citoyenneté, d’affermir en eux la conscience du caractère
indissociable de la liberté et de la responsabilité, de les préparer à prendre part à la
49 http://ligue-internationale.laligue.org/actualites2/actualites-des-membres-2/5-l-ecole-tunisienne-a-mal-a-son-
systeme-scolaire-hamida-chaouch
50












Page 51
consolidation des assises d’une société solidaire fondée sur la justice, l’équité, l’égalité
des citoyens en droits et en devoirs
... »50.
Le savoir « savant » ne saurait, à lui seul, répondre à ces attentes, c’est pourquoi,
durant ces dernières années, et juste après la révolution de 2011, le ministère de
l’éducation a mis l’accent dans une circulaire sur l’animation culturelle, sociale et
sportive en milieu scolaire
51.
En effet, les activités culturelles 52 jouent un rôle de premier plan dans
l’apprentissage du «vivre ensemble» et dans le développement d’un climat favorable
à l’apprentissage. Ces activités font partie intégrante de l’action éducative dont elles
constituent l’un des éléments essentiels que l’on ne saurait négliger, sous peine de
porter atteinte à la mission même de l’école.
Les axes prioritaires recommandés dans les clubs figurent dans la même
circulaire et en voici la liste exhaustive :














Patrimoine national et mondial
Culture olympique
Education à la circulation routière et les 1er secours
Presse et Information scolaires
Théâtre et expression corporelle
Musique
Cinéma
Arts plastiques
Jeux éducatifs
Correspondances et jumelage
Excursions et visites des sites culturels
Astronomie
Environnement et énergie
Informatique et internet.
La direction centrale de la vie scolaire semble convaincue que le développement
équilibré et harmonieux de l’enfant dépend de la complémentarité entre son
développement intellectuel et son épanouissement affectif et qu’il faudrait lui inculquer,
dans la pratique quotidienne, les règles du «vivre ensemble». Il a été demandé, en
conséquence, aux établissements scolaires d’encourager la création des clubs et d’en
informer les services régionaux concernés. Faute de suivi rigoureux, les chiffres
communiqués ne concordaient pas avec la réalité et les centaines voire les milliers de
clubs n’étaient en fait qu’un trompe-l’œil de sorte que ces chiffres ne sont plus publiés
ou même partagés et les statistiques du ministère les ‘’zappent’’ dans tous leurs
rapports.
En conséquence, le nombre exagéré des clubs ne signifie pas leur fréquentation
par les élèves qui sont rarement consultés lors de la création d’un club
53. Le ministre
50 Loi d’orientation de l’éducation et de l’enseignement. Ministère Juillet 2002. Art. 8
51 Circulaire du Ministre de l’Education. Novembre 2012.
52 Cf. partie annexe Répartition des adhérents selon le type d’activité
53 En Tunisie, les relations avec l’administration et les enseignants arrivent au premier rang des difficultés exprimées
par les adolescents dans leur vie quotidienne. Près du quart des jeunes se plaignent ainsi du manque de dialogue au
sein des établissements scolaires. In : Etre jeune au Maghreb 2013 NATIONS UNIES Commission économique pour
l’Afrique Bureau pour l’Afrique du Nord
51







Page 52
en personne parle dans la circulaire citée dans ce rapport « d’inflation démesurée du
nombre de clubs ne répondant pas forcément aux besoins des bénéficiaires... »
Cependant, quelques-uns fonctionnent correctement mais, la plupart des élèves
inscrits dans les collèges et les lycées, notamment les établissements des zones
défavorisées, n’ont pas accès à ces activités récréatives. Ni le temps scolaire, ni les
distances parcourues chaque jour ne leur permettent ce luxe.
Il y aurait par ailleurs, des établissements qui n’offrent pas à leurs élèves
l’opportunité de bénéficier des clubs ou qui ne les valoriseraient pas afin de les attirer
à ces activités.
Certaines écoles, collèges et lycées ne sont dotés ni de bibliothèques, ni de salle
de lecture et le nombre de livres demeure souvent insuffisant. En outre, les activités
de clubs n’existent pas dans certains établissements en raison de locaux inappropriés,
des emplois de temps chargés ou du manque de personnel. En outre, les élèves et les
enseignants, peu motivés et venant de loin dans les régions défavorisées, ont hâte de
rentrer chez eux après les cours.

Locaux d’équipements collectifs utilisés
Source : Ministère de l’éducation 2017
Ces locaux pourtant comptabilisés, ne sont pas toujours fonctionnels : les salles dites
polyvalentes font office souvent de salle de permanence ou simplement de salle de
classe.
Conscient de tous ces manquements et du dysfonctionnement de la vie scolaire, le
M.E a pris une série de mesures pour assurer plus de crédibilité et d’efficacité à
l’animation socioculturelle, de ces mesures on peut citer :
La bonification de deux heures supplémentaires par semaine (14DT/heure) aux
enseignants qui acceptent d’animer un club au sein de leur établissement.

Cependant aucun suivi rigoureux n’a été assuré et aucune évaluation régulière et
crédible n’a été prise. Faut-il ajouter aussi que les animateurs/trices « tout profs qu’ils
sont » n’ont pas forcément la vocation de l’animation et ils continuent, pour la plupart,
à faire "l’enseignant’’ pendant le temps alloué aux activités du club.
52

























Page 53
Les excursions scolaires recommandées par le M.E : dans le cadre de son projet,
chaque établissement scolaire doit procéder à un calendrier annuel des excursions à
effectuer au profit des élèves. L’objectif consiste à mieux connaitre le pays, le
patrimoine national et les différentes civilisations qui ont marqué la Tunisie.
La création de l’Office des œuvres scolaires 54 dont l’une de ses principales
missions est de garantir la généralisation des activités culturelles, sportives et sociales
auprès des établissements scolaires dans les différents cycles de l’enseignement. Il
lui revient aussi de veiller à offrir et à exploiter les espaces adéquats pour exercer les
différentes activités culturelles, sportives et sociales et ce en coordination avec les
différentes parties intervenantes.
Aussi, sa mission consiste-t-elle à mener des compagnes de sensibilisation pour
les parents et les élèves concernant les avantages de la participation de l’élève aux
activités culturelles, et de concevoir et d’élaborer une stratégie pour inciter le cadre
éducatif à adhérer au système de la vie scolaire.
L’office animé par des responsables motivés et convaincus, a vite pris de l’élan
en créant 9 complexes culturels et sportifs répartis sur plusieurs régions du pays
notamment dans les zones défavorisées ou frontalières dont certains ont déjà
démarré. Il a contribué à l’organisation de plusieurs manifestations culturelles et
sportives nous en citons, à titre illustratif, les trois villages culturels tenus à Nabeul, à
Tabarka et à Gafsa, pendant les vacances d’été 2016.
Un autre exploit de l’office des œuvres scolaires consiste à consolider le réseau
de coopération avec la société civile et les ONG. En effet, l’office a initié, en
collaboration avec une fondation allemande (Friedrich Ebert) l’espace citoyen au profit
des élèves internes. Cet espace donne l’opportunité aux élèves de renforcer leurs
capacités en matière de droits, de devoirs et de compétences transversales.
En outre, plusieurs autres projets associatifs d’envergure ont été réalisés dans
les écoles tunisiennes depuis 2012 notamment avec l’IADH qui a contribué à la
création de clubs de citoyenneté ou le Goethe-Institut qui durant deux années de suite
(2014-2016) a développé dans les lycées la culture du dialogue à travers le programme
« la Jeunesse débat ». La ligue tunisienne de l’éducation, comme bien d’autres
associations membres du PCPA
55 , a également participé à la dynamique de
l’animation de la vie scolaire dans un certain nombre d’établissements en diffusant la
culture du vivre ensemble.
Interrogé sur la possibilité de recourir à des animateurs/trices volontaires
externes dans les activités socioculturelles, le directeur de l’OOS trouve l’idée
intéressante tout à fait pertinente surtout si ces interventions s’inscrivent dans des
projets culturels concertés avec les parties concernées. Il a affirmé que si l’on voulait
s’émanciper en matière d’animation socioculturelle, il fallait présenter la meilleure
alternative à une vie scolaire monotone et apathique et oser rompre avec des
méthodes archaïques qui avaient montré leurs limites
56 , se tourner délibérément vers
de nouvelles ressources et essayer de nouvelles pistes.
54 Décret gouvernemental n° 2016-664 du 25 mai 2016, portant création de l’office des œuvres scolaires et fixant son
organisation administrative et financière et les modalités de son fonctionnement.
55 Le programme concerté pluri-acteurs « Soyons Actifs/Actives » (PCPA Tunisie). Ce programme réunit aujourd’hui
plus de 50 organisations de la société civile tunisienne et française et a pour ambition la réduction des inégalités et
l’accès aux droits des populations tunisiennes dans les domaines de l’éducation, de l’insertion socioprofessionnelle via
notamment l’économie sociale et solidaire et de la citoyenneté active. Le programme s’est engagé pour une période de
trois années à soutenir des projets innovants issus de la société civile dans les territoires les plus marginalisés et en faveur
des populations les plus vulnérables.
56 Interview enregistrée le 17 Juillet 2017 au CIFFIPE Lac 2.
53







Page 54
Défis du secteur de l’éducation
L’animation socioculturelle et d’une façon plus générale, la vie scolaire demeurent
‘’le parent pauvre’’ du ministère de l’éducation qui a manqué des années durant, une
vision claire et une stratégie concertée et réfléchie à propos de la qualité et la variété
des activités culturelles proposées aux élèves.
Ni le temps scolaire, ni la compétence et la motivation interne de la plupart des
enseignants-animateurs/trices, ni la ferme conviction des parents et des élèves de
l’inutilité de cet aspect ne sont favorables au fonctionnement sain et rentable des clubs
au sein des établissements scolaires.
Le manque de suivi et d’un système d’évaluation rigoureux des activités
socioculturelles représente la pierre d’achoppement face à toute volonté d’améliorer,
d’innover ou de changer.
Dans le but de promouvoir l’animation culturelle en milieu scolaire, d’en enrichir le
contenu et d’en diversifier les formes et les modalités, il est recommandé d’élaborer
un plan d’action s’appuyant sur les principes suivants :
Elargir la sphère de l’exercice des activités culturelles en y faisant participer le
plus grand nombre d’élèves.
Mettre au point des formes variées de partenariat entre les établissements
scolaires et les institutions de la jeunesse.
Faire en sorte que les activités des clubs se déroulent également en dehors de
l’école, grâce à l’institution de formules de partenariat avec les espaces culturels
avoisinants ou avec les structures, organisations et associations à vocation culturelle.
Adopter une approche participative prenant en compte les besoins réels des
élèves et veiller à ce
que les clubs soient animés par des personnes compétentes
capables de motiver les jeunes et de les intéresser. Ces personnes peuvent être
des enseignants ayant une certaine maîtrise de ces sujets et faisant le départ
entre enseigner et animer ou de jeunes animateurs/trices externes intervenant
de façon ponctuelle et autour de projets particuliers.
Assurer le suivi et l’évaluation de façon objective et régulière.
54












Page 55
5- L’animation culturelle universitaire (Office national des œuvres
universitaires)57.
1- Présentation
La devise du département de la vie culturelle et sportive dans les cités
universitaires de l’ONOU est éloquente :
« Découverte de soi, développement des talents, libération des énergies ».
L’office national des œuvres anniversaires s’applique, en effet, à faire des cités
universitaires un espace convivial du vivre ensemble où règnent les valeurs citoyennes
du respect de l’autre, de la tolérance, de la liberté et de la créativité
. L’étudiant est
appelé à cette étape de sa vie à composer avec d’autres personnes et à partager avec
elles des activités artistiques, culturelles et sportives diverses. C’est pour cela, qu’au
début de chaque année universitaire, et avant toute programmation, les services
concernés de l’ONOU, effectuent un sondage des centres d’intérêt des étudiants par le
biais d’un questionnaire dont les résultats détermineront le nombre et la nature des
activités à envisager.
Les clubs sont animés par des professionnels spécialisés dans le domaine culturel
et sportif. Ils sont titulaires de leurs postes mais leur temps de travail est harmonisé
avec le temps libre des étudiants, contrairement à ce qui se passe dans les M.J ou les
MC. Il arrive que des animateurs/trices contractuels (privés ou publics) soient engagés
par l’office. Dans ce cas, ils sont payés à l’heure sur une durée que fixe l’administration
mais généralement, elle est limitée à 6 mois.
Toutefois, les étudiants bénévoles, doués et engagés peuvent animer ou co-animer
des clubs. L’opportunité de coopérer avec les associations et les organisations
nationales et internationales dans le domaine socioculturel et sportif est envisageable
d’autant plus que l’expérience en la matière a donné des résultats probants.
Nous citons ici, le vaste programme initié par l’APEC touchant les trois offices du nord,
du centre et du sud. En effet, l’APEC a réalisé 1979 projections-débats dans 201 foyers
de garçons, de filles et de foyers mixtes dans le Nord, le Centre et le Sud (19
gouvernorats). La moyenne des étudiants ayant participé est estimée à 20 étudiants par
projection/débat. En outre, l’APEC a recruté 60 coordinateurs locaux dans les 19
gouvernorats, chargés de l’organisation des séances. Les projections débats ont été
animées par 40 experts (sociologues, psychologues, avocats, professeurs universitaires
et conseillers d’orientation). Dans chaque séance, il y a projection de documentaires
portants sur les protections des droits humains et en particulier l’égalité d’accès aux droits
selon le genre.
Par ailleurs, et d’après les données du MESRS, dans le budget de l’Etat 2016, le
taux d’adhésion des étudiants aux clubs culturels et sportifs se développe d’une année
à l’autre
58. En effet, ce taux est passé de 39,4% pour 2014, à 55% en 2016 (prévisions)
c’est-à-dire une augmentation de 20 points. Mais paradoxalement,
taux
d’encadrement des étudiants dans les espaces des OOU a connu une baisse continue
le
57 L’Office des œuvres universitaires est une institution publique créée selon la n° 135 pour l’année
1988 et dépend du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

58 Budget de l’Etat 2016. Objectif 3.3 Développement des activités culturelles et sportives.. P11
55







Page 56
sur les trois dernières années. On a enregistré 76% en 2014, 65% en 2015 et en 2016
on prévoit une baisse du taux d’encadrement de l’ordre de 5%.(prévisions).
Le tableau suivant présente les centres universitaires de l’animation du nord, du
centre et du sud.
Liste et coordonnées des centres universitaires de l’animation
socioculturelle et sportive
59 du Nord
Etablissement
Centre universitaire des arts
dramatiques et des activités
culturelles
Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive Ibn Abi
Dhaiaf, Manouba
Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive Nabeul

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Le Kef

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Béja

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Siliana

Adresse
Téléphone
15, rue Hossein
Bouzayene, Tunis
Campus
universitaire
La Manouba 2010
Route de Tunis
Km1.5 Nabeul 8000
Campus
universitaire
Jendouba
Foyer universitaire
Jugurtha, Le Kef
Rue, Maabed ibn
Abbas, 9000
Béja
Foyer universitaire
Zama, Siliana
71337332
71602466
72232216
78612255
78238028
78440908
78874655
Liste des centres de l’animation culturelle et sportive du Centre
Etablissement
Centre universitaire de l’animation
socioculturelle. Monastir

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Sousse

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Kairouan

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Mahdia
Centre universitaire de l’animation
socioculturelle Sidi Bouzid

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle
Kasserine.

Adresse
Téléphone
Av. H. Bourguiba
5000. Monastir

Av. H. Bourguiba
5000. Sousse

Rakkada
Kairouan 3100
Sidi Messaoud,
Hiboune 5111
Mahdia
73461355
73227782
77323384
73690535
Sidi Bouzid
En cours
Kasserine
En cours
59 Arrêté du Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du 16 Octobre 2012, concernant
le classement des institutions de services universitaires ralliés aux offices des œuvres universitaires pour le nord, le
centre et le sud.
56











Page 57
Liste des centres de l’animation culturelle et sportive du Sud
Etablissement
Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Sfax

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Gabes

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive. Gafsa

Centre universitaire de l’animation
socioculturelle et sportive.
Médenine.

Adresse
Route de
l’aéroport, km 0,5
Sfax
Téléphone
74 245724
Gabes
Gafsa
Médenine
Les centres culturels organisent des festivals annuels et des manifestations
régionales, nationales et internationales dans lesquelles sont présentées des
productions d'étudiants réalisées dans différents domaines de l’art et de la culture.
Clubs culturels généralement actifs :
Musique, théâtre, arts plastiques, cinéma, vidéo et
photographie, dessin, jeux intellectuels, poésie,
entreprise, bénévolat, culture du développement
humain, céramique, environnemental
...
Clubs sportifs :
Football, handball, tir à l'arc, aérobic, karaté,
athlétisme...
Défis
Le manque d’un système fiable de suivi et d’évaluation des activités socioculturelles
et sportives, laisse croire que les chiffres avancés sont arbitraires et gonflés. Il est peu
réaliste qu’un étudiant sur deux (55%) soit réellement impliqué dans les activités
culturelles ou sportives.
L’inégalité d’accès à la culture et aux loisirs concerne aussi bien les étudiants du centre
et du sud, où les opportunités des manifestations culturelles sont de moindre
importance que dans le nord.
L’absence d’une stratégie de communication systématique, variée et efficiente vers
les différentes cibles dont principalement les étudiants, accentue la désaffectation des
centres de loisirs.
57














Page 58
V. L’état des lieux de la recherche scientifique en
matière d’animation socioculturelle60
Nous ne prétendons nullement, dans le bref aperçu qui suivra, circonscrire le
champ de la recherche scientifique en matière d’animation socioculturelle. Nous
essayerons d’en donner une idée globale et de fournir une appréciation sommaire de
l’état de la recherche en animation. Pour cela, nous nous sommes référé à deux
sources objectives et fiables à savoir les encadrants de projets universitaires et les
travaux présentés essentiellement entre 2015 et 2017 à l’ISAJC.
1. Spécificités de la recherche en Tunisie
De nos entretiens avec les enseignants, nous avons pu dégager des remarques
d’ordre général qu’on peut synthétiser dans les points suivants :
Les recherches sur l'animation ont pour caractéristiques d'être
relativement récentes et relativement rares comparées aux
recherches dans les autres champs des sciences humaines
(sociologie, psychologie).
Elles sont
inégales et de niveau scientifique hétérogène.
Certaines recherches empiriques sont de grande rigueur, mais de
nombreux essais et études relèvent plutôt de comptes rendus, de
points de vue ou d’opinions personnelles.
Elles sont dispersées dans de nombreux lieux : (l’ISAJC, les
spécialisées,
organismes
mouvements et organisations d'animation...)
bibliothèques
recherches,
de
Les enseignants universitaires dont les spécialités ne sont pas
toujours en étroite relation avec les problématiques de la
jeunesse, orientent leurs étudiants vers des sujets de recherche
loin des préoccupations ni du secteur ni de la jeunesse.
Quelle que soit la nature de la recherche, quelle que soit sa valeur,
l’impact sur le terrain est très réduit, voire inexistant. Cela
représente une caractéristique générale de
recherche
scientifique en Tunisie, notamment dans les sciences humaines
où les ponts sont coupés entre la pratique professionnelle et les
investigations académiques.
la
N’étant pas un secteur scientifique autonome, le champ de
l’animation socioculturelle se trouve relié presqu’organiquement à
la sociologie et ce sont les sociologues qui proposent ou valident
les grandes orientations de la recherche scientifique en matière
d’animation socioculturelle. Les
recherches actuelles sur
l'animation nous semblent par ailleurs, relever en général
d'approches sociologiques et il y a encore beaucoup à faire pour
arriver à une véritable sociologie de l'animation d’après le
témoignage d’un enseignant
61 de l’ISAJC.
60 http://www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_1978_num_44_1_2152#
61 M.L. Khadhraoui PhD. ISAJC
58







Page 59
2. Publications et Mémoires (PFE, mastères et doctorats)
Dresser un inventaire exhaustif des recherches élaborées depuis au moins 2011 aurait
certainement donné une idée précise sur les tendances et les choix des problématiques, mais
cela ferait l’objet d’une étude spécifique à part. Ce rapport, qu’on ne nous en tienne pas
rigueur, ne saurait contenir toutes les précisions et tous les détails. Notre objectif est de
présenter un aperçu global de l’état de la recherche en animation.
Voici dans le tableau ci-dessous, un échantillon des publications parues entre 2004 et 2008,
et des mémoires (PFE, mastère, doctorats) présentés en 2016.
L’état des lieux de la recherche scientifique
PUBLICATION

Auteur
Titre
Publication
Description
matérielle

1
Boubaker Ouni
, Sondes
2
Ben Moallem ,
Hela
3
Mechlaoui ,
Awatef
4
Souissi Farhat
, Hanen
Etude de la culture des risques
par les organismes
génétiquement modifiés chez
le jeune et les
animateurs/trices de la
jeunesse / Sondes Boubaker
Ouni ; Hanem Mekni
Le Virtuel et La
Communication
iconographique : vers une
esthétique postmoderne / Héla
Ben Moallem ; Abdelaziz Labib
La Culture scientifique de
universitaires tunisiens vis-à-
vis du clonage reproductif et
du clonage thérapeutique et
leurs attitudes d'éthique /
Awatef Mechlaoui ; Hanem
Makni
Les Connaissances et les
attitudes des jeunes vis-à -vis
des méfaits du tabac :
conception d'un didacticiel de
sensibilisation / Hanen Souissi
Farhat ; Hanem Makni
5
Selmi , Najla
Les Emotions de L'image
Télévisée / Najla Selmi ;
Abdelaziz Labib
6 Melki , Badi
Impact des nouvelles
technologies de l'information et
de la communication sur les
activités de loisirs des jeunes
Tunisiens / Badi Melki ;
Mohamed Taher Berriri
Bir El Bey : Institut
Supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2004
Bir El Bey : Institut
Supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2005
Bir El Bey : Institut
Supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2006
Bir El Bey : Institut
Supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2006
Bir El Bey : Institut
supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2007
Bir El Bey : Institut
supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2007
172p.
142p
142p
113p
126 p
257p.
59






Page 60
7
Kortas Elkouki
Sana
Publicité et esthétique de la
séduction chez Roland
Barthes / Sana Kortas Elkouki ;
Abdelaziz Labib
Bir El Bey : Institut
Supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2008
Bousetta,
Mohamed
Temani ,
Wissal
La Diversité culturelle dans La
société de l'information /
Wissal Temani ; Mohamed
Taher Berriri
Mohamed
Boussetta ;
Hanem Makni
Rôle de l'éducation sexuelle
des jeunes sur leur santé :
conception et utilisation d'un
didacticiel de sensibilisation /
Bir El Bey : Institut
Supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2008
Bir El Bey : Institut
Supérieur de
l'Animation pour la
Jeunesse et la
Culture, 2008
150 p
120p
185 p
Etudiant(e)
Takoua
lamouchi
Khoud Amami
Khaled
M’Hamdi
Fatma Ayadi
Rania Athimni
PFE
Titre
Le sport et son rapport avec
l’intégration des enfants à
besoins spécifiques.
Le rôle du sport d’élite dans
l’intégration et la réhabilitation
des jeunes à besoins
spécifiques
La technologie de l’information
et son impact sur les jeunes :
Internet comme modèle.

L’influence de la publicité sur
le comportement de
consommation chez l’enfant.
Le conte populaire : étude
empirique : La ville d’Ain
Draham comme modèle.
Encadrant
Année
Encadrant : Fethi
Sayari
2016
Adel Ben Hassine
EUDIANT(E)
TITRE
ENCADRANT
Année
MASTERES
Rafika Sekri
Aida
Hamdoune
L’effet de l’environnement sur
le changement d’humeur des
jeunes tunisiens. Etudes
comparative entre le jeune du
Nord et le jeune du Sud.
De la culture et la société.
Approche analytique/critique
de la médiation artistique.
Mme Hanen Mekni
2016-2017
Lakhdhar Soltani
60




































Page 61
Samah Hamdi
Oussama
Fateh
Etudiant(e)
Mohamed
Hedider
Rim Krioui
Intissar Ali
L’information en Tunisie : de la
dictature de l’ancien régime au
giron du régime actuel. Le
bulletin d’information comme
exemple
Le patrimoine culturel du Kef :
la chanson populaire comme
modèle.
DOCTORATS
Titre
Jeunes tunisiens et
engagement associatif dans
un contexte socioculturel en
mutation
Le jeu à l’ère numérique.
Approche culturelle et
cognitive du contenu des jeux
Les jeunes tunisiens et la
participation sociale : Etude de
la relation des jeunes avec le
volontariat et le travail
associatif
3. Témoignages
Adel Ben Hassine
Encadrant(e)
Année
Aicha Teyab
2015-2016
Mongi Zidi
Un enseignant chercheur à l’ISACJ (Dr. Mohamed Habib62 Khadhraoui)
Interrogé sur l’état des lieux de la recherche scientifique en matière d’animation
socioculturelle, M. Mohamed Habib Khadhraoui, enseignant universitaire et chef du
département des techniques d’animation à l’ISAJC, nous affirme que l’animation
socioculturelle ne s’est pas encore rehaussée au rang d’une préoccupation nationale
impliquant les intervenants actifs de cette spécialité. Il ajoute que ce retard est dû à
plusieurs facteurs, dont le plus important est la précarité du produit final et l’impact direct
de l’animation sur l’environnement humain et matériel. « En effet, précise-t-il, nous ne
pouvons nier que dans l’histoire de la spécialité une infrastructure conséquente a été initiée
(établissements, espaces et équipements), des ressources humaines compétentes ont été
mobilisées (Animateurs/trices, directeurs d’institutions socioculturelles) et des activités
aussi diverses que variées ont été développées, constituant ainsi, un terrain favorable à
des pratiques socioculturelles, pour le moins correctes... ». Mais « ...malgré ces ‘exploits’,
ajoute -t- il, nous ne pouvons pas nier non plus, qu’aujourd’hui, un sentiment de malaise
gagne de jour en jour les professionnels sous le poids d’une crise minant de l’intérieur le
métier et les institutions de la jeunesse, dans un contexte sociopolitique capricieux et
versatile. »
63
62 M. Mohamed Habib Khadhraoui, directeur du département des techniques d’animation au sein
de l’ISAJC. Université de Tunis.
63 « L’institut supérieur de l’animation pour la jeunesse et la culture (ISAJC) n’était pas loin des critiques, il
était attaqué par les professionnels du métier comme par les instances administratives et associatives
concernant l’écart entre la pratique et la théorie. Ces critiques ne vont pas dans un seul sens et finissent par
se transformer en dialogue de sourds, malgré la participation des représentants des différentes instances du
métier de l’animation comme membres au sein du conseil scientifique de l’ISAJC. » Les rapports des acteurs
de l’animation socioculturelle avec leur nouvel environnement social en Tunisie. M.H. Khadraoui.
61
















Page 62
Pour M. Khadhraoui, il est évident que la formation de base des étudiants et tout ce
qu’elle comporte en matière d’apprentissages fondamentaux, constitue un des leviers
essentiels pour appréhender la réalité de l’animation socioculturelle en Tunisie. Il précise
que cette formation constitue la spécificité et le label de l’ISAJC depuis 1996 juste après
son intégration à l’ISAC.
D’autre part, il ajoute, qu’on ne saurait, par souci d’objectivité, occulter d’autres
éléments dont l’impact sur le rendement du secteur socioculturel, est déterminant. De ces
éléments, il relève les stages professionnels avant le recrutement, mais aussi la formation
continue du personnel actif sur le terrain, sachant que l’attente au chômage du
ressortissant de l’ISAJC est d’une moyenne de 5 ans. Ce moratoire a un effet néfaste sur
la prestation de l’animateur/trice quelle que soit le niveau et la qualité de la formation dont
il a bénéficié durant les trois années d’études universitaires.
Il est à signaler que l’ISAJC, ayant l’exclusivité de la formation académique au
niveau de la licence, du mastère et du doctorat, ce qui lui a valu un statut particulier dans
le monde, n’a pas réellement profité de cette opportunité. En effet, il n’a pas exploité le
réseau de relations et de coopération qui s’est tissé tant sur le plan national
qu’international, dans les programmes des études, des stages ou de la formation continue.
Faut-il rappeler que les institutions de l’emploi ne se sont pas investies de façon
significative dans l’élaboration des matrices des apprentissages fondamentaux et des
curricula. En effet, jusqu’à présent ; il n’y a pas eu de partenariat effectif capable de
surmonter ce dysfonctionnement.
M. Khadhraoui affirme que l’ISAJC ne tenant pas compte de cette spécificité,
continue à fonctionner de manière classique et à gérer le quotidien loin de la logique de
l’offre et de la demande et tout en étant coupé de son environnement social et
culturel... « Les actions et les démarches formelles qui ont été prises, restent loin de nos
attentes... », précise-t-il.
L’isolement des enseignants chercheurs du réseau professionnel des instances de
décision et le fait de ne pas avoir un référentiel national de compétences du métier de
l’animateur/trice, ne font que renforcer cette fuite en avant et couper les ponts entre la
recherche scientifique et la réalité du terrain.
La réalité de la recherche scientifique ne semble pas rassurante. L’étudiant choisit
son sujet selon les matières enseignées et selon la spécialité de l’encadrant (psychologie,
sociologie, communication, théâtre, arts plastiques, patrimoine, environnement, et même
biologie...). Les recherches sont plus orientées par le domaine de spécialité de l’encadrant
que par les besoins réels du terrain.
La recherche scientifique en animation, sans un référentiel national de
compétences, sans une identification des besoins du terrain et en dehors de
l’environnement sociopolitique et culturel, demeure une recherche sans âme, sans impact
et donc sans utilité.
62









Page 63
Un enseignant chercheur de l’ISCE de Carthage Dermech
Dr. Habib Mabrouki
« ...L’Institut Supérieur des Cadres de l’Enfance (ISCE) de Carthage,
unique dans son genre de par sa vocation, a connu divers changements de
statut. En effet de 1980 à 1990 ISCE était un établissement qui accueillait des
élèves de la 6
ème et 7ème année secondaire, (ancien régime) pour les former
pendant deux ans et leur donner un diplôme d’animateur/trice pour enfants
équivalent au grade d’ instituteur.
Ensuite, 1989 l’entrée à l’institut fut réservée aux bacheliers et soumise
aux critères de l’orientation universitaire. L’étudiant ayant passé deux ans
d’études avec succès, a droit à un diplôme d’éducateur de l’enfance équivalent
à celui d’un professeur-adjoint relevant du ministère de l’éducation.
A partir des années 2002, l’étudiant, compte tenu de ses résultats et de
son classement, peut postuler pour une maîtrise (4 ans post baccalauréat) en
éducation de l’enfance.
En 2007 avec l’avènement de LMD (licence, mastère, doctorat), l’étudiant,
au terme de trois ans d’étude avec succès, a droit à une licence appliquée en
accompagnement éducatif de l’enfant ou une licence fondamentale en
éducation de l’enfance...
Ces différents changements ne reflètent point une vision commune et une
planification participative tenant compte de la réalité de l’emploi et des besoins
réels du MAFFE. Souvent les mesures prises émanent de l’administration
actuelle de l’institut qui entretient des rapports plutôt tendus avec le ministère
de tutelle et des divergences notables malgré des concessions « calculées » de
part et d’autre.
Ce contexte malsain a eu un double impact négatif à la fois sur la qualité
de la formation mais aussi sur l’intégration des ressortissants dans le marché
de l’emploi, puisqu’une formation complémentaire de mise à niveau, est
recommandée avant tout recrutement.
Par ailleurs et malgré le score relativement élevé (116,85 en 2017) et le
test psychotechnique préalable mais, hélas ! Caricaturalement formel puisqu’on
admet tout le monde, la situation demeure inchangée. Ce dysfonctionnement
chronique, relevant de la responsabilité de tous, se trouve soutenu par la
création «sur mesure » de deux mastères : appliqué et fondamental, mais sans
aucun rapport avec les problématiques scientifiques de l’enfance et les outputs
de l’Institut...Seuls des intérêts personnels, de certains enseignants externes
sont mis en avant...
Propos recueillis en exclusivité le 21 août 2017
63










Page 64
VI. L’apport
socioculturelle
associatif
en matière
d’animation
Malgré le renforcement actuel du rôle des associations, la plus grande partie du
travail socioculturel auprès des jeunes est réalisé par des structures relevant du
secteur public. Il reste indéniable cependant, que la société civile participe
activement, notamment après la révolution, à jouer un rôle essentiel dans la
construction d’une citoyenneté ouverte et dynamique et dans la transformation des
représentations sociales des jeunes.
Nous ne prétendons pas dans les expériences qui suivent, représenter la
société civile dans sa globalité. Nous essayerons, cependant, de mettre en relief, la
contribution de certaines associations membres du PCPA
64 , qui ont réussi à
meubler des espaces d’animation socioculturelle selon leur spécificité et selon la
sphère de leur intervention. Elles ne sont citées qu’à titre d’illustration puisque
beaucoup d’autres ont eu des expériences similaires et ont significativement
impacté le domaine de l’animation socioculturelle (IADH, APEC...etc.). Les
associations citées observent dans les actions de formation qu’elles envisagent de
réaliser les principes méthodologiques suivants :
1- Avant la formation
Mettre au point le programme de formation, les méthodes d’animation et de
facilitation à mobiliser.
Préciser la méthodologie à adopter et le déroulement des activités.
S’assurer de la fonctionnalité du lieu de la formation et de la disponibilité des
outils didactiques et de leur validité.
2- Au cours de la formation
Faire en sorte que la formation soit une expérience agréable, loin de toute
dérive académique, non seulement pour les participant(e)s mais aussi pour le
formateur.
Valoriser les interventions et les initiatives et faire preuve de souplesse en
réadaptant le contenu en fonction des besoins.
Impliquer des participants dans la formation de façon effective.

Recourir aux méthodes créatives.
Donner une importance particulière à la communication non verbale.
3- Après la formation
Procéder à l’auto-évaluation pour déceler les points forts et les points faibles
à partir du feedback des participants.
S’assurer de la qualité de la séance par le biais des évaluations formelles et
informelles.
Pallier aux insuffisances et renforcer les points forts dans les activités
ultérieures.
64 Cf. p.54
64










Page 65
Expérience 1 : La Ligue Tunisienne de l’Education (LTE)
La ligue Tunisienne de l’Education (LTE) est née en Juillet 2012. Elle fédère, dès sa
création, une douzaine d’associations s’intéressant aux domaines éducatif, culturel et
social.
De ses objectifs :
Promouvoir la situation éducative Coordonner les efforts des associations du même
intérêt.
Renforcer le sens du civisme et de la citoyenneté chez les jeunes. Lutter contre toute
forme de violence et de discrimination.
Développer la culture de l’entrepreneuriat dans le milieu scolaire.

Instaurer un partenariat avec les associations, les organisations et les ligues
conformément aux objectifs de la ligue tunisienne de l’éducation.

Principaux domaines d’intervention : Education, citoyenneté, droits sociaux, sport et
loisirs, recherches.
Les invariants de chaque action de formation ou d’animation
FIGURE 31 LES ETAPES DU DEROULEMENT D'UNE ACTION DE FORMATION65
Exemple d’une action de formation réalisé en 2017
Thème : « Eduquer au vivre ensemble.
Le thème
L’activité
Le bénévolat
Activités de bénévolat dans les établissements
scolaires
« شير ةعامجلا لمح»
Public cible
Nombre de participants
« Le fardeau de la communauté est une plume. »
12 à 17 ans
10 à 15 participants
Durée moyenne de la
séance
50 mn
65 Le schéma est repris du Guide du Formateur en matière
65








Page 66
Objectifs opérationnels
Mots clés
Outils de la formation
Références et
documentation
Supports du guide
Recommandations
supplémentaires
Evaluation de la séance
Définir le concept de bénévolat et montrer son importance
en milieu scolaire.
Fixer un ensemble d’actions de bénévolat réalisables à
l’intérieur de l’école.
Classer les activités proposées selon leur importance et
leur pertinence.
Le bénévolat, la solidarité, les actions sociales, l’initiative,
Feuilles flip-chart, marqueurs, autocollants, fiches en
carton.
Livres, contes, annonces et affiches en rapport avec le
bénévolat et l’action sociale, séquences vidéo
Des activités bénévoles réalisables en milieu scolaire.
Séquence (projet de bibliothèque scolaire) dans le CD
fourni
L’adoption d’une base de travail commun au sein du
groupe au début de la séance
A la fin de la séance, les participants donnent leurs avis
sur le déroulement des activités.
Déroulement de la séance
Energisant :
Le groupe est divisé en deux équipes
concurrentes, chaque équipe forme
un cercle fermé (en se tenant par les mains.)

Le facilitateur intervient et dit :
FIGURE 33 : SCHEMA INITIAL DU GROUPE
« J’ai devant moi deux groupes unis,
il vous est demandé de regarder en dehors
du centre du cercle sans se lâcher les mains
»66
les participants applaudissent le groupe gagnant.
Le facilitateur demande aux participants l’intérêt
que peut représenter ce jeu.
FIGURE 33 : SCHEMA FINAL DU GROUPE
L’activité :
Le facilitateur met l’activité dans son contexte et présente les objectifs généraux .Il
demande aux participants (assis en position U) de se présenter et de s’exprimer sur
les raisons de leur participation. Un participant transcrit toutes les informations sur
une feuille flip-chart.
A partir de la technique du brainstorming, le facilitateur observe les représentations
et les tendances concernant l’importance du bénévolat en milieu scolaire et les
domaines d’intervention.
Le groupe élargi est divisé en trois sous-groupes de cinq participants dont un
rapporteur. Chaque groupe aborde un domaine d’intervention (solidarité sociale,
activité environnementale, organisation de visites, campagnes de sensibilisation….)
et propose deux activités par domaine.
Le rapporteur expose le travail de son groupe, il s’en suit une brève discussion avec
les ajustements nécessaires. A la fin de toutes les présentations, le groupe élargi
66 Solution : L’un des participants passe sous les mains des participants en face, le reste de
l’équipe suit sans se lâcher les mains.
66









Page 67
classe les activités selon leur importance : pertinence des objectifs, faisabilité,
degré d’implication des participants dans l’activité choisie...etc.

Extension de l’activité : Proposition du calendrier de la réalisation de l’activité
retenue et répartition des rôles entre les participants.
Expérience 2 : Les Scouts de Tunisie
Les Scouts tunisiens sont une association du mouvement scout en Tunisie. Elle a été
reconnue d'utilité publique par le décret n°182-77 du 16 février 1977. Leur devise est « sois
prêt ». C'est une organisation de jeunesse volontaire, indépendante et éducative ouverte à
tous.
Le but du Mouvement Scout est de contribuer au développement des enfants, des
adolescents et des jeunes afin de renforcer leurs capacités physiques, mentales, sociales
et spirituelles en tant que citoyens indépendants, responsables et engagés dans le contexte
local, national et international.
La formation des responsables des scouts tunisiens comprend plusieurs étapes dont le
contenu dépend de la politique nationale de développement du leadership et des
ressources humaines qui s'inscrit dans la politique de formation arabe et internationale.
Pour former des leaders de plus de 18 ans, trois étapes de base sont nécessaires :
Formation primaire : Les candidats doivent avoir au moins 18 ans et avoir un
niveau d'éducation supérieur ou égal à la 2
ème Année secondaire. La formation se
fait au niveau régional pour une durée de 48 h. Elle est supervisée par un formateur
des scouts tunisiens. Cette formation est couronnée par une attestation de
formation primaire. Un stage du premier degré, allant de 9 à 12 mois, suit l’étape de
l’enseignement primaire qui est lui-même couronné par l’obtention du certificat de
stage du premier degré.
Sur proposition du président du comité régional de
formation et du
développement du leadership et des ressources humaines et après avoir validé des
deux sessions (primaire et stage), le Chef régional décerne au candidat le certificat
du «
Primaire ».
la
Formation préparatoire : Le candidat doit avoir obtenu l’attestation de formation
primaire et avoir validé le stage du premier degré. La formation se fait au niveau
régional pendant 6 jours et sous la supervision d'un formateur ou un formateur
adjoint des scouts tunisiens. Cette formation s’achève par une attestation de
formation préparatoire. Un stage du second degré, allant de 9 à 12 mois, suit l’étape
de la formation préparatoire. Il est couronné par l’obtention du certificat de stage du
second degré.
formation et du
Sur proposition du Président du comité national de
développement du leadership et des ressources humaines, et après avoir présenté
les deux certificats de la formation préparatoire et du stage du second degré, le
le
la
président du comité national de
certificat
préparatoire.
formation délivre au candidat
la
Formation du « badge en bois » : Le candidat doit avoir obtenu les certificats des
études préparatoires et du stage du second degré. La formation se fait au niveau
67







Page 68
national sur une durée de 6 jours et sous la supervision d'un formateur en scouts
tunisiens. Un stage allant de 12 à 18 mois suit cette période de formation.
Le Président du comité national de la formation et du développement du leadership
et des ressources humaines délivre au candidat le certificat du badge en bois après
présentation d’un dossier comprenant les deux certificats requis de cette étape.

La méthode de scoutisme doit être adoptée à tous les stades de la formation des
dirigeants. La méthode scoute universelle est un système éducatif intégré pour un
ensemble d'éléments qui forment une unité cohérente et interconnectée, ce qui
explique pourquoi le nom de «méthode» est au singulier.
La méthode des scouts peut être définie comme «les moyens utilisés ou les
mesures prises pour atteindre les objectifs». Elle est un système avancé d'auto-
apprentissage accessible grâce à
l’interdépendance d’un certain nombre
d’éléments comme le montre le schéma suivant :
La vie dans
la nature
Apprentissage
par l’action
Soutien
des
adultes
Système de
l’évolution
personnelle
Respect des
promesses et de
la loi
Système
de petits
groupes
Cadre
symbolique
Les traditions
FIGURE 34 LES ELEMENTS INTERDEPENDANTS DE L'AUTO-APPRENTISSAGE
Expérience 3 : Association Victoire de la femme rurale Sidi Bouzid
Association Victoire pour la Femme Rurale qui est fondée en juillet 2012 a pour
mission de favoriser l’autonomisation économique, sociale, culturelle et politique des
femmes rurales du gouvernorat de Sidi Bouzid en Tunisie.
Objectifs :


la promotion et défense des droits des femmes, lutte contre la violence et la
discrimination à l'égard des femmes rurales.
le renforcement de capacités à la participation et l’accès à la prise de décision des
femmes dans la vie familiale et publique locale des femmes rurales.
La promotion de l’éducation dans les zones rurales.
Des activités réalisées : Le projet : « Touiza »
68
















Page 69
Formation des Facilitatrices en matière de droits humains et de techniques
d’animation :
Cette action de formation est destinée à de jeunes diplômées dont la majorité est
en quête d’emploi. L’atelier a un double objectif : Il s’agit, d’une part, de renforcer
les compétences des participantes en communication et de les initier aux
techniques d’animation, mais aussi de les sensibiliser aux droits humains
notamment les droits de l’enfant et le poids des stéréotypes dans les
représentations sociales. Etant parfaitement d’accord sur la conception globale
de la formation et la manière de conduire les ateliers, les facilitateurs ont
délibérément opté pour une co-animation. Pour cela, des séances de travail ont
précédé chaque partie pour concertations et mise en commun aussi bien au
niveau du contenu que des techniques à mobiliser.
Objectifs spécifiques de la formation :
Doter les participantes des informations de base de la communication.
Faire prendre conscience aux participantes de l’importance de la
communication non-verbale à travers simulations et jeux de rôles.
Faire en sorte que les participantes se rendent compte de l’extrême
importance du feedback et son rapport avec la connaissance de soi et des
autres.
Initier les participantes aux techniques d’animation et à la dynamique de
groupes.

Créer une atmosphère positive et conviviale capable de motiver les
participantes, leur donner confiance en elles-mêmes et surmonter, en
conséquence, leur timidité, leur gêne au sein du groupe.
Il s’agit conjointement de rappeler les notions de base des droits de l’Homme et
de l’enfant, et d’expliciter le concept « genre » et son importance dans les
représentations sociales.
Approches pédagogiques adoptées lors de cette formation :
Les deux animateurs ont délibérément opté pour une approche andragogique
participative où toutes les participantes, grâce à une dynamique de groupes, sont
sollicitées de façon continue. Par ailleurs et pour créer une atmosphère positive
et accueillante, garant d’une bonne communication, un exercice énergisant a été
prévu au début de chaque séance. Pour un maximum d’efficacité et une meilleure
compréhension, une traduction simultanée de l’arabe au français et vice versa a
été assurée tout au long de la formation. Voici le plan général du déroulement de
la session de formation :
69











Page 70
Contenu
Présentation des participantes (la toile d’araignée).
Expression des attentes des participantes.
Présentation du programme de la journée.
Charte du travail en commun.
Objectifs : Renforcer la confiance en soi
CONTENU : Dynamique de groupe (points de contact)
1ère
séance
Synthèse collective
Energisant : « je parle plus fort… » Débat
Objectifs :
lire et assimiler les droits humains fondamentaux
Adapter les textes de lois (niveau enfants)
CONTENU :
Présentation du code de la protection de l’enfant : CPE
Convention internationale des droits de l’enfant : CIDE
Déclaration universelle des droits de l’Homme : DUDH
Energisant : La tempête
Objectifs :
Sensibiliser les participantes aux divers stéréotypes de la femme et de l’homme.
Les initier au concept genre (Vs. Sexe)
Contenu :
Les 24h comparées (Homme / Femme)
Travaux de groupes (les 24h)
Evaluation intermédiaire

(Suite)
Evaluation interactive des acquis : jeu de balle : question /Réponse
Suite des travaux de groupes les 24h

Conclusions et focus sur l’approche genre
Court métrage « Amal » : Le poids des représentations sociales
Débat.
Objectifs :
Bousculer stéréotypes et représentations sociales négatives
Améliorer sa prestation verbale et non verbale
Contenu :
Théâtre-images : une femme et un homme/ Place publique/ Dans un ascenseur/
Mari et femme/ Femme faisant des courses
Mur d’images (travaux de groupes) : Choisir, commenter et présenter
Evaluation intermédiaire
2ème
séance
3ème
séance
4ème
séance
5ème
séance
6ème
séance
FIGURE 35 INITIATION DES PARTICIPANTES AUX TECHNIQUES DU DEBAT
70


































Page 71
Expérience 4 : Association Amal pour la Solidarité, le Développement et le
Savoir de Kasserine.
Développementale et culturelle, spécialisée dans les domaines de l’éducation sociale et le
développement intellectuel, l’Association
AMAL pour la solidarité, le Développement et
le savoir à Kasserine
est la première association ayant obtenu une licence d’activité après
la révolution au niveau local. (Février 2011).
Objectifs :
- Contribuer à la promotion du mouvement économique, culturel et social
- Promouvoir la culture de la citoyenneté et la gouvernance ouverte
- Contribuer à la définition de la dimension culturelle de la région de Kasserine
-S’ouvrir sur les autres associations d’intérêt commun autant sur le plan national
qu’international.
Projet : « Vers une école rurale dynamique »
Le projet « Vers une école rurale dynamique » vise la mise en place d’animations
périscolaires auprès des enfants des écoles primaires de la région de Kasserine.
Pour insuffler une nouvelle âme à ces écoles pratiquement oubliées des pouvoirs
publics et dynamiser une « vie » scolaire littéralement inexistante, des activités
d’animations y ont réalisées. Pour ce faire, l’association a sectionné 9 candidats et
candidates pour une formation intensive d’un mois, en France.
Pleins de motivation et bien outillés en techniques d’animation, ces jeunes
animateurs/trices ont rejoint les établissements sélectionnés selon des critères bien
définis et ont démarré les activités d’animation.
L’objectif du projet consiste à créer dans et autour des écoles rurales des accueils
éducatifs périscolaires, gérés par de jeunes animateurs spécialement formés en
animation socio-éducative. Il s’agit, en outre, de faire reconnaitre par les institutions
concernées, le statut d’animateur socio-éducatif volontaire formé par des
associations compétentes.
L’expérience était probante : aussi bien les enfants que les enseignants ont trouvé
que cette initiative a redonné du sens à l’école et a rompu, pour un moment, avec
la routine et la platitude du quotidien.
Voici à titre d’exemple le plan du déroulement d’une séance :
Objectifs de formation pour la séance :
- Acquérir un répertoire varié de jeux basé sur les relations motrices.
- Comprendre les composantes principales constitutives de la notion de
« jeu »
- Repérer le lien entre la pratique du jeu et l’impact sur l’éducation des
jeunes.
- Mettre en place une progression dans les temps de formation pour les
amener à un temps d’échange sur la notion de « jeu ».
- Prendre conscience de l’évolution dans les jeux proposés (allant des jeux
à règles simples vers des jeux plus complexes).
- Adapter le discours et le vocabulaire en fonction du niveau des
participants.
71








Page 72
Le déroulement de la séance :
a. Un premier temps d’échange avec les enfants sur leurs pratiques en matière de
jeux.
b. Mise en pratique de certains jeux proposés et débat sur l’intérêt des jeux testés.
c. Liste des jeux :
Le chat/ Le chat couleur/ Le chat ombre/ Le chat blessé/ Le chat « pêcheur »
ou coupe fil/ Accroche Décroche ou les cruches/ La queue du diable/ Ballon
chasseur/ Les 7 pierres/ Le voleur de pierre...
d. Débat général sur les différentes dimensions du jeu (dimension culturelle et
contexte universel).
e. Evaluation de la séance.
FIGURE 36 DES ANIMATEURS VOLONTAIRES EN ACTION DANS DES ECOLES RURALES DEFAVORISEES
Expérience 5 : Organisation Tunisienne de Défense des Droits des Personnes
Handicapés.
OTDDPH
OTDDPH : L’Organisation Tunisienne de Défense des Droits des Personnes Handicapées
a été créé officiellement le 24 Mars 2012. L'OTDDPH travaille dans le domaine des droits
des personnes handicapées en Tunisie. C’est une organisation indépendante, à but non
lucratif. Elle se compose à la base des personnes ayant divers types de handicaps ou de
déficiences. Son objectif général consiste à modifier le regard porté sur le handicap basé sur
une approche caritative et purement médicale vers une approche d’égalité et de Droits.
Valeurs et principes :
Promouvoir les droits des personnes handicapées en Tunisie.
Lutter contre la discrimination fondée sur le handicap.

Informer et sensibiliser la population et les décideurs sur la situation des personnes
handicapées.
Promouvoir la recherche et la coopération dans le domaine du handicap.
Faciliter l’accès aux services des personnes handicapées sur la base d’une approche
inclusive et d’égalité des chances.
72






















Page 73
Faire du plaidoyer pour que la Tunisie respecte ses engagements vis-à-vis de la convention
internationale relative aux droits des personnes handicapées.
Méthode de formation sur les droits des personnes handicapées
Vu la particularité sociale, sociétale et médicale des personnes handicapées et de la
question du handicap en général, l’OTDDPH au niveau de ses formations sur le
concept du handicap et l’approche droit du handicap vise différents acteurs et
intervenants selon le contexte de la formation et le type d’intervention.
Depuis 2012, l’OTDDPH a formé environ 1400 personnes réparties comme indiqué
dans le graphique ci-dessous :
Représentants des
Autorités; 35; 2%
Acteurs de la Société
Civile; 55; 4%
Autres; 50; 4%
Personnes
Handicapées; 700;
50%
Représentants des
Partis Politiques; 50;
4%
Cadre Administratif
des Ecoles Primaires;
30; 2%
Educateurs
Spécialisés; 170; 12%
Enseignants et
Educateurs (dans les
écoles primaires);
110; 8%
Parents des Personnes
Handicapées; 200; 14%
FIGURE 37 LE PUBLIC CIBLE FORME PAR L'ORGANISATION DEPUIS 2012
Même si les niveaux et les matières sont différentes, la méthodologie et la pédagogie
de formation est la même pour chaque action de formation. Il s’agit d’une méthode
d’animation participative, interactive et dynamique, mettant en valeur les expériences
et/ou les témoignages des participants et soulevant ensuite les connaissances
acquises de ces expériences en rajoutant les informations manquantes, pour passer
enfin à l’action.
La formation commence en général, par l’introduction générale du cadre du thème
concerné et puis la présentation des participants et leurs attentes selon les diverses
techniques de la dynamique des groupes. Puis, on enchaine avec la mise en situation
des obstacles et défis que les personnes en situation de handicap rencontrent dans
leur vie quotidienne selon les différents types de déficience (motrice, physique,
visuelle, auditive, etc.) avec généralement un support audiovisuel et/ou un jeu de rôle.
On répartit les participant(e) en groupes et chacun d’eux se met en situation de
handicap (en fauteuil roulant, un bandeau d’obscurité sur les yeux, du scotch sur la
bouche, etc.), l’idée après est de discuter les différentes épreuves que les
participant(e)s ont rencontrées. En outre, il arrive qu’il y ait parmi les participant(e)s
73







Page 74
des personnes handicapées, dans ce cas, elles essayent des types de handicap
différents des leurs, pour réaliser le poids des épreuves et difficultés rencontrées mais
aussi la spécificité du handicap « simulé ».
Après les jeux de rôle, il revient aux participant(e)s, via la technique du brainstorming,
de définir le concept du handicap par un seul mot sur un carton collé au mur.
Ceci permettra au facilitateur de formuler une définition du handicap suivant le
Processus de Production de Handicap (PPH), Il souligne enfin que la personne n’est
pas handicapée mais porteuse d’une ou plusieurs déficiences dans un environnement
favorable ou hostile à ce que cette personne vive normalement.
. Et une fois les participant(e)s arrivent à saisir le modèle ; et que vivre dans une
société inclusive sur la base de l’égalité et la non-discrimination est un droit,
Le formateur introduit les instruments des droits humains suivant des situations dont
chacune est relative à une Convention relative au droit correspondant y compris la
Convention Relative aux Droits des Personnes Handicapées (CRDPH). Les articles
de la CRDPH seront projetés avec les législations nationales relatives à la promotion
des droits des personnes handicapées.
. La méthode de formation a est basée sur l’approche participative et la concrétisation
des informations et des connaissances pour les rendre compréhensibles et
partageables.
Toutes les actions de formation sont couronnées par une évaluation faite par les
participant(e)s. Elle tient compte des éléments essentiels suivants :
Le degré de réalisation de l’objectif général
La qualité de l’animation
La pertinence des savoirs acquis
La communication dans le groupe
La gestion du temps
La documentation
Les conditions matérielles et logistiques
FIGURE 38 PERSONNES HANDICAPEES EN FORMATION
74








Page 75
VII. Focus sur les pratiques : Mashhed comme modèle.
Dans l’objectif de donner une idée aussi complète que possible de la réalité de
l’animation socioculturelle, nous avons jugé utile de rendre compte d’une séance
assurée par une jeune de l’association Mashhed. Cette jeune animatrice n’est pas
passée par la voie obligée de l’SACJ mais elle a profité d’une formation intensive, en
France,
BAFA67 qui – sans faire d’elle une spécialiste de l’animation socioculturelle-
l’a dotée d’outils pratiques et des compétences minimales requises pour garantir un
déroulement convenable d’une séance d’animation.
Pour assister à cette séance nous nous sommes muni d’une grille d’observation
dont une copie a été donnée à l’animatrice en guise d’auto-évaluation. Au terme de
l’activité, les jeunes ont donné leurs propres appréciations quant au déroulement et la
qualité de la séance dans ses différentes dimensions.
Déroulement de la séance :
L’animatrice
Date et
heure
Le public
cible
Amna Ben Naceur
Le 27/07/2017 de 17h à 19h
Il s’agit d’un groupe de jeunes lycéens et étudiants âgés de 17 à 25
ans. Ce groupe est composé de 8 filles et 7 garçons. Ils sont tous
adhérents aux clubs initiés par Mashhed (cinéma et jeux).
L’espace de
l’animation
Le local actuel de l’association, Gafsa. Exigu mais savamment aménagé
pour animer une quinzaine de jeunes.
Parvenir à évaluer les activités des 2 clubs (Cinéma et jeux) par le
Objectifs
biais des jeux.
Déroulé de
la séance
Relativiser la notion de stéréotypes selon le genre
Présentation des participants
Les participants assis en U. se présentent un à un.

Une ambiance conviviale
Le groupe se scinde en deux sous-groupes (club cinéma et club
Ice breaking : Jeux du ‘’genoux à genoux’’


jeux)
Inversement des rôles : le club cinéma parle au nom du club jeux
et inversement.
Il s’agit de relever d’abord les forces ensuite les faiblesses des
deux clubs. L’animatrice amorce une dynamique motivante et
originale.
Pause
‘’ On dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit ‘’.
Dégel :

Brainstorming autour des stéréotypes garçons vs filles
Sur des cartes-métaplan les participants indiquent les attributs
(stéréotypes) généralement accordés à l’autre sexe.
L’animatrice fait une synthèse.
Les jeunes arrivent à la conclusion que tous les attributs trouvés
caractérisent aussi bien les hommes que les femmes.
67 Cf. les annexes, glossaire.
75










Page 76
Evaluation de la séance par les participants :
n
o
i
t
c
a
f
s
i
t
a
s
e
d
é
r
g
e
D
12
10
8
6
4
2
0
degré
d'intégratio
n dans le
groupe
10
4
1
0
0
0
5
4
3
2
1
0
l'intérêt de
la séance
techniques
d'animatio
n
Répartition
du temps
Communica
tion dans le
groupe
l'adéquatio
nde
l'espace
Qualité des
acquis
Degré de
satisfaction
globale
10
5
0
0
0
0
10
4
1
0
0
0
2
5
5
1
1
0
3
8
4
0
0
0
4
5
5
1
0
0
9
4
2
0
0
0
12
2
1
0
0
0
FIGURE 39 : EVALUATION DE LA SEANCE PAR LES PARTICIPANT(E)S
Malgré la chaleur de juillet et l’exigüité de l’espace, les jeunes ont manifesté
beaucoup d’intérêt et de plaisir à vivre cette expérience. En marge de la grille
d’évaluation, plusieurs participant(e)s ont exprimé spontanément leur souhait de voir
ce genre d’animation se perpétuer tellement ils étaient satisfaits (80% des participants
sont très satisfaits de la séance).
L’animatrice, profitant de la cohésion déjà établie du groupe, a délibérément opté,
pour des activités de synergie mobilisant tous les membres du groupe
, (genoux-à-
genoux).

Pour mieux dynamiser le public et l’encourager à une meilleure implication, Amna,
l’animatrice, a mis en place des activités de compétition et des jeux impliquant la prise
de parole tout en gardant en vue les deux objectifs :


Parvenir à évaluer les activités des clubs
Relativiser la notion de stéréotypes selon le genre.
Le produit des travaux du groupe a été affiché et visualisé sur des flips charts.
Selon l’évaluation des participant(e)s, l’espace est assez mal apprécié. Il aurait été
souhaitable de prendre en considération l’exigüité de l’espace compte tenu des
activités proposées qui n’auraient pas connu le même succès avec un autre public.
D’autre part, la répartition du temps est à reconsidérer en fonction de l’importance de
l’activité et son rapport aux objectifs fixés. Enfin, la visualisation par les flips charts
serait plus percutante et aurait plus d’impact, si elle était plus organisée et plus
méthodique.
76









Page 77
VIII. Partie empirique : les focus Groups
a- Composition du FG Bizerte M.J Sidi Salem Bizerte, 07/07/2017
Nom et prénom
Abdelkerim Fatnassi
Tarek Loussaief
Ahmed Galai
Mokhtar Labidi
Imed Mannai
Leila Shaiek
Mohsen Ferchichi
Rahma Mejri
Imed Zouaoui
Hanen Ghribi
Faycel Khedri
Fatma Romdhani
Tarek Hlel
Lamia Joudi
Jamila Khadda
Med Amin Hedhli
Montassar Gharssalli
Yassine Mannai
Med Aziz Dallali
Monia Jaouadi
Fedia Ben Naceur
Hamida Chaouch
Fonction
Commissaire régional des affaires de la jeunesse
Directeur de l’office des services des œuvres
scolaires /Ministère de l’éducation
IADH section de Bizerte
Inspecteur de la jeunesse /Bizerte
Directeur de la M.J « Sidi Salem »
Directrice club d’enfants cité Hached
Directeur d’un établissement scolaire
Société civile TFYE
Société civile TFYE
Animatrice
Office des services scolaires
Animatrice
Animateur
Animatrice
Animatrice club d’enfants cité Hached
Jeune
Jeune
Jeune
Jeune
Professeur
Coordinatrice
Modérateur
FIGURE 40 FOCUS GROUP MJ SIDI SALEM BIZERTE
77































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b- Composition du FG Gafsa, Dar Loungou, 28/07/2017
Nom et prénom
Hedia Abidi
Atef Rachdi
Ikhlass Yakoubi
Ranim Raddaoui
Wiém Amayed
Amani khmili
Mouna Belkassem
Youssef Slimane
Walid Mazouzi
Hanen Arfa
Jemel Tlijani
Jalel Alaya
Adlani Bannour
Daoud Messii
Khaled Guetari
Belgacem Maamar
Ahmed abbas
Fatma Romdhani
Fedia Ben Naceur
Hamida Chaouch
Fonction
Inspectrice de l’animation culturelle
Jeune
Animatrice
Jeune
Jeune
Jeune
ASM
Société civile
Animateur
Présidente de l’organisation « Œil de Tunisie »
Office des services scolaires
Complexe culturel « Ibn Mandhour »
Affaires des jeunes et des sports
Maitre d’application / Gafsa
Société civile
Commissariat de la culture
Sous-directeur CRE Gafsa
Animatrice Radio Gafsa
Coordinatrice
Modérateur
FIGURE 41 FOCUS GROUP DAR LOUNGO GAFSA
78




































Page 79
c- Analyse du contenu qualitatif
« .....Ce à quoi nous aspirons vous paraît complètement étrange !...Ce n’est
pas étonnant du moment que
vous nous considérez comme une pâte à
modeler
vous venez de le dire...mais nous sommes bien plus que cela...Les
jeunes sont conscients de votre manière de penser ...de votre façon de
percevoir le monde et les autres et ils n’acceptent plus de se laisser faire...et
de suivre docilement..
.le jeune s’impose désormais en tant que partenaire
actif à part entière..
.De l’autre côté de la méditerranée, nos homologues
français sont traités au même pied d’égalité avec leurs animateurs/trices...ils
participent aux programmes, ils disent ce qu’ils sentent et ce qu’ils pensent
...leurs positions, leurs avis comptent pour beaucoup ...Ici, hélas ! Nous avons
encore du chemin à faire.
Vous dites qu’il faut écouter les jeunes ...l’intention est bonne, sans doute
mais... après les avoir écoutés, pensez-vous une seconde à modifier vos
attitudes ou au moins, à les adapter, à leur situation...
Pourquoi les jeunes désertent les espaces qui leur sont dédiés, tout
simplement parce que les
activités offertes sont complètement dépassées
et de plusieurs générations et
les services rendus sont mauvais, les
rapports avec le personnel sont des rapports de pouvoir, de peur
et de
coercition... Beaucoup de langue de bois...Mais tout cela ne marche plus
...laissez-moi parler un peu des centres culturels avec des clubs ‘’ à l’eau de
rose’’ : poésie, dessin, scrabble et j’en passe...tout cela est obsolète et
grossièrement anachronique pour des jeunes avides de modernité et
d’innovation, animés par des rêves beaucoup plus grands que ce qu’on
imagine..
. »
(... Jeune de Mashhed)
Gafsa Le 28 Juillet 2017
1. Méthodologie
Notre objectif, à travers les entretiens collectifs (ou focus groups), est de compléter
le diagnostic quantitatif de la première partie par un rendu aussi fidèle que possible
des représentations et des attitudes des principaux acteurs impliqués directement
dans l’animation socioculturelle.
Nous avons alors commencé par préparer les listes des participants compte tenu
de leurs statuts. En prévision aux absences éventuelles, et au risque d’enfreindre les
convenances méthodologiques, nous avons
jugé prudent d’inviter deux
représentant(e)s pour chaque statut ciblé (jeunes, animateurs/trices, directeurs,
responsables régionaux, inspecteurs de jeunesse, enseignants, activistes de la
société civile, parents,).
Un protocole d’entretien collectif est élaboré et soumis à un groupe restreint
d’inspecteurs, d’animateurs/trices et d’administratifs pour s’assurer de la pertinence
des thèmes choisis et de la bonne formulation des questions qui en découlent.
Un dispositif d’enregistrement est mis en place, un assesseur est prévu pour
prendre des notes. La séance est conçue pour 3 heures avec une pause de 15
minutes.
Pour plus de précision et pour pallier aux omissions éventuelles, un bref
questionnaire dont une copie traduite figure dans les annexes, a été soumis aux
« débatteurs ». Sous peine d’alourdir l’étude, ce questionnaire servira dans l’analyse
79








Page 80
du contenu qualitatif d’appui pour mettre au point des tendances et pour élucider
certaines positions.
Deux focus groups ont été programmés : Un à Bizerte réalisé le 7 Juillet 2017 à la
M.J Sidi Salem et un autre à Gafsa réalisé le 28 Juillet 2017.
Dans le traitement des données qualitatives, nous sommes moins sensible à
l’expertise universitaire et académique qu’au souci de rendre compte des tendances
et représentations sociales globales des différentes composantes de l’animation
socioculturelle à travers les appréciations et les témoignages recueillis. Une étude
spécifique plus affinée sur les représentations sociales des différentes catégories
ciblées est fortement recommandée.
Il est important de préciser que la langue utilisée lors des débats est le dialecte
tunisien et que, dans la traduction vers le français des propos transcrits, on a veillé à
l’intégrité du sens, même si parfois, nous étions obligé de contracter ou de reformuler
certaines interventions bien ‘’emphatiques’’.
Nous avons commencé par transcrire tout le contenu de l’enregistrement, ensuite
nous l’avons réparti en unités sémantiques de base : les idées relevant de la
problématique de l’animation socioculturelle.
Les récurrences étant enregistrées, nous avons pu regrouper toutes les
déclarations autour des principales questions préalables qui ont été à la base du focus
group. Il s’agit de 128 déclarations et si certaines d’entre elles se trouvent répétées,
c’est que les thèmes eux-mêmes sont interdépendants.
Nous avons enfin pu hiérarchiser les unités sémantiques (idées) selon leurs
récurrences dans les deux focus groups ce qui signifie leur importance pour le public
interrogé.
80



















Page 81
2. Grille thématique :
I-
L’enfance et la jeunesse
1- Quelles sont à votre avis les principales attentes des EAJ68 par rapport
RECUR-
RENCE

5
aux établissements de la jeunesse ?
Réponses
1
2
3
4
5
6
7
8
9
...Le jeune doit être considéré comme un partenaire actif à part entière...Mais
les activités offertes sont complètement dépassées et de plusieurs générations et
les services rendus sont mauvais, les rapports avec le personnel sont des
rapports de pouvoir, de peur... (Jeune)
Le jeune après une semaine de cours, souhaite avoir un temps pour se divertir
et pour s’épanouir dans un contexte différent de l’école où il passe le maximum
de son temps. (Jeune).
La principale attente du jeune, d’après mon expérience, est de se faire écouter.
Quand plus personne ne s’intéresse à lui, l’animateur/trice est là pour
l’accompagner. En fait l’écoute active est à la base de la confiance mutuelle
requise. (Animatrice)
Le jeune cherche une structure qui puisse le valoriser. En développant ses
capacités et en exploitant tout son potentiel... Dans le cas contraire, c’est normal
qu’il déserte ces endroits et les substituent par d’autres moins formels. (Société
civile)
Le jeune attend de l’établissement de la jeunesse 3 choses :
le savoir
les valeurs et tout ce qui est d’ordre affectif


L’épanouissement physique (le sport entre autres activités). (Inspecteur
de la jeunesse)
Les exigences des jeunes ne sont plus ce qu’elles étaient. Le jeune ne se
contente plus de ce dont on dispose...Il veut plus et demande la qualité.
(Animateur/trice).
Les attentes dépendent du jeune et de la tranche d’âge qui le concerne.
(Directeur, éducation)
Les attentes des jeunes sont toujours en rapport avec l’espace d’animation,
l’animateur/trice lui-même et les équipements convenables. (Directeur de MJ).
6
3
4
2
4
1
3
1 Les attentes et l’amélioration des services des MJ sont liées. (Jeune)
10
5
Qu’on soit clair, le jeune a besoin de respect pour sa personne, pour ses droits,
et de reconnaissance. Il souhaite être dans un milieu où on s’intéresse à ses
idées, on lui demande son avis et on le fait participer aux décisions et surtout un
milieu où il peut s’exprimer librement (Société civile).
2- Qu’est-ce qui les motive pour aller aux établissements de la jeunesse ?
11
12
Il ne faut pas concentrer toutes les activités pendant le samedi et le dimanche.
Etablir une coordination efficace entre les institutions de la jeunesse et les
établissements scolaires. (Jeune).
Un système de réseautage s’avère nécessaire entre les divers intervenants.
Harmoniser, autant que faire se peut, le temps libre du jeune et le temps
d’ouverture des clubs et des M.J de façon générale. (Jeune).
4
7
68 EAJ : Enfant, adolescent et jeune.
81













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13
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16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
3- Qu’est-ce qui les empêcherait d’y aller ?
4
5
6
3
Le jeune n’a pas réellement le temps pour aller dans les espaces dont vous
parlez... samedi et dimanche sont souvent réservés pour les cours particuliers et
la révision. (Jeune).
Le temps scolaire ne prend pas en considération le divertissement...pour eux
nous sommes créés pour étudier pas plus et pas moins. (Jeune).
L’infrastructure des institutions culturelles, n’est plus fonctionnelle ; les maisons
de la culture notamment, n’ont pas les équipements nécessaires, ni le nombre
suffisant d’animateurs/trices...tout est fait pour rebuter les jeunes. (Animateur
culturel)
L’image longtemps véhiculée de maisons de jeunes propagandistes sous
l’ancien régime, a entamé la relation de confiance entre le jeune et ces
institutions. (Animateur)
Manque d’encouragement et de réelles récompenses pour les jeunes. (Jeune)
Manque d’animateurs/trices spécialisés (Musique, danse, jeux martiaux ...etc).
(Animateur)
Inadéquation entre les attentes des jeunes et les activités offertes. (Jeune)
4
5
4- Est-ce que le jeune participe réellement aux programmes des activités ?
3
4
3
Aujourd’hui le jeune est appelé à être actif et à s’imposer en tant que partie
prenante dans l’organisation de l’animation (Délégué AJS)
Les jeunes ont beaucoup d’idées, ils sont capables de se prendre en charge et
de réaliser des projets socioculturels mais le contexte actuel fait que l’on ne
prend pas en considération leurs avis. (Artiste, animateur)
On pense au jeune avec une mentalité des années 70 alors que tout a changé,
les valeurs ont changé, le discours et les rapports sociaux ont changé. (société
civile).
5- Comment peut-on « recruter » un nombre plus significatif d’EAJ ?
Il faut aller vers le jeune là où il est. Si loin soit-il et établir avec lui un contact
régulier et planifié, dans un climat de confiance mutuelle. (Délégué).

5
4
3
5
3
Le jeune est partout. Il ne faut pas attendre à ce que le jeune vienne mais il faut
aller vers lui dans les quartiers populaires, les places publiques. (Inspecteur de
la jeunesse)
Les jeunes peuvent participer à recruter d’autres jeunes...Si chacun parle autour
de lui des activités réalisées on arrive à mobiliser un grand nombre...Il faut aussi
médiatiser les activités réalisées et informer les jeunes là où ils se trouvent de
leurs contenus. (Jeune).
On n’aura pas besoin de « plan com. » pour recruter plus de jeunes. Il faut opter
pour une animation socioculturelle de proximité. Il faut aller vers le jeune et lui
offrir des services culturels et éducatifs de qualité. (IADH), d’autre part
il faut
repenser les espaces de jeunesse pour les rendre plus attractifs avec une
architecture appropriée. (Société civile)
Le comportement de l’animateur/trice doit en toute circonstance, respecter les
jeunes et traiter avec eux selon les principes des droits humains. Les valeurs ne
passent pas par les textes ou la bonne parole mais à travers les comportements
et les attitudes de l’animateur/trice-médiateur. (Société civile)
82









Page 83
6- Quelle représentation a-t-on du jeune ?
28
1
Une question essentielle : Le jeune représente-t-il une richesse ou un fardeau ?
Le jeune n’est ni reconnu, ni valorisé...La famille elle-même considère que le
jeune est un fardeau, l’école, les institutions de la jeunesse aussi. (Inspecteur
jeunesse).

II-
Les animateurs/trices socioculturels et éducatifs
7- Pensez-vous que les animateurs/trices sont motivés pour le travail qu’ils font ?
29
30
31
32
33
34
35
36
37
38
39
40
41
42
43
4
L’animateur/trice ne peut pas travailler sans cette motivation qui le pousse à
s’adapter à son environnement professionnel, parfois hostile ou inadéquat.
(Animatrice contractuelle).
2 L’animateur/trice est d’abord un médiateur et preneur d’initiatives.
2
L’amour aux enfants et la motivation de l’animateur/trice sont la pierre
angulaire du travail de l’animation sans lesquels il n’est pas possible de
faire ce métier.
Il n’est pas donné à tous d’être un bon éducateur et encore moins d’être un
bon animateur/trice. (Animatrice de club d’enfants).
2 L’éducation est aussi un art. (Inspecteur de la jeunesse).
3
1
1
Tous les animateurs/trices sont compétents et aptes à exercer, donnez-leur
l’occasion de montrer ce dont ils sont capables et vous verrez des exploits !
(Animatrice)
Dans notre profession et parmi le cadre exerçant dans les institutions de la
jeunesse, nous trouvons ce que je peux qualifier d’animateur/trice-
entrepreneur misant sur le quantitatif et l’animateur/trice-speaker qui ne fait
que parler et enfin l’animateur/trice leader qui est soucieux de construire le
groupe, de l’aider à mieux s’engager dans des projets... (Inspecteur de la
jeunesse).
L’animation socioculturelle était récupérée et instrumentalisée sous l’ancien
régime. (Enseignant)
Il faut redéfinir le rôle de l’animateur/trice. (Animateur)
6
1 Son rôle consiste aussi aller jusqu’au bout des potentialités du jeune.
(Animateur)
4 ASC est un leader. (Animateur)
8- Pensez-vous que le rôle de l’ASC est suffisamment clair pour les divers
intervenants ?
Il y a un conflit de rôles, entre les divers intervenants. (Animatrice)
Il fait l’objet de confusion et semble ambigu pour une grande partie de la
société. (Directeur)
5
3
6 Moi je pense que le rôle de l’ASC n’est pas clair au moins dans l’esprit du
public qui considère l’animateur/trice comme un clown ou un amuseur et que
l’animation est une perte de temps sans plus (Animatrice titulaire).

9- Quelles sont les difficultés auxquelles l’ASC est souvent confronté ?
3 Les moyens nous manquent dans les clubs de l’enfance, mais nous
faisons de notre mieux pour « gérer la pénurie » et offrir aux enfants
des services corrects. (Animatrice)
44
4 Le manque de dialogue avec les jeunes (jeune)
83









Page 84
45
6 Les textes juridiques ne répondent pas aux questions que pose le
métier d’animateur/trice. (Animateur)
46
47
10- Quelle image la société a-t-elle de l’ASC ?
4 L’image que la société véhicule à propos des établissements de la
jeunesse a un impact direct sur l’adhésion ou la non-adhésion du jeune
à ces structures. (Société civile).
6 Les institutions de jeunesse en Tunisie ont une représentation sociale
négative.( (Animatrice)
11- Que faut-il changer dans le métier de l’ASC ?
48
5 Les ASC ont besoin d’être valorisés. Leurs initiatives doivent être
capitalisées et médiatisées.(Société civile)
12- Que peut-on dire à propos de la formation et de l’évaluation de l’ASC ?
49
6 Formation continue manque beaucoup à la majorité des ASC et le suivi
est quasi absent. (Animateur)
III-
Les établissements de l’animation socioculturelle
13- Y a-t-il une coordination entre les institutions concernées par la jeunesse et
l’animation socioculturelle ?
50
5
L’animation socioculturelle n’est pas l’apanage d’une seule institution. C’est le
résultat d’un effort concerté, planifié entre toutes les institutions porteuses
d’obligations envers les jeunes (Société civile).
51
3 Ce n’est que très récemment que la coordination entre MJ et les écoles,
52
commence à voir timidement le jour. Les ponts étaient réellement coupés dans
un passé tout à fait récent et jusqu’à maintenant, il y a des établissements
scolaires encore interdits devant les ASC. (Animateur).
2 Les institutions de la jeunesse ont une lourde responsabilité dans l’éducation
active des jeunes mais elles ne sont pas les seuls responsables. D’autres
structures, d’autres institutions sont « complices » et peuvent aider comme
elles peuvent détruire ce qui est fait (la télévision par exemple).(Inspecteur de
la jeunesse)
53
3 Trois conventions de partenariat entre les ministères de l’éducation, de la
culture et des affaires de la jeunesse et les sports ont été signées. Mais sur le
terrain, rien de concret n’a été entrepris. (société civile)
14- Quels sont les obstacles devant leur complémentarité ?
54
55
56
6 Manque de vision claire et de stratégies communes qui soient réalisables.
(Animateur)
3 Chaque institution joue au leader faisant fi de tout ce que les autres pensent ou
font. (Animateur)
4 La routine administrative tue l’animation et étouffe les initiatives et les
innovations... (Animateur)
84









Page 85
15- Est-ce que les institutions de la jeunesse et de la culture répondent efficacement
aux attentes des jeunes ? (équipements, espaces, qualité des services...) ?
57
58
59
60
61
62
63
64
65
66
67
68
1
Beaucoup d’institutions publiques ne jouent pas pleinement leurs rôles
d’encadrement et d’accompagnement des jeunes désorientés et même parfois
exclus. (Société civile)
6 Nous constatons une opposition flagrante entre les ambitions des jeunes et les
moyens dont disposent les institutions de la jeunesse. (Animatrice, titulaire).
7 Une réalité amère malgré les efforts. Infrastructure et équipements représentent
le maillon faible des institutions de la jeunesse. (Directeur M.J)
1 Malgré les difficultés de toute sorte, nous essayons de jouer pleinement notre
rôle (professeur).
2 Nous avons du mal à exploiter efficacement les potentialités des nouvelles
technologies qui exercent sur les jeunes un charme particulier. (Animateur)
Il arrive qu’on ne trouve même plus de crayons ou de gommes à donner aux
enfants...sur ce plan on touche le fond. Il nous arrive de débourser de l’argent
pour acheter des choses nécessaires dans le travail. (Animatrice)
1
4 Les institutions de la jeunesse ne sont pas traitées de façon équitable (dotation
en équipements et en éléments de confort ... vous pouvez comparer la M.J
Gafsa et la M.J La Marsa... (Animatrice)
1 Pour cela il faut savoir accompagner les jeunes, car en les accompagnant, on
comprend qu’ils ont besoin de trois choses au moins : Trouver le soutien
psychologique, se divertir et se former. (Animateur)

16- A votre avis, qu’est-ce qui manque le plus aux institutions concernées par
l’animation des jeunes ?
6 Le maillon faible est sans doute le manque de coordination entre toutes les
institutions porteuses d’obligations envers les jeunes. Chacun navigue à vue
d’œil et ne cherche pas à savoir ce qui se passe ailleurs. (Société civile)
6 Manque avéré des équipements. (Jeune)
4 Manque de personnel et un budget extrêmement limité 12000DT,
Dérisoire !(Directeur)
3 Manque de crédibilité...Ce n’est pas par de vaines promesses qu’on va gagner
la confiance des jeunes vous n’avez qu’à voir la fameuse carte-jeune : miroirs
aux alouettes ! (Animateur)
IV- Les établissements scolaires et l’animation
17- Quel est l’importance de l’animation socioculturelle dans les établissements
scolaires ?
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2
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1
Recherche de nouveaux outils, de nouveaux paradigmes en matière de
l’animation socioculturelle. (Animateur)
En tant qu’ancienne élève du lycée pilote de Gafsa je peux vous affirmer que
l’animation culturelle scolaire bat de l’aile malgré la bonne volonté de certains.
(Jeune)
Nous n’avons pas d’animateurs/trices spécialisés...dans les établissements
scolaires, l’animation est reléguée aux derniers rangs. (Jeune)
L’animation représente une boite noire où il y a divers éléments encore flous à
reconsidérer. (Responsable régionale, éducation)
1 On cherche de nouvelles approches en matière d’animation. (Animateur)
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3
4
2
Animation, enseignement et éducation sont des concepts complémentaires et
interdépendants. (Inspecteur de jeunesse)
Beaucoup de nos enseignants croient encore détenir un Savoir qu’il faut
inculquer dans les crânes des apprenants. (Enseignante)
Malgré l’importance évidente de l’animation socioculturelle en milieu scolaire,
nous constatons hélas ! une négligence et une confusion qui s’aggravent avec
le temps hormis les exceptions évidemment. (Directeur)
En éducation nous manquons de beaucoup d’organisation. (Responsable,
éducation)
18- Comment expliquez-vous l’aversion des élèves pour s’inscrire dans les clubs au
sein des écoles ?
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4
Il y a de nombreuses activités dans les établissements scolaires mais souvent
dépourvues d’intérêt pour les élèves et leur impact est réduit voire nul. (Jeune)
Le temps scolaire représente un obstacle majeur face à l’épanouissement de
l’élève. (Professeur)
N’étant pas spécialement formés pour l’animation des jeunes, les enseignants
convertis en animateurs/trices, ont du mal à se défaire de leur rôle de ‘’prof ‘’.
(Société civile)
On a tendance à reléguer au dernier rang l’animation socioculturelle, même
dans la répartition des emplois du temps des enseignants.(Directeur)
L’absence de suivi et d’un système d’évaluation rigoureux a fait que des clubs
n’existent que sur du papier et pour des fins statistiques. (Directeur)
Nos clubs manquant de sérieux et de professionnalisme, sont en rupture totale
avec les attentes des jeunes. (Directeur)
Plutôt des séances de cours que d’animation...dans un club les rapports
animateur/trice /adhérent sont censés être plus détendus et plus conviviaux.
(Directeur)
Tous les « profs » ne sont pas forcément des animateurs/trices avisés. (Société
civile)
Manque de personnel notamment dans les Maisons de la culture (Animateur
culturel)
19- Comment évaluez-vous la contribution de la société civile dans l’animation de la
vie scolaire ?
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Un autre exploit de l’office des œuvres scolaires consiste à consolider le réseau
de
coopération avec la société civile et les ONG... l’office a, en effet, initié, en
collaboration avec une fondation allemande (Friedrich Ebert) l’espace citoyen au
profit des élèves internes. Cet espace donne l’opportunité aux élèves de
renforcer leurs capacités en matière de droits, de devoirs et de compétences
transversales. (Responsable, éducation)
Très importante est cette coopération avec la société civile qui a donné un
nouveau souffle à la vie scolaire restée longtemps sans âme. (Responsable,
éducation)
2
4
V-
La formation des ASC
20- Pensez-vous que le diplôme universitaire est un garant d’une bonne prestation
sur le terrain ?
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2
A 90% la formation académique n’a presque rien à voir de ce qui se passe sur le
terrain. Peut-on admettre qu’on obtienne le diplôme d’animateur/trice sans avoir
visité une seule institution de jeunesse ? (Inspecteur de jeunesse)
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2
L’ISAJC assure une formation scientifique solide en psychologie, sociologie et
sciences de l’éducation. L’animateur/trice a besoin de cette formation qui lui
permet de comprendre le jeune et de bien se comporter avec lui. (Animateur)
3 L’animation socioculturelle ne doit en aucun cas être réduite à la fonction
publique et à la routine administrative. (Société civile)
1 Le secteur de l’enfance est en pleine dérive en matière de formation
d’animateur/trice. Est-il admissible qu’après deux mois de formation on devient
animateur/trice d’enfants et responsable d’un Jardin d’enfants. (Educatrice,).
1 Nos éducateurs sont parvenus, grâce à leur charisme et à leurs compétences
professionnelles à sauver des jeunes qui, sans leur aide, auraient pu sombrer
dans la radicalisation. (Délégué)
Il faut aussi donner à l’auto-formation toute l’importance qui lui revient.
(Animateur)
1
1 Le ministère de la jeunesse et de l’enfance intervenait pleinement dans les
programmes et dans la formation, ce n’est plus le cas maintenant où l’ISAJC
relève des compétences du Ministère de l’enseignement supérieur.(Animatrice)
21- Est-ce que les ASC bénéficient d’une formation continue ? Cette formation est-
elle efficace et ciblée ?
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6
Les ASC ont évidemment besoin d’un encadrement spécifique et d’une
formation continue. La formation académique ou universitaire ne peut en aucun
cas répondre efficacement à la réalité du terrain, ceci est d’autant plus vrai que
si cette formation est relativement ancienne. (Animatrice).
22- La société civile peut-elle contribuer à la formation d’animateurs/trices
volontaires ?
1
1
4
6
2
Ce travail extraordinaire que vous faites, est-il validé par l’Etat, travaillez-vous en
concertation avec l’Etat ? (Inspecteur de la jeunesse)
Je pense que la présence des responsables du MAJS est déterminante dans ce
genre de projet. Il ne faut pas cavaler seul... (inspecteur de la Jeunesse)Profil de
l’animateur/trice oui, mais va-t-il rester volontaire indéfiniment. (Inspecteur de la
Jeunesse).
Pour moi, il importe peu que l’animateur/trice soit un salarié, titulaire de son
poste ou un vacataire, volontaire ou contractuel, le plus important est d’encadrer
le jeune, l’accompagner, l’écouter et être capable de lui donner l’occasion de
s’épanouir. (Animateur)
Oui des animateurs/trices volontaires, pourquoi pas...pourvu qu’ils soient
compétents et que les élèves puissent se ressourcer et s’épanouir, notamment
les internes venant de zones rurales ou défavorisées. Responsable régionale
(O.Œ.S).
C’est une expérience de l’association Mashhed. Contrairement à ce qui se passe
habituellement dans les institutions de la jeunesse où il s’agit d’animateurs/trices
salariés, titulaires, je viens vous parler aujourd’hui d’animateurs/trices qui ne sont
pas diplômés de l’ISAJC, mais qui sont vraiment motivés pour l’animation. Dans
notre association nous avons une devise : « Mashhed (scène) alternatif, une
culture alternative ». Nos membres sont formés sur le tas en partenariat avec les
Ceméa ou les Franca qui délivrent des certificats (BAFA) supervisés par le
ministère de la jeunesse et des sports français. Notre approche en animation se
veut originale. En effet, nous inventons nos propres jeux : jeux de stratégie, de
société, d’attention et de concentration parfois importés mais souvent adaptés ou
inventés.
Nous souhaitons voir cette expérience élargie et prendre un caractère plus officiel
avec la création d’un centre d’entrainement et de formation. En effet, c’est l’objet
de ce projet national baptisé Anima Tunisie. (La coordinatrice du projet).
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3
Je suis totalement pour le travail avec des animateurs/trices volontaires
préparés et formés pour encadrer les jeunes dans les établissements scolaires
(OOeS).
VI- Autres
23- Que peut-on ajouter à tout ce qui vient d’être dit ?
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1 Les animateurs/trices culturels n’ont pas un rôle bien défini au moins pour
nous.
(Animateur)
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1 Ne confondons pas les choses, l’animateur/trice culturel n’a pas le même rôle
que l’animateur/trice de jeunesse. Le premier vise un public large, organise
les grandes manifestations culturelles, s’adresse aux artistes de tout bord ; le
deuxième est un médiateur, un éducateur ayant un public bien ciblé et des
objectifs pédagogiques bien clairs. (Inspecteur de la jeunesse)
24- Y a-t-il des questions que vous jugez importantes et qui n’ont pas été
suffisamment appréhendées ?
4 Repenser le rôle de l’éducateur. (Animateur)
3 Changer les approches et les paradigmes de l’animation. (Société civile)
4 Repenser l’espace de l’animation... il était temps de quitter sa coquille de
quitter les salles fermées, et de rompre avec un cloisonnement à la fois inutile
et absurde... (Inspecteur de la jeunesse).
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1 Personnellement je propose un forum impliquant tous les intervenants :
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jeunes, animateurs/trices, universitaires, responsables, chercheurs et société
civile autour de cette problématique afin de trouver des issues aux divers
problèmes et défis.(Société civile)
4 Aller vers une approche systémique de l’animation socioculturelle en Tunisie
et opter pour une vision concertée mais unique de la politique de la jeunesse.
(Education)
25- Que signifie pour vous l’animation socioculturelle ?
2 L’animation socioculturelle est cette bouffée d’oxygène indispensable à nos
jeunes pour affûter leurs dons et renforcer leurs potentialités. (Responsable
reg. éducation.)
3 L’animation socioculturelle est d’abord cette capacité à encadrer et à former :
(acteur/ artiste,)
2 L’animation socioculturelle est un mécanisme de l’éducation non formelle.
(Animateur)
3 L’animation en un mot c’est la solution (Coordinatrice.)
5 Je suis éducatrice, et je sais que nos élèves ont besoin de divertissement et
de loisirs car ils vivent sous l’emprise du stress, du désœuvrement et de la
frustration (Educatrice,)
2 Les grandes nations sont bâties grâce à la culture. Pas de culture, pas
d’avenir. (Enseignant de sport,)
2 L’animation socioculturelle est une arme à double tranchant, bien faite elle
vous donne un grand peuple, mal faite elle engendre le chaos. (Municipalité,)
5 L’animation socioculturelle un levier extraordinaire qui sert à faire changer
d’attitude et de mentalité mais aussi à conscientiser les jeunes (Société
civile).
Il n’y a pas mieux que l’animation socioculturelle pour lutter contre la violence
et la radicalisation (Société civile,)
1
1 L’animation culturelle est une partie intégrante des sciences humaines. Il faut
rappeler qu’il y a plusieurs types d’animation...En Tunisie on nous confond,
88






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les textes de loi aidant, aux enseignants...Il était temps qu’on perçoive nos
spécificités. (Inspectrice de la jeunesse,).
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5 Le manque d’un système rigoureux d’évaluation et de suivi mine toute
l’opération de l’animation. Personne n’est responsable de quelque chose. On
navigue à vue d’œil(Animateur)
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1 Ne vous fiez pas aux chiffres ils sont perfides et ne rendent pas compte de la
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réalité. Il y a une différence entre adhérents fixes et bénéficiaires
...(Animatrice)
2 Nous avons tendance à occulter les jeunes des zones rurales laissés pour
compte. (Société civile)
3 Mon diagnostic est que la situation de l’animation en Tunisie est lamentable
(Animatrice).
1 Procéder à la hiérarchisation des priorités en matière de jeunesse. (Société
civile)
2 Proposition d’une rencontre impliquant tous les intervenants, avec des
ateliers dans divers spécialités. (Société civile)
5 Renforcer le rôle de la société civile dans l’animation des jeunes en
impliquant directement les associations dans la formation et dans l’animation.
(Société civile)
3 Les institutions de la jeunesse doivent être présentes dans les établissements
éducatifs avec une stratégie d’intervention claire et concertée. (Animateur)
1 Procéder à un recueil systématique d’informations concernant les centres
d’intérêt des jeunes et les activités préférées et prendre cela en considération
dans la planification et la programmation. (Société civile)
3. Synthèse des déclarations les plus récurrentes selon les
thèmes proposés :
L’état des lieux :
Recommandations :
I-
Le jeune
Le jeune n’est pas directement
institutions
impliqué par
concernées surtout les jeunes
ruraux.
les
Le jeune doit être considéré comme un
partenaire à part entière, sans discrimination
d’aucun ordre.
Réduire les inégalités d’accès aux droits
Rien de significatif n’est fait pour
encourager le jeune à adhérer
aux institutions de la jeunesse.
Le jeune est instrumentalisé. Il
n’est pas suffisamment valorisé.
On décide et on choisit pour lui.
Les
offerts
les
sont
activités
services
médiocres
et
anachroniques et sans intérêt.
La communication se fait de
façon verticale... le top-down est
encore
les
règle dans
institutions de la jeunesse.
la
relatifs aux loisirs.
Placer le jeune au centre de l’action de
l’animation et prendre systématiquement en
considération ses propositions et penser
récompenser ses exploits.
Procéder à un
recueil systématique
d’informations concernant
les centres
d’intérêt des jeunes et les activités préférées
et prendre cela en considération dans la
planification et la programmation.
Améliorer la qualité de l’animation par la
formation d’animateurs/trices compétents et
capables de composer avec les jeunes en
leur offrant des activités actuelles et
modernes.
Renforcer
des
animateurs/trices en matière de soft skills
notamment en dynamique de groupe et en
communication.
compétences
les
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Le temps d’ouverture des
Faire en sorte que le jeune, pendant son
II-
Le temps de l’animation
institutions de la jeunesse n’est
pas harmonisé avec le temps
libre des jeunes.
Le temps scolaire a tendance à
phagocyter de plus en plus le
temps de loisirs.
L’emploi du temps officiel de
l’animateur/trice ne prend pas
non plus en considération, les
besoins des bénéficiaires
temps libre, puisse accéder aux espaces qui
lui sont dédiés.
Les institutions de la jeunesse doivent aller
vers les jeunes là où ils trouvent,
notamment dans les établissements
scolaires.
III-
Equipement et infrastructure
Les institutions sont parfois
délabrées mal entretenues,
sans l’équipement et le matériel
nécessaires pour s’acquitter
convenablement de leur
mission.

Il y a un manque de personnel
et de budget.
La dotation en matériel n’est pas
équitable, aussi bien au niveau
des institutions qu’au niveau des
régions.

Repenser les espaces de la jeunesse pour
les rendre plus attractifs, plus conviviaux,
avec une architecture et un
environnement appropriés.
Si la jeunesse représente l’avenir de la
nation, l’Etat doit lui attribuer le budget
suffisant pour entamer les réformes
nécessaires et avoir les moyens des
ambitions des jeunes.
Doter les institutions de la jeunesse et de
l’enfance du matériel nécessaire
répondant aux besoins réels des jeunes
(moderne et opérationnel)
IV-
L’animateur/trice socio-éducatif
Il y a un conflit (et confusion) de
Redéfinir le rôle de l’animateur/trice et
rôles entre les divers
intervenants dans la scène de
l’enfance et de la jeunesse.
La représentation sociale de
l’animateur/trice est négative, il
est vu comme un clown ou un
amuseur. L’animation est perçue
comme une perte de temps.
Les animateurs/trices sont peu
motivés pour le travail qu’ils
font...certains sont partisans du
moindre effort.
La formation continue, réservée
à une « élite » constitue le
maillon faible de l’animation.
Les enseignants
animateurs/trices n’ont pas les

actualiser son statut juridique.
Impliquer davantage les parents pour
leur montrer ce dont sont capables les
animateurs/trices et les rassurer de
l’importance de l’animation.
Mettre en œuvre un système rigoureux

d’évaluation, de contrôle et de suivi pour
les animateurs/trices.
réhabiliter la vie scolaire en fixant des
critères clairs et objectifs, pour le choix
d’enseignants animateurs/trices.
Faire appel à la société civile pour
former les animateurs/trices ou pour
animer des jeunes.
Revoir le contenu de la formation de
base des animateurs/trices et opter pour
une approche participative où seront
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compétences requises pour
assurer correctement une
séance d’animation dans les
écoles.
Les institutions de l’enfance de
la jeunesse et de la culture
manquent d’animateurs/trices
spécialisés.
impliqués professionnels et les
institutions de tutelle (MAJS).
Faire en sorte que le stage de fin
d’étude ne soit pas une simple formalité
mais aide le stagiaire à mieux
comprendre son environnement
professionnel.
Penser à un programme annuel de
formation concerté avec les
professionnels de l’animation et veiller à
son application
V-
Politique de la jeunesse et de l’enfance
Il manque une vision claire du
secteur de la jeunesse et de
l’enfance.
L’éducation formelle semble
s’accaparer de toute l’attention
sociale aux dépens de
l’éducation non formelle non
moins importante.
Il y a une fracture notable entre
les différentes institutions de
l’enfance, de la jeunesse et de
la culture.
La diversité des structures de
l’enfance et de la jeunesse,
malgré la ressemblance,
éparpille les efforts et sème la
confusion.
Les disparités régionales
constituent encore un défi
majeur en matière d’égalité
d’accès à la culture et aux
loisirs.
Organiser une rencontre nationale
impliquant tous les intervenants dans
les secteurs de l’éducation, l’enfance, la
jeunesse et la culture pour asseoir une
stratégie d’intervention claire et
engageante
.
Traduire les discours politiques envers
les jeunes en mesures concrètes pour
améliorer le secteur de la jeunesse et
de l’enfance.

Assurer une coordination rigoureuse
entre les institutions porteuses
d’obligations envers les jeunes et faire
en sorte qu’elles se complètent entr’
elles.

Réduire les inégalités d’accès à la
culture et aux loisirs au niveau des
régions, des milieux géographiques et
du genre.

Etant donné le contexte sociopolitique et
la recrudescence de la violence et de la
radicalisation, il est impératif de donner
à l’éducation non formelle tout l’intérêt
qui lui revient.

4.
Le degré de satisfaction des services rendus par les
établissements de la jeunesse
Pour mieux rendre compte des ressentis et des opinions du public sollicité dans le
FG, nous avons fait passer un questionnaire de 19 questions. Les réponses ont été
utilisées pour affiner la grille thématique et s’assurer de la fidélité aux récurrences
retenues. Nous avons voulu vérifier toutefois, si la charge émotionnelle, et la véhémence
des propos de la majorité des débatteurs se trouvent confirmées dans le questionnaire.
Contrairement à nos attentes, nous avons trouvé que plus de la moitié des interrogés
91








Page 92
(51%) sont moyennement satisfaits du rendement des institutions socioculturelles alors
que 46% sont délibérément non satisfaits. 3% seulement se déclarent vraiment satisfaits
de ce rendement. Notons que le taux de 46% de non satisfaits constitue quand même un
défi majeur aux différentes institutions porteuses d’obligations envers les EAJ.
DEGRÉS DE SATISFACTION DU RENDEMENT DES
INSTITUTIONS DE LA JEUNESSE
Très satisfait
3%
Non satisfait
46%
Moyennement
satisfait
51%
FIGURE 42 : DEGRE DE SATISFATION DU RENDEMENT DES INSTITUTIONS DE LA JEUNESSE
5.
Les facteurs expliquant la désertion des institutions de la
jeunesse :
Les réponses à la deuxième question 69 portant sur les causes de la désertion des
établissements de la jeunesse par les jeunes sont conformes aux propos recueillis dans
les débats. En effet, l’inadéquation du temps scolaire avec le temps libre des jeunes et
l’écart entre leurs attentes et les services rendus par les établissements de la jeunesse
sont enregistrés comme étant les premières causes de cette désertion. Par contre,
l’attitude parentale inhibitrice et le manque de motivation de l’animateur/trice sont classés
comme étant les facteurs les moins importants expliquant le nombre réduit des jeunes
dans les espaces socioculturels. Ceci peut se comprendre si l’on sait que les
animateurs/trices toute catégorie confondue, ainsi que les parents sont sur-représentés
dans les FG et en conséquence, il est logique d’avoir un tel classement.
69 Quels sont les facteurs qui expliquent le refus des jeunes à rejoindre les espaces de l’animation socioculturelle ?
Classez les réponses suivantes selon l’ordre d’importance (de 1 le plus important, à 6 le moins important)
Le temps scolaire, Attitude négative des parents, Manque de motivation de l’animateur/trice, Temps d’ouverture
des institutions de jeunesse, Manque d’équipements Inadéquation des activités avec les attentes des jeunes,
Autre réponse---------------------------------------------------------------------------------------
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FIGURE 43 : LES FACTEURS EXPLIQUANT LINDIFFERENCE DES JEUNES
PAR RAPPORT AUX INSTITUTIONS DE LA JEUNESSE
Presque tous les intervenants enregistrés dans les deux focus groups, sont unanimes
sur le fait que le secteur de la jeunesse et de l’enfance se porte plutôt mal et que de
grandes réformes devraient être envisagées dans un futur proche. La jeunesse tunisienne
est marquée par des attentes et des aspirations bien légitimes et auxquelles il faut
répondre. Ne pas prêter attention à ces revendications, ne pas accepter de changer le
statu quo plutôt passif de la jeunesse, c’est gâcher tout le potentiel et tout l’espoir dont ces
jeunes tunisiens sont porteurs c’est aussi reléguer une partie importante, la plus importante
de la population, qui, un jour, a cru au vrai changement, au rang d’individus désengagés
et indifférents sachant que « l’indifférence est, sans doute le pire des mépris ».
93

















Page 94
IX. Recommandations
Compte tenu des défis mentionnés à la fin de chaque institution porteuse d’obligations
envers les enfants et les jeunes, déjà présentées, nous sommes amené à proposer un
certain nombre de pistes d’action pour réduire les inégalités d’accès aux droits relatifs
aux loisirs et à la culture, mais aussi pour améliorer la qualité des services en matière
et d’animation socioculturelle. Ces recommandations émanent en fait, de rapports
internes, de comptes rendus de professionnels de l’animation socioculturelle, des
entretiens collectifs ou encore d’instances internationales ayant étudié ces aspects.
Réviser le système d’animation socioculturelle au niveau des programmes, des
outils et des curricula afin de trouver la meilleure adéquation entre les
orientations nationales et les exigences locales à travers une approche ouverte
et participative.
Faire en sorte que le ministère des affaires de la jeunesse et des sports ait un
droit de regard, au même titre que le ministère de l’enseignement supérieur, sur
l’orientation, la formation de base des ASC et aussi sur leurs stages pratiques
actuellement formel et sans impact effectif sur le métier.
Mettre en place un plan pour étudier les causes de désaffection des jeunes vis-
à-vis des espaces culturels et les moyens de développer les activités des
maisons de la culture afin qu’elles répondent aux besoins et attentes des
jeunes.
Mettre en place un plan de communication visant à changer les représentations
sociales négatives des institutions de la jeunesse et de la culture aussi bien
chez les jeunes que chez les parents.
Elaborer un cadre stratégique national intégré et trans-séctoriel de planification,
de coordination et de suivi de la politique de la jeunesse et de la culture.
Renforcer le réseau des institutions de la jeunesse et les doter d’équipements
modernes et opérationnels à même de répondre aux besoins des jeunes.
Achever le programme de la généralisation des M.J à toutes les délégations du
pays
notamment dans les régions défavorisées.
Développer les possibilités de la coopération internationale et effectuer des
programmes en commun.
Réviser le mode fonctionnement et de gestion des établissements de jeunesse,
de façon à créer des conditions favorables à la participation des jeunes à tous
les niveaux et de tous les milieux.
Améliorer la qualité des services offerts par les structures chargées des loisirs,
de la culture, du sport en vue de mieux répondre aux droits et besoins des
enfants, des adolescents et des jeunes.
Renforcer les compétences des différents porteurs d’obligations en vue d’une
meilleure réponse aux besoins des jeunes et ce grâce à une formation continue
de qualité.
Réduire les inégalités d’accès aux droits relatifs aux loisirs et à la culture à tous
les niveaux et dans tous les milieux notamment en ce qui concerne le genre, en
rendant la formation à l'animation plus accessible localement.
Faire en sorte que les institutions de l’enfance, de la jeunesse et de la culture
ne soient pas prisonnières de la routine administrative et que le temps de
94







Page 95
l’ouverture de ces établissements correspondent réellement aux temps libre des
bénéficiaires.
Impliquer activement
socioculturels.
l’organisation de projets
la société civile dans

Faire en sorte que des associations attestées et compétentes puissent
participer à la formation d’ASEV dans les zones défavorisées et que les
certificats donnés au terme de la formation soient reconnus par l’institution de
jeunesse concernée.
Elaborer, dans les meilleurs délais, un référentiel de compétences
70 pour
toutes les catégories d’animateurs/trices actifs qu’ils soient salariés ou non.
Encourager la contribution des ONG directement dans les zones locales, afin

de remédier au problème d’inclusion des jeunes ruraux.
FIGURE 44 : PHOTO COLLECTIVE AU TERME DE LA CONCERTATION
70 Le référentiel de compétences un outil au service des agents, pour préparer et
accompagner
le
leur parcours professionnel et des encadrants pour
développement et la mise en œuvre des compétences lors des actions de formation par
exemple.
favoriser
95



























Page 96
X. En guise de conclusion
La situation dans laquelle se trouve le secteur de l’enfance et de la jeunesse en
Tunisie mérite d’être appréhendée. En effet, dans un contexte sociopolitique pour le
moins précaire, des voix de jeunes, de professionnels et de responsables tirent la
sonnette d’alarme pour entamer, sans délai, les réformes qui s’imposent.
Cette étude contribue à mieux cerner la problématique de l’animation des EAJ. Pour
cela, nous avons d’abord essayé de rassembler les données et de faire état de ce qui
existe objectivement dans les différentes institutions porteuses d’obligations envers les
enfants et les jeunes. Comme les structures relevant de ces institutions sont aussi
diverses que variées et parfois d’une similitude déconcertante, nous avons jugé utile
de les présenter brièvement, de rappeler leurs attributions et faire état de leurs activités
systématiquement étayées par des statistiques officielles.
Compte tenu des informations et des données recueillies, nous avons pu dégager
les défis majeurs auxquels sont confrontées les institutions concernées.
Cet état des lieux a ciblé aussi la recherche scientifique en matière d’animation
socioculturelle. Un échantillon des publications et des mémoires récemment publiés
ont été présentés et des témoignages d’enseignants universitaires ont été recueillis.
Comme pour les autres composantes du domaine de l’animation socioculturelle, la
recherche scientifique, selon des chercheurs, « bat de l’aile » et peine à se frayer une
voie sûre, incontestée et utile faute de concertation et de dialogue entre les divers
intervenants.
La seconde partie de cette étude, à travers la technique du focus group, cherche à
identifier les représentations et les positions des divers intervenants quant aux
multiples composantes du secteur de l’animation socioculturelle. Ceci nous a permis
de hiérarchiser les défis selon leur récurrence dans les débats et les recommandations
qui en ont découlé.
Enfin, pour ne pas conclure, deux interrogations s’imposent : Quelles précautions
faut-il prendre, sans
les
faire d’amalgame, en priorisant
revendications d’une jeunesse tunisienne plurielle où chaque catégorie a des attentes
spécifiques ? Par ailleurs, et pour une vision globale intégrée, comment pourrait-on
profiter de l’opportunité de l’actuelle réforme scolaire, afin de concrétiser la nécessaire
articulation entre l’éducation formelle et l’éducation non formelle ?
les exigences et
________________________________
96

















Page 97
XI. Glossaire
Animation socioculturelle :
L'animation socioculturelle ou socioculturelle est le plus souvent désignée sous le terme
générique d'animation, il en découle des confusions quant à son rôle et sa fonction. Pour
le grand public l'animateur/trice socioculturel est plus un amuseur qu'un travailleur social.
Alors que c'est une des branches du travail social avec l'assistance sociale et l'éducation
spécialisée. L'Éducation populaire est à l'origine de son développement. Les professionnels
de cette branche sont couramment appelés les animateurs/trices socioculturels.
On distingue l'animation volontaire, sanctionnée par un brevet d'aptitude, de l'animation
professionnelle, sanctionnée par un brevet professionnel.
L'animation socioculturelle accompagne les groupes sociaux et les individus dans leur
développement personnel ou dans le développement social. Elle participe à l'amélioration
de l'environnement local, met sur pied des évènements culturels, propose des activités (de
loisirs ou d'éducation) et contribue à mener à bien des projets collectifs (insertion, lutte
contre la ségrégation, actions en rapport avec la sociabilité et le lien social...)
Animateur/trice socioculturel :
Un animateur/trice socioculturel est un acteur social qui peut être amené à exercer des
actes professionnels proches ou similaires à d’autres métiers (éducateur, enseignant,
formateur, médiateur, conseiller, organisateur, ...). Il anime ou accompagne des enfants,
des jeunes et les adultes sur leurs temps de loisirs, leur offrant de découvrir ou pratiquer
des activités qui les intéressent et surtout de tisser des liens multiples favorisant de ce fait
les relations indispensables au fonctionnement de toute société ouverte et vivante.
BAFA :
Le BAFA (Le Brevet d'Aptitude aux Fonctions d'Animateur/trice) est un diplôme français
non-professionnel délivré à l'issue d'une formation. Cette formation permet d’encadrer à
titre non professionnel, de façon occasionnelle, des enfants et adolescents en séjours de
vacances ou accueils de loisirs. Ces formations payantes sont proposées par des
organismes qui ont été habilités par le ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives.
Education formelle71 / Apprentissage formel :
Enseignement organisé et dispensé à l'école * et qui est explicitement désigné comme
apprentissage (en termes d'objectifs, de temps ou de ressources). L'apprentissage formel
est intentionnel de la part de l’apprenant ; il débouche généralement sur la validation et la
certification.
Education non-formelle / Apprentissage non-formel :
Enseignement d'un sujet en particulier, à l'intérieur de l'école ou à l'extérieur, qui est
intégré dans des activités planifiées qui ne sont pas explicitement désignées comme
activités d'apprentissage (en termes d'objectifs, de temps ou de ressources) mais qui
comportent un important élément d'apprentissage.
L’apprentissage non formel est intentionnel de la part de l'apprenant.
Education informelle / Apprentissage informel :
Apprentissage qui découle des activités de la vie quotidienne liées au travail, à la famille
ou aux loisirs. Il n'est ni organisé ni structuré (en termes d'objectifs, de temps ou de
ressources).
L'apprentissage informel possède la plupart du temps un caractère non intentionnel de la
part de l'apprenant.
71 Les formes de l’éducation : quelles inflexions ? Olivier Maulini & Cléopâtre Montandon Université de Genève p.13 et
14
97











Page 98
Education populaire72 :
L’éducation populaire est un courant de pensée qui cherche principalement à
promouvoir, en dehors des structures traditionnelles d'enseignement et des systèmes
éducatifs institutionnels, une éducation visant l'amélioration du système social. Depuis
le XIII
ème siècle occidental, ce courant d'idées traverse de nombreux et divers mouvements
qui militent plus largement pour le développement individuel des personnes et le
développement social communautaire (dans un quartier, une ville ou un groupe
d'appartenance, religion, origine géographique, lieu d'habitation, etc.) afin de permettre à
chacun de s'épanouir et de trouver une place dans la société.
Loisir :
Le mot, dérivé du verbe latin licere (« être permis »), renvoie, aux notions positives de
« liberté », et d'« oisiveté ». Puis, il évolue vers le sens de « divertissement ».
Le loisir est l'activité que l'on effectue durant le temps libre dont on peut disposer1. Ce
temps libre s'oppose au temps prescrit, c'est-à-dire contraint par les occupations
habituelles (emploi, activités domestiques, éducation des enfants...) ou les servitudes
qu’elles imposent (transports, par exemple). Le temps libre et le loisir sont deux concepts
liés l’un à l’autre.
Au pluriel, le mot de loisirs recouvre les occupations, les activités, les distractions que
l’on s’autorise pendant le temps libre.
Médiation73 :
Au sens large, tous les participants à un événement culturel en sont des médiateurs,
qu'ils soient créateurs d'une œuvre, spectateurs, amateurs ; chacun peut être un "passeur
de culture", consciemment ou non.
Usuellement les professionnels de la médiation culturelle exercent leurs activités au sein
d'institutions, de collectivités territoriales, d'associations et d'entreprises. Ils font parfois
partie d'un service pédagogique ou d’un service culturel.
La mission du médiateur culturel est de faire le lien entre le public et l'œuvre ; il peut
s'agir de médiation orale (visite, ateliers..) ou de médiation écrite (écriture de journaux
d'exposition, cartels détaillés, fiches de salles). Il a un rôle particulier à jouer avec les publics
dits "éloignés" ou "empêchés" pour des raisons culturelles, sociales ou économiques, ainsi
qu'avec les publics handicapés où son rôle de passeur est précieux.
Sciences du jeu :
Les sciences du jeu (désignées sous le nom de « game studies, en anglais » forment un
champ de recherche pluridisciplinaire consacré à l'étude des jeux.
Le thème du jeu a été relativement peu étudié par les sciences sociales, et ce malgré
leur importance économique grandissante. Et si quelques historiens, sociologues, et
ethnologues, ont déjà abordé le sujet, ce n'est que récemment qu'il fait l'objet d'un champ
de recherche structuré à part entière.
72 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ducation_populaire
73 https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9diation_culturelle
98















Page 99
XII. ACRONYMES ET ABREVIATIONS
APEC : Association pour la promotion de l’éducation à la citoyenneté
EAJ : Enfant, adolescent et jeune
ASEV : Animateur/trice socio-éducatif volontaire
C.E : clubs d’enfants
CRE : Commissariat Régional de l’Education
FC : focus group
IADH : Institut Arabe des Droits de l’Homme
J.E : Jardin d’enfants
ISCE : Institut Supérieur des Cadres de l’Enfance
ISAJC : Institut supérieur de la jeunesse l’animation et de la culture
M.J : Maison de jeunes
M.J I : Maison de jeunes itinérante
MC : Maison de la culture
MAJS : Ministère des affaires de la jeunesse et des sports
LTE : Ligue Tunisienne de l’Education
MESRS : Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique
MAFFE : Ministère des affaires de la femme, de la famille et de l’enfance
MFPE : Ministère de la formation professionnelle et de l’emploi
M.E : Ministère de l’Education
OOU : Office des Œuvres universitaires
PFE : projet de fin d’études
99












Page 100
XIII. Listes des graphiques Liste des graphiques
Pyramide des âges en Tunisie
Répartition de la population par gouvernorat -
Evolution des indicateurs des crèches d’enfants (0-3ans)
Répartition des crèches par gouvernorat
Répartition des animateurs des crèches selon la catégorie et le gouvernorat
Carte des jardins d’enfants
Catégories des animateurs/trices des jardins d'enfants
Evolution du nombre d'enfants bénéficiaires des services des complexes de l'enfance
Indicateurs des J.E pour 2014-2015
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10 Evolution du nombre de cadres et de J.E 2009/2015
11 Répartition des J.E selon la structure de tutelle
12 Pourcentage des enfants bénéficiaires selon l'activité
13 Evolution du nombre d'enfants bénéficiaires des services des complexes de l'enfance
14 Pourcentage des bénéficiaires selon leurs situations sociales
15 Pourcentage des bénéficiaires selon la structure de protection
16 Nombre des complexes de jeunes par gouvernorat
17 Répartition régionale des maisons de jeunes itinérantes
18 Carte des M.J
19 Evolution du nombre des M.J au niveau national (2011-2015)
20 Taux des abonnés aux M.J selon le genre
21 Répartition des abonnés aux M.J par type d’activité
22 Répartition des abonnés aux M.J (2014) selon le genre et l'activité
23 Carte des MC
24 Evolution du nombre des MC de 2011à 2015
25 Evolution du nombre d'activités et des bénéficiaires de l'action culturelle 2015
26 Nombre des clubs culturels et effectif des bénéficiaires
27 Répartition des clubs culturels et des bénéficiaires par gouvernorat
28 Evolution du secteur culturel de 2010 à 2013
29 Répartition des adhérents aux clubs culturels selon le genre et la spécialité pour 2015
30 Statistiques globales des élèves dans l’enseignement de base et l’enseignement secondaire selon le
genre
les étapes du déroulement d’une action de formation

Initiation des participantes aux techniques du débat
31
32 Schéma initial du groupe (jeu)
33 Schéma final du groupe (jeu)
34 Les éléments interdépendants de l'auto-apprentissage
35
36 Des animateurs volontaires en action dans des écoles rurales défavorisées
37 Le public cible formé par l'organisation depuis 2012
38 Personnes handicapées en formation
39 Evaluation de la séance par les participant(e)s
40 Focus group MJ Sidi Salem Bizerte
41 Focus group Dar Loungo Gafsa
42 Degré de satisfaction du rendement des institutions de la jeunesse
43 Les facteurs expliquant l’indifférence des jeunes par rapport aux institutions de la jeunesse
44 Photo collective au terme de la concertation
100












Page 101
XIV. Liste des tableaux statistiques
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
Répartition régionale des centres de vacances et de camping
Nombre de M.J itinérantes par région
Les établissements de jeunesse fermés
Données générales sur les Maisons de culture
Locaux d’équipements collectifs utilisés dans les établissements scolaires selon les gouvernorats
Les institutions de l’enfance dans le secteur public et le secteur privé 2014
Synthèse du nombre des institutions de la jeunesse par gouvernorat
Répartition régionale et locale des M.J
Statistiques des clubs culturels et des bénéficiaires répartis par gouvernorat
Statistiques des clubs culturels et des bénéficiaires répartis par gouvernorat (Suite 1)
Statistiques des clubs culturels et des bénéficiaires répartis par gouvernorat (Suite 2)
Statistiques des clubs culturels et des bénéficiaires répartis par gouvernorat (suite 3)
Nombre des clubs scolaires par type d’activité selon les régions
Statistiques globales des collégiens et lycéens selon l’année d’étude, le genre et l’année de naissance.
101
































Page 102
XV.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Anadon, M. Bouchard, Y. Gohier, C. Chevrier, J. (2001). « Interactions personnelles et
sociales et identité professionnelle », in la Revue Canadienne de l'Éducation, n°26-1, 2001.
pp.1-17.
Banque mondiale. Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement,
Surmonter les Obstacles à l'Inclusion des Jeunes : 2014
S. Floris, étude sur la politique jeunesse des pays partenaires méditerranéens .Programme
Euromed Jeunesse III.
Dossier du CUAT N°1, La jeunesse tunisienne aujourd’hui, 2ème Edition. Information sur la
jeunesse Tunis 2005
Erik Chirchill and coll, Euromed. U.E, Le travail de jeunesse après la révolution. 2015.
Ministère de la jeunesse, des sports et de l’éducation physique de Tunisie. Troisième
consultation de la jeunesse, Tunis, 2005
Bourdieu Pierre. 1980 la jeunesse n’est qu’un mot, Question de sociologie, Paris, Ed. de
Minuit 1980, pp 143-154
UNICEF, Analyse de la situation de l’enfance en Tunisie 2012.
Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) Défis de la jeunesse tunisienne.
Ministère de l’éducation. Rapport national de l’éducation 2015
Ministère de l’éducation. La loi d’orientation de l’éducation et de l’enseignement. Juillet 2002
Ministère des affaires culturelles. Rapport National pour l’année 2013.
MAFFE. Rapport national sur la situation de l’enfance en Tunisie 2015.
MAFFE. Stratégie pour le Développement de la Petite Enfance. 2017
La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. Etre jeune au Maghreb. 2013
M. HDIDER 2015 .L’engagement associatif des jeunes Tunisiens dans un contexte socio-
politique en mutation. Représentations et motivations.
Olivier Maulini & Cléopâtre Montandon Université de Genève. Les formes de l’éducation :
quelles inflexions ? 2004
Pierre Besnard Revue française de pédagogie. Année 1978 Volume 44 Numéro 1 pp. 129-
142. L'animation socioculturelle (Recherches)
Julie DUMOND. Identité professionnelle et animation socioculturelle : À la recherche d’un
équilibre entre vocation, intégration et projet. Université François Rabelais – Tours. 2010
INS. Tunisie en chiffres. Publication de INS 2016

A. Hamadache, U N E S C O. Articulation de l’éducation formelle et non formelle.
Implications pour la formation des enseignants. 1993.
2013
ايسآ يبرغل ةيعامتجلااو ةيداصت
2008
قلاا ةنجللا ،ةدحتملا مملأا اوكسلاا
ةسايسلا
سرام ،عادبلإاو طيطختلا تاناهرو بابشلا تاسسؤمب طيشنتلا ،يهازلا قلاخلا دبع
ةلودلا ةينازيم
ةيسنوتلا
بابشلل
ةينطولا
2016
ةنسل
،



Webographie :
https://fr.slideshare.net/jamaity_tn/analyse-de-la-situation-des-enfants-en-tunisie-2012
https://issuu.com/cuat/docs/annuaire_la_jeunesse_tunisienne_auj
https://fr.slideshare.net/babbamouez/ss-30450326
http://jamaity.org/publication/le-travail-de-jeunesse-en-tunisie-apres-la-revolution/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Boussadia
http://www.openculture.gov.tn/fr/page_donnees/page_par-r%C3%A9gion/item/182-
evolution-du-nombre-des-maisons-de-la-culture
102














Page 103
XVI. Annexe
Contenu
Les institutions de l’enfance dans le secteur public et privé
Tableau synthétisant le nombre des institutions de la jeunesse
Répartition régionale et locale des M.J
Statistiques des clubs culturels et des bénéficiaires par
gouvernorat
Nombre des clubs scolaires par type d’activité et par région
Statistiques globales des collégiens et lycéens selon l’année
d’étude, le genre et l’année de naissance
Questionnaire
Liste des auberges et maisons des jeunes en Tunisie :
Les échos de la presse
Page
104
105
106
111
114
1115
116
118
120
103































Page 104
I. L’ENFANCE
104
RégionsGouvernoratClubs d'enfantsComplexesde l'enfanceCentres informenfantCentres intégrésjeunesse et enfanceTotal secteur publicClubs d'enfantsJardinsd'enfantsCrèchesCrèchesscolairesclubs inform.Totalsecteur privéTOTALTunis4412110382421640588599Ariana311160215171070339345Manouba4211801225429178186Ben Arous12014172454834241113681698Total231245422457675549812217861828Siliana6211100460004656Béja10311150574106277Kef831214010511938163177Jendouba4411100653187787Total281245490273181146348397Zaghouan431280611606876Bizerte81111102151723237248Nabeul2131126109324251244514540Total3373245109600432047819864Kasserine3611110899015113124Kairouan101111301131560150163Sidi Bouzid65111301072060133146Total191233370309441231396433Sousse123111703017638205620637Monastir2311126273359240143637663Mahdia13612221140144221380402Sfax1082121103061272025488509Total5818558638108230910259421252211Gafsa9211130131241733205218Tozeur451010075193097107Kébili65111301232057155168Total191232360329632540457493Gabes1311015013931101181196Médenine2421128022847150290318Tataouine421070400004047415315004077825151156122173252633453923767110929388164426787Les institutions de lenfance dans le secteur public et le secteur privé 2014Source: Institutions de l'enfance en chiffres MFFE Janvier 2014Sud OuestSud EstTotalTOTALCentre EstCentre OuestNord EstSECTEUR PRIVESECTEUR PUBLICGrand TunisNord Ouest
















Page 105
II. LA JEUNESSE
TABLEAU SYNTHETISANT LE NOMBRE DES INSTITUTIONS DE LA JEUNESSE
Gouvernorat
M.J.
Normales
M.J. Avec
centre
d'héberg.
Complexes
de
jeunesse
normaux
Complexes
de
jeunesse
avec
centre
d'heberg.
Institutions
publiques
de
jeunesse
M.J.
itinérantes
Unités
d'animation
de cités
Ariana
Kasserine
Kairouan
Kef
Monastir
Mahdia
Béja
Ben Arous
Bizerte
Tataouine
Tozeur
Tunis
Jendouba
Zaghouan
Siliana
Sousse
Sidi Bouzid
Sfax
Gabes
kébili
Gafsa
Médenine
Manouba
Nabeul
TOTAL
5
7
11
15
23
18
9
14
15
4
6
13
10
11
6
15
13
24
17
10
8
19
11
18
0
2
3
1
0
0
0
0
1
1
2
0
10
11
6
15
13
24
17
10
8
19
11
3
0
0
0
0
0
0
0
0
1
1
0
2
1
0
0
0
0
0
0
1
1
0
0
0
0
1
1
1
1
0
1
0
0
1
1
0
0
1
1
1
1
2
1
0
1
2
0
0
0
0
0
0
0
0
0
1
0
0
0
1
0
0
0
2
0
0
0
0
0
1
0
2
1
2
3
2
1
3
2
1
2
2
2
1
2
3
2
3
2
2
3
2
2
2
1
1
2
1
1
1
1
1
1
2
1
1
1
3
1
1
1
1
1
2
1
1
1
1
2
1
302
22
7
17
7
Source : Ministère des affaires de la jeunesse et du sport 2717
355
47
30
105














Page 106
Gouvernorat
Tunis
Total
Ariana
Total
Ben
Arous
Total

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
14
15
16
17
18
19
20
6
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
34
14
Répartition régionale et locale des M.J
Etablissement
Gouvernorat
MJ Khaznadar
MJ Cité Ettahrir
MJ Ras Ettabia
MJ Khaireddine
MJ Bortal Hayder
MJ Sidi El Bechir
MJ EL Hrayrya
MJ Cité Helal
MJ Siidi Boussaid
MJ Kabarya
MJ Sidi Daoud
MJ Cité Iben Khaldoun
MJ Birine
MJ Kram
MJ Sidi Thabet
MJ Kalaet Andalous
MJ Cité Ettadhamen
MJ Ariana
MJ Tadhamen
Elminihla
MJ Soukra
MJ Ben Arous
MJ Hammam Lif
MJ Ezzahra
MJMegrine Sup
MJ Megrine Ryadh
MJ Sidi Saad Mornag
Zaouit Mornag
MJ Megrine Chaker
MJ Madina Jadida
MJ Boumhal Bessatine
MJ Mohammadia
MJ Khlidia
MJ Fouchana
MJ Mourouj
Monastir
Total
Mahdia
106
Etablissement
MJ Ksar Helal
MJ Moknine
Teboulba
MJ Toza
MJ Mel Farsi
MJ Helia
MJ Sidi Ameur
MJ Jammel
MJ Mel Nour
MJ Masdour
Ksibet El Mediouni
MJ Ghnada
MJ zarmedine
MJ Smirat
MJ Sayada
MJ Kniss
MJ Mel Hayet
MJ Benbla
MJ Mel Kamel
MJ Beni Hassen
Mj Chrahil
MJ Monastir
Ouerdanine
MJ Bkalta

155
156
157
158
159
160
161
162
163
164
165
166
167
168
169
170
171
172
173
174
175
176
177
178
24
179
180
181
182
183
184
185
186
187
188
189
190
191
192
MJ Ljem
MJ Bradaa
MJ Mahdia
MJ Chiba
MJ Cbabba
MJ Mansoura
MJ Meloulech
MJ karkar
MJ Chorbène
MJ Souassi
MJ Sidi Alouane
MJ Ksour Essef
MJ Ghodhbana
MJ Aouled Mabrouk


























Page 107
Manouba
Total
Nabeul
Total
Zaghouan
35
36
37
38
39
40
41
42
43
44
45
46
12
47
48
49
50
51
52
53
54
55
56
57
58
59
60
61
62
63
64
65
66
67
21
68
69
70
71
72
73
74
75
76
77
MJ Denden
MJ Ejdeyda
MJ Wed Elil
MJ Mornaguia
MJ Gobaâ
MJ Rte Chouigui
MJ Borj El Amri
MJ Tebourba
MJ Manouba
MJ El Batane
MJ Hafsia
MJ Douar Hichar
MJ Mel Bouzelfa
MJ Kelibia
MJ Soliman
MJ Mel Temime
MJ Nianou
MJ Beni Khalled
MJ Korba
MJ Om Dhouil
MJ Zaouit Jedidi
MJ Beni Khiar
MJ Mida
MJ Maamoura
MJ Azmour
MJ Hammam leghzaz
MJ Dar Chaabane
MJ Somaa
MJ Skalba
MJ Grombalia
MJ Bouargoub
MJOuediene
Mj Haouaria
MJ Hammam Ezzriba
MJ Nador
MJ Bir M'chergua
MJ Jebel El Wost
MJ Fahs
MJ Saouaf
MJ Jradou
MJ Mograne
MJ Ezziba Village
MJ Sidi Neji
Total
Sfax
Total
Kairouan
107
193
194
195
196
197
19
198
199
200
201
202
203
204
205
206
207
208
209
210
211
212
213
214
215
216
217
218
219
220
221
222
25
223
224
225
226
227
228
229
230
231
232
233
MJ Aouled Salah
MJ Rejich
MJ Hbira
MJ Bou Mardess
MJ Aouled Chamekh
MJ Oued Chaabouni
MJ Sakiet Ezzit
MJ EL Kraton
MJ Sidi Salah
MJ Hancha
MJ Amra
MJ Ellouza
MJ Bir Ali B.Khlifa
MJ Bouthedi
MJ alAin
MJ Teqteq
MJ Bousmir
MJ ALKhazzanet
MJ Gremda
MJ Chiha
MJ Laataya
MJ Cité El Moez
MJ Naqta
MJ Mahress
MJ Soltania
MJ Mellita
MJ Jbeniana
Agareb
Skhira
Hazg
MJ Haffouz
MJ Sbikha
MJ Nasser Allah
MJ Ouslatia
MJ Hajeb Laayoune
MJ Bouhajla
MJ Chrarda
MJ Chbika
MJ ALALA
MJ Ain Jalloula
MJ Mel Mhiri


















Page 108
Total
10
MJ Bizerte
MJ Mateur
MJ Ousja
MJRas Jebel
MJ Sejnène
MJ Mel Bourguiba
MJ Meteline
MJ Ghézala
MJ Sisi Salem
MJ Utique
MJ Mel Jemil
MJ Tinja
MJ Lahouidh
MJ Joumine
MJ El Alia
MJ Tebersouk
MJ Nefza
MJ Maakoula
MJ Mejaz Elbab
MJ Amdoune
MJ Testour
MJ Gbollat
MJ Sidi Smaïl
MJ Tibar
MJ Ain Drahm
MJ Jendouba
MJ Ghar Dimaou
MJ Boussalem
MJ Hedi ben Hassine
MJ 2 Mars Jendouba
MJ Oued Mliz
MJ Tabarka
MJ Hammam
Bourguiba
MJ Ourghech
MJ Essomrane
MJ Balta
MJ Fernana
Total
Kasserine
Total
Sidi
Bouzid
Total
Gabes
78
79
80
81
82
83
84
85
86
87
88
89
90
91
92
15
93
94
95
96
97
98
99
100
101
9
102
103
104
105
106
107
108
109
110
111
112
113
114
13
115
MJ Sakiet Sidi Youssef
108
Bizerte
Total
Beja
Total
Jendouba
Total
234
235
236
14
237
238
239
240
241
242
243
244
245
246
247
11
248
249
250
251
252
253
254
255
256
257
258
259
260
13
261
262
263
264
265
266
267
268
269
270
271
272
273
MJ Bir EL Ousfene
MJ Dar Jamaya
MJ AV. Fes kairouan
MJ Sbitla
MJ Tala
MJ Sbiba
MJ Feriana
MJ Majel Belabbes
MJ Hassi frid
MJ Haydra
MJ Azzouhour
MJ Laayoune
MJ Foussana
MJ Jedliane
MJ Sidi Bouzid
MJ Ben Aoun
MJ Bir Lehfey
MJ Jilma
MJ Sabbela
MJ Mel Bouzayene
MJ Meknassi
MJ Mezzouna
MJ Rgueb
MJ Aouled Haffouz
MJ Souk Jdid
MJ cité El Khadra
MJ Khorchef
MJ Gabes
MJ Metouia
MJ Ghanouch
MJ Ouethref
MJ Matmata jedida
MJ Zarat
MJ Bouchema
MJ Plage de la paix
MJ Hamma
MJ Nehhal
MJ Cheninni
MJ Bou Attouch
MJ Matata trad

































Page 109
Kef
Total
Siliana
Total
Sousse
MJ Sirs
MJ Tajerouine
MJ 2 Mars 1934
MJ Jerissa
MJ Med Gamoudi
MJ Nebber
MJ Gsour
MJ Dahmani
MJ BouJaber
MJ Sidi Rabeh
MJ Melague
MJ Kalaat snene
MJ Sidi Ahmed Salah
MJ Zouarine
MJ Sidi Khiar
116
117
118
119
120
121
122
123
124
125
126
127
128
129
130
16
MJ Krib
131
MJ Makthar
132
MJ Boarada
133
MJ Gaafour
134
MJ Rouhia
135
136
MJ Bargou
137
MJ Sidi Bourouis
138 MJ Kisra
8
139 MJ Ennfidha
140 MJ Sidi Bouali
141 MJ Bouficha
142 MJ Kalaa Soghra
143 MJ Hammam Sousse
144 MJ Akouda
145 MJ Kalaa kobra
146 MJ Sousse Ezzouhour
147 MJ El Knaiss
148 MJ Sousse Ryadh
149 MJ Msaken
150 MJ Sidi El Heni
151 MJ Kandar
152 MJ Messaadine
153 MJ Sidi Abelhamid
154 MJ Zaouit Sousse
Total
16
Total
Médenine
Total
Tataouine
Total
Gafsa
109
274
275
276
277
17
278
279
280
281
282
283
284
285
286
287
288
289
290
291
292
293
294
295
296
297
298
299
22
300
301
302
303
304
5
305
306
307
308
309
310
311
312
313
314
MJ Mel Lahbib
MJ Mareth
MJ Bdoura
Sombat
MJ Boughrara
MJ Jerjis
MJ Chamakh
MJ Mouanassa
MJ Beni Maaqel
MJ Beni Khdech
MJ Midoune
MJ Kassar Jedid
MJ Ajim
MJ Sidi Makhlouf
MJ Riadh
MJ Sadouikich
MJ May
MJ Ben Guerdane
MJ Qallela
MJ Jmila
MJ Hassi Jerbi
MJ Mellita
MJ Mahboubine
MJ Hassi Omar
MJ Chahbania
MJ Om Ettemar
MJ Tataouine
MJ Ghomrassen
MJ Dhehiba
MJ Sammar
MJ Bir Lahmar
MJ Gafsa
MJ El Gtar
MJ Sned
MJ Redayef
MJ Om Laarayes1
MJ Om Laarayes2
MJ Metlaoui
MJ Medhila
MJ Ksar
MJ BelKhir




























Page 110
Total
Tozeur
Total
Kebeli
Total
10
315
316
317
318
319
320
321
322
8
323
324
325
326
327
328
329
330
331
332
333
334
335
13
MJ Dguech
MJ Tozeur rte Hamma
MJ Hizoua
MJ Tamaghza
MJ Nafta
MJ Hammet Jerid
MJ Midess
MJ Chtaoua
MJ Kebeli
MJ Kalaat
MJ Bazma
MJ Mansoura
MJ Souk Lahad
MJ Douz
MJ Jimna
MJ Limaguess
MJ Nouayel
MJ Zaafrane
MJ Regime Maatoug
MJ Sabria
MJ Faouar
Total des totaux
335
110






















































Page 111
III. LA CULTURE
111
Statistiques des clubs culturels et nombre et des bénéficiaires répartis sur les gouvernorats Musique Théâtre Belles lettres Clubs Régions Bénéficiaires Nombre Bénéficiaires Nombre clubs bénéficiaires Nombre clubs 398 19 443 28 148 14 Tunis 65 4 60 2 41 2 Ariana 93 8 167 10 77 5 Ben Arous 175 3 126 5 189 7 Manouba 200 14 165 11 283 12 Bizerte 199 14 166 13 10 1 Nabeul 42 2 24 2 28 1 Zaghouan 185 9 377 10 110 5 Sousse 218 11 152 10 60 4 Monastir 231 12 126 9 77 5 Mahdia 755 25 272 15 114 9 Sfax 39 3 70 6 51 3 Gabes 20 1 59 3 5 1 Kébili 224 8 204 9 18 2 Médenine 62 4 67 4 61 5 Tataouine 200 7 162 8 109 6 Gafsa 68 3 45 3 50 2 Tozeur 125 7 66 4 76 4 Sidi Bouzid 35 3 117 6 10 1 Kairouan 65 5 186 14 81 9 Kasserine 77 6 148 11 53 4 Kef 69 5 67 7 30 2 Béja 95 3 161 9 30 3 Siliana 204 8 74 6 22 3 Jendouba 3844 184 3504 205 1733 110 Total Source : Direction des institutions l’action culturelle
































Page 112
(Suite1) Statistiques des clubs et nombre et des bénéficiaires répartis sur
les gouvernorats
Expression
corporelle
Cinéma
Bénéficiaires
Nombre
clubs
bénéficiaires
Clubs
Régions
Tunis
Ariana
Ben Arous
Manouba
Bizerte
Nabeul
Zaghouan
Sousse
Monastir
Mahdia
Sfax
Gabes
Kébili
Médenine
Tataouine
Gafsa
Tozeur
Sidi Bouzid
Kairouan
Kasserine
Kef
Béja
Siliana
Jendouba
Total
Nombre
clubs
13
1
3
1
5
7
1
5
3
2
4
3
0
1
2
4
0
4
3
2
6
3
5
305
31
46
13
80
67
10
112
38
28
39
30
0
30
40
111
0
38
55
21
17
50
78
6
0
6
3
4
0
1
6
3
3
8
1
1
0
3
3
0
9
2
4
4
4
4
84
0
55
73
44
0
12
93
31
30
215
12
27
0
45
39
0
215
58
95
92
39
53
11
1323
2
80
2
77
Source : Direction des institutions du travail culturel
99
1338
112
























Page 113
Source : Direction des institutions du travail culturel
113
NombreNombreNombreNombreclubsclubsclubsclubs2127129161111311145727Tunis39215954401601Ariana 6895426334419115Ben Arous970270021441804Manouba13548217491681224015Bizerte6885330458415810Nabeul27517121533946Zaghouan142163222145837718Sousse100663104862534119Monastir94156167987519511Mahdia18458883467530018Sfax410310091511710Gabes4642216187425011Kébili743341827031799Médenine5623710287519012Tataouine98853626113819211Gafsa4641910345831404Tozeur9285713111108616912Sidi Bouzid589283828531918Kairouan7845979798615912Kasserine6715283564413712Kef5523827211661549Béja8074135312652299Siliana591312322021386Jendouba202611149149910221821224838269TotalbénéficiairesnéficiairesnéficiairesnéficiairesClubs RégionsTotalAutres spécialitésInformatiqueArts plastiquesSuite / Statistiques des clubs et nombre et des bénéficiaires répartis sur les gouvernorats






































Page 114
IV. L’EDUCATION
Source : Ministère de l’éducation
114
TotalInformatique et internetenvironne-ment et energieastronomieExcursions et visites des sites culturelscorrespondance et jumelagejeux éducatifsArts plastiqueCinémaMusiquethéâtre et expression corporelleinformation scolaireEducation à la circulation routière et les 1er secourséducation à la santéculture olympique Patrimoineاnationalet mondialCommissariatrégional3223-41131361-5-2Tunis11912-1--3-54--2-1Tunis2610-37-8129-78122147--116--Ariana8451011--11314132222--B. Arous2522-2113233113-1Manouba7558-7-4102864416-1Zaghouan----------------Bizerte9984-1314151111252212-Béja----------------Jendouba---------------Kef215281920183721181214-1724-14Siliana6227-4-41325921922Kasserine6886-4-64133621519Sidi Bouzid4156-2-26133226-3Gafsa81-516-3123122041716Gabes7978-5--1567103-16-2Tozeur5054-112916742422Kébili7449----16-9810-15-3Médenine4543----11-633114--Tataouine9453-101711210145715-4Sfax18756-27-6931056-9-1Sfax2136149-6-721717117221131Kairouan7987-6-2821210111426Mahadia1998148902536313202025231514712843346-106Monastir1591441611-13214103233-1Sousse94210-6131911882320-1Nabeul43061171542323238512784828730458483782155TotalSource :Ministère de l'éducation Nombre des clubs scolaires par type d'activité répartis par région




























Page 115
L

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2
0
1
7
115


























































Page 116
Enquête par questionnaire74
Ce questionnaire s’inscrit dans une recherche sur l’état des lieux de l’animation
socioculturelle en Tunisie. Votre apport sera d’une grande utilité pour mieux
appréhender le sujet et identifier les principaux enjeux de l’animation. Toutes les
réponses sont bonnes si elles traduisent fidèlement votre ressenti et vos convictions.
Merci d’avance pour votre collaboration
.
Mettez une croix dans la case correspondant à votre réponse.
Animateur/trice, jeune, Directeur, Inspecteur, Parent, Société civile, Enseignant
Votre institution : --------------------------------------------------------------------------------------------
Tranche d’âge :
(12-18) , (19-29), (30-45), (45 et +)
Niveau d’instruction :
primaire, secondaire, Supérieur
Sexe :
Homme, Femme
1- Comment évaluez-vous la réalité de l’animation socioculturelle en Tunisie ?
Excellente, Bonne, Moyenne, Mauvaise
2- Quel est à votre avis la dimension la plus importante sur laquelle repose l’animation
socioculturelle ?
L’enfant/le jeune, L’animateur/trice, l’institution,
Autre réponse......................................................
3- Pensez-vous le temps d’ouverture des institutions de la jeunesse prenne en
considération les plages du temps libre chez les jeunes ?
oui, Non
4- Pensez-vous que la diversité des structures dédiées à l’animation soit réellement
enrichissante pour le secteur ?
Oui, Non
5- Peut-on considérer le certificat ou le diplôme décernés au terme de la formation
universitaire comme étant un garant d’une bonne prestation sur le terrain ?
Oui, Non
6- De votre point de vue, qu’est-ce qui motive le jeune à rejoindre un établissement
d’animation socioculturelle ? Classez les réponses suivantes selon l’ordre d’importance
(de 1 le plus important, à 3 le moins important)




7- Etes-vous personnellement satisfait du rendement des institutions concernées par
l’animation socioculturelle ?
Beaucoup,
Les compétences de l’animateur/trice,
Rencontres avec les ami(e)s
L’activité en elle-même
Autre réponse
Plus ou moins,
Pas du tout

8- Quels sont les facteurs qui expliquent le refus des jeunes à rejoindre les espaces
de l’animation socioculturelle ?
Classez les réponses suivantes selon l’ordre d’importance (de 1 le plus important, à 6 le
moins important)
74 Traduit de l’arabe.
116









Page 117
Le temps scolaire, Attitude négative des parents, Manque de motivation de
l’animateur/trice,
Temps d’ouverture des institutions de jeunesse, Manque
d’équipements
Inadéquation des activités avec les attentes des jeunes,
Autre réponse---------------------------------------------------------------------------------------
9- Pensez-vous que des animateurs/trices volontaires ou contractuels puissent
contribuer à développer le secteur de l’animation socioculturelle ?
Oui, Non
10- Faut-il que les instances publiques concernées valident les attestations données à
ces animateurs/trices volontaires ou contractuels ?
Oui, Non
11- Quelles sont, à votre avis, les trois qualités que doit avoir un bon animateur/trice ?
1)..................................................2)...................................3).................................
12- Pensez-vous que les institutions concernées par la jeunesse se complètent entre
elles ?
Oui, Non
13- Est-ce que le rôle de l’ASC est suffisamment clair ? Oui, Non
14- Pensez-vous que les institutions de l’enfance et de la jeunesse doivent revoir
foncièrement leurs méthodes de travail ?
15- Quelles sont vos recommandations pour améliorer l’animation socioculturelle ?
citez-en au moins trois.
1-
2-
3-
16- De votre point de vue, quelle image la société a-t-elle du secteur de l’animation ?
Positive, Négative
Précisez votre réponse :-------------------------------------------------------------------------------------
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
---------------------------------------------------------------------------------------------
17- Que voulez-vous ajouter en rapport avec l’animation socioculturelle ?
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
-------------------------------------------------------------------------------------
:--------------------------------------------------------------------------------------------------------
:-------------------------------------------------------------------------------------------------------
:-------------------------------------------------------------------------------------------------------
Merci pour votre collaboration
117















Page 118
Liste et coordonnées des auberges et M.J
en Tunisie

Tel : 78 453 621
Tel : En cours
Tel : 75 711 104
Tel : 72 431 608
Tel : 72 446 088
Tel : 72 440 819
Tel : 72 460 609
Tel : 71 430 621
Tel : 75 270 271
Tel : En cours
Tel : 76 224 468
Tel : 78 633 652
Tel : 78 655 087
Tel : 78 660 107
Tel : 78 649 200
Béja Maison Jeunes Béja
Nefza,Maison Jeunes Zouaraâ
Benguerdane Auberge Benguerdane
Bizerte Maison Jeunes Bizerte
Métline Maison Jeunes Memi Plage Bizerte
Rimel Maison Jeunes, Bizerte 7080,Menzel Jemil
Menzel Bourguiba Foyer des Cadres Bizerte
Borj Cédria Maison Jeunes Borj Cédria
Gabès Centre Hébergement et des Stages Gabès
Zarat Maison Jeunes,
Gafsa Maison Jeunes Gafsa,
Jendouba Maison Jeunes Jendouba
Ain Draham Maison Jeunes Ain Draham,
Ain Sultan (Jendouba) Maison Jeunes Ain Sultan
Beni Mtir Centre des Stages Beni Matir
Beni Khedache (Mednine) Relais Beau Séjour à Zemmour
Kairouan Maison Jeunes Kairouan
Kasserine Maison Jeunes Kasserine
Kébili Maison Jeunes Kébili
Douz. Ville, Résidence 20 Mars
Kef Institut Supérieur Agriculture Kef,
Maison Jeunes Dahmani
Mahdia Maison Jeunes Mahdia
Chebba Maison Jeunes
Chebba, Maison Jeunes Douira
Djerba Djerba Centre hébergement et Stages Aghir
Djerba, Maison Jeunes Houmet Souk
Djerba Midoun Maison Jeunes Midoun
Zarzis Maison Jeunes Zarzis
Monastir Maison Jeunes Monastir
Mezria Maison Jeunes, Rue du Maroc
Nabeul Maison Jeunes Nabeul, Avenue Taieb M’hiri
Haouaria Dar Fada à Haouaria
Tel : 77 228 239
Tel : 77 474 053
Tel : 75 490 635
Tel : 75 470 269
Tel : 78 223 086
Tel : 78 280 235
Tel : 73 681 559
Tel : 73 232 248
Tel : 73 843 815
Tel : 75 750 266
Tel : 75 650 697
Tel : 75 657 600
Tel : 75 681 599
Tel : 73 461 216
Tel : 73 461 447
Tel : 72 286 689
Tel1 : 20333780
Tel2 : 50 592627
Hammam El Ghazez Maison Jeunes Oued El K’ssab
Tel : En cours
Hammamet Maison Jeunes Hammamet
Tel : 72 280 440
Kélibia Plage Maison Jeunes Kélibia
Tel : 72 296 105
Korba Maison Jeunes Korba
Tel : 72 297 725
Siliana Maison Jeunes Ain Boussaâdia Siliana Bargou
Tel : En cours
Siliana Maison Jeunes Route Gaafour
Tel : 78 872 871
Kerkennah Maison Jeunes Ramla Kerkennah
Tel : 74 281 148
Sfax Maison Jeunes Maharès
Tel :74 291 101
Sfax Maison Jeunes Route Aéroport Km 0,5
Tel : 74 243 207
Sidi Bouzid Maison Jeunes Sidi Bouzid
Tel : 76 632 203
Sousse Maison Jeunes Sousse, Avenue Tayeb M’hiri
Tel : 73 227 548
Hammam Sousse Maison Jeunes
Tel : 73 362 644
Tabarka Ecole des Forets de Tabarka
Tel : 78 670 542
Tel : 75 863 511
Tataouine Douiret Maison Jeunes Douiret
Tozeur Commissariat Régional à la Jeunesse et Sports de Tozeur Tel : 76 454 213
Toujane Auberge de la Montagne à Toujane
Auberge Dar Touati à Toujane
Auberge Ben Ahmed
Tel : 97 736 898
Tel : 97 797 538
Tel 1 : 96 392 033
118






Page 119
Auberge Kilim Grand Sud Toujane
Auberge Shambhala Toujane
Auberge Trogl Dahar à Toujane
Tunis, Maison de jeunes à Tunis Médina,
Zaghouan Maison Jeunes Zaghouan
Tel 2 : 96 958 004
Tel : 97 989 172
Tel 1 : 96 249 229
Tel 2 : 98 663 482
Tel : +216 98 663 482
Tel : 72 675 265
FIGURE 45: AUBERGE DE JEUNESSE LA MEDINA TUNIS
119






























Page 120
Échos de
Les maisons de la culture : « En gérance libre » ? Pourquoi pas ?
Adel Lahmar
Un état des lieux négatif !
...Si l’on s’en tient aux maisons de la culture, à titre d’illustration, force est de
reconnaitre l’état désastreux de l’infrastructure de plusieurs d’entre elles et
« l’inanimation » d’un bon nombre d’animateurs qui dirigent ces institutions.
Ajoutez à cela la désaffection générale des jeunes à l’égard des maisons de
la culture (et des maisons des jeunes aussi) prouvée par plus d’une étude et
vous arriverez à la conclusion plutôt négative, que ne peuvent relativiser les
succès réalisés par certains animateurs...sérieux et entreprenants et qui ne font
certainement pas partie de ces animateurs inanimés qui ont réclamé, sans
vergogne aucune, de bénéficier, comme tous les autres fonctionnaires de l’Etat,
de deux jours officiels de repos hebdomadaire, samedi et dimanche, en
l’occurrence, c’est-à-dire les jours où potentiellement, l’affluence devrait être
plus grande. Sans commentaire !
_____________________La Presse______
Donner une chance aux jeunes tunisiens 02 octobre 201475
Dans la région, la Tunisie a l'un des taux les plus élevés (environ 33 %) de
jeunes hommes et femmes âgés entre 15 et 29 ans qui n'ont ni emploi, ni
éducation et n’ont pas de formation (NEET)76. Cet indicateur va au-delà de la
définition commune du chômage des jeunes, en fournissant ce que les experts
de la jeunesse et du travail croient être une évaluation plus précise de l'inactivité
économique, qui englobe les jeunes découragés et inactifs qui ont plus ou
moins renoncé à chercher du travail.
rapport au marché du
type de découragement par
Ce
travail est
particulièrement élevé dans les régions rurales de Tunisie, où plus de 58 % des
jeunes hommes et 85 % des jeunes femmes sont affectés, ce qui représente
une légère amélioration par rapport au milieu urbain tunisien où 46 % des
jeunes hommes et 42 % des jeunes femmes sont touchés. Géographiquement,
les jeunes tunisiens s'en sortent un peu mieux dans les zones côtières les plus
développées du pays. Les jeunes des régions les plus pauvres du pays, telles
que l'intérieur et le Sud, s'en sortent moins bien...
_______________________________
La quatrième consultation régionale se réunit77
...La quatrième consultation régionale visant à présenter la première version de
la stratégie multisectorielle de développement de la petite enfance au titre de
2017-2021 s’est tenue, mardi dernier à Gammarth.
75 http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2014/10/01/giving-young-people-in-tunisia-a-chance
76 NEET, signifie Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire).
77 http://www.lapresse.tn/component/societe/?task=article&id=125262
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Organisée à l’initiative du Ministère des affaires de la femme, de la famille et de
l’enfance, en collaboration avec l’Unicef et la banque mondiale, cette quatrième
consultation régionale qui rassemble les parties prenantes du secteur de la
petite enfance, a été consacrée aux gouvernorats de Tunis, Ben Arous, La
Manouba, Ariana, Bizerte et Nabeul.
«Ces consultations régionales et locales qui ont démarré le 3 janvier 2016,
visent essentiellement à discuter de la première ébauche de la stratégie,
l’enrichir et la réajuster en fonction des observations et recommandations
émises par les différentes composantes de la société dont les intervenants
publics et privés, les parents , les professeurs, les professionnels et la société
civile», a indiqué, mardi, à la TAP, Lotfi Belazi, Directeur de l’animation
socioculturelle au ministère de la Femme...
La stratégie propose, également, de réviser les législations afin de renforcer
l’accès aux services de base pour le développement de la petite enfance...
___________________ La Presse____________
La création de jardins d’enfants
Aspect quantitatif78
l’Union nationale des
..Ce furent les premières conseillères municipales, directrices d’établissements
secondaires et membres élus de
femmes qui
demandèrent au conseil municipal d’inclure dans leur budget la création d’un
jardin d’enfants municipal. Après les premières créations à Tunis (quartier Bab
al-Khadra, 1959), puis à l’Ariana (rue Tarak Ibn Ziad, 1962), les jardins d’enfants
se multiplièrent. En juin 1981, on en dénombrait 327, fréquentés par 23 989
enfants et encadrés par 884 animatrice. En 1991, ils sont au nombre de 699,
fréquentés par 45 100 enfants et encadrés par 1 804 animatrices. La demande
de jardins d’enfants est très forte, les municipalités n’ont pas pu suffire à la
satisfaire, si bien que les nouvelles créations ne furent pas le fait des seules
institutions publiques. Différents acteurs privés sont intervenus à côté des
ministères et des municipalités, à savoir des associations, des entreprises et
surtout des particuliers. Les articles de presse sont éloquents : les parents
réclament à cor et à cri plus de créations, tandis que des encarts publicitaires
annoncent l’ouverture de nouveaux jardins privés qui prennent l’allure
d’entreprises commerciales, en croissance constante par rapport aux autres...
Kasmi (M.S.),
Président-fondateur de l’Association tunisienne de défense sociale
_____________________________________________
Maisons des jeunes sans les jeunes
« ....Hamza Meddeb Chercheur au centre Carnigie (Carnegie endowment for
international peace) précise que si les jeunes désertent les espaces publics de
la jeunesse c’est parce que ces espaces fonctionnent de façon bureaucratique
et que le personnel qui les gère, adopte une langue de bois loin de la réalité
des jeunes... »..
_____________________________________________
78 http://books.openedition.org/iremam/271?lang=fr
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Inégalité d’accès à la culture et aux loisirs
« ...Hors de la capitale, la vision culturelle des Tunisiens change de manière
radicale. Moins de pressions politiques, moins de projets de grande ampleur
aussi. Aller en province, c’est quitter cette hyper concentration de la culture,
confirmée par le ministre en personne.... Selon ses chiffres, 90% des
subventions destinées aux associations et aux centres culturels privés sont
absorbées par Tunis. Pour lui,
« c’est inadmissible de continuer avec cette
politique. Les régions ont le droit de recevoir de l’argent public, et le droit de
s’exprimer culturellement. »
79
Déclaration de Bouchra Belhaj Hamida80
« ...Nous avons un grand problème en Tunisie ce sont les maisons de la culture
et les maisons des jeunes... les deux ou trois animateurs/trices qui s’y trouvent
ne travaillent pas... »
______Klem Enness. Janvier 2016_________________
79 http://medinapart.com/2012/03/16/iii-culture-une-inegalite-structurelle-tunis-province/
80Elue à l’assemblée des représentants du peuple
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